Le Pr Masanori Fukushima porte plainte contre contre l’État japonais
Le Japon connaît un contexte général de hausse de la mortalité. Certains scientifiques et médecins, après avoir constaté une inflammation générale de l’organisme chez certaines personnes décédées ainsi que des anomalies au niveau du système immunitaire, s’interrogent sur un lien possible avec les injections vaccinales anti-Covid-19. En parallèle, le professeur émérite de médecine Masanori Fukushima, déclare porter plainte contre l’État japonais qui a fait la promotion de vaccins. Or, loin de réduire la mortalité par Covid, cette dernière aurait été multipliée par quatre pour la tranche d’âge des 65-80 ans
Depuis un an, l’archipel japonaisl non affiche un excès inquiétant de la P mortalité de sa population. La courbe des décès, au plus bas en mars-avril 2021, commence à monter vers le mois de mai 2021. Si elle est restée dans des limites « acceptables » jusqu’au début de l’année 2022, on constate une très vive accélération des décès à partir dès mars-avril de cette même année.
Une hausse inquiétante de la mortalité
Un phénomène qui n’est pas propre au Japon puisque l’ensemble des pays du bloc occidental, mais également Israël, certains pays d’Amérique du Sud enregistrent des décès supplémentaires par rapport à « une année normale ».
Au Japon, ces niveaux élevés de mortalité surgissent dans un contexte de poursuite de l’épidémie, même si depuis le 20 janvier 2023, le Premier ministre japonais Fumio Kishida, considérant que l’épidémie de Covid-19 est beaucoup moins virulente qu’elle n’a pu l’être, a annoncé son intention de rétrograder au printemps prochain le Covid-19 de la catégorie 2 – qui le plaçait au même niveau que la tuberculose – à la catégorie 5, un indice de dangerosité qui classe le virus au même niveau que la grippe saisonnière.
Cependant, l’épidémie est-elle la cause principale de cette hausse de la mortalité ? Tout dépend de ce que l’on entend par « cause principale ». Si l’on prend la cause directe, c’est-à-dire la mortalité par Covid, en examinant les chiffres affichés sur le site Johns Hopkins University, on constate que ceux-ci ne sont pas très élevés comparés à ceux de certains pays occidentaux (États-Unis, Royaume-Uni, Belgique, France). Depuis trois ans, il y aurait eu un peu plus de 71 000 décès liés à l’infection par Sars-CoV-2 dans ce pays qui compte 125 millions d’habitants.
Pourtant, la fin de l’année 2022 a été marquée par la reprise de l’épidémie de Covid-19 et un taux de mortalité en nette augmentation. Face à ce phénomène, les autorités ont peu réagi, préférant mettre en avant le taux de vaccination important puisqu’à la fin de l’année 2022, de 700 000 à un million de personnes se sont vaccinées chaque jour, faisant de l’archipel, l’un des pays les plus vaccinés du G7.
Cependant, à cette cause directe de la mortalité, il en existe d’autres qui, elles aussi, pourraient être liées à l’épidémie de Sars-CoV-2.
En premier lieu, comme pour de nombreux pays de l’OCDE, la hausse de la mortalité au Japon pourrait être attribuée, d’une part à la chute de la prise en charge des personnes, par l’annulation de certains rendez-vous médicaux de patients, ce qui aurait entraîné des retards de diagnostic et une surmortalité, et d’autre part à la réduction des interactions sociales, avec des conséquences graves sur la santé mentale de certaines personnes.
Par ailleurs, selon les autorités, même si ce pays est l’un des rares à ne pas avoir connu une chute de l’espérance de vie, cette surmortalité serait due à la propagation du variant BQ1 et à un taux insuffisant de rappel vaccinal avec les boosters bivalents destinés à protéger les personnes des sous-variants d’Omicron. La tranche d’âge des 80-90 ans aurait représenté 40,55% de la mortalité par Covid et les plus de 90 ans, 34,76%.
Enfin, même si les causes des décès peuvent être multifactorielles, et si l’évolution de la courbe de mortalité doit être interprétée avec beaucoup de prudence, lorsqu’on croise la courbe de la vaccination avec celle de la mortalité, on ne peut pas exclure que la vaccination fasse également partie des causes de la hausse de l’incidence des décès à court et moyen terme.
Cette hypothèse peut d’autant moins être écartée aujourd’hui alors que certains effets indésirables parfois mortels sont désormais reconnus par les autorités qui ont commencé à indemniser les familles concernées par la perte d’un de leur membre.
Par ailleurs, les analyses de certains professeurs de médecine pourraient faire craindre un endommagement du système immunitaire des personnes vaccinées susceptibles de développer des infections plus graves que celles qui ne sont pas vaccinées (voir ci-dessous).
Vers une reconnaissance des effets secondaires post-vaccinaux
Selon la loi japonaise sur la vaccination, les vaccins contre le Sars-CoV-2 sont considérés comme ad hoc, entendez par là, destinés expressément à un usage spécifique.
Cette disposition particulière permet de commencer à indemniser les familles dont l’un des membres a été victime d’un effet indésirable suite à une injection vaccinale dès lors que l’imputabilité de la preuve a pu être établie. En effet, lorsque le lien est prouvé, les descendants de la personne décédée à cause du vaccin peuvent recevoir une indemnité forfaitaire de 44,2 millions de yens (310 000 euros environ) et une somme de 212 000 yens (1 500 euros environ) pour contribuer aux frais d’obsèques.
Le 26 juillet 2022, un groupe d’experts du ministère de la Santé japonais a accordé pour la première fois une indemnité forfaitaire à la famille d’une personne décédée après que cette dernière a développé une réaction allergique puis une crise cardiaque après une injection de vaccin contre le Covid-19.
En dépit des comorbidités préexistantes, notamment d’accidents ischémiques transitoires que présentait cette femme, le ministère n’a pas communiqué sur la date de la vaccination et le nombre de doses, estimant qu’une relation de cause à effet entre les problèmes de santé ultérieurs et le vaccin ne pouvait pas être niée dans cette affaire. Par ailleurs, les autorités ont déclaré qu’« une relation de causalité scientifiquement rigoureuse n’est pas nécessaire ».
Au-delà, de cet exemple emblématique de reconnaissance d’un effet indésirable ayant entraîné le décès de la personne, à cette date, au Japon, 3 680 personnes avaient déjà vu leur demande d’indemnisation du préjudice lié à la vaccination acceptée. Parmi tous les dossiers, 850 dossiers avaient reçu un avis favorable et 62 dossiers ont été refusés. Par ailleurs, les décisions concernant 16 autres personnes, dont certaines sont décédées, ont été reportées.
La hausse de la mortalité couplée à la reconnaissance de l’existence d’effets indésirables liés à la vaccination ont conduit certains scientifiques et médecins à étudier les liens de causalité entre la vaccination et l’augmentation des décès, notamment en analysant les mécanismes biologiques et physiologiques qui pourraient être à l’origine des réactions graves pouvant entraîner la mort des personnes après avoir reçu une injection de vaccin anti-Covid-19 à ARN messager.
Les constats biologiques, physiologiques et cliniques des scientifiques et des médecins
La température anormalement élevée des personnes décédées
Dans une vidéo mise en ligne en décembre 2022, deux chercheurs japonais analysent les mécanismes physiologiques induits par les vaccins expérimentaux à ARN messager et qui ont pu causer des réactions indésirables graves, voire entraîner la mort de sujets vaccinés dans certains cas.
Masataka Nagao, médecin légiste attaché à la faculté de médecine de l’université d’Hiroshima, pratique des autopsies sur plus d’une centaine de corps par an.
Il a constaté que les personnes décédées après une injection de vaccin anti-Covid-19 présentaient une température du corps anormalement élevée.
« La première chose qui m’a interpellée, c’est que la température des cadavres était très élevée lorsqu’ils ont été examinés par la police. Les températures corporelles étaient anormalement élevées, autour de 33 ou 34 degrés Celsius, ce qui n’est pas normal. Normalement, au stade de l’autopsie, la température du corps est de 20 degrés. La température du corps était très élevée au moment de la mort. La température était supérieure à lanormale, c’est-à-dire supérieure à 40 degrés Celsius », a-t-il déclaré.
En examinant le profil génétique, l’équipe de recherche du Pr Nagao a pu constater qu’il existait des anomalies au niveau du système immunitaire et que ces dérèglements pouvaient être la cause de réactions inflammatoires fortes.
À partir de l’analyse que ces équipes ont effectué des données génétiques recueillies sur les patients décédés, le Pr Nagao pense que le vaccin peut être responsable de troubles immunitaires ayant entraîné une inflammation dans le corps et dont le signe clinique principal était cette hausse de la température corporelle au-dessus de 40° Celsius.
« Ces seules données montrant que les gènes impliqués dans la réponse immunitaire étaient hyperactifs, ne permettent pas de conclure que les vaccins sont la cause de la mort, mais ne le mettent pas hors de cause. Je peux dire que c’est une zone grise, et nous pensons que l’administration de ces vaccins est suffisamment reliée à des réactions anormales du système immunitaire. »
La suppression du système immunitaire
Dans cette même vidéo, un autre grand professeur, Shigetoshi Sano, expert en dermatologie de la faculté de médecine de l’université de Kochi, a évoqué la découverte de protéines Spike à l’emplacement de lésions cutanées et d’autres problèmes de peau sur des patients vaccinés.
« La protéine Spike issue du vaccin a été trouvée dans la peau », a expliqué le professeur Sano en montrant une diapositive montrant une région vert vif sur une lésion rendue visible par un colorant spécial. Cette technique sert à visualiser les régions où l’on peut détecter une inflammation et constater qu’elles sont « inondées » de protéines Spike.
« Les protéines Spike sont dispersées localement, elles suppriment localement le système immunitaire, ce qui a pour conséquence de faciliter la réactivation du virus de l’herpès. (…) La fonction des protéines Spike pour produire des réactions indésirables est la formation de caillots sanguins », a expliqué le Pr Sano. « Et pire encore, les protéines Spike peuvent aussi induire localement une inflammation ».
Interrogé par rapport à l’affaiblissement du système immunitaire et à la possibilité de contracter plus facilement des infections, le Pr Sano, après un bref moment d’hésitation, a répondu :
« Vous avez raison. Je ne sais pas si je devrais dire cela, mais il a été constaté que les personnes vaccinées sont plus susceptibles de contracter le coronavirus que les personnes non vaccinées. Parfois, des choses qui ne sont pas bonnes sont introduites dans le corps humain. La vaccination peut empêcher notre système immunitaire global de lutter contre ces mauvaises choses ».
La plainte contre l’État japonais déposée par le professeur Masanori Fukishima
Tandis que les investigations de scientifiques et de médecins se poursuivent, Masanori Fukushima, professeur émérite de médecine à l’université de Kyoto, dans une allocution prononcée dans un hôpital universitaire le 2 février 2023, a annoncé porter plainte contre l’État japonais qui a fait la promotion du vaccin, une décision d’une extrême gravité, selon lui. Il n’hésite pas à accuser le ministère de la Santé de fraude et dénonce un problème « historiquement grave qui menace l’existence même de la nation japonaise ».
« Aujourd’hui, nous avons déposé une plainte contre le gouvernement japonais pour l’annulation de l’action administrative. Aujourd’hui, il est d’une importance fondamentale pour le gouvernement japonais de collecter et de divulguer en permanence des données exactes. Cependant, j’ai été témoin du récent scandale de fraude commis par le ministère de la Santé. Je dois réaliser qu’il s’agit d’un problème historiquement grave qui menace l’existence même de la nation japonaise. En tant que médecin et scientifique, je n’ai pas eu d’autre choix que d’oser engager une action en justice. Il va sans dire qu’il est absolument important de divulguer les données du monde réel sur l’efficacité et la sécurité de la vaccination contre le virus du Covid-19. En effet, ces données sont directement liées à la santé, aux moyens de subsistance et à l’économie de la population. Par conséquent, je pense que le gouvernement japonais, c’est-à-dire le ministère de la Santé, doit divulguer ces données de manière appropriée au public.
Jetez un coup d’œil aux données pour les groupes de 65-69 ans et de 70-79 ans. Il est surprenant de constater que le nombre de nouvelles infections ou de cas positifs pour 100 000 personnes est quatre fois plus élevé chez les personnes vaccinées deux fois que chez les personnes non vaccinées. Regardez également les données fournies par le conseil consultatif en septembre 2021. Le taux de mortalité des personnes non vaccinées et les taux de mortalité des personnes vaccinées à une dose et à deux doses ont été décrits correctement. D’après la description en rouge, la vaccination a effectivement réduit le taux de mortalité des personnes âgées de plus de 65 ans. Cependant, pour tous les âges, la vaccination a démontré l’effet inverse, entraînant une augmentation du taux de mortalité. Il s’agit d’un phénomène paradoxal. En tant que telles, les données sur les taux de mortalité avaient déjà été publiées dans des documents officiels.
Cependant, dans les données de l’année dernière, le ministère de la Santé a supprimé toutes ces informations. En fait, la vaccination a été recommandée sur la base de l’explication suivante : la vaccination ne prévient pas l’infection, mais la vaccination prévient les maladies graves et réduit le taux de mortalité.
Cependant, sur la base des données publiées par le Conseil consultatif en septembre 2021, la base pour recommander la vaccination pour tous les âges ne devrait plus exister. Malgré cela, le ministère de la Santé a poursuivi la vaccination. Je considère qu’il s’agit d’une grave crise nationale. C’est pourquoi j’ai décidé d’intenter un procès cette fois-ci. »
Le 11 mars 2011, un séisme suivi d’un tsunami frappaient le Japon, causant la mort de plus de 18 000 personnes. À ce lourd bilan sont venues s’ajouter les terribles conséquences d’un accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Dix ans après, quels sont les impacts de la catastrophe nucléaire de Fukushima ? Pourquoi des centaines de kilomètres carrés de terres restent aujourd’hui encore inhabitables ? Comment mesurer les effets à long terme de cette catastrophe nucléaire ? Autant de questions dont les réponses sont complexes, loin des raisonnements simplificateurs et du mythe du « Fukushima, zéro mort ».
Un magasin dans le district de Namie, situé entre 5 et 15 km au nord de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Namie compte près de 20 000 habitants qui ont été évacués le 12 mars 2011.
Combien de morts l’accident nucléaire de Fukushima a-t-il causé ?
Selon un bilan officiel des services de police japonais en 2012,le séisme et le tsunami de Tohokusurvenus le 11 mars 2011 ont entraîné la mort de 18 079 personnes. Ce chiffre a été par la suite revu à la hausse : interrogée par des journalistes de Libération, l’ambassade du Japon en France donnait l’estimation suivante au 1er mars 2018 : 19 630 décès et 2 569 disparus, très majoritairement dus au séisme et au tsunami.
Officiellement,les rayonnements radioactifs dus à l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima-Daiichi n’ont fait pour leur part qu’un seul mort direct à ce jour. Le ministère de la Santé japonais a en effet reconnu comme étant directement lié aux rayonnements radioactifs le décès d’un employé de la centrale, à la suite d’un cancer du poumon, ainsi que deux malades de cancers de la thyroïde et trois atteints de leucémie. Début 2021, aucun décès ou pathologie parmi la population civile n’avait encore été officiellement reconnu par les autorités japonaises comme étant explicitement dû aux effets des radiations nucléaires, bien que des dossiers de demande de reconnaissance soient en cours.
Circulez, y a rien à voir ? Pas si simple… Si en 2013 et 2016, le Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) ne relevait « pas d’augmentation observable des taux de cancer chez les travailleurs », ni « d’impact sur les malformations à la naissance ou les effets héréditaires » (des affirmations maintenues dans un rapport annexe daté de 2020), le comité onusien recommandait bien « de maintenir un suivi médical à long terme de la population exposée en ce qui concerne certaines maladies, pour avoir une bonne idée de l’évolution de leur état de santé ».
Plusieurs études scientifiques, passées au peigne fin par l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) dans un rapport publié en mars 2021 montrent désormais clairement une forte augmentation du nombre de cancers de la thyroïde chez les jeunes de la préfecture de Fukushima. Mais l’interprétation de ces données reste délicate et suscite de vives controverses. L’ACRO résume ainsi la situation : « Si, dix ans après la catastrophe de Fukushima, il n’est toujours pas possible de tirer des conclusions définitives sur les raisons de [cette] augmentation […], il n’est plus possible d’exclure que des cancers puissent être induits par les radiations ».
Comme dans toute situation de crise, l’absence de référentiel avant l’accident, les difficultés de collecte des données, les changements de protocoles, la multiplication des opérations de dépistage (et donc des cancers dépistés) et la dispersion des populations touchées compliquent la tâche. La nature des données et leur interprétation suscitent depuis plusieurs années déjà de sérieuses interrogations, que ce soit de la part d’experts de l’IRSN ou d’organisations de médecins comme « Physicians for social responsability » (PSR) et « International Physicians for the Prevention of Nuclear War » (IPPN).
L’une des grandes incertitudes surl’impact sanitaire de la catastrophe nucléaire de Fukushimaconcerne les effets à long terme de faibles doses de radioactivité. Cela fait l’objet de plusieurs études, menées notamment par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), non seulement dans le cadre de l’accident nucléaire de Fukushima mais aussi plus largement. Comme le précise la Commission internationale de protection radiologique, en matière de radioactivité, « il n’y a pas de seuil en dessous duquel il n’y a aucun effet ». C’est également ce que rappelle l’Organisation mondiale de la santé.
Combien de personnes ont dû être évacuées en raison de la catastrophe nucléaire de Fukushima ?
Ce bilan sanitaire officiel jusque-là limité durant les premières années consécutives à l’accident nucléaire de Fukushima a fait dire à certains que ce sont la « peur du nucléaire » et des évacuations jugées « inutiles » qui auraient tué, et non les radiations. Une conclusion hâtive et simplificatrice, sur un problème beaucoup plus complexe et durable.
N’aurait-il pas fallu évacuer ces dizaines de milliers de personnes ? Fallait-il laisser la population consommer les produits contaminés provenant de Fukushima ? Les mesures prises au lendemain de la catastrophe ont très probablement permis de limiter les conséquences de l’accident sur la population. « Les conséquences de cet accident nucléaire seront vraisemblablement moins dramatiques qu’à Tchernobyl sur le plan environnemental et sanitaire, pour plusieurs raisons, affirmait en 2012 le directeur de la crise à l’IRSN, Didier Champion, d’abord parce qu’une partie du panache radioactif s’est dirigée vers l’océan où les effets de diffusion limitent la contamination. Et aussi parce que les populations ont été évacuées dès le 12 mars dans la zone dangereuse des vingt kilomètres ».
Pour donner quelques chiffres, au lendemain de la catastrophe, 70 000 personnes provenant du premier cercle de 20 kilomètres autour de la centrale ont été évacuées. Au total, ce sont plus de 160 000 personnes qui ont été contraintes de quitter la région depuis 2011. Tout cela sans compter les personnes évacuées provenant de zones contaminées en dehors de la zone d’évacuation officielle et dont l’estimation varie selon les sources.
Nécessaires afin de limiter autant que possible les conséquences sanitaires sur les populations, ces évacuations ont évidemment eu un impact psychologique, social et économiqueconsidérable pour des milliers de familles qui ont dû tout quitter du jour au lendemain. Début 2021, la préfecture de Fukushima, selon les chiffres officiels rapportés par l’ACRO, comptabilisait 2 317 décès indirects dus à des suicides ou à une dégradation des conditions de santé suite à l’évacuation.
Des terres inhabitables à Fukushima pour combien de temps encore ?
Ces évacuations ne sont qu’une des facettes du désastre au long court que représente une catastrophe nucléaire telle que celle de Fukushima. Elle se poursuit encore. Dix ans plus tard, des terres restent durablement contaminées.
les « zones résidentielles », où les maisons et leurs environs immédiats ont bénéficié d’opérations de décontamination,
les « zones agricoles », où les champs ont été décontaminés, mais par leurs abords,
les « zones sauvages », traitées de manière encore plus superficielle, ont été déclarées « décontaminées » après que les feuilles et les branches tombées ont été enlevées jusqu’à 20 mètres du bord de la zone.
Bien que ces efforts de décontamination aient démontré une certaine efficacité dans la réduction des niveaux de radiation, il suffit d’avancer de quelques mètres dans les bois à flanc de montagne pour que le niveau de radioactivité redevienne très élevé. « Contrairement aux plaines agricoles et résidentielles, ces zones boisées et montagneuses n’ont pas été décontaminées, pour des raisons de coût et parce que ce serait très difficile techniquement, rappelle Olivier Evrard, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, dans un entretien pour le journal du CNRS. Or, celles-ci couvrent les trois-quarts de la surface touchée par le panache radioactif. »Les forêts des zones contaminées constituent donc encore un réservoir de césium potentiel qui pourrait contaminer les cours d’eau, suite à l’érosion des sols, aux glissements de terrain et aux crues, comme lors des typhons qui frappent souvent la région.
À Namie, une ville en partie en dehors de la zone d’exclusion, une équipe de l’Agence japonaise de l’énergie atomique (JAEA) et des chercheurs de l’université de Tsukubaa ont identifié plusieurs endroits où les niveaux de radiation sont encore bien plus élevés que l’objectif de décontamination à long terme fixé par le gouvernement, à savoir 0,23 microsieverts par heure.
Comment gérer les millions de mètres cubes de déchets nucléaires de Fukushima ?
D’autres problématiques autour de la décontamination des sols se posent à la suite de l’accident nucléaire de Fukushima. Aujourd’hui, en plus du coût exorbitant de l’opération (l’ACRO estime le coût total de la procédure et du stockage des déchets à environ 45 milliards de dollars), sa lenteur et son efficacité relative, cette décontamination est encore incomplète et pose d’énormes problèmes de stockage.
Ce sont en 2021, 14 millions de mètres cubes de sols contaminés qui ont été placés dans des sacs toujours entreposés à l’air libre, et donc soumis aux aléas climatiques de plus en plus fréquents. En 2019, une dizaine de ces sacs ont été emportés par une rivière lors du passage du typhon Hagibis.
À cela s’ajoute, la gestion des déchets générés par le refroidissement des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. En 2019, Tepco comptait encore plus d’un million de mètres cubes d’eau radioactive entreposés sans solution dans l’enceinte de la centrale. Certains fûts fuient et d’ici 2022, Tepco estime que ce site aura atteint sa capacité maximale.
S’en suit la fameuse question : comment se débarrasser de toute cette eau contaminée ?Construire un nouveau site de stockage ? Enfouir cette eau très profondément sous terre ? Actuellement, l’option envisagée par les autorités japonaises est de déverser petit à petit l’eau (décontaminée en partie seulement) dans l’océan Pacifique. Sauf que 80% de cette eau n’a pas été traitée de façon à limiter la radioactivité des rejets en mer. Une catastrophe pour la pêcherie et les habitant·es de la préfecture de Fukushima qui sont, dans leur majorité, opposés aux rejets dans l’océan. Le rapporteur spécial de l’ONU spécialiste des droits humains dans la gestion et de l’élimination des substances et déchets dangereux a fait savoir ses doutes quant au rejet en mer des eaux contaminées. Le gouvernement a donc décidé de reporter l’annonce de sa décision.
Enfin, le démantèlement de la centrale de Fukushima-Daiichi est un véritable casse-tête.Dans le cas d’une centrale n’ayant subi aucun dommage, certaines zones doivent rester sous haute surveillance pendant une longue période avant de pouvoir être démantelées en toute sécurité, en raison des niveaux élevés de radioactivité subsistant. À Fukushima- Daiichi, le démantèlement s’avère encore plus complexe : Tepco et le gouvernement japonais ne savent toujours pas comment extraire le combustible restant des cuves des réacteurs, et il n’existe pas encore de plans détaillés concernant le traitement et le stockage des déchets. On ignore si et quand ils pourront être récupérés… Les réacteurs 1 à 3 de Fukushima- Daiichi contiennent chacun au moins 200 à 300 tonnes de combustible en fusion. Une mauvaise manipulation risque de provoquer d’autres accidents ou une exposition dangereuse des ouvriers aux radiations.
Ni charbon, ni nucléaire : quelles leçons tirer de Fukushima ?
Comme si ces difficultés ne suffisaient pas, la population japonaise subit aujourd’hui les conséquences d’une politique énergétique qui a trop longtemps ignoré les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables.
Suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, le Japon a dû mettre un terme brutal à l’utilisation de l’énergie nucléaire en fermant les 54 réacteurs du pays. Cette transition éclair, sans aucune anticipation des autorités, a conduit le gouvernement japonais à relancer la filière du charbon au détriment d’une politique de long terme alliant sobriété, efficacité et diversification des sources d’énergies renouvelables. Par ailleurs, depuis le retour du parti libéral démocrate au pouvoir, le gouvernement japonais n’a pas caché ses intentions de revenir d’ici 2030 à un mix énergétique incluant plus de 20% de nucléaire. Un projet tout à fait contestable, compte tenu de la vétusté des centrales nucléaires actuelles dont la plupart ne redémarreront pas, de la lenteur de la construction de nouveaux réacteurs (une quinzaine d’années), des coûts extrêmement élevés et de la dangerosité du nucléaire décuplée dans un pays comme le Japon soumis à des aléas naturels fréquents.
Par ailleurs, si les réacteurs nucléaires n’ont pas tous redémarré, dix ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, c’est aussi et surtout pour des questions de rentabilité, le nucléaire étant non seulement risqué mais de plus en plus cher. Les nouvelles normes fixées à la suite de l’accident nucléaire de Fukushima nécessitent des travaux coûteux que les compagnies concernées ne souhaitent pas faire, faute de rentabilité. Une fois encore, le choix du nucléaire, dont les coûts de maintenance ne cessent d’augmenter, conduit à une impasse dangereuse, faute d’avoir pris le tournant des énergies renouvelables dont les coûts ont inversement baissé. À rebours de l’Histoire, le Japon recourt aujourd’hui de nouveau aux énergies fossiles, ajoutant un désastre à un autre.
Ce retour au charbon doit servir de contre-exemple aux autres pays lourdement nucléarisés, à commencer par la France. Il faut dès à présent anticiper la fermeture des réacteurs nucléaires vieillissants pour ne pas à avoir à rallumer des centrales à charbon ou importer du gaz dans l’urgence, faute de capacité de production renouvelable suffisante. Il est urgent pour la France de sortir de sa dépendance extrême vis-à-vis du nucléaire, d’engager une réduction massive de la consommation énergétique, d’accélérer le déploiement des alternatives renouvelables, et d’anticiper la reconversion des travailleurs et travailleuses de la filière nucléaire.
La catastrophe nucléaire de Fukushimaet la situation actuelle du Japon dans son ensemble montrent bien que sa politique énergétique, qui a trop longtemps privilégié les énergies fossiles et le nucléaire, mène dans une impasse.
CATASTROPHELe tritium est un radionucléide ne pouvant être traité par les technologies actuellement disponibles, mais sa dilution en mer est déjà pratiquée au Japon et à l’étranger par des installations nucléaires en activité
20 Minutes avec AFP – Un employé de Tepco à Fukushima, le 16 décembre 2022. — Kentaro Tominaga/AP/SIPA
Polémique en cours. Les conséquences du tsunami du 11 mars 2011 se font encore bien sentir au Japon. Le gouvernement nippon a reconfirmé vendredi qu’il comptait démarrer cette année le rejet dans l’océan Pacifique d’eaux contaminées de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi, un projet controversé localement et critiqué aussi par des pays voisins.
Plus d’un million de tonnes d’eau contaminée au tritium sont actuellement entassées dans plus d’un millier de citernes sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (nord-est du Japon), dont les capacités de stockage arrivent à saturation. Les pêcheurs locaux redoutent des conséquences négatives de cette opération sur la réputation de leurs prises auprès des consommateurs. Et le projet a aussi été critiqué par des pays voisins comme la Chine et la Corée du Sud, ainsi que par des organisations environnementales comme Greenpeace.
Une dilution en mer déjà pratiquée ailleurs
Ce projet a déjà reçu des avis favorables de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui le supervise, et du régulateur nucléaire japonais l’an dernier. Prévue pour s’étaler sur plusieurs décennies, l’opération devrait débuter « ce printemps ou cet été », après un « rapport complet » de l’AIEA ainsi que l’achèvement et la vérification des préparatifs sur place, a déclaré vendredi devant la presse le porte-parole du gouvernement Hirokazu Matsuno. « L’ensemble du gouvernement fera les plus grands efforts pour garantir la sûreté (du processus, NDLR) et prendre des mesures préventives contre les fausses rumeurs », a-t-il ajouté.
Le tritium est un radionucléide ne pouvant être traité par les technologies actuellement disponibles. Cependant sa dilution en mer est déjà pratiquée au Japon et à l’étranger par des installations nucléaires en activité.
Pas de danger pour les humains à faible dose
La quantité d’eau tritiée accumulée à Fukushima est toutefois impressionnante. Car elle provient de la pluie, de nappes souterraines ou des injections d’eau nécessaires pour refroidir les cœurs de plusieurs réacteurs nucléaires de Fukushima Daiichi entrés en fusion à cause du tsunami du 11 mars 2011, qui avait heurté la centrale de plein fouet.
L’opérateur de la centrale, Tepco, est en train de construire un conduit sous-marin d’environ un kilomètre de long pour évacuer les eaux tritiées plus loin de la côte. Selon des experts, le tritium n’est dangereux pour les humains qu’à hautes doses concentrées, une situation a priori exclue en cas d’un rejet en mer étalé sur une très longue période. L’AIEA a aussi déjà estimé que ce projet allait se faire « en pleine conformité avec les normes internationales » et qu’il ne causerait « aucun dommage à l’environnement ».
Douze ans après le séisme et le tsunami ayant provoqué un accident nucléaire à Fukushima, les environs sont en cours de décontamination. La centrale fait l’objet d’un démantèlement qui va durer plusieurs décennies
Près de douze ans plus tard, ce sont 4.000 à 5.000 personnes qui participent aux travaux de démantèlement des installations, et de décontamination d’un site aussi protégé qu’une base militaire. RTL a exceptionnellement pu se rendre sur le site de la centrale de Fukushima, à l’occasion d’une campagne de communication du gouvernement et de l’opérateur TEPCO.
Leur objectif : communiquer sur l’efficacité de la politique de protection des personnels exposés aux radiations. Mais aussi montrer l’état d’avancement d’un chantier titanesque, et revaloriser l’image d’une région dont l’évocation du nom provoque toujours autant de réactions de frayeurs, près de douze ans après le drame.
Pour pouvoir accéder au site de l’ancienne centrale, les mesures de sécurité sont draconiennes. Multiples contrôles d’identité, passages de sas, briefings : il faut plus d’une heure pour revêtir sa combinaison de protection et un boitier détectant la présence de radiations, pour enfin accéder au site.
Les dégâts sont bien visibles sur les quatre réacteurs endommagés, au bord du Pacifique. La force du tsunami est présente dans les esprits. Isamu Okaï, directeur général d’ABLE Corp, était sur le site le 11 mars 2011 : « J’étais à l’intérieur de l’un de ces bâtiments, il y a eu le tremblement de terre et nous avons évacué les lieux. Nous avons échappé de justesse au tsunami. »
NUCLEAIRECette décision est l’aboutissement d’une procédure judiciaire lancée en 2012 par des actionnaires de Tepco
20 Minutes avec AFP —
Des plaignants et actionnaires de Tepco tiennent une bannière « Les actionnaires gagnent l’affaire » au tribunal de district de Tokyo à Chiyoda Ward, Tokyo le 13 juillet 2022. — Miho Takahashi for Pool/AP/SIPA
C’est la première fois que d’anciens dirigeants de Tepco sont condamnés pour la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011. La justice japonaise a condamné les quatre hommes à des dommages-intérêts record de près de 100 milliards d’euros. Cette décision est l’aboutissement d’une procédure judiciaire lancée en 2012 par des actionnaires de Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima Daiichi, dévastée par un immense tsunami le 11 mars 2011.
A leur sortie du tribunal, des plaignants ont brandi des banderoles où l’on pouvait lire : « Responsabilité reconnue » et « Les actionnaires ont gagné ». Les dommages-intérêts ordonnés par la cour totalisent plus de 13.300 milliards de yens, soit près de 97 milliards d’euros, un record pour un procès civil au Japon, selon les avocats des plaignants.
Des fonds pour Tepco et des habitants sinistrés
« Nous sommes conscients que [cette somme] va bien au-delà de leurs capacités à payer » a convenu lors d’une conférence de presse Hiroyuki Kawai, un avocat des actionnaires, s’attendant à ce que les anciens dirigeants de Tepco payent ce que leurs moyens personnels leur permettront.
La justice a expliqué que ce montant astronomique devrait être payé à Tepco pour faire face à ses coûts de démantèlement de la centrale, de décontamination des sols et de stockage de déchets et débris radioactifs, ainsi qu’aux indemnités devant être versées aux habitants affectés par l’accident nucléaire. Les actionnaires ne cherchaient pas réparation pour eux-mêmes directement mais pour Tepco, dont ils détiennent une partie du capital.
Des décennies de travaux
Le juge a estimé que « le sens de la sûreté et de la responsabilité requis pour un opérateur d’une activité nucléaire faisait fondamentalement défaut », selon la chaîne de télévision publique japonaise NHK. Les actionnaires faisaient valoir que le désastre aurait pu être évité si les dirigeants de Tepco avaient pris en compte des rapports préconisant des mesures préventives contre un raz-de-marée, comme construire des digues et installer à une altitude plus élevée les systèmes d’électricité de secours de la centrale, située au bord de l’océan Pacifique dans le nord-est du Japon.
Trois des six réacteurs de la centrale – les unités 1, 2 et 3 – étaient en service lorsque le tsunami, consécutif à un puissant séisme sous-marin, a déferlé. Leurs systèmes de refroidissement sont tombés en panne quand des vagues ont inondé les générateurs de secours, provoquant la fusion des cœurs des trois réacteurs. Des explosions d’hydrogène s’étaient également produites dans les réacteurs 1, 3 et 4, faisant de gros dégâts. Les travaux de décontamination et de démantèlement de la centrale devraient encore durer plusieurs décennies.
Pas de poursuites au pénal
« Nous exprimons encore une fois nos excuses les plus sincères pour les gens de Fukushima et la société en général » pour les dégâts et les inquiétudes provoqués par cette catastrophe, a déclaré mercredi un porte-parole de Tepco, refusant toutefois de commenter la décision de justice. Depuis l’accident, Tepco fait face à de nombreuses procédures judiciaires, y compris de la part d’habitants ayant été forcés d’évacuer la zone à cause des radiations, dans des conditions parfois très éprouvantes.
En 2019, trois anciens dirigeants de l’opérateur poursuivis au pénal par des évacués de la région avaient été acquittés en première instance. Les parties civiles ont fait appel. Ces ex-patrons innocentés à l’époque – l’ancien président du conseil d’administration de Tepco Tsunehisa Katsumata et les anciens vice-présidents Sakae Muto et Ichiro Takekuro – figurent parmi les quatre condamnés au civil mercredi, au côté d’un autre ancien dirigeant de la société, Masataka Shimizu.
Des milliers de « décès liés »
Si le tremblement de terre et surtout le tsunami du 11 mars 2011 ont causé la mort de 18.500 personnes dans le nord-est du Japon, la catastrophe nucléaire de Fukushima en elle-même n’a fait aucune victime sur le coup. Cependant, elle est indirectement responsable de plusieurs milliers de « décès liés », reconnus par les autorités japonaises comme des morts dues à la dégradation des conditions de vie des nombreuses personnes évacuées de la région.
La structure a été construite avec des modules à hétérojonction et des systèmes de montage respectivement fournis par les entreprises allemandes Luxor Solar et Next2Sun. La surface agricole de 8 à 10 mètres située entre les rangs de panneaux sera utilisée en pâturage par les éleveurs locaux.
L’installation est située dans la ville de Nihonmatsu, dans la préfécture de Fukushima.
Image : Institute for Sustainable Energy Policies (ISEP)
L’Institute for Sustainable Energy Policies (ISEP) du Japon et le promoteur EPC japonais Ryoeng Co. Ltd. ont construit un système agrivoltaïque en conception verticale sur la commune de Nihonmatsu, dans la préfecture de Fukushima.
L’ISEP a indiqué dans un communiqué qu’en raison des restrictions topographiques, le système a été conçu avec une orientation sud, et non ouest-est comme cela est généralement recommandé pour les installations verticales.
Les modules solaires à hétérojonction de type n installés sur le site ont été fournis par le fabricant allemand Luxor Solar. Le système de montage vertical a quant à lui été réalisé par le spécialiste allemand Next2Sun avec une conception du champ solaire adaptée aux normes nationales en matière de vitesse du vent. Des études de terrain et de capacité portante ont également été réalisées afin de garantir une résistance suffisante aux vents forts.
La distance entre les rangées de panneaux est de 8 à 10 mètres et la surface agricole ainsi disponible sera utilisée comme pâturage par les éleveurs locaux.
Selon les statistiques récentes du ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche, 200 MW de projets agrivoltaïques connectés au réseau étaient en service au Japon à la fin du mois de septembre couvrant une surface totale d’environ 181,6 hectares sur l’ensemble du pays.
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L’épicentre de la secousse, survenue à 23H36 (15H36 en Belgique), se situait au large de la côte du département de Fukushima, et l’hypocentre à 60 km de profondeur, selon la JMA.
Un avertissement pour des vagues d’un mètre de hauteur a été émis par cette agence.
Deux millions de foyers privés d’électricité
La secousse, longuement et fortement ressentie y compris à Tokyo, a privé d’électricité plus de deux millions de foyers, dont près de 700.000 dans la capitale japonaise, selon l’opérateur Tepco.
La compagnie ferroviaire JR East, qui dessert le nord-est du Japon, a annoncé de son côté des perturbations significatives sur son réseau.
La société Tepco a précisé sur Twitter être en train de procéder à des vérifications sur ses installations, dont la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, qui avait été sévèrement endommagée par un gigantesque tsunami provoqué par un séisme de magnitude 9 en 2011.
Le Japon hanté par la catastrophe de Fukushima
Le Japon reste hanté par cette catastrophe il y a 11 ans qui a fait plus de 18.500 morts et disparus, et forcé plus de 165.000 personnes à évacuer leurs foyers à cause des risques de radiations.
Situé au carrefour de plusieurs grandes plaques tectoniques, le Japon est régulièrement touché par des tremblements de terre et a de strictes normes de construction pour que ses bâtiments soient capables de résister à de fortes secousses.
Des scientifiques autrichiens et monégasques doivent vérifier si les échantillons de l’installation nucléaire japonaise sont sûrs
Quelque 50 litres d’eau traitée utilisée pour refroidir les réacteurs nucléaires fondus de Fukushima seront envoyés pour analyse à « indépendant » laboratoires en Autriche et à Monaco, a indiqué vendredi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans un communiqué. L’annonce fait suite à une inspection de cinq jours de l’AIEA sur le site.
L’organisme international de surveillance de l’énergie nucléaire a lancé un examen des plans du Japon visant à rejeter plus de 1,25 million de mètres cubes d’eau traitée dans l’océan, qui devraient se concrétiser vers avril 2023.
Une équipe de 15 experts, dont ceux de Chine, de Corée du Sud, de Russie, des États-Unis et du Royaume-Uni, s’est rendue au Japon pour prélever des échantillons d’eau et procéder à un examen des « données techniques détaillées » fourni par le Japon entre le 14 février et le 18 février.
« Tant à Tokyo qu’à Fukushima, le groupe de travail a observé un engagement envers la sécurité dans les préparatifs du Japon pour libérer l’eau qui a été stockée sur le site », dit le communiqué de vendredi. « La mission a permis au groupe de travail d’acquérir une bien meilleure compréhension des plans et des activités du Japon liés à la décharge d’eau », La directrice générale adjointe Lydie Evrard, chef du Département de la sûreté et de la sécurité nucléaires de l’AIEA, a déclaré lors d’une conférence de presse virtuelle après le voyage.
Tokyo doit s’arrêter et écouter le monde, dit Pékin, alors que le Premier ministre japonais affirme que le rejet des eaux usées de Fukushima dans l’océan ne peut pas attendre
L’AIEA prévoit de publier un rapport sur la mission de cette semaine – la première d’une série d’inspections de vérification – dans environ deux mois. L’agence enverra ensuite des missions de suivi supplémentaires en 2022 et 2023, indique le communiqué, ajoutant que le rapport final serait « publié avant le début de la libération de l’eau. »
L’eau, utilisée pour refroidir trois des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima en 2011 à la suite du tremblement de terre et du tsunami catastrophiques, est actuellement stockée dans quelque 1 000 réservoirs d’eau sur le site. Tokyo a déjà fait valoir à plusieurs reprises qu’il était sur le point de manquer de capacité de stockage et a qualifié la libération d’impératif.
Des laboratoires en Autriche et à Monaco corroboreraient davantage les mesures de radioactivité du Japon lors de la libération, qui devrait prendre des décennies, a déclaré l’AIEA. La seule matière radioactive encore contenue dans l’eau libérée est le tritium, car il ne peut pas être éliminé par le traitement de l’eau utilisé par le Japon, a déclaré l’AIEA, ajoutant que son niveau de radioactivité serait toujours « Bien en dessous des limites réglementaires nationales et des normes de l’Organisation mondiale de la santé pour l’eau potable. »
Tokyo espère que la mission de l’AIEA l’aidera à renforcer la confiance autour de ses plans de libération, qui se sont heurtés à l’opposition de la Chine et de la Corée du Sud ainsi qu’à l’industrie de la pêche japonaise, qui craint que les clients ne soient réticents à acheter leurs fruits de mer.
Une poignée d’habitants de retour dans la dernière commune désertée de Fukushima
Par Le Figaro avec AFP
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Futaba fait l’objet de plusieurs campagnes de relocalisation. Behrouz MEHRI / AFP
Cinq anciens résidents de Futaba, la dernière localité qui restait encore inhabitée à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (nord-est du Japon) depuis la catastrophe de mars 2011, sont revenus jeudi 20 janvier pour s’y réinstaller, à l’essai pour l’instant. Après de vastes travaux de décontamination radioactive, de nombreuses zones voisines de la centrale dévastée ont été de nouveau déclarées sûres par les autorités japonaises ces dernières années.
L’an dernier, seul 2,4% du territoire du département de Fukushima était encore déclaré inhabitable par les autorités. La télévision japonaise montrait jeudi les quelques résidents de retour à Futaba en train d’inspecter leurs habitations. L’un d’entre eux a ouvert un robinet devant sa maison pour vérifier l’alimentation en eau : «Ça sort! C’est la première fois depuis 10 ans et 11 mois que de l’eau en sort», s’est-il exclamé.
Une installation temporaire
Un responsable local a expliqué à l’AFP qu’il s’agissait d’un premier groupe de cinq habitants revenant s’installer à l’essai dans la commune, l’objectif étant de préparer leur retour durable. Ces habitants pourront rester au moins jusqu’à juin, date à laquelle l’ordre d’évacuation de certaines zones doit être levé. Ils pourront alors rester de manière permanente, a précisé le responsable. Par ailleurs, dix autres personnes ont des projets similaires de relocalisation à Futaba, qui comptait 5600 habitants avant la catastrophe de 2011.
Ce programme «vise à s’assurer que les résidents pourront vivre sur place sans problème, par exemple en vérifiant que le réseau d’eaux usées fonctionne bien, que les installations pour la vie quotidienne sont en place», précise-t-on du côté des services du gouvernement nippon dédiés au soutien des habitants de Fukushima. Le 11 mars 2011, un puissant séisme sous-marin au large des côtes nord-est du Japon a déclenché un gigantesque tsunami, lequel a heurté de plein fouet la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi située en bord de mer, rompant son alimentation électrique de secours et son système de refroidissement.
Cette catastrophe nucléaire, la pire de l’histoire après celle de Tchernobyl en 1986, n’a tué personne directement. Mais quelque 470.000 personnes avaient dû évacuer par la suite leurs domiciles situés dans des zones irradiées. Beaucoup de ces évacués sont réticents à revenir, redoutant toujours les radiations, ou se sont définitivement installés ailleurs depuis. Au total le tremblement de terre et le tsunami de 2011 ont fait près de 18.500 morts et disparus.
Fukushima : pourquoi le Japon a mis dix ans pour décider du rejet de l’eau radioactive dans l’océan
Le 13 avril 2021, le gouvernement japonais a officiellement donné son accord pour le rejet en mer de « l’eau traitée » qui était stockée dans les réservoirs de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, exploitée par Tokyo Electric Power Company (TEPCO). La Fédération des associations de coopératives de pêche de la préfecture de Fukushima et les Coopératives de pêche du Japon ont protesté contre cette décision qui, selon elles, allait inévitablement porter atteinte à la réputation de la région. Si la décision a reçu l’aval de États-Unis, les pays voisins, dont la Corée du Sud, la Chine, Taïwan et la Russie ont formulé des critiques et exprimé leurs préoccupations.
Les réservoirs de stockage occupent presque tout l’espace disponible de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, exploitée par TEPCO.
En fait, dès le 24 juillet 2013, Tanaka Shun’ichi, alors président de la Commission de réglementation de l’énergie nucléaire (sigle anglais NRA), a déclaré explicitement que si le processus de traitement pouvait ramener les niveaux de radioactivité de l’eau contaminée en dessous du seuil fixé par la loi au Japon, l’évacuation de l’eau était inévitable. Le chef de la délégation au Japon de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré à son tour, le 4 décembre 2013, qu’il convenait de rejeter l’eau en mer sous réserve de l’assentiment des parties concernées. Le gouvernement a beau dire que le rejet de l’eau peut se faire sans danger, il n’en a pas moins pris près de huit ans pour parvenir à une décision à ce sujet. Qui plus est, l’opposition au rejet de l’eau n’a pas disparu. Dans l’article qui suit, je me penche sur les questions qui se posent à propos de l’eau traitée en revenant sur le déroulement des événements qui ont abouti à la décision de la rejeter en mer.
Qu’est-ce au juste que « l’eau traitée » ?
Les unités 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima Daiichi ont recours à l’eau pour refroidir en continu les monticules de débris radioactifs formés lors de l’écoulement des barres de combustible en fusion hors du cœur du réacteur. Suite à l’endommagement des cuves de confinement dû au tsunami, de l’eau qui a été en contact avec les débris s’échappe des réservoirs de stockage et se mélange aux eaux souterraines infiltrées dans les bâtiments du réacteur via les fissures du sous-sol, si bien que de grandes quantités d’eau contaminée par des matières à haut niveau de radioactivité se sont accumulées dans les bâtiments du réacteur. Le volume de cette eau généré sur le site en une seule journée a cumulé à 540 tonnes en mai 2014. Par la suite, TEPCO a réussi à réduire ce volume en ayant recours à de l’eau souterraine en provenance de puits creusés autour du bâtiment du réacteur et en bâtissant un mur souterrain en terre gelée, mais il n’en reste pas moins que 140 tonnes d’eau contaminée ont continué d’être générées quotidiennement sur le site en 2020.
Pour parler de l’eau contaminée qui est passée par son système d’évacuation multinucléide (Système avancé de traitement des liquides, ou ALPS, pour Advanced Liquid Processing System), conçu pour ramener les niveaux d’isotopes radioactifs (autres que le tritium) en dessous des seuils définis par la loi, TEPCO emploie l’expression « eau traitée par l’ALPS ». Il faut signaler que non seulement l’ALPS, qui a connu des dysfonctionnements dès le début, n’a pas été en mesure d’éliminer convenablement les isotopes, mais encore que le remplacement des absorbants utilisés pour éliminer les isotopes radioactifs a été effectué à une fréquence inférieure à la norme estimée efficace pour prolonger la longévité du système. Avec pour conséquence que 70 % de l’eau des réservoirs de stockage contient toujours des concentrations d’isotopes radioactifs autres que le tritium supérieures aux seuils définis par la loi, notamment en ce qui concerne le césium, le stontium et l’iode radioactifs. TEPCO considère cette eau comme « en cours de traitement ».
L’ALPS peut éliminer 62 différents isotopes radioactifs.
L’eau traitée est stockée sur le terrain de la centrale de Fukushima Daiichi dans une batterie de réservoirs qui, à la date du 28 octobre 2021, contenait 1,28 million de tonnes d’eau. Selon TEPCO, ces réservoirs ont une capacité totale d’environ 1,4 million de tonnes et arriveront à saturation au début de l’année 2023. La compagnie affirme qu’il est impossible de construire davantage de réservoirs sur le site, car il faut laisser de l’espace pour d’autres installations nécessaires au processus de démantèlement. Les estimations selon lesquelles il faudra deux ans pour élaborer un plan concret d’évacuation de l’eau expliquent aussi pourquoi la décision de rejeter l’eau a été prise à la dernière minute.
Un seuil quarante fois inférieur au seuil légal
En ce qui concerne l’innocuité des rejets de tritium, que l’ALPS n’est pas en mesure d’éliminer, la position du ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI) peut se résumer en ces termes : le tritium est un isotope radioactif de l’hydrogène. Du fait que ses propriétés chimiques sont pratiquement identiques à celles de l’hydrogène ordinaire (protium), la séparation de l’eau tritiée (oxyde de tritium) de l’eau ordinaire pose des problèmes techniques. Toutefois, comme la désintégration du tritium produit de très faibles niveaux de radiation, la tendance à la bioaccumulation s’en trouve réduite. En fait, au Japon comme à l’étranger, les centrales nucléaires déchargent couramment du tritium dans la mer à longueur d’années, et les rejets annuels d’une centrale japonaise classique peuvent aller de plusieurs millions à plusieurs milliards de becquerels. Au cours de la phase d’essai de l’usine de retraitement du village de Rokkasho, dans la préfecture d’Aomori, 1,3 quadrillon de becquerels ont été rejetés. Selon les autorités, aucun de ces rejets n’a eu d’effets nocifs pour la santé.
D’après la politique officielle de base en matière d’eau traitée, les eaux « en cours de traitement » devront être retraitées par l’ALPS en vue de ramener les niveaux de matières radioactives (autres que le tritium) en dessous des seuils définis par la loi. Après quoi une nouvelle dilution à l’eau de mer réduira la concentration de tritium à 1 500 becquerels par litre au maximum, soit quarante fois moins que le seuil légal, avant rejet en mer. Au début, une série de petits rejets sera effectuée pour surveiller l’impact sur l’environnement. Les quantités de tritium rejetées chaque année devront rester inférieures au niveau maximum de 22 milliards de becquerels autorisé pour Fukushima Daiichi avant l’accident, et les chiffres seront régulièrement révisés. Par souci de crédibilité, l’AIEA tiendra compte de l’analyse des résultats du suivi environnemental. S’il s’avère que les rejets d’eau traitée sont préjudiciables en termes de réputation, TEPCO compensera les victimes et réagira rapidement et de façon appropriée, selon la nature du dommage subi, et aucune restriction ne sera imposée en termes de périodes, de régions ou d’industries éligibles à une compensation. Le gouvernement apportera aussi son soutien via la promotion des produits agricoles et de l’attractivité touristique de la région.
Les échecs de jadis nourrissent la méfiance du secteur de la pêche
Malgré les déclarations officielles selon lesquelles, scientifiquement parlant, les rejets d’eau traitée ne présentent aucun risque, les professionnels de la pêche y sont résolument opposés, par crainte des atteintes à leur réputation qui pourraient en résulter. Cette hostilité s’explique en partie par les cafouillages accumulés par l’État et par TEPCO en ce domaine. À partir du 4 avril 2011, notamment, TEPCO a rejeté pendant plusieurs jours 11 500 tonnes d’eau à faible niveau de contamination. Ce rejet, qui visait à libérer de la capacité de stockage pour de l’eau plus lourdement contaminée qui s’était écoulée dans la mer, s’est fait avec l’accord des autorités. Mais TEPCO n’a pas informé les professionnels de la pêche de son intention de procéder à ce rejet, et des niveaux de matières radioactives supérieurs au seuil défini par la loi ont été observés par la suite dans des lançons pêchés sur le littoral de la préfecture d’Ibaraki, si bien que le prix du poisson sur le marché s’est effondré. D’où la colère du secteur de la pêche envers le comportement de TEPCO. Les pays voisins ont eux aussi critiqué sévèrement l’absence d’avertissement préalable.
Afin de réduire la quantité d’eau contaminée produite sur le site, il a été convenu qu’à partir du mois de septembre 2015 de l’eau souterraine serait amenée à la surface via un réseau de puits creusés autour des bâtiments du réacteur et traitée par l’ALPS en vue de faire baisser les niveaux de matières radioactives avant rejet dans la mer. La Fédération des associations de coopératives de pêche de la préfecture de Fukushima a certes formulé son opposition, par crainte que sa réputation ne soit entachée, mais elle a consenti à contrecœur au rejet, pour que la quantité d’eau contaminée stockée sur le site puisse être réduite. Toutefois, en contrepartie de son accord, la Fédération a demandé qu’il n’y ait à l’avenir aucun rejet en mer d’eau contaminée, traitée ou non, en provenance de l’intérieur du bâtiment du réacteur. En réponse à cette demande, TEPCO et les autorités ont publié une déclaration écrite dans laquelle ils s’engageaient à ne jamais rejeter d’eau sans l’accord des parties concernées. Cette décision de TEPCO et de l’État semblait opportune, mais il s’est avéré par la suite qu’elle rendait les décisions plus difficiles à prendre.
En août 2018, les médias ont annoncé que l’eau traitée par l’ALPS stockée dans les réservoirs contenait des niveaux résiduels de matières radioactives supérieurs aux limites fixées par la loi. TEPCO a réagi en déclarant que, sur les quelque 890 000 tonnes d’eau traitée alors stockées dans les réservoirs, 750 000 tonnes contenaient des niveaux de matières radioactives (autres que le tritium) supérieurs aux limites fixées par la loi. TEPCO a dit que les données individuelles appropriées étaient disponibles depuis le début sur son site internet, mais les données étaient présentées de telle façon que les éventuels visiteurs du site ne se rendent pas compte de la situation, et il en a résulté des accusations de camouflage et un durcissement de l’opposition des populations locales.
Les populations locales ont en outre soupçonné que les indemnités versées par TEPCO en dédommagement des atteintes à la réputation seraient insuffisantes, pour la bonne raison que TEPCO avait jadis rejeté, sans donner aucune justification, divers accords relatifs à des demandes de compensation proposés par le Centre de résolutions des litiges sur la compensation des dommages nucléaires, une instance publique. Le 24 août 2021, après que la décision de rejeter l’eau eut été prise, le gouvernement, soucieux de parer au plus pressé, annonça son intention d’une part d’acheter et de stocker tous les poissons et fruits de mer susceptibles d’être congelés dont la valeur sur le marché avait baissé du fait d’une atteinte à la réputation, et d’autre part de promouvoir les variétés de poissons et de fruits de mer inaptes à la congélation. Les achats de poissons ont été financés par des fonds publics.
Repousser une décision inéluctable
Dès le mois de décembre 2013, le président de la NRA Tanaka Shun’ichi et la délégation de l’AIEA recommandaient que l’eau traitée par l’ALPS soit rejetée en mer. Mais le METI décida de confier la décision à un collectif d’experts et instaura au sein de son comité de traitement de l’eau contaminée un groupe de travail sur l’eau tritiée, chargé d’effectuer une évaluation technique des options permettant de se débarrasser des eaux traitées par l’ALPS. Le groupe de travail, qui s’est réuni pour la première fois le 25 décembre 2013, a publié son rapport le 3 juin 2016. Il ressortait de ce document que les technologies utilisées pour extraire le tritium de l’eau n’avaient pas encore atteint un stade permettant leur application pratique, et que la dilution et le rejet subséquent en mer constituaient l’option d’évacuation la plus rapide et la plus rentable.
En réponse à cette évaluation technique, le METI a annoncé qu’il allait procéder à une évaluation globale de l’atteinte à la réputation sous tous ses aspects, y compris sociaux, et il a mis sur pied un sous-comité chargé de délibérer sur les façons de recycler l’eau traitée par l’ALPS. Le sous-comité, qui s’est réuni pour la première fois le 11 novembre 2016, a publié son rapport le 10 février 2020. Le rapport déclarait que les options réalistes pour se débarrasser des matières radioactives se limitaient au rejet dans l’atmosphère sous forme de vapeurs et au rejet en mer, lesquels étaient couramment pratiqués par les centrales nucléaires au Japon comme à l’étranger, et précisait ensuite que le rejet en mer était l’option la plus fiable. On pouvait lire dans le rapport que « c’est au gouvernement japonais qu’il incombe de prendre la responsabilité de déterminer le moment le plus propice pour le début de l’évacuation et la durée de l’opération en prenant en considération les divers facteurs liés au calendrier, aux impacts en termes de réputation et aux opinions des parties concernées » (p. 29).
Koyama Ryôta, un membre du sous-comité exerçant la profession de professeur d’agroéconomie à l’Université de Fukushima, a exprimé le mécontentement que lui inspirait le rapport et jugé « regrettable que le groupe de travail ait pris trois ans pour en arriver à la même conclusion que la fois précédente », ajoutant que « toutes les options présentées ont déjà été essayées ». L’ancien président de la NRA Tanaka, qui s’était prononcé en faveur du rejet en mer de l’eau traitée, a reproché aux autorités de « se contenter de gagner du temps en instaurant un débat trompeur » et en « éludant sa responsabilité ». Dans le témoignage qu’il a fait, un ancien fonctionnaire a déclaré que la réaction du METI était opportune, « sachant que la décision était acquise à l’avance ».
C’est alors, et alors seulement, que le METI a fini par tenter de persuader la collectivité locale. Il a entrepris d’expliquer la proposition du sous-comité lors de réunions des conseils locaux et créé à cette occasion un forum de consultation des parties prenantes. Mais plusieurs instances législatives locales de Fukushima ont approuvé une batterie d’avis et de résolutions exprimant leur opposition au rejet et demandant que TEPCO conserve l’eau dans les réservoirs, tandis que la Fédération des associations de coopératives de pêche de la préfecture de Fukushima et les Coopératives de pêche du Japon adoptaient elles aussi des résolutions fortement hostiles au rejet.
Le septième et dernier forum de consultation sous l’égide des autorités, qui s’est tenu le 8 octobre, a mis fin au dialogue avec les principales parties prenantes et annoncé son intention de parvenir à une décision définitive sur le sujet concerné le 27 octobre. Toutefois, l’opposition véhémente des Coopératives de pêche du Japon a contraint les autorités à repousser leur décision. Cette situation d’enlisement s’est encore aggravée avec l’état d’urgence sanitaire déclaré par le gouvernement en réaction à la pandémie de Covid-19, et il a fallu attendre le 7 avril 2021 pour que le Premier ministre Suga Yoshihide rencontre les présidents des Coopératives de pêche du Japon et de la Fédération des associations de coopératives de pêche de la préfecture de Fukushima pour leur demander leur soutien au rejet. N’ayant pas réussi à obtenir l’accord de ces organisations, Suga a déclaré que le gouvernement prendrait une décision le 13 avril en ce qui concernait l’évacuation de l’eau, en précisant que cette décision ne pouvait pas être remise à plus tard. Un ministre a dit que le gouvernement « s’était retrouvé avec la plus courte paille » et que, maintenant qu’une date limite avait été fixée, il n’avait pas d’autre choix que d’agir.
Kishi Hiroshi, le président des Coopératives de pêche du Japon, rencontre le Premier ministre Suga le 7 avril 2021 à la résidence du Premier ministre. (Jiji ; photo provenant des Coopératives de pêche du Japon)
Le gouvernement, contraint de mettre en œuvre une politique impopulaire, a repoussé sa décision jusqu’à la dernière minute, après quoi il a tenté à la hâte d’obtenir l’adhésion de la collectivité locale et du secteur de la pêche, avec pour seul résultat d’épuiser le temps dont il disposait sans parvenir à un accord ni se libérer de son obligation de prendre une décision. Si le rejet de l’eau traitée était bel et bien inévitable, le gouvernement aurait dû s’efforcer plus tôt de gagner le soutien des résidents locaux. Ne serait-ce que pour alléger les effets de l’atteinte à la réputation, le gouvernement aurait également dû se mettre en quête d’une rigoureuse estimation indépendante de la sécurité du rejet, de façon à construire un récit acceptable pour le public.