Ce mouvement brusque a été provoqué par une onde sismique d'une puissance inouïe. | A Chosen Soul via Unsplash
Ce mouvement brusque a été provoqué par une onde sismique d’une puissance inouïe. | A Chosen Soul via Unsplash

Temps de lecture: 2 minutes – Repéré sur New Scientist

Le 11 mars 2011, le Japon a vécu un séisme de magnitude 9 sur l’échelle de Richter, dont l’épicentre se trouvait au niveau de Tōhoku, région située au nord-est du pays. Quinze ans après, New Scientist revient sur ce tremblement de terre et surtout sur ses conséquences, pour le moins surprenantes et riches en enseignements.

Le média scientifique nous apprend en effet qu’environ quinze minutes après le séisme, l’immense majorité du territoire japonais a subi un déplacement d’un demi-centimètre dans la direction de l’est. Ce mouvement brusque a été provoqué par une onde sismique d’une puissance inouïe, qui a parcouru 5.800 kilomètres jusqu’au noyau terrestre avant de rebondir vers la surface.

Loin d’être anecdotique

Ces cinq millimètres peuvent paraître dérisoires si on les compare à d’autres bouleversements engendrés par le séisme de 2011, qui a notamment provoqué un tsunami débouchant sur la fusion de trois réacteurs à la centrale de Fukushima. Cela reste néanmoins un événement pour les sismologues et géographes, qui notent que le mouvement s’est produit sur une distance de 3.000 kilomètres, soit près de sept fois la longueur de la principale ligne de rupture du séisme. Il s’agit du plus long glissement jamais enregistré.

«Ce n’est pas seulement une mince bande qui s’est déplacée, commente Sunyoung Park, qui enseigne la sismologie à l’Université de Chicago. Si nous disposions d’un réseau d’instruments aussi dense sur le fond marin, nous pourrions déterminer plus précisément jusqu’où ce mouvement s’étend au large, mais à terre, le décalage a été observé quasiment partout au Japon.»

En analysant de vastes données GPS et sismiques enregistrées pendant la catastrophe, la scientifique et ses collègues –qui viennent de publier un article sur le sujet pour la revue Science– ont déterminé comment ce mouvement d’une ampleur phénoménale a été déclenché et pourquoi la rupture s’est produite un quart d’heure après le séisme principal

Les séismes génèrent souvent des ondes qui se propagent profondément à l’intérieur de la Terre et se réfléchissent sur le noyau, mais celles-ci deviennent généralement assez faibles une fois qu’elles ont atteint le centre de la planète et au cours de la remontée qui suit. Dans le cas du Tōhoku, la secousse principale était si importante que l’onde initiale, bien qu’affaiblie, est restée suffisamment puissante lors de son retour à la surface pour provoquer un séisme d’envergure et le déplacement de quatre plaques tectoniques adjacentes couvrant tout le Japon ou presque.

«Nous pensons que les fortes secousses du séisme initial de Tohoku ont peut-être déjà fragilisé les limites des plaques, les rendant plus susceptibles de se déplacer lors du passage de l’onde réfléchie par le noyau», souligne Sunyoung Park, qui conclut sur la nécessité d’assurer le suivi des tremblements de terre: «Cela montre qu’après un séisme majeur, il est important de prendre en compte les risques sismiques potentiels liés à la propagation profonde des ondes sismiques, susceptibles de déclencher d’autres événements sur de très grandes distances.»