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"Rien n'est plus proche du Vrai ... que le Faux"

Tchernobyl, Fukushima : le déni…/

[Communiqué de presse] « Tchernobyl, Fukushima : le déni de l’accident »

Par Le secrétariat – 9 avril 2019

L’accident nucléaire de Fukushima a eu lieu il y a huit ans maintenant, le 11 mars 2011. 
Celui de Tchernobyl, il y a bientôt 33 ans : le 26 avril 1986.  Quelles traces en reste-t-il, des années après ? Le désastre nucléaire perdure. La contamination radioactive restera présente dans les sols pour des siècles, les impacts sanitaires s’accumulent et les situations post-accidentelles ne sont toujours pas maîtrisées.

J’ai eu le plaisir aujourd’hui d’accueillir le Pr Tetsuji Imanaka, Chercheur de génie nucléaire à l’Institut de recherches sur réacteur nucléaire à l’Université de Kyoto.
Dès le départ, ses recherches ont consisté à vérifier et à démontrer comment la radioactivité dans l’exploitation du nucléaire est dangereuse pour les humains. C’est un des scientifiques d’opposition du «collectif des six scientifiques de Kumadori»  au sein de cet institut.
Par son expérience à travers ses études sur les conséquences des radiations de Hiroshima-Nagasaki jusqu’à Tchernobyl et Fukushima , en passant par Semipalatinsk, il est un des experts les plus pertinents sur les effets radioactifs des accidents nucléaires

Les conséquences de Tchernobyl et Fukushima continuent de se faire sentir jour après jour pour des millions de gens. À Tchernobyl, environ 5 millions de personnes environ vivent encore dans des zones contaminées. Les survivants, dont plusieurs centaines de milliers ont été contraints d’abandonner leur logement pour s’établir plus loin, continuent par exemple de manger de la nourriture contaminée dans des proportions largement supérieures aux normes en vigueur.
Au Japon, ce sont près de 100 000 personnes qui n’ont toujours pas pu rejoindre leur maison – et une bonne partie d’entre elles ne le pourra sans doute jamais, malgré la rhétorique illusoire du gouvernement japonais qui continue de minimiser le problème.

Mais le plus inquiétant, c’est le déni de l’accident nucléaire. Qu’il s’agisse du gouvernement japonais ou les gouvernements propres aux pays contaminés par Tchernobyl, c’est comme s’il y avait un déni de l’accident nucléaire.  Les programmes de surveillance alimentaire autour de Tchernobyl ont ainsi été largement réduits. Quant au gouvernement japonais, tous les efforts sont faits pour nettoyer les terres et les esprits avant l’accueil des jeux olympiques de Tokyo en 2020, permettant de donner l’élan nécessaire à l’oubli.  Il a invité les habitants à retourner “ chez eux ” dès 2017, alors même que le territoire de Fukushima est encore bien loin d’être décontaminé.

Les accidents nucléaires sont avant tout un enjeu de santé publique. On observe des impacts graves sur la santé des individus appartenant aux communautés concernées par les accidents de Tchernobyl et Fukushima. Au sein des zones contaminées, le taux de mortalité est en effet nettement supérieur à la normale, le taux de natalité est quant à lui inférieur. La prévalence du cancer et des maladies mentales en forte hausse. A Fukushima, une expansion du cancer de la thyroïde sévit parmi les enfants. Plus de 200 cancers de la thyroïde ont déjà été diagnostiqués chez des enfants et adolescents, alors que cette pathologie est rarissime chez eux. Et un tiers environ des mères vivant à proximité ou dans les zones contaminées montrent des symptômes de dépression.

Les leçons en terme de sûreté n’ont pas été tirées. Il y a eu un manque de préparation, mais aussi de réactivité. Le village d’Iitaté n’a été évacué due le 22 avril 2011, alors qu’il a été fortement touché et des tablettes d’Iodes n’ont pas été distribuées. Que ce soit au Japon comme en France, les autorités n’ont pas suffisamment pris en considération le retour d’expérience de ces tragédies, qui aurait dû amener à fermer bon nombre d’installations immédiatement. En France, les centrales nucléaires de Fessenheim, Bugey, Gravelines, Tricastin et Blayais sont une menace immédiate du simple fait de leur vétusté. Mais aussi d’inondations potentielles ou de risques sismiques.

Le nucléaire est un désastre à long terme.  Les conséquences du nucléaire sont dramatiques pour des millions de personnes. Les leçons de Tchernobyl et Fukushima, nous rappellent surtout: non, le nucléaire n’est pas une énergie sûre. Aucun pays, même la France ne peut gérer un accident nucléaire.  Comme l’a rappelé l’ancien Premier Ministre japonais Naoto Kan lors de sa dernière visite Au Parlement européen en 2018, le seul moyen fiable d’éviter un accident est la sortie du nucléaire ! Puissent L’Union européenne et les États membres entendre leur homologue nippon.

Michèle RIVASI
Députée européenne EELV,
co-fondatrice de la Criirad

Fukushima: porte-parole des enfants…

Matsuki Kamoshita, 16 ans, porte-parole des enfants de Fukushima

Enfant né à Fukushima et dont la vie a basculé brutalement le 11 mars 2011, il a décidé de témoigner publiquement pour sensibiliser aux dangers du nucléaire. 

Par Stéphane Mandard  Publié aujourd’hui à 14h44, mis à jour à 15h10

Matsui Kamoshita, mardi 2 avril, à Paris.
Matsui Kamoshita, mardi 2 avril, à Paris. Stéphane Mandard / Le Monde

Cette fois, le jeune garçon ne tourne pas le dos à l’objectif. Il se tient debout face aux journalistes, sa feuille de papier entre les mains. Et la voix ne tremble pas :

« Aujourd’hui, je suis fier de signer cette lettre de mon vrai nom. Je m’appelle Matsuki Kamoshita ».

Mardi 2 avril, l’adolescent japonais a pris la parole à la mairie du 2earrondissement de Paris à l’invitation du réseau Sortir du nucléaire et de l’association Yosomono. L’occasion de parachever un récit débuté dans Le Monde.

En septembre 2018, nous avions publié son témoignage et sa photo, de dos, pour illustrer une enquête sur les « enfances volées de Fukushima », dans le cadre d’une série baptisée « Contaminations ». « Je trouvais des insultes écrites sur les dessins que je faisais en classe, ou bien on me traitait de bacille. J’ai fini par me dire qu’il valait mieux que je disparaisse », confiait le collégien sous le nom d’emprunt « Haruko ».Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Au Japon, les enfances volées de Fukushima après la catastrophe nucléaire

Par peur des brimades de ses camarades de classe, l’adolescent, rencontré avec son père à Tokyo en avril 2018, préférait cacher son identité et son histoire. Celle d’un enfant né à Fukushima et dont la vie a basculé brutalement le 11 mars 2011 avec la catastrophe nucléaire.

« Comme tous les autres réfugiés, je n’ai rien fait de mal. Mais nous sommes obligés de nous cacher comme de vulgaires criminels », raconte Matsuki aujourd’hui. Le garçon a désormais 16 ans, porte toujours une cravate et une coupe de cheveux soignée. Il a rédigé une lettre que lit en français une interprète. A ses côtés, sa mère et une autre maman arborent une écharpe à la façon des élus, portant les inscriptions « Protégeons les enfants ! » et « Les mères de Fukushima ». Avec ses parents, Matsuki a abandonné la maison familiale d’Iwaki, près de la centrale nucléaire, pour aller s’installer à Tokyo. Comme lui, ils sont 160 000 à avoir été déplacés après « l’accident », comme on dit pudiquement au Japon.

Sensibiliser aux dangers du nucléaire

« Pour l’Etat japonais, qui s’obstine à promouvoir le nucléaire et minimise les dégâts de l’accident afin de camoufler la réalité des faits, nous, les victimes, toutes générations confondues, nous ne sommes que des témoins gênants. C’est pourquoi nous sommes les cibles de harcèlement et subissons la discrimination, a écrit Matsuki. Malheureusement, dans la société japonaise actuelle, les victimes ne peuvent pas vivre en sécurité sans détourner le regard, sans se boucher les oreilles et sans fermer la bouche. »

Japon: à l’aube d’une nouvelle ère.

Le gouvernement annonce le nom de la nouvelle ère : Reiwa

Japon

Mis à jour il y a 2 heures

Le gouvernement annonce le nom de la nouvelle ère : Reiwa

Le mot « Reiwa » sera au cœur des discussions de la plupart des Japonais aujourd’hui et pour encore plusieurs années.

Il s’agit du nom sélectionné par le gouvernement nippon pour la nouvelle ère qui commencera le 1er mai, lorsque le prince héritier Naruhito deviendra le nouvel empereur.

Le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, a dévoilé le nouveau nom. Il a déclaré : « Le nom de la nouvelle ère est Reiwa », en brandissant un panneau sur lequel les caractères kanji étaient inscrits.

Ces caractères proviennent du Manyoshu, la plus ancienne anthologie existante de poésie japonaise. Le Parlement a choisi le nom à partir d’une liste de propositions de la part d’experts.

Reiwa provient d’un passage qui peut être traduit de la façon suivante : « Un soir au clair de lune, au début du printemps, l’air est frais et le vent calme, et les fleurs de pruniers s’épanouissent comme une jolie femme se maquillant de blanc devant un miroir, et le parfum des fleurs est comme celui des robes embaumées d’encens. »

L’empereur Akihito abdiquera le 30 avril, ce qui mettra fin à l’ère actuelle Heisei. Le gouvernement annonce le nom de la nouvelle ère à l’avance, pour permettre aux entreprises et au public de se préparer à ce changement.

Le nom de l’ère est utilisé pour certaines occasions et sur des documents officiels, notamment les permis de conduire, les cartes d’assurance-santé et les calendriers

Fukushima, à Paris: Conférence-débat…

Conférence-débat avec deux familles de réfugiés de Fukushima, à Paris

Le mercredi3 avril

Conférence-débat avec deux familles de réfugiés de Fukushima, à Paris

Mme Akiko Morimatsu et Mme Miwa Kamoshita ont décidé de quitter leur lieu de résidence dans le département de Fukushima à cause de l’accident nucléaire survenu en 2011. Leurs communes n’ont pas été décrétées « zone à évacuer », pourtant, comme elles ont pu le constater dans leur quartier, le niveau de la radioactivité était beaucoup trop élevé pour y vivre et y élever leurs enfants en sécurité. Toutes les aides publiques au logement destinées aux personnes réfugiées de leur propre initiative hors des régions contaminées vont être supprimées en mars 2019. En mars 2018, Mme Morimatsu et Mme Kamoshita, ont décidé d’aller plaider à Genève, auprès du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, pour leur droit fondamental à vivre avec leur famille dans un environnement sain. Venues cette année à Paris avec leurs enfants, elles témoigneront de la situation vécue huit ans après la catastrophe par de nombreux réfugiés de Fukushima, et présenteront les différents problèmes que rencontreraient des habitants exposés à un nouvel accident nucléaire majeur ailleurs dans le monde

Fukushima, déjà 8 ans mais…

Fukushima, déjà 8 ans mais encore au moins 30 ans de pollutions nucléaires

En réalité il n’y a toujours pas de solutions techniques pour stopper les pollutions radioactives des réacteurs en fusion de Fukushima. Et il faudra au minimum 30 ans pour en trouver et les appliquer, à moins que cela ne soit jamais.

Les nucléocrates sont forts pour nous assurer de la parfaite sécurité des réacteurs nucléaires, et de leur innocuité. Tchernobyl, Fukushima, et les nombreux accidents des centrales françaises montrent que c’est faux.

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« 160.000 personnes évacuées, encore 120.000 personnes réfugiées » en hébergement précaires 8 ans après. On s’attend à «  9 600 à 66 000 cas de cancers supplémentaires au Japon ». 18 fois plus de cancers thyroïdiens chez les enfants, « un taux de 30 cas de cancers de la thyroïde par échantillon de 100 000 enfants vivant à Fukushima alors que la moyenne se situait à 1,7 cas pour 100 000 enfants dans la préfecture voisine ». Et un coût actuel estimé à 170 milliards d’euros, on imagine la somme totale qui sera dépensée dans 50 ans, entre 500 et 1.000 milliards ? Rappelons qu’EDF a mis un peu plus d’1 milliard en réserve pour un éventuel accident. En France 170 milliards couteraient 4600 euros à chacun des 38 millions de foyers fiscaux.

Lire l’article de Sortir du Nucléaire qui récapitule les faits et fait le point de la situation toujours aussi gravissime aujourd’hui.

https://www.sortirdunucleaire.org/Fukushima-8-ans-plus-tard-la-situation-n-est

Fukushima: Des traces de pollutions…

Des traces de pollution radioactive de Fukushima retrouvées jusque dans le nord de l’Alaska

Huit ans après la catastrophe, Fukushima refait parler d’elle. Des traces de pollution radioactive, produite lors de l’accident de la centrale nucléaire en 2011, ont été retrouvées dans l’un des endroits les plus reclus au monde.

Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9,0 et un tsunami frappaient les côtes nord-est de l’île de Honshu, au Japon. Une catastrophe naturelle qui en a entraîné une autre : l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima Daiichi. C’était il y a déjà huit ans, mais des traces demeurent encore aujourd’hui.

En témoigne la récente découverte, dans l’un des endroits les plus reclus au monde, de particules de pollution radioactive provenant de Fukushima. Elles ont été détectée au large d’une île du Détroit de Béring, au nord de l’Alaska.

Sans danger pour la santé 

C’est ce qu’a annoncé une équipe de scientifiques, qui a relevé une élévation des niveaux de césium-137, un élément radioactif. D’après les experts, ces niveaux sont heureusement trop faibles pour représenter une menace pour la santé des populations et de la faune locale. Ils soulignent que des niveaux de concentration 3.000 fois supérieurs à ceux détectés dans le Détroit de Béring seraient considérés non dangereux pour la santé. La dernière détection de particules radioactives provenant de Fukushima dans la mer de Béring remontent à 2014.

Pendant ce temps au Japonl’ordre d’évacuation près de la centrale va bientôt être en partie levé. Avant l’accident, 400 personnes vivaient dans la zone qui est aujourd’hui totalement déserte. Selon la municipalité, plusieurs dizaines de personnes devraient y retourner.Le 28 mars 2019 à 11:21 • Jeanne Travers

Fukushima: L’ordre d’évacuation bientôt…

Japon: L’ordre d’évacuation près de la centrale de Fukushima bientôt levé en partie

Mis à jour le 27/03/19 à 03h10

Travaux sur la ligne de train Joban, interrompue dans un rayon de 20km autour de la centrale de Fukushima, le 7 mars 2019.
Travaux sur la ligne de train Joban, interrompue dans un rayon de 20km autour de la centrale de Fukushima, le 7 mars 2019. — Yasushi Kanno/AP/SIPA

Le Japon a annoncé mardi s’apprêter à lever l’ordre d’évacuation pour une partie de la localité d’Okuma, ville qui, avec la cité limitrophe de Futaba, héberge la centrale nucléaire Fukushima Daiichi ravagée par le tsunami du 11 mars 2011.

Cette décision du gouvernement d’autoriser le retour des personnes devrait s’appliquer le 10 avril, a précisé à l’AFP un fonctionnaire, Yohei Ogino. « Les habitants vont pouvoir revenir dès que l’ordre est levé, il n’y a pas de restriction concernant par exemple les enfants ou personnes âgées », a-t-il indiqué.

Il admet cependant qu’il va falloir « faire attention aux sangliers » ayant envahi des espaces désertés, que « le téléphone mobile ne passe pas partout et qu’il n’y a pas encore de supermarché rouvert (juste celui de la ville voisine de Tomioka) ».

Le seuil jugé admissible hissé à 20 millisieverts par an

Quelque 400 habitants vivaient dans la zone avant l’accident. La municipalité ne s’est pas fixé d’objectif quant au nombre d’habitants de retour. Cependant, plusieurs dizaines devraient nouvellement venir ou revenir, selon le fonctionnaire.

Dans le cadre d’une politique de reconstruction et de retour des habitants destinée à « normaliser » le statut de la région sinistrée de Fukushima, les autorités ont hissé à 20 millisieverts par an le niveau jugé admissible d’exposition radioactive et ont, par conséquent, déjà levé la plupart des ordres d’évacuation. C’est cependant la première fois qu’une telle décision concerne une partie d’une localité hôte du site nucléaire.

Le « tabou » des radiations

Actuellement, l’interdiction d’habitat porte sur moins de 3 % du département. « Pour la zone concernée d’Okuma, en moyenne l’exposition est de 2 à 3 millisieverts par an », souligne Yohei Ogino. Il reconnaît cependant que ce niveau est établi sur la base de mesures effectuées à un mètre du sol et que des pointes bien plus élevées sont relevées à 1 cm, ce qui va obliger les habitants à adapter leur vie.

Le seuil de 20 millisieverts (au lieu de 1 millisievert habituellement admis) est dénoncé par les organismes non gouvernementaux et dans de récents rapports d’instances des Nations Unies comme étant trop haut, notamment pour les enfants et femmes en âge de procréer. Mais le gouvernement répond que ces propos nuisent à l’image de la région. Dans un document publié au début du mois, l’Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) regrettait que « la question des conséquences des radiations sur la santé soit rendue taboue parce qu’elle risque de diviser la population » entre ceux qui font confiance aux autorités et les autres.

Fukushima: Le Japon s’apprête…

Le Japon s’apprête à lever l’ordre d’évacuation près de la centrale de Fukushima

Quelque 400 habitants vivaient dans la zone avant l’accident. 

Des maisons près de la centrale de Fukushima, au Japon, le 10 mars 2019.
Des maisons près de la centrale de Fukushima, au Japon, le 10 mars 2019.
(YUSUKE HARADA / NURPHOTO)
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franceinfo avec AFP France Télévision

Mis à jour le 26/03/2019 | 15:24
publié le 26/03/2019

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Le Parlement européen approuve la fin du changement d’heure saisonnier en 2021

Retour à Fukushima. Mardi 26 mars, le Japon a annoncé s’apprêter à lever l’ordre d’évacuation pour une partie de la localité d’Okuma, ville qui, avec la cité limitrophe de Futaba, héberge la centrale nucléaire Fukushima ravagée par le tsunami du 11 mars 2011. Quelque 400 habitants vivaient dans la zone avant l’accident. 

Cette décision du gouvernement d’autoriser le retour des personnes devrait s’appliquer le 10 avril, a précisé à l’AFP un fonctionnaire, Yohei Ogino. « Les habitants vont pouvoir revenir dès que l’ordre est levé, il n’y a pas de restriction concernant par exemple les enfants ou personnes âgées », a-t-il indiqué.

Attention aux sangliers

Yohei Ogino admet cependant qu’il va falloir « faire attention aux sangliers »ayant envahi des espaces désertés, que « le téléphone mobile ne passe pas partout et qu’il n’y a pas encore de supermarché rouvert (juste celui de la ville voisine de Tomioka) ».

Dans le cadre d’une politique de reconstruction et de retour des habitants destinée à « normaliser » le statut de la région sinistrée de Fukushima, les autorités ont hissé à 20 millisieverts par an le niveau jugé admissible d’exposition radioactive. Le seuil de 20 millisieverts (au lieu de 1 millisievert habituellement admis) est dénoncé par les organismes non gouvernementaux et dans de récents rapports d’instances des Nations Unies comme étant trop haut, notamment pour les enfants et femmes en âge de procréer. Mais le gouvernement répond que ces propos nuisent à l’image de la région.

Les habitants de Fukushima

Les habitants de Fukushima peuvent rentrer 

JaponTokyo va autoriser les résidents des deux villes abritant la centrale nucléaire accidentée en 2011, à rentrer dans leurs pénates dès le 10 avril. 

La ville de Futaba.
La ville de Futaba. Image: AFP

La ville de Futaba. Image: AFP

Mis à jour à 09h24 

Le Japon a annoncé mardi s’apprêter à lever l’ordre d’évacuation pour une partie de la localité d’Okuma, ville qui, avec la cité limitrophe de Futaba, héberge la centrale nucléaire Fukushima Daiichi ravagée par le tsunami du 11 mars 2011.

Cette décision du gouvernement d’autoriser le retour des personnes devrait s’appliquer le 10 avril, a précisé à l’AFP un fonctionnaire, Yohei Ogino. «Les habitants vont pouvoir revenir dès que l’ordre est levé, il n’y a pas de restriction concernant par exemple les enfants ou personnes âgées», a-t-il indiqué.

Yohei Ogino admet cependant qu’il va falloir «faire attention aux sangliers» ayant envahi des espaces désertés, que «le téléphone mobile ne passe pas partout et qu’il n’y a pas encore de supermarché rouvert (juste celui de la ville voisine de Tomioka)».

Quelque 400 habitants vivaient dans la zone avant l’accident. La municipalité ne s’est pas fixé d’objectif quant au nombre d’habitants de retour. Cependant, plusieurs dizaines devraient nouvellement venir ou revenir, selon le fonctionnaire.

Dans le cadre d’une politique de reconstruction et de retour des habitants destinée à «normaliser» le statut de la région sinistrée de Fukushima, les autorités ont hissé à 20 millisieverts par an le niveau jugé admissible d’exposition radioactive et ont, par conséquent, déjà levé la plupart des ordres d’évacuation. 

C’est cependant la première fois qu’une telle décision concerne une partie d’une localité hôte du site nucléaire.

Exposition: 2 à 3 millisieverts

Actuellement, l’interdiction d’habitat porte sur moins de 3% de la préfecture. «Pour la zone concernée d’Okuma, en moyenne l’exposition est de 2 à 3 millisieverts par an», souligne Yohei Ogino. Il reconnaît cependant que ce niveau est établi sur la base de mesures effectuées à un mètre du sol et que des pointes bien plus élevées sont relevées à 1 cm, ce qui va obliger les habitants à adapter leur vie.

Le seuil de 20 millisieverts (au lieu de 1 millisievert habituellement admis) est dénoncé par les organismes non gouvernementaux et dans de récents rapports d’instances des Nations Unies comme étant trop haut, notamment pour les enfants et femmes en âge de procréer. Mais le gouvernement répond que ces propos nuisent à l’image de la région.

Dans un document publié au début du mois, l’Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) regrettait que «la question des conséquences des radiations sur la santé soit rendue taboue parce qu’elle risque de diviser la population» entre ceux qui font confiance aux autorités et les autres.(afp/nxp)

Créé: 26.03.2019, 09h24

Fukushima: découverte étonnante

Une découverte étonnante sur les pics de radioactivité à Fukushima

PAR ARNAUD LE GALL

ACTUALITÉDans le laboratoire IRSN de Cherbourg (Manche), les chercheurs ont révélé le rôle des bactéries dans la diffusion de la radioactivité. Une découverte qui va permettre de prévenir les variations de pollution à Fukushima.

Incités par l’arrêt des subventions qui leur étaient allouées, les habitants des zones évacuées de Fukushima reviennent peu à peu dans leurs anciens lieux de vie, au milieu des sacs de terre contaminée qui s’entassent à perte de vue.PUBLICITÉ

Huit ans après l’accident nucléaire, le Japon a mené un chantier colossal de décontamination des villes et villages, mais les espaces boisés demeurent des zones à éviter. Ils constituent une réserve de radioactivité, qui libère ses radioéléments toxiques par pics, à la manière des particules fines générées par les voitures. Selon la météo, la population se retrouve plus ou moins exposée. 

La terre contaminée a été entreposée dans des sacs. (Photo : Gilles Laurent / archives Ouest-France)

Les bactéries, vecteurs de radioactivité

À 10 000 km des réacteurs accidentés de Daiichi, dans la Manche, des chercheurs de Cherbourg sont parvenus à expliquer ces variations de la radioactivité. Perché sur les hauteurs de la ville, le laboratoire de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) est spécialisé dans les recherches autour des transferts de radioactivité en milieu marin et dans

« Nous savions déjà que tout ce qui est végétation pose problème, car il y a un phénomène de remise en suspension des particules. Elles reviennent dans l’atmosphère avec le vent, introduit Denis Maro, à la tête de l’équipe d’une quinzaine de scientifiques. Ce qui était aussi connu, c’est que les micro-organismes comme les champignons ou les bactéries accumulent la radioactivité. »

Denis Maro devait partir au Japon pour monter un partenariat avec l’université de Tsukuba. (Photo : Ouest-France)

Les travaux du laboratoire ont mis en lumière un élément nouveau : le rôle des bactéries dans la diffusion de la pollution. « Nous avons démontré qu’elles s’organisaient, qu’elles se groupaient. Ainsi, elles ont une prise au vent plus importante et une facilité de remise en suspension bien plus importante qu’une poussière inerte », révèle le chercheur.

Un outil de prévision

Cette découverte a fait l’objet d’une première thèse, vite repérée par les Japonais lors de congrès scientifiques. Un rapprochement s’est fait avec l’université de Tsukuba, au nord de Tokyo. « Nous allons monter un projet commun, pour créer un outil de prévision »,indique Denis Maro, qui devait s’envoler pour le Japon. 

L’idée, est de croiser les données sur les bactéries, avec les mesures météos. « Ainsi, nous pourrons prévoir les épisodes de remise en suspension ce qui permettra de rassurer la population ou de prendre telle ou telle mesure », prévoit le directeur du laboratoire normand. 

L’attente est forte. Lors des pics qui durent entre quelques jours et une semaine, la radioactivité mesurée peut être 100 à 1 000 fois plus importante qu’une journée normale.

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