Le drame de Fukushima, inspiration du prochain flambeau olympique à Tokyo
Publié aujourd’hui à 13 h 11
Le flambeau olympique de Tokyo mesure 71 cm et pèse 1,2 kg. Photo: Getty Images / AFP/Charly Triballeau
Agence France-Presse
Les organisateurs des Jeux olympiques de 2020, à Tokyo, ont présenté mercredi un flambeau en forme de « sakura », du nom des cerisiers qui fleurissent au Japon en mars, au moment où partira dans un an la flamme pour sillonner l’archipel.
« Les cerisiers en fleurs dessinés par les enfants dans la région touchée m’ont inspiré », a indiqué à la presse le créateur du motif, Tokujin Yoshioka, dont les travaux sont connus à l’échelle mondiale.
Le flambeau, qui mesure 71 cm et pèse 1,2 kg, a été fabriqué avec un procédé utilisé notamment dans la conception des trains à grande vitesse Shinkansen, ont précisé les organisateurs.
La flamme arrivera au Japon, en provenance de la Grèce, dans exactement un an. Son départ officiel est prévu le 26 mars de la ville de Fukushima, située à quelque 240 km de Tokyo, pour un périple de 121 jours.
Elle se dirigera d’abord vers le sud jusqu’à l’île subtropicale d’Okinawa, point de départ du trajet des Jeux de Tokyo de 1964, avant de repartir vers le nord pour atteindre la capitale nippone, le 10 juillet.
Les Jeux olympiques se dérouleront du 24 juillet au 9 août 2020, et seront suivis des Jeux paralympiques.
Le gouvernement veut faire de cet événement sportif planétaire le symbole de la reconstruction. Il y voit l’occasion de montrer au monde la santé retrouvée de la région dévastée par le raz-de-marée meurtrier (plus de 18 500 victimes) et l’accident nucléaire de Fukushima. Cependant, plus de 50 000 habitants ne sont toujours pas rentrés chez eux.
Tokyo 2020: la torche olympique aura une forme de «sakura
Publié le 20/03/2019 à 11:16
LE SCAN SPORT – Les organisateurs des Jeux olympiques se sont inspirés de l’emblématique cerisier japonais pour créer une torche olympique rose dorée en aluminium.
Les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo-2020 (24 juillet au 9 août 2020) ont présenté mercredi une torche olympique en forme de «sakura», du nom des cerisiers qui fleurissent au Japon en mars, au moment où partira dans un an la flamme pour sillonner l’archipel.
Haute de 71 cm et pesant 1,2 kg, cette torche de couleur rose dorée est principalement composée d’aluminium, dont une partie provient «des déchets de construction des habitations temporaires pour les sinistrés» du terrible tremblement de terre qui a secoué le nord-est du Japon en mars 2011, selon un communiqué.
Fabriquée à partir des déchets des habitations sinistrées du tremblement de terre de 2011
«Les cerisiers en fleurs dessinés par les enfants dans la région affectée m’ont inspiré», a confié à la presse celui qui a dessiné le motif, Tokujin Yoshioka, dont les travaux sont connus internationalement. La torche a été fabriquée grâce à un procédé «utilisé notamment dans la conception des trains à grande vitesse Shinkansen», ont précisé les organisateurs.
La flamme arrivera au Japon, en provenance de Grèce, dans exactement un an. Le départ officiel est prévu le 26 mars de Fukushima, située à quelque 240 km de Tokyo, pour un périple de 121 jours. Elle se dirigera d’abord vers le sud jusqu’à l’île subtropicale d’Okinawa, point de départ du trajet des Jeux de Tokyo de 1964, avant de repartir vers le nord pour atteindre la capitale nippone le 10 juillet.
A l’écran, une Japonaise vient arroser les fleurs de son jardin. Geste simple, mais loin d’être anodin dans la zone d’exclusion délimitée autour de la ville de Fukushima, après l’accident nucléaire du 11 mars 2011. Fukushima comme archétype de la toxicité. Et symbole de la résilience d’un territoire. Un long-métrage à venir en 2020 Depuis 2016, l’artiste brésilienne Ana Vaz travaille autour de cette question de la toxicité et multiplie les allers-retours vers le Japon, afin de nourrir un futur long-métrage qui devrait être finalisé l’an prochain. Parmi les étapes de travail figure le court-métrage intitulé « Atomic garden », qui sera présenté au Confort Moderne, dès ce mercredi et jusqu’au 28 avril, dans le cadre de l’exposition « The Voyage out (notes pour un film à venir) ». « J’aime bien l’idée que la fragilité même du processus de création soit visible du public », explique l’artiste qui sera en résidence à Poitiers, durant tout le mois d’avril, pour travailler au montage de son film. « J’envisage ce projet comme une cosmologie ancrée dans le cinéma, poursuit-elle. Le long-métrage en sera une version possible, mais sans doute pas la seule. » Si l’artiste part d’une situation réelle, quasi documentaire, elle l’élargit sur une trame fictionnelle : « La fiction révèle ce que le documentaire ne peut pas montrer », glisse-t-elle. Une dualité qui sera également palpable à travers la lecture-performance qui marquera le vernissage de l’exposition, mercredi soir. Pour cet événement intitulé « Aux ancêtres futurs », Ana Vaz sera rejointe par le producteur et penseur Olivier Marboeuf. « Nous avons tous les deux une ligne de travail partagée, souligne Ana Vaz. Il n’est pas seulement producteur : nous utilisons ce temps de résidence comme un temps de recherche. J’envisage cette lecture à deux voix comme une proposition pour un cinéma sans images. » On est tenté de la suivre… les yeux fermés. Mercredi 20 mars, à 18 h 30, vernissage et performance à l’entrepôt du Confort Moderne, 185, rue du Faubourg du Pont-Neuf, à Poitiers. Entrée libre. www.confort-moderne.fr
Fukushima : un robot est parvenu à toucher pour la première fois le cœur radioactif de la centrale
Le 11 mars 2011, nous assistions à une catastrophe nucléaire spectaculaire à la centrale de Fukushima au Japon. Presque 8 ans plus tard, les dégâts et conséquences sont encore très importants. Toutefois ce 13 février, un robot envoyé par les scientifiques a pu, pour la première fois, touché du combustible fondu issu des réacteurs et extrêmement contaminé. Explications.
EN QUOI A CONSISTÉ CETTE OPÉRATION ?
Depuis la catastrophe de 2011, des scientifiques cherchent tous les jours des moyens de décontaminer la zone hautement radioactive de Fukushima. En 2017 déjà, ils avaient réussi à envoyer un robot réparer les parties fondues du réacteur 3.
Mais cette fois, la nouveauté c’est que le robot a pu toucher et manipuler le combustible fondu. Développé par Toshiba, l’IRID (International research Institute for nuclear decommisioning) et Tepco (opérateur de la centrale de Fukushima), la machine mesure 30 centimètres de long et 10 centimètre de diamètre.
L’opération a duré 5 heures et d’après Tepco elle s’est bien déroulée. L’entreprise a annoncé sur Twitter : “Aucune fluctuation significative de la radioactivité n’a été détectée pendant l’opération, et il n’y a eu aucun impact sur l’extérieur”. Contrôlé à distance par les scientifiques, le robot est en fait une version 2.0 de celui de 2017. La caméra indispensable y est toujours, mais une pince a été rajoutée. Celle-ci a permis au robot de manipuler les combustibles, de connaître leur température et surtout leur niveau de radioactivité. Cette opération a été menée dans le réacteur 2, où les rayonnements radioactifs sont si élevés, qu’il pourrait tuer quasi instantanément un Homme.
Nucléaire. Projection d’un film sur la catastrophe de Fukushima
La projection du film « Fukushima, le couvercle du soleil », est le fruit d’une collaboration entre l’association Sortir du nucléaire-Trégor, représentée par Laurent Lintanf, Marie-Thérèse et Alain Gatel, et Marie-Paule Péquériau, et la directrice du cinéma Les Baladins, Emilie Leroux. (Le Télégramme/Olivier Paris)
Le film « Fukushima – Le couvercle du soleil » sera projeté jeudi 21 mars au cinéma Les Baladins, à Lannion, à l’initiative de l’association Sortir du nucléaire-Trégor. Il plonge le spectateur au cœur de la catastrophe qui a secoué le Japon il y a huit ans.
Le 11 mars 2011, le Japon était frappé par un séisme, suivi d’un tsunami, qui entraînait un accident majeur à la centrale nucléaire de Fukushima. « Un accident nucléaire, on en parle au passé, alors qu’il est toujours en cours. Les méfaits de la pollution radioactive sur l’eau, l’air, les sols, vont s’étaler dans un temps extrêmement long, avec de lourdes conséquences sur la santé des populations », martèle Laurent Lintanf. Le porte-parole de l’association Sortir du nucléaire (SDN)-Trégor n’est pas près d’oublier cette date. « On était quelques-uns à préparer un événement pour commémorer la catastrophe de Tchernobyl, quand celle de Fukushima s’est produite. On a alors pris la décision de créer Sortir du nucléaire-Trégor ».
Projection suivie d’un échange avec un journaliste japonais
Un film de fiction, « Fukushima – Le couvercle du soleil », vient de sortir en salle. SDN-Trégor s’associe au cinéma Les Baladins pour le projeter le jeudi 21 mars, à 20 h 30. Le réalisateur Futoshi Sato revient sur la catastrophe et sur la gestion de la crise par les autorités politiques et administratives japonaises. La projection sera suivie d’un échange avec le journaliste japonais et francophone Kolin Kobayashi. Ce dernier collabore régulièrement avec l’ancien Premier ministre japonais Naoto Kan, au pouvoir à l’époque et devenu depuis, un antinucléaire convaincu.PUBLICITÉ
JT 20H – Au Japon, les plages de Fukushima renaissent et peuvent à nouveau accueillir les surfeurs.16 mars 20:16 –
Le 11 mars 2019, le Japon avait commémoré l’anniversaire de la catastrophe de Fukushima, une zone longtemps interdite aux habitants. Huit ans après, le surf recommence à revenir petit à petit dans la région. Certaines plages ont été rouvertes et les autorités locales misent sur ce sport pour relancer l’économie.
Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20H du 16/03/2019 présenté par Anne-Claire Coudray sur TF1. Vous retrouverez au programme du JT de 20H du 16 mars 2019 des reportages sur l’actualité politique économique, internationale et culturelle, des analyses et rebonds sur les principaux thèmes du jour, des sujets en régions ainsi que des enquêtes sur les sujets qui concernent le quotidien des Français.
Investigation dans le réacteur 2 de Fukushima Daiichi
Le 13 février 2019, les techniciens de Tepco ont continué à explorer l’espace situé sous la cuve du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Pour cela, ils ont utilisé un nouveau robot de 30 cm de long, développé par Toshiba, qui possède à lui seul une lampe, une caméra, un dosimètre, un thermomètre et une pince articulée à deux doigts crantés. Il est relié par un câble de 4 mètres qui lui permet d’être alimenté en énergie, d’être contrôlé, de rapatrier en direct les informations relevées et de se déplacer dans l’enceinte de confinement en étant poussé ou tiré.
Envoi du robot vers la plateforme sous la cuve du réacteur 2 (Capture d’écran vidéo Tepco)
Dans un premier temps, Tepco a fourni une série de photos prises par l’engin, mais ces photos sont plus spectaculaires qu’autre chose. Elles sont d’abord diffusées pour montrer que Tepco travaille. Aucun prélèvement n’a été effectué, on n’a pas diffusé les chiffres de la radioactivité, mais on en parle, c’est l’essentiel. Une fois que ces informations lacunaires ont été diffusées en masse, avec une technique bien rôdée, Tepco a fourni ensuite des informations plus intéressantes mais de manière plus confidentielle ; comme on ne va pas parler de Fukushima tous les jours, les médias ne les reprennent pas, peut-être pour ne pas lasser les lecteurs.
Quelques grains de corium saisis par les pinces du robot (Capture d’écran vidéo Tepco)
Ainsi, Tepco a diffusé 15 jours plus tard une vidéo en japonais. On y apprend, grâce à un technicien pédagogue qui explique l’investigation dans le détail, que le robot est passé dans un trou (fait par le passage du corium ?) de la plateforme d’accès aux barres de contrôle pour visiter le fond du piédestal, ce support en béton qui supporte la cuve. L’engin a mesuré la radioactivité à différentes hauteurs (mais on ne connaît pas la distance par rapport au fond de la cuve), de 6,4 à 7,8 Gy/h. Eh oui, Tepco utilise maintenant le Gray (Gy), alors qu’elle avait toujours utilisé le Sievert (Sv). Ce sont des unités quasi équivalentes sauf que le Sievert prend en compte l’absorption moyenne par le corps humain… Hum, pas très clair tout ça pour le commun des mortels. Changer d’unité est une vieille technique de l’industrie nucléaire pour égarer les curieux. On ne conseillera jamais assez aux novices de s’informer sur ce sujet en lisant le vademecum sur le nucléaire de Georges Magnier. Mais revenons aux mesures ; on remarquera que Tepco a pris soin de ne pas donner une mesure trop proche du corium, à la base de l’enceinte. Il ne s’agirait pas de refaire la même erreur qu’en février 2017 où la mesure effrayante de 530 Sieverts avait été divulguée pour ce même réacteur…
Mesures de radioactivité dans l’enceinte de confinement du réacteur 2 (Capture d’écran vidéo Tepco)
Par ailleurs, Tepco fournit également des températures aux mêmes points, fluctuant autour de 23 °C (contre 21°C un an plus tôt, sans doute à cause d’un débit d’eau de refroidissement moins élevé aujourd’hui).
La vidéo montre aussi une animation sur le meltdown, vous savez, cet évènement tant redouté qui signifie la fonte du combustible et la formation du corium. A ce propos, on a appris récemment que les trois meltdowns de Fukushima Daiichi avaient produit en tout une masse de corium d’environ 880 tonnes.
Le meltdown selon Tepco (Capture d’écran vidéo Tepco)
Quand on sait qu’il aura fallu attendre 8 ans après le début de la catastrophe pour ne déplacer que quelques grammes de cette matière, on peut imaginer que les 40 années données par Tepco pour récupérer les 880 tonnes qui se sont répandues dans les sous-sols de la centrale ne suffiront pas… Il faudra plutôt plusieurs siècles avant de régler le problème, si on peut le régler un jour.
Pour la 8ème fois depuis 2011, le Japon a retenu son souffle, en ce début mars 2019, et en souvenir de ce jour funeste. Quand un séisme, puis un tsunami, ont frappé le nord de l’archipel, entraînant une explosion dans la centrale de Fukushima Dai Ichi. Un accident nucléaire dont on sait depuis qu’il est le plus important, après celui de Tchernobyl en 1986. Huit ans après, que reste-t-il de cette catastrophe qui laisse derrière elle près de 19 000 morts ?
Avec : – Christine Fassert, docteur en socio-anthropologie, chercheure au Laboratoire de Sciences humaines et sociales de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et auteure du Rapport Shinrai – Bruno Chareyron, ingénieur en Physique nucléaire et directeur du Laboratoire de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD).
Fukushima : 8 ans après, les travaux de décontamination loin d’être achevés
Selon des experts français, il faudra sans doute plus de deux siècles pour décontaminer le site des déchets radioactifs.
C’est notre Planète Virginie Garin00:0301:45 Fukushima : 8 ans après, les travaux de décontamination loin d’être achevés Crédit Image : JIJI PRESS / AFP | Crédit Média : Virginie Garin | Durée : 01:46 | Date : 12/03/2019
PUBLIÉ LE 12/03/2019 À 05:29
Il y a 8 ans jour pour jour explosait le réacteur numéro 1 de la centrale de Fukushima au Japon, submergée par un violent tsunami. 8 ans après, les travaux de décontamination avancent à pas de fourmi.
Contrairement à Tchernobyl, où il a été décidé de mettre un couvercle un acier sur la centrale pour emprisonner la radioactivité, les Japonais, eux, ontpromis de tout nettoyer et de décontaminer le site en 40 ans, mais c’est mal parti. Aujourd’hui, les 3 réacteurs qui ont explosé sont encore aspergés d’eau, il faut les refroidir. Une eau qui devient radioactive et qui s’accumule… 1 million de m³ sont entreposés dans des citernes et les Japonais ne savent pas quoi en faire. Ils envisagent de la reverser petit à petit dans l’océan pour que la radioactivité se dilue, ce qui met en colère les écologistes.
L’autre gros problème, c’est la récupération du combustible fondu. Pour l’instant, seul des petits robots ont pu aller jusqu’au cœur des réacteurs et aucun n’est revenu entier. Pour récupérer ces déchets, il va falloir beaucoup plus que 40 ans estiment les experts français, sans doute plus de 2 siècles.
Alors que les autorités assurent qu’un retour dans la préfecture de Fukushima est sans danger, plusieurs ONG dénoncent le fait qu’une vie sur place présente des risques.
Huit ans après l’accident nucléaire de Fukushima, le gouvernement du Japon assure que les habitants n’encourent aucun risque en revenant vivre dans les zones où l’ordre d’évacuation a été levé. Plusieurs ONG dénoncent cependant une mise en danger des populations en certains endroits.
« Possible de mener une vie normale », selon les autorités. « La préfecture de Fukushima n’est qu’une des 47 préfectures du Japon, et seulement 2,7% de cette région fait encore l’objet d’un ordre d’évacuation », a insisté devant quelques journalistes le ministre de la Reconstruction, Hiromichi Watanabe, en amont des commémorations du tragique tsunami du 11 mars 2011 à l’origine du désastre de Fukushima. Compte tenu des efforts de décontamination et de reconstruction, dans 97,3% de la préfecture, « il est possible de mener une vie normale », ajoute-t-il.
Pour les ONG, des vies bridées. Faux, rétorquent entre autres les organismes Greenpeace et Human Rights Now, emboîtant le pas à plusieurs rapports des Nations unies. Selon Greenpeace, les personnes qui rentrent tendent d’elles-mêmes à brider leur vie pour minimiser les risques, ce qui ne s’appelle pas « vivre une vie normale » : « elles peuvent changer leur comportement, par exemple éviter de rester longtemps à l’extérieur », note l’organisme dans un rapport.
L’exposition aux radiations au cœur du débat. Il estime, mesures à l’appui, qu’en certains endroits de localités où l’ordre d’évacuation a été levé, « l’exposition aux radiations tout au long d’une vie peut largement excéder le niveau acceptable du point de vue de la santé publique ». Divers rapporteurs et instances des Nations unies ont à plusieurs reprises critiqué la décision du gouvernement japonais d’élever à 20 millisieverts/an l’exposition acceptable et d’en faire le niveau de référence pour la levée des ordres d’évacuation, alors qu’en temps normal c’est 1 msV qui est retenu. Pour les ONG, cette largesse avec les chiffres combinée à l’arrêt progressif des subventions pour les évacués prend en étau les ex-habitants qui, pour des raisons financières, se sentent contraints au retour.
Une situation préoccupante pour les enfants. La situation des enfants est jugée très préoccupante par les ONG et l’ONU. En octobre, dans un communiqué, un expert des droits de l’Homme des Nations unies avait demandé au gouvernement « de cesser de faire revenir les enfants et femmes en âge de procréer dans les zones où les niveaux de radioactivité restent supérieurs à ceux considérés comme sûrs avant le désastre ». Le gouvernement répond notamment que ces propos nuisent à l’image de la région. Publié lundi, un rapport de l’Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) regrette que « la question des conséquences des radiations sur la santé soit rendue taboue parce qu’elle risque de diviser la population » entre ceux qui font confiance aux autorités et les autres.