"Rien n'est plus proche du Vrai ... que le Faux"

Auteur/autrice : serge angeles Page 27 of 32

27 octobre 2018

Le point sur les centrales nucléaires du Japon et autres nouvelles

Articles de HORI Yasuo traduits de l’espéranto par Robert MOLIMARD et Ginette MARTIN.

Sommaire

1 – « Le point sur les centrales nucléaires du Japon », rédigé le 26 juillet 2018

2 – « Le grand danger de la centrale nucléaire de Tomari », rédigé le 23 septembre 2018

3 – « On prévoit un grand séisme », extrait de l’article du 25 juillet 2018 « Le Japon se meurt »

4 – « Energie », extrait de l’article du 5 juillet 2018 « Relations entre le Japon et la Mongolie »

1. Le point sur les centrales nucléaires du Japon

Sept ans ont passé depuis que quatre réacteurs nucléaires ont été sérieusement endommagés à Fukushima. Maintenant, qu’en est-il des centrales nucléaires japonaises ?

TEPCO a décidé de démanteler les 10 réacteurs nucléaires de Fukushima

En 2011, avant l’accident, il y avait 10 réacteurs nucléaires à Fukushima, à savoir six dans la centrale nucléaire n°1 [daiichi] et quatre dans la centrale n°2 [daini] (Photo ci-dessous).

Centrale nucléaire de Fukushima Daini

Centrale nucléaire de Fukushima Daini

Parmi ceux-ci, quatre dans la centrale n°1 étaient endommagés et sont maintenant en cours de démantèlement. TEPCO a déjà décidé de réformer les deux autres de la centrale n°1, mais concernant les quatre réacteurs de la centrale n°2, la compagnie, qui continuait à ne pas dévoiler son intention, disant que c’était de la responsabilité du gouvernement, a finalement publié le 14 juin qu’elle les réformerait tous les quatre. Ces 10 réacteurs seront démantelés, pour la joie des habitants de Fukushima, et Fukushima deviendra un département dénucléarisé. Félicitations à eux, et à nous !

 Pour démanteler les six réacteurs de la centrale n°1, il faudra à TEPCO 280 milliards de yens (2,2 milliards d’euros) et 30 à 40 ans. En remplacement, elle a l’intention de remettre en fonction sept réacteurs nucléaires de la centrale nucléaire de Kashiuazaki-Kariua dans le département de Niigata, à l’arrêt depuis le tremblement de terre de Niigata en 2007.

*Ma conclusion : Il semble que TEPCO ait perdu la partie contre les habitants de Fukushima, mais ne cesse d’intriguer pour renverser la situation dans d’autres départements.

La centrale nucléaire n° 2 de Tookai

L’Autorité de Régulation Nucléaire a approuvé la réparation convenable de la centrale nucléaire n°2 de Tookai du département d’Ibaraki (un réacteur). Cette centrale est située dans la métropole et 960 000 personnes habitent dans un rayon de 30 km autour d’elle. Le plan de secours est insuffisant, mais l’Autorité n’est pas responsable des refuges, seulement d’examiner l’adéquation du réacteur aux règles.

Centrale nucléaire de Tookai

Centrale nucléaire de Tookai

Ce réacteur a commencé à fonctionner en 1976, il est donc un réacteur caduc de plus de 40 ans. Car selon la loi, on ne peut utiliser un réacteur plus de 40 ans, mais l’Autorité a déjà approuvé sept réacteurs comme convenablement réparés pour pouvoir fonctionner, et les compagnies d’électricité préparent joyeusement leur remise en route.

*Ma conclusion : Les puissants essaient toujours de trouver une voie détournée.

TEPCO a refusé un accord avec les habitants de Namie

15000 habitants de la ville de Namie dans le département de Fukushima, qui ont dû trouver refuge à cause de l’accident nucléaire, ont demandé une compensation monétaire supplémentaire à TEPCO, au Centre pour la solution des conflits liés à l’accident nucléaire, mais celui-ci a refusé la demande. Pendant ces 5 années, 850 d’entre eux sont morts. Le maire M. Baba Tamotsu a dit en colère que TEPCO n’avait absolument aucun sentiment de faute dans l’accident.

*Ma conclusion : TEPCO semble demander pardon, mais en réalité son seul but est de survivre, même en piétinant ceux qui souffrent.

Travailleurs étrangers dans la centrale nucléaire n°1 de Fukushima

10 000 personnes travaillent chaque jour à la centrale nucléaire n°1. C’est donc 3 650 000 journées de travailleurs dont a besoin TEPCO chaque année. Il lui faudra 40 ans pour terminer le démantèlement de ces réacteurs, donc 146 millions de journées de travail humain. Est-ce qu’elle pourra embaucher autant de personnes ? Aura-t-elle suffisamment d’argent pour cela ? Je crains que non, mais TEPCO est très optimiste. 

L’économie japonaise est actuellement prospère, mais le problème est le manque de force de travail. Le Japon se ratatine, avec énormément de vieux et peu de jeunes et d’enfants. Pour cela, le gouvernement invite de jeunes étrangers d’Asie comme « stagiaires ». Ils travaillent dans des compagnies japonaises et « s’entrainent » pour que, retournant dans leur pays, ils utilisent les techniques et les capacités acquises. En fait, beaucoup de compagnies les utilisent comme une main d’œuvre bon marché. On a découvert en mai que six « stagiaires » vietnamiens travaillaient dans la centrale nucléaire n°1 de Fukushima alors que TEPCO avait décidé de ne pas embaucher d’étrangers. Ces six vietnamiens n’étaient pas directement embauchés par TEPCO, mais par un sous-traitant. Le président de cette compagnie a déclaré : « Je connaissais cette décision de TEPCO, mais les compagnies de construction n’existeraient pas sans travailleurs étrangers ». Il n’y a pas de réacteur nucléaire au Vietnam, donc même si ces six ont acquis une expertise de travail à Fukushima, ils ne pourront l’utiliser nulle part dans leur pays.

Le point sur les centrales nucléaires du Japon et autres nouvelles

 Le travail dans une centrale nucléaire est dangereux, c’est pourquoi de moins en moins de Japonais veulent y travailler. Je suppose que beaucoup d’étrangers travaillent clandestinement dans les centrales nucléaires de tout le Japon. J’ai peur qu’un jour, sous peu, TEPCO finisse par rejeter sa responsabilité de démanteler ces réacteurs en raison d’un manque de personnel et d’argent.

*Ma conclusion 1 : Les pauvres sont toujours les victimes des riches et des puissants.

*Ma conclusion 2 : Le gouvernement et les grandes compagnies comme TEPCO n’ont pas de vision du futur du Japon.

2. Le grand danger de la centrale nucléaire de Tomari

Un grand tremblement de terre est survenu

Le 9 septembre à 3h08, un grand séisme s’est produit dans le sud d’Hokkaido.

Les tremblements de terre sont fréquents au Japon.

 Le gouvernement et les experts sismologues recherchent où se trouvent les failles actives et en font la carte, mais ce séisme ne s’est pas produit au niveau des failles connues, mais de fissures inconnues. Cela signifie qu’il y en a beaucoup dans les îles japonaises, et que partout pourront survenir de grands tremblements de terre.

J’ai vu les dégâts à la télévision, et ai été très surpris par le nombre incroyable de glissements de terrain causés par le séisme. Toute la montagne a été quasiment écorchée par des ongles gigantesques (photo ci-dessous). Une cendre volcanique, qui recouvrait la montagne, a glissé à cause des énormes secousses, tuant environ 40 personnes et détruisant leurs maisons. 

Glissements de terrain en de nombreux endroits

Glissements de terrain en de nombreux endroits

Ce n’est pas seulement le problème d’Hokkaido, car le Japon est une île volcanique, et la nature du terrain est la même partout.

Une autre surprise fut la formation de boue liquide dans la capitale Sapporo à 50 km de l’épicentre. Là, à cause de la résurgence des eaux souterraines, les rues s’y engloutirent et les maisons s’inclinèrent.

Le séisme a provoqué un autre grave problème, la panne de trois générateurs hydroélectriques de la compagnie d’électricité Hokkaido (en abrégé Hokuden) dans la ville d’Atsuma, sous laquelle il se produisit.  Cette centrale fournit la moitié des besoins d’Hokkaido en électricité. La panne a retenti sur d’autres petits générateurs, si bien que toutes les centrales d’Hokuden s’arrêtèrent. Dans la vie moderne, les gens ne peuvent vivre sans électricité. Les usines ne peuvent fonctionner, les éleveurs ne peuvent traire les vaches, et les vaches meurent d’affection mammaire, les hôpitaux ne peuvent soigner les malades, en fait toutes les fonctions se sont arrêtées et l’économie en souffre beaucoup. Même maintenant la fourniture de courant ne suffit pas et est instable, et les habitants vivent dans l’inquiétude.

La centrale nucléaire de Tomari, qui appartient à Hokuden, a aussi souffert, ayant perdu la totalité de l’apport électrique extérieur, devenant dépendante de celui qu’elle produit. Heureusement, ses réacteurs ne fonctionnaient alors pas pour cause de contrôle. S’ils avaient fonctionné, cela aurait provoqué de nouveau une grande catastrophe nucléaire.

La centrale nucléaire de Tomari

Cette centrale contient trois réacteurs nucléaires.

 SystèmeDémarrageProductionÉtat actuel
N°1PWA22/5/1989579 MWEn contrôle
N°2PWA12/4/1991579 MWEn contrôle
N°3PWA22/12/2009912 MWEn contrôle

*PWA : réacteur à eau pressurisée (REP). Tous les réacteurs nucléaires de Fukushima sont des réacteurs d’une autre espèce, à eau bouillante.

Centrale nucléaire de Tomari

Centrale nucléaire de Tomari

Mon amie plaidera au tribunal

Des actions de protestation se manifestent au Japon contre toutes les centrales nucléaires. À Hokkaido également existe un mouvement contre la centrale nucléaire de Tomari, et l’on accuse Hokuden, exigeant l’abandon de cette centrale. Mon amie, Mme Higushi Minako, qui a agi dès le début contre cette centrale, plaidera le 9 octobre devant le tribunal d’Hokkaido. Elle m’en a informé et m’a envoyé le texte de sa plaidoirie.  Elle se présente ainsi :

Je m’appelle Higushi Minako. J’ai été responsable de l’information de la « Société agissant pour l’abandon de la centrale de Tomari », de juin 2011 à juin de cette année.

Quand nous avons décidé de porter cette affaire devant le tribunal, nous n’avions pas suffisamment de collaborateurs, donc avec deux autres nous avons travaillé à ce sujet par téléphone et messages par internet.  Quand nous avons réussi à réunir 612 plaignants, j’étais très heureuse.  Maintenant, nous en avons 1233.

Je n’oublierai jamais la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Même sur le lointain Hokkaido sont tombés des produits nucléaires.  Quelques jours après l’accident j’ai mis au monde mon premier bébé. Pour nous protéger, avec quel soin j’ai choisi la nourriture !  Pour diffuser l’information sur le danger de l’accident nucléaire, j’ai commencé à éditer un petit document « Ginga Tsuushin » (Information Galaxie), et c’est cette année son 30e anniversaire.

Je ne suis pas experte pour parler en public, mais comme une de ceux qui ont cette fois fait l’expérience d’une vie sans électricité, tout à fait sans lumière, je parlerai sur le thème « Le tremblement de terre actuel à Hokkaido a rendu plus clair le danger de la centrale nucléaire de Tomari ». Tous pourront assister au jugement. J’attends votre présence.

Texte de sa plaidoirie au tribunal

Le séisme de cette fois-ci à Hokkaido a rendu plus évident le danger de la Centrale nucléaire de Tomari.

Accusatrice:  Higuchi Minako

Le 6 septembre au petit matin a eu lieu dans le district oriental d’Iburi un tremblement de terre d’une intensité sismique de 7 (magnitude 6,7), et la compagnie électrique d’Hokkaido (Hokuden) n’a pas pu livrer d’électricité dans la totalité de l’île. Je vis dans la ville d’Ebetsu, à 60 kilomètres de l’épicentre d’Atsuma, mais je n’ai pas eu d’électricité chez moi pendant deux jours. Le trafic était arrêté. Les magasins étaient fermés. Nous ne pouvions pas acheter de nourriture. L’information ne venait que par une radio qui fonctionnait à peine avec une batterie. Pour la première fois, j’ai été terrifiée par des rues complètement obscures et sans panneaux de signalisation. Cette fois, je ne parlerai que de ce que j’ai remarqué lors de ces nuits sombres.

   En raison du séisme, les générateurs hydroélectriques de Hokuden, nº 2 (600 MW) et n°4 (700 MW) ont  cessé de fonctionner à cause de dommages subis dans les canalisations transportant de la vapeur à très haute température. Et au bout de 17 minutes, le générateur n° 1 (350 MW) a cessé de fonctionner. À cause de cela, la moitié de l’électricité nécessaire à Hokkaido a été perdue, ainsi que l’équilibre entre les autres générateurs, si bien qu’il y a eu une panne complète d’électricité sur toute l’île d’Hokkaido.
    * Le générateur n° 3 avait été précédemment mis au rebut.

  Les réacteurs nucléaires, alors inactivés, de la centrale nucléaire de Tomari ont été privés d’électricité extérieure pendant 19 heures et demie. Pendant ce temps, des générateurs d’urgence ont fonctionné et refroidi des combustibles nucléaires dans les piscines. Si ces générateurs avaient échoué, ces combustibles auraient pu atteindre un état critique.

Au cours de ce séisme, l’intensité sismique à Tomari était seulement de 2. Hokuden avait peut-être anticipé un séisme éventuel important qui pourrait priver de  l’électricité extérieure, mais il n’avait pas prévu qu’à cause d’un tremblement de terre au loin, on devrait manquer d’électricité dans toute l’île, ni que la centrale allait manquer d’électricité pendant de longues d’heures. Hokuden a plaidé devant ce tribunal que la compagnie prend toujours et avait pris tous les moyens de secours contre tous les dangers pour conserver les réacteurs, mais il n’avait pas prévu que l’énergie électrique aurait si facilement été en panne.

Si les réacteurs nucléaires avaient été en fonctionnement, que se serait-il passé ? Le refroidissement des combustibles usagés dans les piscines et celui des réacteurs en fonctionnement ne sont pas la même chose. Il y a sept ans, en raison du grand tsunami à Fukushima, quatre réacteurs avaient perdu les  sources d’électricité et s’étaient ensuite détruits, dispersant des poussières nucléaires dans l’est du Japon. Les gens de Fukushima ont perdu leur vie tranquille. Ont-ils retrouvé une vie calme ? L’accident n’est pas encore terminé. Ayant subi l’expérience d’une vie sans électricité, je suis convaincue que nous ne pouvons pas vivre en toute sécurité et tranquillité avec les centrales nucléaires.

La deuxième chose sérieuse lors de ce désastre sismique est qu’il s’est écoulé 17 minutes entre les défaillances des deuxième et quatrième générateurs et celle du premier générateur. De nombreux chercheurs ont mentionné que la compagnie Hokuden aurait  pu éviter la panne totale, si elle avait  équilibré l’offre et la demande d’électricité, en désactivant les générateurs à d’autres endroits. La compagnie n’était pas prête du tout pour des situations d’urgence. Elle n’est pas capable de sécuriser les centrales nucléaires. C’est devenu clair pour tous, à la lumière du séisme actuel.

La troisième chose majeure est que le séisme actuel a eu lieu dans un endroit imprévu. Il a eu lieu à 37 kilomètres de profondeur et provoqué d’immenses éboulements. Dans la mer à côté de la centrale nucléaire de Tomari, il y a une faille similaire à celle de la ville d’Atsuma. Si un tremblement de terre se produisait à côté de Tomari, celui-ci atteindrait la centrale nucléaire, ce qui causerait de grands dégâts, brisant des canalisations par suite de secousses verticales.

Enfin, je vais lire une partie de mon essai, qui est paru dans le livre « Lettres à Hokuden » il y a 29 ans.
« S’il y a un accident nucléaire à Tomari, les premières victimes seront les enfants. Un tel accident va souiller la mer, l’air et le sol, et la radioactivité s’accumulera dans leurs corps à cause des aliments pollués.

Un jour, j’ai visité le village de Tomari. Il y avait une très belle côte. Pourquoi a-t-on construit la centrale nucléaire là-bas ? Je me suis souvenu du golfe de Shiranui dans le département de Kumamoto. La mer était magnifique et fertile. Dans cette mer, l’usine d’azote a rejeté du mercure toxique. Ce n’est pas visible, ni perceptible à l’odeur, ni radioactif, donc les résidents, inconscients du danger, mangeaient des poissons pollués et ont souffert d’une maladie appelée «maladie de Minamata». Même les bébés sont nés malades. … Vous devez mettre au rebut la centrale nucléaire de Tomari, si vous aimez votre famille ».

Si la centrale nucléaire avait été en service au moment du séisme, il aurait pu se produire un grand accident. Je demande que la centrale nucléaire dangereuse de Tomari soit immédiatement mise au rebut. J’espère que le juge prononcera un verdict juste.
(Fin de la plaidoirie)

Quand j’ai appris que l’électricité extérieure était en panne, j’ai eu très peur. La centrale nucléaire a certainement son propre générateur pour produire de l’électricité, mais l’essence ou le pétrole lourd sont nécessaires. Est-ce que Hokuden a suffisamment de réserves ? Combien de jours pourra-t-il produire de l’électricité?

Et une autre crainte est que les tremblements de terre puissent casser des canalisations dans la centrale. Les réacteurs nucléaires sont reliés par une grande quantité de gros et de petits tuyaux. Si ceux-ci sont cassés, il y aura un désastre. Voir la photo plus bas. Après de grands séismes, il y a souvent de grosses fentes sur le sol. Si une telle craquelure se produit sous la centrale nucléaire, les réacteurs nucléaires ne pourront pas résister. Et ce malheur nous l’avons déjà connu à la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa dans le département de Niigata en juillet 2007.

Tout le monde craint un éventuel accident nucléaire, mais le gouvernement et le monde industriel continuent  d’essayer de remettre en route tous les réacteurs nucléaires. Lorsque de grands tremblements de terre se produisent, la première question dans la tête de nombreuses personnes est la suivante: « La centrale nucléaire n’a-t-elle pas été endommagée ? » Nous ne voulons plus vivre avec cette peur.

Faille dans une rizière causée par le tremblement de terre à Kumamoto en 2016.

Terrain détruit dans la centrale nucléaire de Kashiwaki-Kariwa à Niigata à la suite du tremblement de terre de 2007. TEPCO le répare et tente de remettre en route cette centrale endommagée.

3. On prévoit un grand séisme

Extrait de l’article du 25 juillet 2018 « Le Japon se meurt »

Le comité gouvernemental sur les tremblements de terre a publié le 26 juin une carte de probabilités de séismes. Selon le comité, leur probabilité augmentera, avec une force supérieure à 9 dans les 30 prochaines années.  Elle sera de 85% autour de la ville de Shiba, de 85% autour de Mito et de 82 % autour de Yokohama. Il est cependant étrange qu’elle ne soit que de 42% autour de Tokyo, parce que le bureau municipal est situé par hasard sur une terrasse solide. Si ce grand séisme se produit dans les deux ans, il ne s’agira pas seulement des olympiades, mais aussi de la disparition du Japon, car Tokyo sera à grande échelle détruit.

Le point sur les centrales nucléaires du Japon et autres nouvelles

4. Energie

Extrait de l’article du 5 juillet 2018 « Relations entre le Japon et la Mongolie »

Immédiatement après l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, un article parut dans le journal Mainichi, selon lequel le gouvernement japonais envisageait de conserver en Mongolie des déchets radioactifs. Le gouvernement japonais essaie actuellement de faire fonctionner le plus possible de réacteurs nucléaires, mais toutes les centrales nucléaires sont presque pleines de déchets, et s’il n’a pas de lieux de stockage, elles ne pourront continuer à fonctionner, pourtant il n’y a nulle part au Japon de lieu adéquat pour accueillir ces déchets. La Mongolie convient tout à fait pour ces stockages, car elle est 4 fois plus grande que le Japon, et elle n’a que trois millions d’habitants. Le pays est largement désert, et il se pourrait qu’il y existe des lieux qui conviennent au stockage.

Le gouvernement a immédiatement fait savoir que telle n’était pas son intention, mais tant que se posera le problème des déchets, il explorera certainement secrètement la possibilité de stockage en Mongolie. Les déchets produits au Japon devront-ils aller dans un autre pays ! ? Une idée très honteuse ! Si le Japon ne peut résoudre ce problème chez lui, qu’il cesse de faire fonctionner toutes les centrales nucléaires !

Deux jours avant mon départ pour la Mongolie, j’ai regardé à la télévision un programme sur un projet d’énergie solaire en Mongolie. Une compagnie japonaise a commencé à y construire des centrales solaires, et cela pourra couvrir toute l’énergie électrique utilisée dans toute l’Asie orientale en Mongolie. C’est un excellent projet. Pour cela, la Chine, la Corée, le Japon et d’autres pays devront vivre ensemble et collaborer, s’interconnectant par leur système électrique. De plus, il n’y aura alors plus besoin d’énergie nucléaire. La Mongolie pourra jouer un rôle important de centre énergétique dans toute l’Asie.

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Fukushima: Le Japon doit se débarrasser d’urgence…

Fukushima: Le Japon doit se débarrasser d’urgence de l’eau contaminée, dit l’AIEA

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Les autorités japonaises doivent d’urgence s’attaquer au problème de l’accumulation d’eau contaminée sur le site de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, a déclaré mardi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)

TOKYO (Reuters) – Les autorités japonaises doivent d’urgence s’attaquer au problème de l’accumulation d’eau contaminée sur le site de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, a déclaré mardi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

L’AIEA a lancé cet appel à la suite d’une visite du site par ses experts, et dans la foulée de l’aveu fait début octobre par Tepco que l’eau à Fukushima contient toujours des éléments radioactifs, alors que jusqu’à ces derniers temps, la compagnie propriétaire de la centrale assurait que la radioactivité avait été éliminée.

Une décision « doit être prise d’urgence, engageant toutes les parties prenantes, pour garantir les activités de démantèlement » de la centrale, a dit l’AIEA mardi, au terme d’une semaine d’inspection par ses experts.

Dans un communiqué, l’AIEA estime qu’il est « critique » de se débarrasser de l’eau stockée à Fukushima, en vue d’assainir les trois réacteurs accidentés en mars 2011 lors du violent séisme et du tsunami consécutif.

Le million de tonnes d’eau stockée sur le site de la centrale – l’équivalent de 500 piscines olympiques – contient toujours des niveaux non négligeables d’éléments radioactifs, a reconnu Tepco le 1er octobre.

Le barrage de la peur

Fukushima est à nos portes!
Publié lundi 15 octobre 2018 à 08:54

Menacée, Genève repart au combat contre la vétuste centrale nucléaire française du Bugey, située à 70 km de la ville. 
 A 90 km de la centrale, un barrage pourrait provoquer une catastrophe semblable à celle de Fukushima, selon des experts. 
En cas d’accident majeur, une partie de la Suisse romande se trouverait sous le nuage radioactif.

2 mars 2016. L’info fait l’effet d’une bombe.

Unis dans leur combat contre le nucléaire imposé par la Constitution cantonale*, la ville et l’Etat de Genève déposent plainte pénale contre X pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux concernant la centrale nucléaire du Bugey, située à 70 km du bout du lac. Lors d’une conférence de presse restée mémorable, Esther Alder, alors maire de la ville, soutenue par le conseiller d’Etat Antonio Hodgers et le conseiller administratif Rémy Pagani, exige la fermeture du site, construit sans étude d’impact préalable. Mandatée par les autorités genevoises, Me Corinne Lepage, avocate spécialiste en droit de l’environnement et ancienne ministre française de l’Environnement, affirme que la dalle sur laquelle repose l’unité présente des problèmes d’étanchéité, qu’une enceinte de confinement d’un des réacteurs comporte une fissure et que des fuites de tritium sont régulièrement constatées. Sans mauvais jeu de mots, le dossier semble béton.

Juin 2017. Nouveau coup de théâtre.

L’effet d’annonce dissipé, le Ministère public décide finalement de ne pas engager de poursuites. Pour lui, les faits ne sont pas suffisamment caractérisés. «Son enquête a été bâclée», estime aujourd’hui le service juridique de la ville.
Dix-huit mois plus tard. Convaincu que la centrale présente toujours plus de risques pour la sécurité et la santé de ses habitants, Genève s’apprête à repartir au combat. «Une nouvelle plainte avec, cette fois, constitution de partie civile, va être déposée prochainement à Paris entre les mains du doyen des juges d’instruction. Contrairement à la première, elle se fondera sur le rapport d’un célèbre expert reconnu dans le domaine du nucléaire dont le nom sera dévoilé en temps utile. Celui-ci établit de manière très claire les lacunes et les défaillances de la sûreté et les risques d’accidents qui y sont associés. Plusieurs juges d’instruction devraient ainsi être désignés pour instruire les faits. «La ville et le canton auront accès au dossier et la possibilité de formuler des demandes d’auditions et des expertises», détaille un juriste du service qui préfère que son nom ne soit pas cité. «Nous espérons ainsi que la poursuite des investigations permettra de faire enfin toute la lumière sur les conditions de fonctionnement de la centrale, qui souffre d’une dégradation croissante et d’un entretien défectueux de ses équipements», poursuit notre interlocuteur.

KEYSTONE
Six cents millions de mètres cubes de retenue, un lac de 35 km de long, mis en service en 1968, le barrage de Vouglans (Jura) est le troisième ouvrage du genre le plus important de France.

Le barrage de la peur

Ce n’est pas tout. Une récente enquête menée par une équipe d’Envoyé spécial, la célèbre émission de France Télévisions, diffusée il y a quelques semaines, a ajouté un nouvel élément, et pas des moindres, à ce dossier ultrasensible. Selon les investigations de nos confrères, un second ouvrage, situé à 90 km de la centrale, serait lui aussi en piteux état et pourrait déclencher un scénario qualifié d’apocalyptique: le barrage de Vouglans, dans le Jura français. Mis en service il y a cinquante ans, le troisième édifice du genre dans le pays, avec ses 600 millions de mètres cubes d’eau retenus, présente en effet d’angoissants indices de vieillissement. Les enquêteurs de France 2 ont relevé pas moins de 200 failles sur l’ensemble de l’ouvrage. Interrogé sous le couvert de l’anonymat, un ancien responsable de la sécurité hydraulique d’EDF (Electricité de France), qui exploite le barrage et la centrale, assure pour sa part qu’il existe une infiltration d’eau sous le barrage qui pourrait un jour provoquer le soulèvement de la paroi.

Plus inquiétant encore selon lui, les jonctions latérales béton-rocher, là où les murs prennent appui, ne cessent de se dégrader. «Balivernes», rétorque l’inspecteur de sûreté d’EDF, questionné par les journalistes. Pour lui, le barrage le plus surveillé de France est en parfait état et ne présente aucun signe justifiant un pareil alarmisme.

Rapport secret

Une affirmation assénée avec un aplomb d’autant plus hardi que les dépositaires de l’émission ont mis la main sur un rapport secret d’EDF révélant que la partie avant du barrage se décolle de la fondation et que l’extension d’anciennes fissures provoque des fuites dans la zone centrale, lesquelles fragilisent l’ensemble.

Un autre document confidentiel fait état d’un glissement de terrain autour du site en février 1970 et de deux autres événements similaires en décembre 1981. Pour l’ex-responsable de la sécurité, cette instabilité associée à de fortes précipitations peut provoquer rien de moins que la rupture subite de ce barrage-voûte. C’est ce qui s’est produit dans les environs de Fréjus, en 1959, au barrage de Malpasset. Déferlant dans la vallée, la vague de 40 m de haut fit 423 victimes au cœur d’une nuit d’hiver.

Comme à Fukushima

Avec douze fois le volume de la construction du Var, on a peine à imaginer les conséquences d’une rupture du barrage implanté dans l’Ain en termes de pertes humaines et de dégâts matériels. Mais l’enquête de nos confrères français va plus loin. Elle démontre que la vague submergeant la vallée balaierait encore cinq barrages au fil de l’eau, ce qui la gonflerait de 70 millions de mètres cubes supplémentaires. Six heures après la rupture, l’eau atteindrait ainsi la zone du Bugey.

MANU FORNEY
 

Contrainte par la loi depuis l’accident de Fukushima, en mars 2011, d’imaginer le pire pour ses sites, soit une crue historique de l’Ain et du Rhône ajoutée à la rupture du barrage, EDF affirme pourtant dans son expertise que l’eau s’arrêterait au pied de la centrale. Perspicaces, les enquêteurs de France 2 ont toutefois découvert que ladite expertise a été calculée sur la base d’une hauteur d’eau de 424 m au barrage, alors que la loi oblige à calculer avec un barrage plein (429 m): 5 m de différence, sur un lac long de 35 km, qui ampute le résultat de 85 millions de mètres cubes d’eau. Leader de l’association de riverains Stop Bugey, l’ingénieure Elisabeth Brénière pense que non seulement la centrale serait bel et bien submergée, mais que les débris charriés par le Rhône, dans lequel l’eau de refroidissement des réacteurs est pompée, bloqueraient entièrement le système. «Comme à Fukushima, s’ensuivrait alors la fusion nucléaire. Avec les conséquences que l’on sait…»

* Les autorités doivent tout mettre en œuvre pour s’opposer à toutes velléités nucléaires dans et proches des frontières cantonales.

Où ira l’eau contaminée de Fukushima ?

Économie de la mer. Où ira l’eau contaminée de Fukushima ?

Tokyo Electric Power stocke de l'eau contaminée par la centrale de Fukushima.
Tokyo Electric Power stocke de l’eau contaminée par la centrale de Fukushima. | REUTERS
La société Tokyo Electric Power (Tepco), propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, a reconnu publiquement, hier, que l’eau stockée sur le site contenait toujours certains éléments radioactifs. Ce qu’elle niait jusque-là.

À moins de deux ans des JO de Tokyo, cette nouvelle embarrasse le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie chargé de se débarrasser de cette eau qui s’accumule depuis l’arrêt de la centrale après le tremblement de terre et le tsunami de 2011 : près de 900 000 m3, soit 500 piscines olympiques.

Opposition des pêcheurs

Selon l’exploitant, 84 % de ces volumes auraient une concentration en éléments radioactifs supérieure aux seuils limites et, pour 65 000 m3, la radioactivité dépasserait 100 fois les niveaux définis comme tolérables par l’État japonais.

« Nous allons filtrer une fois de plus l’eau des réservoirs, afin de ramener sous les seuils limites les éléments en question, avant de la déverser dans l’océan, si une décision est prise dans ce sens », a déclaré le porte-parole de Tepco. Une solution à laquelle s’opposent les pêcheurs et les habitants du littoral, qui craignent que cela ne dissuade les consommateurs d’acheter des produits de leur région.

L’eau s’accumule notamment parce que Tepco a besoin d’en injecter dans les trois réacteurs de la centrale pour conserver le combustible d’uranium fondu à une température qui ne pose pas de danger. De plus, des nappes souterraines provenant des collines voisines pénètrent dans le sous-sol du réacteur où elles se mêlent à des débris hautement radioactifs.

Fukushima:l’eau stockée est radioactive

Fukushima: Tepco reconnaît que l’eau stockée est radioactive

FUKUSHIMA: TEPCO RECONNAÎT QUE L'EAU STOCKÉE EST RADIOACTIVE

La société Tepco, propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima, a reconnu que l’eau stockée sur le site contenait toujours certains éléments radioactifs qu’elle disait depuis des années disparus. /Photo d’archives/REUTERS/Tomohiro Ohsumi POOL

TOKYO (Reuters) – La société Tokyo Electric Power (Tepco), propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima gravement endommagée par le séisme et le tsunami de mars 2011, a reconnu que l’eau stockée sur le site contenait toujours certains éléments radioactifs qu’elle disait depuis des années disparus.

Tepco a reconnu le 1er octobre, devant une commission gouvernementale japonaise, la présence d’éléments radioactifs à des niveaux potentiellement nuisibles pour la santé, et a présenté des excuses.

Un porte-parole de Tepco a confirmé jeudi ces déclarations et les excuses de Tepco, faites devant la commission placée sous l’autorité du ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (Miti), qui est chargé de planifier les moyens de se débarrasser de l’eau stockée – près de 900.000 tonnes, soit la contenance de 500 piscines olympiques.

Parmi les moyens envisagés, il est question de déverser cette eau dans le Pacifique, ce à quoi s’opposent les pêcheurs nippons et les habitants du littoral, craignant que cela ne dissuade les consommateurs d’acheter des produits de leur région.

Tokyo a obtenu d’organiser les Jeux olympiques d’été 2020, et dans sa dernière intervention devant le Comité international olympique, voici plus de cinq ans, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, avait déclaré que la situation était « sous contrôle » à Fukushima.

Sur le site internet de la commission gouvernementale en question, on lit que sur les 890.000 tonnes d’eau stockées sur le site de la centrale accidentée, 750.000 tonnes, soit 84%, ont une concentration d’éléments radioactifs supérieure aux seuils-limites.

MUR DE GLACE INEFFICACE

Pour ce qui concerne 65.000 tonnes d’eau, le niveau d’éléments radioactifs est plus de 100 fois supérieur au seuil jugé tolérable par l’Etat japonais.

L’un des isotopes, le strontium 90, jugé dangereux pour la santé humaine, atteint dans certains réservoirs une concentration de 600.000 becquerels par litre, soit 20.000 fois le seuil-limite.

Depuis des années, Tepco affirmait que le processus de purification de l’eau stockée avait permis d’éliminer le strontium tout comme 61 autres éléments radioactifs, tout en laissant le tritium, un élément moyennement radioactif qu’il est difficile de séparer de l’eau.

« Nous allons filtrer une fois de plus l’eau des réservoirs, afin de ramener sous les seuils-limites les éléments en question, avant de déverser cette eau dans l’océan, si une décision est prise dans ce sens », a déclaré le porte-parole de Tepco.

L’eau s’est accumulée notamment parce que Tepco a besoin d’en injecter dans les trois réacteurs de la centrale pour conserver le combustible d’uranium fondu à une température qui ne pose pas de danger.

Les eaux souterraines provenant des collines des environs pénètrent dans le sous-sol du réacteur, où elles se mêlent à des débris hautement radioactifs.

Le coûteux « mur de glace » ne parvient pas à empêcher ces eaux souterraines de ruisseler jusqu’au sous-sol de la centrale, comme l’ont montré cette année les données de Tepco et une analyse de Reuters.

(Aaron Sheldrick et Osamu Tsukimori; Eric Faye pour le service français)

Fukushima : un premier décès

Fukushima : un premier décès reconnu dû aux radiations

Un salarié sur le site de Fukushima en 2017.
Un salarié sur le site de Fukushima en 2017. | REUTERS/TOMOHIRO OHSUMI/POOL

Les autorités japonaises ont reconnu pour la première fois qu’un employé de la centrale nucléaire de Fukushima était mort des suites d’une exposition aux radiations. L’accident nucléaire faisait suite au Tsunami du 11 mars 2011.

Un salarié de la centrale nucléaire de Fukushima est mort des suites d’une exposition aux radiations. Son décès est le premier reconnu par les autorités japonaises.

Le ministère de la Santé, du Travail et de la Sécurité sociale a décrété que des indemnités devraient être versées à la famille d’un employé mort d’un cancer du poumon, a déclaré à Reuters un responsable japonais.

Le quinquagénaire décédé avait passé sa carrière à travailler dans diverses centrales nucléaires du pays, et ilétait intervenu à la centrale accidentée de Fukushima Daiichi à au moins deux reprises après l’accident de mars 2011.

Le cancer au poumon avait été diagnostiqué en février 2016, a précisé le responsable.

Quatre malades reconnus

Le même ministère avait précédemment reconnu que l’exposition aux radiations était responsable de la maladie de quatre employés de Fukushima. Le cas en question est le premier concernant un décès, a souligné le responsable.

Des centaines de décès ont été attribuées au chaos des évacuations durant la période de crise en 2011 et auxdifficultés et au traumatisme endurés par les personnes déplacées, mais le gouvernement nippon a estimé que les radiations n’étaient nullement en cause. Plus de 160 000 habitants de la région ont dû quitter leurs maisons après l’accident de la centrale.

La Statue et l’enfant

Japon: La ville de Fukushima retire la statue d’un enfant en combinaison anti-radiations

POLEMIQUE Selon ses détracteurs, la statue baptisée «Sun child» nuisait à l’image de la région durement touchée par l’accident nucléaire de mars 2011…

20 Minutes avec AFP

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La statue « Sun child » ne fait pas l’unanimité à Fukushima. Photo du 3 août 2018. — Handout / Fukushima City Public Information Division / AFP

Exit « Sun child ». Face aux critiques, Fukushima a décidé de retirer la statue d’un enfant revêtu d’une combinaison de protection contre la radioactivité. « Il m’est apparu impossible de continuer à exposer une statue censée être « un symbole de reconstruction » alors que les citoyens sont divisés à son propos », a expliqué le maire Hiroshi Kohata dans un communiqué, tout en s’excusant si cette statue a pu « blesser les sentiments de certains ».

« Sun child » porte un casque dans une main, signifiant que l’air est désormais sain, et un soleil dans l’autre, symbole d’espoir. Sur son torse, un écran affiche « 000 » pour souligner l’absence de radiations. Mais cette oeuvre haute de plus de six mètres, placée début août près de la gare de la tristement célèbre ville japonaise, sera « enlevée dès que possible ».

L’artiste a dit « regretter » la décision de retirer la statue

Fukushima est le chef-lieu de la préfecture éponyme, qui abrite la centrale dévastée par un tsunami le 11 mars 2011. L’accident nucléaire, le pire depuis Tchernobyl en avril 1986, a entraîné l’évacuation de centaines de milliers d’habitants. Et sept ans après, les agriculteurs sont encore confrontés à la suspicion des consommateurs même si leurs produits sont soumis à de stricts contrôles de radioactivité.

Alors si tôt « Sun child » dévoilé, des internautes ont jugé que la statue, « sinistre », n’aidait pas à restaurer la réputation de Fukushima. L’artiste Kenji Yanobe a, lui, expliqué avoir voulu transmettre un message positif en créant cet enfant aux grands yeux tournés vers le ciel. Sur son site internet, il a dit « regretter » la décision de retirer la statue, mais ne plus vouloir que son travail soit source de polémique.

Fukushima: des billes de césium

Fukushima : du césium en forme de billes

Fukushima : du césium en forme de billes

Chaque accident nucléaire est spécifique. Et celui de la centrale de Fukushima, provoqué après le tsunami du 11 mars 2011 au large du Japon, continue de révéler ses secrets. La plus grande partie du césium radioactif relâché dans l’environnement après l’accident l’a été sous forme de microbilles de verre qui ont concentré les radioéléments.

Les mesures prennent en compte les deux principaux isotopes radioactifs: le césium 137, dont la radioactivité est divisée par deux tous les 30 ans, et le césium 134, tous les 2 ans. De ce fait, ces microparticules affichent un rayonnement nucléaire très élevé: certaines plus de 1000 Becquerels (plus d’un millier de décompositions radioactives par seconde) par gramme. Ces microparticules sous forme de billes de verre représentent «au moins 78 % des émissions totales de césium», explique Satoshi Utsunomya, professeur associé au département de chimie de l’université de Kyushu (Japon).

Ce résultat se fonde sur une nouvelle méthode de comptage, …

Le typhon Cimaron

Trois disparus au Japon après le passage du typhon Cimaron

Le typhon a déversé de fortes pluies dans l’ouest de l’archipel et a provoqué des retards dans les transports, mais sans faire de gros dégâts.

LE MONDE | • Mis à jour le

Une éolienne renversée par les vents à Awaji, dans la province de Hyogo, dans l’ouest du Japon, après le passage du typhon Cimaron, le 24 août.

Le typhon Cimaron a déversé de fortes pluies dans l’ouest du Japon, vendredi 24 août, avant de repartir en mer et de se diriger vers Hokkaido, l’île du nord de l’archipel. Trois étudiants ont été emportés par les vagues sur une plage de Shizuoka (île de Honshu), a annoncé la chaîne de télévision publique NHK. Leurs sandales, sacs à dos, smartphones et portefeuilles ont été retrouvés sur la plage.

Malgré des retards importants dans les transports et quelques dégâts, la région semble avoir échappé aux ravages qui étaient redoutés. Les vents, qui ont atteint plus de 200 km/h sur un large rayon, ont été ressentis jusque dans la région pourtant éloignée de Tokyo toute la nuit et encore vendredi matin.

Les trains circulaient à peu près normalement dans la capitale et alentour, mais dans l’ouest de l’archipel, les compagnies ferroviaires et aériennes avaient décidé par précaution de suspendre de nombreuses liaisons.

Circonstances exceptionnelles

Dans cette région, où au vent se sont ajoutées des pluies diluviennes, les autorités locales avaient demandé à de nombreux foyers, notamment ceux de personnes âgées et invalides, de rejoindre pour la nuit des refuges aménagés dans des bâtiments publics.

Quelques toits ont été emportés, des rideaux de magasin arrachés et autres dégâts matériels constatés, mais pas de crues exceptionnelles ni coulées de boue ravageuses. En revanche, près de 45 000 foyers restaient encore, vendredi matin, privés d’électricité.

Le Japon subit tous les ans le passage de typhons parfois meurtriers mais, cette année, l’arrivée de ces perturbations s’inscrit dans un contexte exceptionnel qui incite, désormais, les autorités à prendre davantage de précautions. Il y a un mois et demi, des pluies records dans le Sud-Ouest ont provoqué des inondations inédites et des éboulements terribles qui ont tué quelque 220 personnes.

En juillet, une étouffante vague de chaleur humide s’est abattue ensuite sur le Japon, tuant plus de 119 personnes dans le mois, tandis que 49 000 autres ont dû être hospitalisées.

Discussion sur le nucléaire au Japon

Après Fukushima, quatre entreprises du nucléaire discutent d’une alliance au Japon

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Quatre exploitants et constructeurs de centrales nucléaires japonais négocient en vue d’une éventuelle alliance. Le quotidien Nikkei a révélé le 22 août que Tepco, Hitachi, Toshiba et Chubu Electric Power envisagent un partenariat pour démanteler les anciens réacteurs.

Au Japon, Tokyo Electric Power Company Holdings (Tepco), Hitachi, Toshiba et Chubu Electric Power négocient en vue d’une éventuelle alliance dans le nucléaire.
© DR

Au Japon, Tokyo Electric Power Company Holdings (Tepco), Hitachi, Toshiba et Chubu Electric Power négocient en vue d’une éventuelle alliance dans le nucléaire. Le quotidien Nikkei a révélé le mercredi 22 août que les sociétés avaient engagé des discussions pour un partenariat, dont le premier objectif serait de démanteler les anciens réacteurs. Les quatre entreprises font partie des plus grands exploitants et constructeurs de centrales nucléaires.

Selon une source de Reuters, Tepco, Hitachi, Toshiba et Chubu Electric Power ont déjà signé un accord préliminaire dont le contenu doit être précisé au cous des discussions.

L’accord pourrait s’étendre à la construction et à l’entretien de centrales nucléaires, une telle initiative étant susceptible d’initier une vaste réorientation stratégique de l’industrie nucléaire au Japon, selon le Nikkei.

Le nucléaire peine à rebondir au Japon depuis Fukushima

Le secteur nucléaire peine à rebondir au Japon après la catastrophe de Fukushima. La filière du nucléaire japonaise fournissait environ 30% de l’électricité du pays avant le tsunami de mars 2011. Tous les réacteurs ont dû obtenir une nouvelle licence de la part du nouveau régulateur, la catastrophe ayant mis en lumière les déficiences réglementaires et opérationnelles du secteur. Neuf d’entre eux ont obtenu le feu vert des autorités pour redémarrer, après avoir engagé des dépenses importantes pour répondre aux nouvelles normes de sécurité. Chubu et Tepco n’ont redémarré aucun réacteur à ce jour.

Partager les risques

« Il est maintenant impossible pour une compagnie privée de s’en sortir dans le secteur toute seule », explique un responsable du ministère de l’Economie au Nikkei. « Il y a une logique à coopérer sur la scène nationale. Quatre bilans sont mieux qu’un quand il s’agit des risques liés au nucléaire », ajoute Tom O’Sullivan, fondateur du cabinet de consultation dans le domaine de l’énergie, Mathyos Japan.

Contactés par Reuters, les quatre groupes ont dit qu’ils avaient des discussions régulières entre eux. Hitachi a démenti les détails de l’article du Nikkei en ce qui concerne les projets de démantèlement et construction de nouveaux réacteurs.

Le Japon disposait de 54 réacteurs en activité avant la catastrophe, mais les entreprises du secteur ont annoncé depuis lors des projets de démantèlement de neufs d’entre eux, en plus des six réacteurs de Fukushima où le processus de nettoyage du site devrait prendre des dizaines d’années.

Avec Reuters (Osamu Tsukimori, Taro Fuse et Aaron Sheldrick, Juliette Rouillon pour le service français)

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