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"Rien n'est plus proche du Vrai … que le Faux"

Jour : 25 mars 2020

Le Japon « de retour à la case départ » après le report des JO

A Tokyo, où l'on s'apprêtait à accueillir le monde, la déception est palpable.
A Tokyo, où l’on s’apprêtait à accueillir le monde, la déception est palpable. XINHUA /
 
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Médias et athlètes japonais réagissent avec déception ce mercredi 25 mars au report d’un an des Jeux olympiques de Tokyo 2020, mais expriment aussi leur soulagement de voir que les Jeux n’aient pas été tout simplement annulés face à la pandémie de coronavirus.

Ce report, sans précédent en temps de paix, a été décidé mardi par le Comité international olympique (CIO) en concertation avec les autorités japonaises, après une intense pression venue d’athlètes et d’instances sportives du monde entier.
Le choc et la déception étaient palpables au Japon, où l’événement avait été présenté par le gouvernement comme les « Jeux de la reconstruction » après le séisme, le tsunami et la catastrophe nucléaire de 2011.

Le Japon a certes évité le pire scénario, celui de l’annulation. Mais « c’est comme si on était de retour à la case départ après tous les efforts des sept dernières années », a écrit le quotidien économique Nikkei, évoquant les « dépenses supplémentaires conséquentes » qui semblent désormais « inévitables ».

« Surprise et embarras », a titré le journal Tokyo Shimbun, reconnaissant néanmoins que le contexte mondial n’avait guère laissé de choix aux organisateurs.
« La décision de reporter les Jeux d’un an a été prise par élimination », analyse le journal, estimant qu’organiser l’événement cette année aurait été trop risqué et qu’un report plus long à 2022 aurait certainement été trop coûteux.

Le quotidien a également déploré la manière dont le CIO a géré la crise, en répétant pendant des semaines que les Jeux pourraient commencer comme prévu le 24 juillet, avant de faire volte-face. Les instances olympiques n’ont pas « montré les qualités dirigeantes fortes que nous espérions », selon le Tokyo Shimbun.
Les athlètes japonais se disaient déçus du report, mais résolus à s’entraîner en vue de la nouvelle échéance.

« Honnêtement, je suis encore sous le choc », a écrit la championne d’escalade Akiyo Noguchi sur son compte Instagram. « Mais je vois les choses de manière positive car j’aurai plus de temps pour pratiquer le sport que j’aime », a ajouté la trentenaire, dont Tokyo 2020 devait être les derniers JO. « Je vais mettre à profit ce temps supplémentaire pour devenir plus forte à la fois physiquement et mentalement », a-t-elle assuré. « Dans l’immédiat, j’espère que le monde va surmonter cette situation aussi vite que possible, et que les JO auront lieu à Tokyo ».

« Meilleur scénario »

Le pongiste japonais Jun Mizutani, 30 ans, qui a déjà participé aux Jeux de Pékin, Londres et Rio, a choisi de faire contre mauvaise fortune bon coeur, en partageant sur Twitter une photo de son visage vieilli par ordinateur, avec la légende: « Je peux le faire ».

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Des athlètes et fédérations sportives du monde entier avaient plaidé pour un report de Tokyo 2020, au vu des conséquences du coronavirus sur tous les aspects des Jeux, des qualifications aux entraînements en passant par les risques sanitaires.
« Nous étions prêts car le mouvement en faveur d’un report prenait de plus en plus d’ampleur », a cependant déclaré Toshihisa Tsuchihashi, responsable de la fédération japonaise de tennis au quotidien Nikkan Sports. « Je pense que c’est une sage décision. Les joueurs auront sûrement des sentiments ambivalents mais, à mon avis, ils vont repartir du bon pied et donner le meilleur d’eux-mêmes. Je les soutiendrai », a-t-il ajouté.

« Je pense aussi que c’est une bonne chose de ne pas avoir annulé (les JO, ndlr) face à la gravité de la situation », a renchéri Ichiro Hoshino, un responsable de la fédération japonaise de tennis de table, cité dans le même journal. « C’est même bien pour les athlètes car les choses sont devenues un peu plus prévisibles », a-t-il dit.

MIDI LIBRE (AVEC AFP)

 

 

JO Japon: COÛT D’UN REPORT…

Le coût colossal d'un report des JO 2020 pour le Japon

 

LE COÛT COLOSSAL D’UN REPORT DES JO 2020 POUR LE JAPON

LE SCAN SPORT – L’officialisation du report des JO est une très mauvaise nouvelle pour le pays organisateur avec une facture estimée à plus de cinq milliards d’euros.

 

Le Japon va payer au prix cher le report des Jeux olympiques en 2021, probablement l’été prochain même si la question n’a, selon le Comité international olympique, pas été abordée avec les dirigeants japonais dans les heures qui ont précédé l’officialisation de la nouvelle. «Les conséquences financières n’ont pas été évoquées et ne sont pas la priorité, il s’agit de protéger des vies», a déclaré son président du CIO Thomas Bach à plusieurs médias, dont l’AFP.

Mais le sujet va inévitablement être d’actualité dans les prochaines semaines. Selon Katsuhiro Miyamoto, un professeur en économie du sport à l’université de Kansai, cette décision pourrait coûter au pays organisateur jusqu’à 5,8 milliards de dollars (soit 5,35 milliards d’euros). Rapportés au coût global des JO, environ 1,350 milliards de yens (soit 11,5 milliards d’euros sans compter les frais très élevés liés au déplacement du marathon et les épreuves de marche vers le nord, à Sapporo), le choc risque d’être lourd à encaisser pour les organisateurs.

La récession économique pourrait peser lourdement sur l’édition en 2021

Le premier secteur impacté englobe l’entretien et la maintenance de toutes les installations sportives, du village olympique, ainsi que la préparation de l’événement en 2021 avec une ardoise évaluée, selon lui, à 3,5 milliards d’euros. Mais ce n’est pas tout, le Japon devra aussi s’asseoir sur toutes les rentrées d’argent programmées avec la venue de centaines de milliers de touristes, les ventes des produits dérivés et un grand maque à gagner de l’économie des services. Katsuhiro Miyamoto évalue ce trou à un peu moins de deux milliards d’euros.

Mécaniquement, ces recettes attendues alors que l’activité du pays marche déjà au ralenti en raison de la pandémie, devraient en toute logique tomber dans les caisses de l’économie nippone l’année prochaine. Sauf que la situation économique mondiale, très incertaine dans les mois à venir, pourrait avoir des conséquences négatives sur le nombre de visiteurs attendus en 2021 alors que le secteur touristique contribue à hauteur de 7,4% du PIB japonais. Si la crise économique et financière succède, comme il est fort à craindre, à la crise sanitaire, bon nombre de voyageurs pourraient décider de renoncer à leur escapade olympique.

Une secousse qui aura aussi des répercussions sur la filière sport en France

La secousse du report des Jeux olympiques aura des conséquences économiques jusqu’en France. Mise au chômage technique dans l’Hexagone en raison de la pandémie du coronavirus, la situation filière sportive pourrait aussi voir sa situation fragilisée au moment où les soutiens public sont en diminution dans ce secteur. «Le Comité international olympique (CIO) reverse une large partie de ses bénéfices par le biais de différents programmes de solidarité. Or si on décale d’un an, on décale peut-être d’un an les financements de nouveaux programmes. La solidarité peut être menacée. Et ce sera encore pire s’il y a des annulations d’autres événements sportifs», s’inquiète Christophe Lepetit, responsable des études économiques au Centre de droit et d’économie du Sport (CDES) de Limoges.

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