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Catégorie : Japon 2021 Page 1 of 4

Polémique à Fukushima !

Rejet d’eau radioactive : polémique à Fukushima !

 
 
 

L’eau rejetée a été traitée afin que le niveau d’éléments radioactifs soient situés en-dessous du seuil des normes de sécurité. Filtrée plusieurs fois, l’eau voit ainsi ses radionucléides disparaître. Or, le tritium est toujours là et ce dernier ne peut pas être supprimé avec les méthodes modernes.

Rejet dans l’océan : quelle eau est concernée ?

C’est environ 1,25 million de tonnes d’eau qui sont présentes actuellement à Fukushima. Cette quantité d’eau se situe dans environ un millier de citernes, situées à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Cette eau vient des précipitations, des nappes souterraines ainsi que des injections permettant aux cœurs des réacteurs nucléaires qui sont entrés en fusion de subir un refroidissement.

Le filtrage de l’eau qui va être libérée s’effectue grâce à différentes installations. La plus importante est celle qui permet de supprimer ce qu’on appelle les nucléides. Il s’agit de l’Advanced Liquid Processing System. Cette dernière permet de supprimer l’eau de la majorité de ses éléments radioactifs (les fameux radionucléides). Pour ce qui est du tritium, il reste en place. En effet, ce radionucléide ne peut pas être détruit avec les méthodes modernes. Le tritium n’est nocif pour l’organisme qu’à doses extrêmement conséquentes si on se fit aux dires des professionnels. Effectivement, sa désintégration atteint 50 % après douze ans (ce qui correspond à une à deux semaines dans l’organisme). Il produit alors de faibles rayonnements bêta.

L’opération devrait débuter dans deux ans et risque de prendre … plusieurs décennies ! Le gouvernement du pays a annoncé qu’il va prendre les mesures adéquates afin que la réputation de la zone ne soit pas touchée.

Quelle est la raison de ce choix dix ans après ?

Un choix rapide devait être fait par rapport à l’eau « tritée » puisque l’eau poursuit actuellement son accumulation. Si on se fit au groupe Tepco (il s’agit de l’opérateur de la centrale), les restrictions des possibilités de stockage à Fukushima pourraient être atteintes à partir de l’automne de l’année prochaine.

Début 2020, des spécialistes mandatés par le pouvoir avait recommandé une solution de dilution continue dans l’océan. Un autre choix portait sur une technique d’évaporation dans l’air. Les experts ont également rappelé que le rejet en mer d’eau tritiée n’est pas une méthode inédite car déjà utilisée au Japon et dans d’autres centrales dans le monde.

L’Agence internationale de l’énergie atomique a également affirmé que cette option était liée à des méthodes parfaitement définies à l’international. Ainsi, le choix du Japon a reçu beaucoup de soutiens, dont celui de l’AIEA, qui s’est même proposé pour donner un soutien technique à Fukushima.

Une décision critiquée à Fukushima

Le choix du rejet d’eau est pourtant loin de faire l’unanimité dans le monde. Ainsi, la célèbre association Greenpeace a vivement critiquée le gouvernement japonais en affirmant qu’il laissait de côté les personnes vivant à Fukushima. L’ONG parle d’une décision totalement injustifiée et d’une contamination volontaire de l’océan Pacifique. Parallèlement à ces déclarations, Greenpeace affirme que l’eau de Fukushima possède une multitude d’éléments radioactifs, cela étant notamment le cas du carbone 14. Le danger ? Ces éléments pourraient avoir un impact sur la chaîne alimentaire et dégrader l’ADN s’il y a des taux trop conséquents sur le long terme. Ainsi, les associations environnementales recommandent d’opter pour un stockage d’eau plus long afin que les techniques de filtration soient plus performantes pour une décontamination totale.

Enfin, il faut savoir qu’il y a un véritable consensus parmi les experts par rapport aux conséquences sur la santé (d’un rejet en mer de l’eau tritiée). Certains affirment qu’il est ridicule. Or, il n’y a pas de risque zéro risque et c’est pourquoi la méthode du rejet d’eau est autant critiquée et controversée.

TOKYO: ÉTAT D’URGENCE…

Tokyo dans le noir sous état d'urgence, Akihabara

TOKYO PLONGÉE DANS LE NOIR POUR SON ÉTAT D’URGENCE DU PRINTEMPS 2021

 

En raison d’une recrudescence d’infections dues au Covid-19 🦠, l’état d’urgence au Japon est une nouvelle fois entré en vigueur au printemps 🌸 2021 et dans les régions les plus touchées : à Tokyo, Kyoto, Osaka, Hyogo, Aichi, Fukuoka, Hokkaido, Okayama et Hiroshima (de fin avril / début mai au 20 juin).

Cela implique, entre autres, des sorties limitées, la mise en place du télétravail autant que possible et la fermeture à 20h des établissements de restauration et de divertissements (dont les pachinko et les karaoké), où l’on sert de l’alcool le soir. La gouverneure de Tokyo va plus loin et demande également aux enseignes d’éteindre leurs néons à l’heure du couvre-feu, pour inciter la population à rentrer chez elle.

 

Nous avons parcouru à la nuit tombée, donc en début de soirée au vu de l’horaire de coucher de soleil au Japon, les quartiers nocturnes habituellement les plus animés de la capitale afin de prendre le pouls de la mégapole durant cet état d’urgence (l’un des plus stricts depuis le début de la pandémie il y a plus d’un an).

 

Tokyo dans le noir sous état d'urgence, Shinjuku Omoide Yokocho

Shinjuku : le quartier central de Tokyo

Nous commençons par nous rendre à Nishi-Shinjuku, à l’ouest de la gare JR de Shinjuku. Tout juste après le quartier électronique se trouve celui des affaires, reconnaissable à ses innombrables tours de verre. Les larges avenues, bien éclairées autour de 19h, ne laissent déjà plus voir âme qui vive. Quelques rares salarymen empruntent le chemin du retour et il n’y a déjà presque plus de circulation. Le silence général des rues est seulement brisé par les mini-vans banalisés qui diffusent par leurs hauts-parleurs les spots sonores des mesures anti-Covid pour inciter à rentrer chez soi au plus vite.

En levant les yeux, on se rend compte que les immeubles de bureaux n’ont plus que quelques étages éclairés, voire qu’ils sont complètement éteints comme la Cocoon Tower et la tour Sompo. Le siège du gouvernement métropolitain de Tokyo (Tocho), l’un des symboles du quartier, ne semble également plus occupé, son bel observatoire gratuit et ouvert jusqu’à 23h en temps normal est fermé pendant l’état d’urgence. Les quelques business hôtels 🏨 ouverts montrent quant à eux un léger frémissement d’activité.

 

Nous rejoignons ensuite Kabukicho à l’est de la gare, en passant par Omoide Yokocho. Ce dédale de ruelles intemporelles, rempli de gargotes aux bonnes odeurs de grillades, se révèle bien calme. Entre l’absence de touristes depuis plus d’un an et avec le couvre-feu annoncé à 20h, les échoppes ont de toute façon presque toutes baissé leur rideau de fer.

On arrive enfin sur Kabukicho, le quartier incontournable pour sortir le soir à Shinjuku. Ici, on retrouve un peu de mondesans que cela ne soit la frénésie « sulfureuse » qu’on lui connaît. L’état d’urgence est plus ou moins bien respecté, que ce soit par les quelques établissements encore ouverts ou par les passants plutôt jeunes qui déambulent de manière décontractée sans trop se soucier de l’heure. Malgré tout, ce n’est pas aussi animé et éclairé que d’habitude, bien loin de là. Beaucoup d’enseignes ont en effet fermé plus tôt et éteint leurs devantures.

 

Tokyo dans le noir sous état d'urgence, carrefour de Shibuya 2

Shibuya : le rendez-vous de la jeunesse en soirée

On prend la ligne JR Yamanote pour un court trajet jusqu’à Shibuya, une autre adresse de Tokyo réputée pour sa vie nocturne. Les rames de train 🚅 peu bondées offrent facilement des places assises pour tous les passagers.

À la sortie « Hachiko«  de la gare de Shibuya, toujours en travaux d’agrandissements, on est tout de suite surpris par la faible luminosité du célèbre carrefour. Le Time Square de Tokyo se montre vraiment métamorphosé, sans ses écrans géants tous éteints et qui plongent le croisement de Shibuya dans une pénombre verticale inédite, éclairé seulement les lampadaires plantés au sol le long des trottoirs. Le changement se fait également ressentir par l’ouïe : finies la musique tonitruante et les annonces publicitaires qui tournent en continu. On reste réellement stupéfaits par l’absence du bruit et de la vie qui caractérisaient normalement l’un des plus grands carrefours au monde.

Le reste de la balade reste dans le même ton, l’artère Center Gai se montre quasi-déserte et sans brouhaha, loin de son agitation habituelle. On croise juste quelques enseignes encore ouvertes et des promeneurs téméraires. On pousse l’exploration en allant du côté de Chuo-gai, au sud de la gare de Shibuya et le constat est encore plus flagrant : une légère sensation de malaise nous envahit devant ce quartier devenu fantôme.

 

Tokyo dans le noir sous état d'urgence, Ikebukuro est 4

Ikebukuro : le quartier tendance du nord de la capitale

On remonte en direction du nord pour Ikebukuro et sa gare, la troisième la plus empruntée du pays et bien plus calme que d’ordinaire. On emprunte la sortie est, la plus populaire, et déjà nous observons les gratte-ciels en face, habillés de néons et de grands panneaux publicitaires complètement éteints.

Nous nous dirigeons vers l’avenue Sunshine 60-dori et ses multiples enseignes de loisirs en tous genres. Non seulement il n’y a aucun passant, mais la totalité de ses magasins, de ses restaurants et les trois salles de jeux géantes (Adores, Round One, SEGA) sont fermés. La tour Sunshine 60 que l’on aperçoit entre deux bâtiments ne semble pas non plus très vivante avec la majorité des étages non allumés.

On continue sur Mikuni-koji, une petite ruelle rétro de l’époque Showa fréquentée pour ses izakaya ouverts très tard en soirée, mais là encore les établissements sont plongés dans le noir, sans aucun client à la ronde.

 

Tokyo dans le noir sous état d'urgence, Asakusa Senso-ji

Asakusa : le quartier touristique par excellence

On continue notre circuit à l’est de la ville vers Asakusa, véritable lieu de pèlerinage pour les touristes du monde entier, à commencer par les Japonais eux-mêmes. Les abords faiblement fréquentés de l’entrée du Senso-ji laissent deviner la quiétude qui va régner tout au long de la visite du temple. En effet, la grande porte vermillon Kaminari-mon se trouve cette fois-ci bien seule et ce ne sont pas les magasins de l’avenue Nakamise-dori, fermés de jour comme de nuit depuis le 25 avril, qui vont troubler le calme ambiant.

Pour être tenu(e) informé(e) le jour-même de l’annonce de la réouverture des frontières aux touristes francophones, n’oubliez pas de vous inscrire à la newsletter Kanpai :

On arpente donc la rue commerçante très rapidement sans le slalom habituel au milieu de la foule, pour retrouver la deuxième porte imposante baptisée Hozo-mon et sa sublime pagode à 5 étages érigée à côté. Le pot jokoro, où l’on met des bâtons d’encens à brûler, est éteint et les portes du bâtiment principal Hondo sont closes, ainsi que les arcades de shoppingadjacentes au temple. De là, on lève les yeux pour observer la Tokyo SkyTree toujours illuminée, mais pas autant qu’en temps normal. La sensation procurée de profiter au calme du quartier traditionnel d’Asakusa n’est finalement pas désagréable, tant qu’elle ne s’inscrit pas dans la durée bien entendu.

 

Tokyo dans le noir sous état d'urgence, Ueno Ameyoko 2

Ueno : le marché populaire d’Ameyoko

Au sein du quartier voisin d’Ueno, on rejoint le marché permanent d’Ameya Yokocho, une sortie nocturne réputée pour les prix intéressants de ses échoppes et l’ambiance conviviale de ses terrasses en extérieur. Les nombreux restaurateurs respectent globalement les mesures restrictives avec une fin de service à partir de 20h, où les derniers clients terminent leur repas.

La ruelle se vide rapidement de ses passants pour laisser la place aux camionnettes des commerçants qui remballent leurs marchandises. Il n’est pas 21h que les poubelles apparaissent déjà sur les trottoirs devant les rideaux de fer baissés.

 

Tokyo dans le noir sous état d'urgence, Ikebukuro est 3

Akihabara : la mecque des otaku

Un peu plus au sud, toujours sur la Yamanote, on retrouve Akihabara, célèbre quartier orienté vers la pop-culture japonaise telle que les mangas, le cosplay, ses innombrables salles de jeux d’arcade et ses maid cafe. On prend la sortie « Electric Town« , habituellement la plus animée, mais qui ce soir se révèle bien moins bondée.

Les grands magasins sur les avenues, par exemple l’incontournable Akihabara Radio Kaikan, tout comme les boutiques lilliputiennes du centre commercial Radio Center, spécialisées dans la vente de matériel électronique, sont fermés. Le temple des otaku, Akiba Culture Zone, montre également portes closes.

Sur l’artère principale, un faible flot de voitures 🚙 et de piétons nous permet de marcher sans encombre. Les trottoirs sont surtout occupés par quelques rabatteuses en soubrette qui tentent en vain d’attirer le peu de passants dans leur maid café. On passe devant quelques salles de jeux qui sont malgré tout ouvertes mais les possibilités offertes pour rester dans le quartier ne sont pas bien grandes.

 

Tokyo dans le noir sous état d'urgence, Marunouchi gare de Tokyo

Marunouchi : le quartier impérial de la gare de Tokyo

On change d’ambiance pour rejoindre le quartier plus chic de Marunouchi. Sur le parvis de la sublime gare de Tokyo, avec son édifice historique en briques rouges qui contraste élégamment avec les gratte-ciels modernes côté Yaesu, seul le compteur du nombre de jours restants avant le début des Jeux Olympiques 🏅 affiche un éclairage criard.

 

La façade de la gare, d’ordinaire rétro-éclairée, est cette fois-ci laissée dans le noir. L’éclairage urbain apporte un peu de lumière sur la place désertée par les voyageurs. On s’avance jusqu’à l’entrée de Naka-dori, mais rien ne change, toujours le même calme un peu pesant d’une avenue fantôme aux enseignes closes.

 

Tokyo dans le noir sous état d'urgence, carrefour de Ginza

Ginza : la vitrine des marques de luxe

On termine notre exploration nocturne avec le quartier de Ginza, dont les façades des grandes marques de luxe revêtent en général un habillage étincelant à la nuit tombée. Comme pour toutes les rues commerçantes de la capitale, les boutiques sont fermées, que ce soit les enseignes indépendantes ou bien les grands centres commerciaux, tels Ginza Six ou Mitsukoshi.

Le carrefour principal de Ginza, reconnaissable depuis près d’un siècle par le bâtiment en quart de cercle dans le style néoclassique du grand magasin Wako et plus récemment, par le magnifique bâtiment Ginza Place placé juste en face, manque de cachet avec les néons éteints. On est d’ailleurs plutôt aveuglés par les phares des taxis rangés en une longue file et qui attendent patiemment le retour de la clientèle.

 

Tokyo dans le noir sous état d'urgence, Shibuya

Un centre-ville déserté sous couvre-feu nocturne

Il n’est définitivement pas habituel de voir une capitale dynamique telle que Tokyo si endormie, loin de sa frénésie quotidienne de jour comme de nuit. L’objectif politique de Yuriko Koike, convaincre les locaux de rester chez eux plutôt que sortir le soir à plusieurs, semble être atteint dans le sens où la ville perd réellement de son intérêt lorsque les néons s’éteignent et que les enseignes cessent d’ouvrir.

Malgré tout, nous avons croisé des gens, globalement des jeunes adultes, qui refusent de se cloisonner 24h/24 chez eux et qui continuent de se rendre en soirée dans le centre-ville. Ils portent naturellement tous leur masque sanitaire 😷 et restent le plus possible en extérieur, surtout depuis l’arrivée du printemps. Les restaurateurs ouverts respectent plus ou moins l’heure du couvre-feu, tandis que d’autres ont, quant à eux, malheureusement et définitivement fermé leurs portes.

 

Cet état d’urgence ne doit pas durer dans le temps et l’on espère que la courbe des infections dues au Corona va finir par décroître durablement, même si le retard confondant de la vaccination japonaise n’incite pas à l’optimisme ces dernières semaines. Ce sentiment étrange et mitigé, où l’on apprécie la quiétude mais où l’on s’inquiète de l’absence de vie et d’allégresse autour de soi, pèse sur le moral. Nombreux sont ceux, parmi l’équipe de Kanpai comprise, qui attendent une relance de l’économie mais également un redémarrage du tourisme qui sera le signe que la situation s’améliore durablement.

Par Kanpai
 
Publié le 12 Mai 2021 – Dernière mise à jour le 28 Mai 2021Tokyo in the Dark During Spring 2021 State of Emergency

Le Japon joue sur les mots…

Commentaire : Le Japon joue sur les mots à propos des eaux contaminées de Fukushima

RCI 2021-05-29 19:48:19
 

L’ambassade du Japon en Chine a publié le 26 mai un article concernant le rejet dans l’océan de l’eau contaminée issue de la centrale à Fukushima, selon lequel il ne s’agit pas d’ « eaux usées radioactives », mais d’ « eaux traitées au moyen du système de filtrage ALPS ». Le Japon affirme que cette opération est conforme à la pratique internationale.

Face au tollé de la communauté internationale, le gouvernement japonais ne change pas d’avis et joue sur les mots. Cela nous rappelle l’histoire honteuse de ce pays pendant la Seconde Guerre mondiale.

A cette époque, le Japon a inventé pas mal de mots et expressions, dont le « mouvement rétrograde » pour ne pas dire la « défaite », l’ « approvisionnement local » pour dissimuler la barbarie des envahisseurs japonais lorsqu’ils pillaient des villages, faute d’approvisionnements. Ces jeux sur les mots et la dissimulation de la vérité font partie de l’ADN du gouvernement et de l’armée japonais depuis longtemps.

Et c’est la même chose sur le dossier du rejet des eaux contaminées de la centrale de Fukushima. Dans les médias japonais et les documents ouverts au public du gouvernement japonais, « les eaux usées nucléaires » est une expression couramment utilisée. Cependant, le Ministère japonais des Affaires étrangères change d’expressions, privilégiant l’expression « eaux traitées », lorsqu’il communique avec le monde extérieur. Son calcul consiste à faire passer les eaux lourdement contaminées issues de la centrale de Fukushima mais traitées selon certain système pour les eaux de refroidissement, qui peuvent être jetées dans l’océan comme ce que font les centrales de tous pays du monde.

Ce jeu sur les mots ne peut pas duper le monde. De nombreux experts ont souligné que les eaux usées de Fukushima avaient été contaminées par du combustible nucléaire, contenant une variété de radionucléides. Cela n’a rien à voir avec des eaux de refroidissement issues d’une centrale nucléaire qui fonctionne normalement sans accident.

La maison mère de la centrale de Fukushima, Tokyo Electric Power Company (TEPCO) avait affirmé qu’après le traitement, sauf le tritium, la majeure partie des nucléides pouvaient être éliminés. Cependant, la compagnie a annoncé en 2018 que les eaux traitées comprennent encore d’autres nucléides dépassant la norme. En février 2020, le rapport publié par le Japon montre que 73% des eaux traitées dépassent encore la norme et que la dilution ne change pas la présence du tritium dans les eaux contaminées.

Ce qui est ridicule, c’est que des politiciens japonais disent et redisent la sureté des eaux usées, débitant même des propos hilarants disant « cette eau est potable ». Mais si c’est le cas, pourquoi aucun d’entre eux n’en a bu une tasse devant le public? Pourquoi le Japon ne garde-il pas ces eaux sur son territoire? Il n’y a qu’une raison: cela coûte cher, il est pratique de les jeter dans la mer. Pourtant c’est un crime contre la mer, contre la Terre, contre l’humanité.

Fukushima: Les producteurs..

Les producteurs de Fukushima à la reconquête des consommateurs japonais et étrangers

Société Gastronomie Région

Nojima Tsuyoshi [Profil]

La préfecture de Fukushima est célèbre pour son agriculture, mais dix ans après l’accident nucléaire, les peurs concernant l’innocuité des produits cultivés de la région sont toujours bien présentes, au grand dam des agriculteurs. Confrontés à des défis de taille, ils multiplient les efforts et initiatives pour regagner la confiance des consommateurs, notamment des acheteurs étrangers.

De la confiance à la méfiance

Région d’Aizu, préfecture de Fukushima. L’hiver est une période où il y a beaucoup à faire pour les nombreux producteurs de saké. Dans la ville de Kitakata, dans la brasserie Yamatogawa chargée d’histoire, des volutes de vapeur s’élèvent dans l’air froid, à partir d’un lot de riz fraîchement cuit. Sans perdre un instant, un jeune employé retire les grains ramollis par la haute température. Étape suivante : le brassage. Avec le temps, c’est ce même riz qui donnera un saké ginjô délicatement parfumé, riche en arômes. (Voir notre article : Comment reconnaître les types de saké japonais et leurs caractéristiques)

À la brasserie de saké Yamatogawa Shuzô, un employé retire d’une cuve de riz fraîchement cuit.
À la brasserie de saké Yamatogawa, un employé retire d’une cuve le riz fraîchement cuit.

Pour faire du bon saké, il faut de l’eau pure de qualité et de grandes quantités de riz, deux atouts dont se vantait la préfecture de Fukushima. Cependant, cette réputation a été grande écornée depuis l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi. Encore à l’heure actuelle, des pays du monde entier restent méfiants, évitant avec soin d’importer des produits en provenance de la région, voire du Japon tout entier. Dix ans ont passé depuis la triple catastrophe du Grand tremblement de terre de l’Est du Japon, du tsunami et de la centrale, mais loin de s’estomper, ces craintes continuent de jeter une ombre sur les nombreuses communautés de cette préfecture.

Les producteurs d’Aizu, par exemple, ont une situation géographique particulière, qui les dessert grandement. Ils sont situés à 120 kilomètres environ de la centrale de Fukushima Dai-ichi, donc légèrement plus près du site que Yamagata, l’agglomération principale de la préfecture voisine du même nom, et un peu plus loin que Sendai, la ville la plus peuplée du Tôhoku (nord-est du pays), dans la préfecture de Miyagi. Cependant, leur situation dans les limites de la préfecture de Fukushima leur a valu des restrictions à l’importation et une mauvaise image auprès des consommateurs.

Satô Kazunori, président de la brasserie Yamatogawa Shuzô
Satô Kazunori, président de la brasserie Yamatogawa

Une région toujours aussi fière de son saké

Satô Kazunori dirige la brasserie Yamatogawa, riche de 230 ans d’histoire. « Il y a dix brasseries ici, rien qu’à Kitakata » s’exclame-t-il fièrement, vantant la réputation de haut lieu de production de saké de la région. « C’est plutôt pas mal pour une ville d’à peine 40 000 habitants » ajoute-t-il.

Il se remémore l’histoire d’un homme qui a quitté sa région natale d’Osaka pour Aizu, attiré par la pureté de ces eaux, l’abondance de son riz et la fraîcheur de son climat ; les trois éléments indispensables à un saké de qualité. Le nom Yamatogawa, qui signifie « fleuve Yamato », rend hommage aux origines de la brasserie, située près du cours d’eau du même nom, qui traverse les préfectures de Nara et d’Osaka.

L’eau de la région est faible en minéraux, conférant au saké de Yamatogawa une onctuosité et une douceur telles qu’elles rappellent les onna-zake, « sakés féminins » de Kyoto ou encore de Fushimi.

La brasserie Yamatogawa produit son propre riz, d’une qualité digne de grands sakés, sur un terrain à proximité.
La brasserie Yamatogawa produit son propre riz, d’une qualité digne de grands sakés, sur un terrain à proximité.

Satô Kazunori explique que sa brasserie n’a pas pu exporter ses produits à l’étranger pendant environ un an après la catastrophe de mars 2011, un coup dur pour l’entreprise puisque les ventes réalisées à Taïwan représentaient 10 % de son chiffre d’affaires. « Nous étions particulièrement présents dans des villes comme Taipei et Kaohsiung et nous envisagions de nous implanter dans d’autres villes de la région quand tout s’est écroulé » ajoute-t-il.

Un assortissement de sakés de la brasserie Yamatogawa proposés sur le marché taïwanais
Un assortissement de sakés de la brasserie Yamatogawa proposés sur le marché taïwanais.

Mais contre vents et marées la brasserie Yamatogawa a tenu bon et a continué à produire un saké de qualité, remportant huit médailles d’or consécutives lors des prix du saké de l’Institut National de Recherche sur la Production du Saké (NRIB). Forte de cette réussite, la brasserie Yamatogawa a même été citée en modèle pour les autres producteurs de Fukushima. Si les ventes ont bien repris à Taïwan, Satô Kazunori reconnaît que regagner la confiance n’a pas été chose aisée. « Je ne compte plus le nombre de fois où nous nous sommes rendus sur place pour des événements, nous confrontant à chaque fois aux stigmates qui collaient à la peau de la préfecture de Fukushima » se remémore-t-il. « Le potentiel de développement dans le monde est grand, et c’est d’autant plus vrai pour Taïwan. La concurrence est rude, mais il y a des raisons d’être confiants ».

Mangez des pommes de Fukushima !

Malheureusement, tous les producteurs de denrées alimentaires de la préfecture Fukushima ne se sont pas si bien remis de l’après-mars 2011. Littéralement coupés des marchés étrangers, de nombreux producteurs de fruits ont essuyé de lourdes pertes.

Abe Hidenori, le propriétaire de la société Abe Fruit, place une pomme sur une lampe spéciale. Le fruit se pare d’une couleur rouge flamboyant. Ce dispositif très simple indique la teneur en sucre de la pomme sans avoir à la couper. Le fruit est délicieux, aussi sucré qu’un ananas mûri au soleil.

Abe Hidenori vérifie la teneur en sucre de ses fruits.
Abe Hidenori vérifie la teneur en sucre de ses fruits.

Connue sous le nom de Kôtoku, cette variété est particulièrement prisée des consommateurs. Abe Hidenori nous explique que lorsqu’il a repris le verger de son père, il ne comptait qu’un seul arbre Kôtoku. En greffant avec soin des boutures sur d’autres arbres, cet arbre fut peu à peu rejoint par d’autres, jusqu’à ce que les pommes Kôtoku deviennent la variété principale de son verger. Plutôt que les circuits traditionnels de vente, il a choisi de proposer ses pommes directement en ligne. Bien lui a pris puisque plus de 90 % de ses clients sont des acheteurs réguliers.

Cependant, la culture de pommes Kôtoku requiert des soins particuliers, insiste Abe Hidenori, pour pouvoir atteindre une telle teneur en sucre et de l’expérience pour connaître le bon moment pour les récolter. Comme la plupart des fruits à haute teneur en fructose, ces pommes sont plus petites que les variétés standard, mais sa marge est deux fois plus importante que sur la variété Shinano Sweets, un autre type de pomme haut de gamme qu’il cultive dans son verger.

Les pommes Kôtoku n’ont pas tardé à se faire une place sur les étals étrangers. En 2019, Abe Hidenori a exporté 100 kg de ces pommes vers la Thaïlande, où grands magasins et clients fortunés se les sont littéralement arrachés. Abe Hidenori y croit et veut en exporter 350 kg cette année, même s’il appréhende un peu de partir à la conquête de nouveaux marchés étrangers. « Les pommes se vendent cher mais cela demande beaucoup de travail, vous savez. Comme les autres fruits, les pommes peuvent être sujettes aux maladies et aux parasites comme les insectes. Sans parler de la pression que nous avons sur les épaules pour respecter les normes de qualité élevées » explique Abe Hidenori.

Abe Hidenori, avec une de ses pommes Kôtoku dans la main
Abe Hidenori, avec une de ses pommes Kôtoku dans la main

Des inquiétudes persistantes venant de l’étranger

Lorsqu’il s’est tourné vers des marchés lucratifs comme ceux de pays asiatiques, Abe Hidenori a fait certifier son verger Asia Good Agriculture Practice (ASIAGAP ou Bonnes pratiques agricoles en Asie), anticipant la levée prochaine par la Corée du Sud et par Taïwan des sanctions à l’exportation des fruits de Fukushima. Il espère que le succès de ses fruits sur des marchés étrangers exigeants comme les marchés asiatiques renforcera l’identité de marque de ses produits au Japon. Toutefois, il y a encore fort à faire pour redorer l’image de la préfecture à l’étranger; Abe Hidenori en est bien conscient. Encore maintenant, le simple fait de mentionner le nom de Fukushima peut dissuader certains acheteurs. « Quand ils pensent à Fukushima, ils voient des ouvriers en combinaison de protection » explique-t-il. « Les trois premières années après l’accident ont été extrêmement dures mais peu à peu la situation s’est améliorée ».

Dix ans ont passé depuis l’accident à la centrale en mars 2011, mais les opinions négatives sur les produits de la préfecture persistent. Nul ne sait quand les clients d’Asie, et du monde entier, feront à nouveau confiance à 100 %, aux produits de Fukushima. Cependant, Abe Hidenori et les autres producteurs sont prêts à retrousser leurs manches et à relever le défi pour faire ce qu’ils ont toujours fait : promouvoir avec confiance et fierté leurs produits.

Pour les exportations des produits agricoles et halieutiques de Fukushima, le retour de Taïwan est capital. Les fruits ont été particulièrement touchés, notamment les pêches. Avant la catastrophe, Taïwan en importait pas moins de 70 tonnes par an. Mais les producteurs de la préfecture gardent espoir et font confiance à la bonne réputation dont jouissent les produits agricoles et les nombreux restaurants japonais sur place. Ils attendent avec impatience la levée des restrictions en vigueur.

Attirer des consommateurs grâce à la bière

Katô Farm est un bon exemple de nouvelle approche pour raviver l’intérêt des consommateurs pour les produits locaux. Située dans la ville de Minami-Sôma, près de la centrale de Fukushima Dai-ichi même, elle servira à la production du houblon, entre autres, à partir duquel sera produite une bière locale. Katô Kôji et sa femme Emi ont récemment ouvert Yellow Beer Works, dans les environs de la capitale de la préfecture. Les clients peuvent par exemple y déguster la Zasô Ale, une bière fruitée artisanale de style américain.

Katô Emi en train de servir des clients à son bar, le Yellow Beer Works.
Katô Emi en train de servir des clients à son bar, le Yellow Beer Works.

Les producteurs de bière artisanale sont peu nombreux dans la préfecture. Les deux jeunes entrepreneurs, qui cultivent également du riz à Minami-Sôma, ont vu que cette activité avait un avenir prometteur. Pari gagné puisque depuis l’ouverture de leur bar dans le quartier d’Ôzasô, qu’ils habitent la région ou non, ils sont nombreux à se presser pour goûter à leur bière artisanale, fraîchement versée ou embouteillée. Le couple d’associés reconnaît que la totalité des ingrédients ne provient pas de Minami-Sôma, mais ils sont unanimes sur le fait que le goût, lui, est 100 % local. « La levure mélangée au houblon donne une infinité de saveurs possibles » explique Katô Emi. « Chaque lot est donc différent, garantissant une expérience nouvelle à chaque fois ».

De nombreuses bière pression présentent une couleur trouble.
De nombreuses bière pression présentent une couleur trouble.

En 2009, la vie de ce jeune couple bascule. Katô Kôji et Emi décident de délaisser la ville pour s’installer à la campagne avec leurs quatre enfants. Ils commencent alors une nouvelle vie et deviennent agriculteurs. Cependant, deux ans plus tard, ils se voient contraints d’adopter une nouvelle approche de l’agriculture, prenant en compte à la fois le vieillissement de la population agricole et les perceptions négatives des produits de Fukushima.

Malgré les nombreux défis auxquels ils sont confrontés, le couple ne se laisse pas abattre, loin de là. « Tout notre riz fait l’objet de contrôles afin que nous puissions le proposer à nos clients en toute confiance » explique Katô Kôji. « Mais malgré cela, il me faut quand même accepter que tout le monde ne veuille pas en acheter ». Pour lui, les mesures de Taïwan ne traduisent en rien une critique de la qualité des produits de Fukushima. Elles sont seulement le résultat d’une politique qui joue la carte de la prudence à l’excès. « Je ne pense pas que cela changera avant dix ou vingt ans. En attendant, nous poursuivrons nos efforts pour regagner la confiance de nos clients. Lorsque les touristes étrangers reviendront à Fukushima, je serai là et je les attendrai avec une bonne bière pression ».

Un vent nouveau

Si les consommateurs japonais n’hésitent plus autant qu’avant à acheter des produits provenant de Fukushima, certaines opinions persistent. Avant la catastrophe, le prix du bœuf de haute qualité de Fukushima rivalisait presque avec celui des célèbres variétés de wagyû, plus connues et provenant d’autres régions. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Cet écart jadis insignifiant est passé à 200 yens par kilogramme, montrant à quel point la préfecture de Fukushima continue de se battre. Le riz et d’autres produits de base, contenant des ingrédients cultivés dans la préfecture ne sont pas épargnés.

Le producteur de fruits Abe Hidenori et le couple de brasseurs Katô sont de bons exemples qui redonnent du baume au cœur aux habitants de la préfecture et redorent l’image de la préfecture de Fukushima. Regagner la pleine confiance des consommateurs ne se fera pas du jour au lendemain, notamment à Taïwan, où les interdictions à l’exportation doivent encore être levées. Il est nécessaire pour les acheteurs, dans et hors de l’Archipel, à regarder par-delà le nom de la préfecture de Fukushima et à récompenser le dévouement et le travail acharnés des producteurs pour regagner la confiance de tous ces dix dernières années.

(Photo de titre : des pommes de la variété Kôtoku fraichement cueillies. Toutes les photos : © Senba Osamu)

 

Fukushima: Au fil de l’eau;

Au fil de l’eau. Que faire de l’eau contaminée de la centrale de Fukushima ?

Catherine Pottier s’entretient avec Jean-Christophe Gariel, directeur général adjoint à l’IRSN, l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, en charge du pôle santé et environnement.

 
12 mai 2021. Fukushima, Japon. Des manifestants protestent contre la proposition de la compagnie d\'électricité de Tokyo (TEPCO) qui a annoncé qu\'elle allait rejeter dans l\'océan Pacifique plus d\'1 million de tonnes d\'eau contaminée.
12 mai 2021. Fukushima, Japon. Des manifestants protestent contre la proposition de la compagnie d’électricité de Tokyo (TEPCO) qui a annoncé qu’elle allait rejeter dans l’océan Pacifique plus d’1 million de tonnes d’eau contaminée. (DAVID MAREUIL / ANADOLU AGENCY VIA AFP)
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Il y a tout juste un mois, la compagnie d’électricité de Tokyo (TEPCO) a annoncé qu’elle allait rejeter dans l’océan Pacifique plus d’1 million de tonnes d’eau contaminée.

L’opération devrait débuter en 2023 et se poursuivre pendant toute la durée du démantèlement du site, autrement dit entre 30 et 40 ans. Colère des voisins chinois et coréens, mais aussi des communautés de pêcheurs et des organisations écologistes. Le Japon affirme que l’eau contaminée sera traitée avant d’être rejetée à la mer, sauf qu’elle contiendra encore certaines molécules radioactives, notamment le tritium (l’un des isotopes de l’hydrogène) qui ne peut pas être retiré.

Le tritium est un isotope radioactif de l’hydrogène qui a une faible radiotoxicité. L’impératif est d’être très vigilant sur la quantité de tritium rejeté à la mer.

Jean-Christophe Gariel, directeur général adjoint à l’IRSN

 

Tritium mais aussi strontium 90, cobalt 60, carbone 14…  

Jean Christophe Gariel reconnaît que tous ces radionucléides sont présents dans l’eau de Fukushima Daiichi. 70% de l’eau présente sur le site présentent des niveaux supérieurs aux valeurs réglementaires. Cette eau va donc devoir être à nouveau filtrée jusqu’à ce que ces taux de nucléides reviennent à des niveaux réglementaires.

 

Une pratique courante dans l’industrie nucléaire  

Tous les réacteurs nucléaires en opération dans le monde conduisent à des rejets de radioactivité dans l’eau et dans l’atmosphère. Ces rejets sont encadrés et surveillés et la France n’échappe pas à la règle. Les rejets provenant du démantèlement de Fukushima, ceux issus des eaux traitées de la centrale, (autrement dit des eaux contenant du tritium), seront à des niveaux inférieurs ou égaux à ceux qui prévalaient lorsque les réacteurs de Fukushima Daiichi étaient en fonctionnement normal avant l’accident de 2011.  

L’organisation écologiste Greenpeace avait proposé d’augmenter la capacité de stockage durable sur le site nippon mais la solution n’a pas été retenue par les autorités japonaises. Au total, cinq options ont été examinées pour se débarrasser de ces eaux contaminées : 
Le rejet en mer, le rejet dans l’atmosphère, l’injection dans le sous-sol, le rejet de l’hydrogène dans l’atmosphère après une opération d’électrolyse (séparation de l’oxygène et de l’hydrogène), et enfin la solidification suivi d’un entreposage sous-terrain.

La possibilité d’agrandir le stockage a aussi été étudiée par les autorités japonaises mais elles ont estimé que la capacité sur le site existant était insuffisante et que l’exploitation d’un autre site poserait d’énormes problèmes de transport pour l’acheminement quotidien des 140 tonnes d’eau contaminée.        

 

Image prise par un drone le 27 avril 2021 montrant le stockage provisoire de nombreux sacs de conteneurs flexibles, contenant du sol contaminé de Fukushima. Ils sont placés dans la ville d\'Okuma, préfecture de Fukushima. 
Image prise par un drone le 27 avril 2021 montrant le stockage provisoire de nombreux sacs de conteneurs flexibles, contenant du sol contaminé de Fukushima. Ils sont placés dans la ville d’Okuma, préfecture de Fukushima.  (KOJI ITO / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN VIA AFP)

 

 

Fukushima: Le gouvernement japonais poursuivi…

 
Le gouvernement japonais poursuivi par des pêcheurs sud-coréens pour le rejet prévu d’eau contaminée à Fukushima
 

 

Le dossier du tribunal demande 10 millions de wons (8850 $) par jour au gouvernement japonais et à Tokyo Electric Power Company Holdings (TEPCO) en raison de l’impact environnemental du plan de déversement de l’eau. Les pêcheurs craignent de gagner 50% de moins en commissions sur les ventes en consignation après le rejet du liquide contaminé.

«Insister pour rejeter l’eau dans la mer, alors qu’il existe d’autres moyens sûrs de la manipuler, est un acte illégal contre les pêcheurs et les habitants non seulement du Japon mais aussi des pays voisins». l’un des plaignants a déclaré jeudi devant le tribunal du district de Jeju.

On ne sait pas jusqu’où l’affaire ira dans le système judiciaire, car les associations de pêcheurs acceptent qu’un juge puisse statuer sur le gouvernement japonais et que ses actions sont protégées par «Immunité souveraine». Cependant, les groupes espèrent que le tribunal accordera une exception sur la situation, car ils estiment qu’il s’agit d’un crime grave, après l’avoir comparé à un «Crime contre l’humanité».

Le procès intervient quelques semaines après la participation de navires de pêche sud-coréens à un rassemblement, avec 800 personnes naviguant au large d’Incheon pour manifester contre le déversement de plus d’un million de tonnes d’eau contaminée. Les bateaux affichent des slogans indiquant « Retirer la décision du Japon » et «Condamner l’attaque nucléaire irresponsable» pour exprimer leur inquiétude et leur opposition aux actions du Japon.

Le gouvernement japonais et TEPCO sont actuellement sur le point de commencer à libérer l’eau contaminée en 2023 malgré les objections des pays voisins, notamment la Corée du Sud et la Chine.

S’exprimant le 7 mai, le ministère chinois des Affaires étrangères a condamné les responsables japonais pour avoir agi comme «Autruches» et choisir de « enterrer [their] la tête dans le sable » au lieu d’admettre que libérer l’eau pourrait «Mettre en danger l’environnement marin mondial.»

Le Japon a défendu à plusieurs reprises sa décision de rejeter l’eau radioactive prétendument traitée dans l’océan, affirmant qu’elle « inévitable » et se conforme aux conseils d’experts d’un «Rejet dans l’environnement contrôlé.»

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Fukushima: Le Japon commencera…

Le Japon commencera à libérer de l’eau radioactive de Fukushima dans 2 ans

 
 
dimanche, mai 9, 2021

Le Japon a déclaré mardi qu’il avait décidé de rejeter progressivement dans l’océan des tonnes d’eaux usées traitées de la centrale nucléaire en ruine de Fukushima Daiichi, la décrivant comme la meilleure option d’élimination malgré l’opposition farouche des équipages de pêche nationaux et les inquiétudes des gouvernements à l’étranger.

Le plan de commencer à libérer de l’eau dans deux ans a été approuvé lors d’une réunion du cabinet mardi matin.

L’élimination des eaux usées a pris beaucoup de temps retardé par l’opposition publique et les problèmes de sécurité. Mais l’espace utilisé pour stocker l’eau devrait s’épuiser l’année prochaine, et le Premier ministre Yoshihide Suga a déclaré lors de la réunion du cabinet de mardi que l’évacuation des eaux usées de l’usine est “un problème qui ne peut être évité”.

Le gouvernement “prendra toutes les mesures nécessaires pour garantir absolument la sécurité de l’eau traitée et lutter contre la désinformation”, a-t-il déclaré, notant que le gouvernement se réunira à nouveau dans une semaine pour décider des détails de la mise en œuvre du plan.

Certains militants ont refusé les assurances du gouvernement. Greenpeace Japon a dénoncé la décision, dire dans une déclaration qui “ignore les droits de l’homme et le droit maritime international”. Kazue Suzuki, un militant pour le climat et l’énergie pour l’organisation, a déclaré que le gouvernement japonais avait «écarté les risques de radiation».

“Plutôt que d’utiliser la meilleure technologie disponible pour minimiser les risques de radiation en stockant et en traitant l’eau sur le long terme”, ajoute le communiqué, “ils ont opté pour l’option la moins chère, le rejet d’eau dans l’océan Pacifique”.

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La crise de Fukushima il a été déclenché en mars 2011 par un tremblement de terre et un tsunami massifs qui ont dévasté le nord-est du Japon et tué plus de 19 000 personnes. La fusion ultérieure de trois des six réacteurs de la centrale a été la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl. Des dizaines de milliers de personnes ont fui les environs de l’usine ou ont été évacuées, dans de nombreux cas ne reviens jamais.

 

Dix ans après, le nettoyage est loin d’être terminé dans l’installation pour personnes handicapées, qui est exploitée par la Tokyo Electric Power Company. Pour éviter que les trois cœurs de réacteur endommagés ne fusionnent, de l’eau de refroidissement y est pompée en continu. L’eau est ensuite envoyée à travers un système de filtration puissant capable d’éliminer toutes les matières radioactives à l’exception du tritium, un isotope de l’hydrogène que les experts considèrent comme non nocif pour la santé humaine à petites doses.

Il y a actuellement environ 1,25 million de tonnes d’eaux usées stockées dans plus de 1 000 réservoirs sur le site de l’usine. L’eau continue de s’accumuler à un rythme d’environ 170 tonnes par jour, et il est prévu que le rejet de toute l’eau prendra des décennies.

En 2019, le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie a proposé de se débarrasser des eaux usées en les rejetant progressivement dans l’océan ou en les évaporant. L’Agence internationale de l’énergie atomique il a dit l’année dernière que les deux options étaient “techniquement réalisables”. Les centrales nucléaires du monde entier rejettent régulièrement dans la mer des eaux usées traitées contenant du tritium.

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Mais le plan du gouvernement japonais se heurte à une forte opposition de la part des responsables locaux et des équipes de pêche, qui disent qu’il augmenterait les craintes des consommateurs quant à la sécurité des fruits de mer de Fukushima. Les niveaux de capture dans la région représentent déjà une petite fraction de ce qu’ils étaient avant la catastrophe.

Après avoir rencontré M. Suga la semaine dernière, Hiroshi Kishi, chef de la Fédération nationale des pêches, a déclaré aux journalistes que son groupe était toujours opposé à la libération des océans. Pays voisins aussi, dont la Chine et la Corée du Sud exprimé sa préoccupation.

En réponse à la décision du Japon, le Département d’État américain a déclaré dans un communiqué: “Dans cette situation unique et difficile, le Japon a pesé les options et les effets, a fait preuve de transparence quant à sa décision et semble avoir adopté une approche approfondie. normes de sûreté nucléaire mondialement acceptées. “

 

« N’apprenez pas des autruches »:

 
«  N’apprenez pas des autruches  »: Pékin dit à Tokyo de ne pas s’enfoncer la tête dans le sable au-dessus de la rangée d’eaux usées de Fukushima
 

S’exprimant vendredi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Wang Wenbin a réitéré la position de la Chine selon laquelle le rejet des eaux usées nucléaires dans la mer concerne tous les pays et pas seulement le Japon.

Wang a déclaré que la communauté internationale a généralement exprimé de fortes inquiétudes quant à l’impact possible des actions du Japon, mais que le gouvernement du pays n’a pas encore fait de commentaire et ignore ses responsabilités internationales.

Nous conseillons au Japon de ne pas apprendre des autruches, pensant que tout ira bien si vous vous enfoncez la tête dans le sable.

«Nous exhortons une fois de plus le gouvernement japonais à faire face aux graves préoccupations de la communauté internationale et à mettre un terme aux erreurs qui mettent en danger l’environnement marin mondial et la santé publique internationale,» il a déclaré.

La Chine s’est montrée très opposée au projet du Japon de rejeter les eaux usées nucléaires dans l’océan, craignant que l’eau ne soit toujours contaminée malgré des années de traitement. Pékin a fait pression pour une action internationale, notant que «ce ne sont certainement pas les tâches ménagères du Japon. Si les eaux usées nucléaires ne sont pas polluées, pourquoi le Japon ne les garde-t-il pas pour lui-même? »

Le Japon prévoit de rejeter dans la mer des eaux usées prétendument traitées dans environ deux ans, mais la sécurité de l’eau est remise en question depuis le premier jour. L’année dernière, Greenpeace a rapporté que les eaux usées de l’usine étaient plus dangereuses que ce que le gouvernement japonais avait suggéré. L’organisation affirme que l’eau prétendument traitée contient encore «Niveaux dangereux de carbone 14», une substance radioactive qui a le «Potentiel d’endommager l’ADN humain.» L’eau est également connue pour contenir du tritium radioactif, qui est censé être inoffensif.

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Fukushima: la prédiction

L’ingénieur qui avait prédit Fukushima voit venir d’autres désastres

Les mesures de sécurités de Tepco sont, selon lui, nettement insuffisantes.

 
Des policiers en combinaison de protection, non loin du réacteur de Fukushima, le 14 avril 2011. | STR/AFP
Des policiers en combinaison de protection, non loin du réacteur de Fukushima, le 14 avril 2011. | STR/AFP

«Un désastre créé par l’homme.» C’est ainsi que le rapport d’enquête mandaté par le Parlement japonais avait décrit, un an après le drame, la catastrophe de Fukushima Daiichi.

Dix ans après l’incident nucléaire le plus important depuis Tchernobyl, un ancien ingénieur nucléaire estime que le pays n’est pas à l’abri d’une nouvelle catastrophe.

En 2005, Toshio Kimura, un ingénieur pour la Tokyo Electric Power Company (Tepco), qui gère une partie du parc nucléaire nippon avait, après avoir quitté l’entreprise, prévenu que «si Fukushima était frappé par un tsunami, les pompes supposées utiliser l’eau de mer comme refroidissement seraient perdues», raconte le journaliste Jake Adelstein dans le Daily Beast. C’est très précisément ce qui causera la fusion de trois des quatre réacteurs de la centrale, six ans plus tard.

Bombes à retardement

Toshio Kimura a récemment publié un livre intitulé Comment l’énergie nucléaire va tuer la nation, dans lequel il estime que les leçons de Fukushima n’ont pas été retenues et que Tepco a continué de mentir et de couvrir ses défauts de sécurité, transformant nombre de centrales japonaises en bombes à retardement.

En 2012, le rapport parlementaire avait attribué la catastrophe de Fukushima Daiichi non seulement au tsunami qui avait ravagé la côte, mais aussi à «une multitude d’erreurs et de négligences volontaires qui ont laissé la centrale de Fukushima non préparée à l’accident».

En avril 2021, l’Autorité de régulation nucléaire japonaise (NRA) a interdit à Tepco de rouvrir la centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Située à 250 kilomètres de Tokyo, cette unité est la plus puissante du monde et sujette à de larges failles de sécurité.

Les inspecteurs ont identifié une quinzaine d’entrées non autorisées et des «équipements anti-terroristes défectueux». La NRA a donc donné une notation «rouge» à la centrale, le pire des quatre niveaux de sécurité. C’est la première fois qu’une centrale japonaise reçoit cette note.

La situation est telle qu’en mars, Junichiro Koizumi et Naoto Kan, deux ex-Premiers ministres de partis rivaux, ont tenu une conférence de presse commune afin de réclamer l’arrêt total du recours à l’énergie nucléaire.


Source: 

 

« Aizu » : à Fukushima…

Aizu

Photo d'en-tête : Matthias Evangelista

« Aizu » : à Fukushima, la renaissance de la communauté des snowboarders

On a beaucoup entendu le témoignage des surfeurs suite à la catastrophe de Fukushima. Mais peu de gens savent que la région où s’est déroulée la terrible catastrophe nucléaire compte aussi un paradis de la poudreuse : Aizu. Dix ans après le quatrième plus grand tremblement de terre de l’histoire et le tsunami qui firent d’une des plus belles régions du japon une zone martyre, à l’heure où le Japon vient d’annoncer qu’il allait rejeter dans l’océan Pacifique l’eau contaminée de Fukushima, les riders prennent la parole dans ce très beau film de 15 minutes. A sa manière, le réalisateur Mattias Evangelista raconte l’histoire de la catastrophe à travers les yeux des snowboarders locaux, Futa et Hiroki, et montre comment le snowboard, le surf et le skateboard sont au cœur d’une communauté incroyablement résiliente.

Aizu, c’est « la dernière frontière du ski au Japon », un spot encore préservé, situé à 90 minutes seulement de la gare de Tokyo. Un « Awesome Powder Paradise » réputé pour son fort enneigement et surtout pour sa neige ultra légère. Il y a encore dix ans, ce petit paradis, niché à l’intérieur de la mer du Japon, cachait une dizaine de stations de ski disséminées autour du Mont Bandai, où les meilleurs riders de la région se retrouvaient. Parmi eux, Futa et Hiroki, deux amis d’enfances. C’est leur quotidien que suit la caméra de Mattias Evangelista dans « Aizu », un petit film de 15 minutes.

Entre rides en forêt, entraînements au dojo, et initiation à la glisse de la jeune génération, Futa et Hiroki se souviennent du 11 mars 2011, jour fatal où la centrale nucléaire de Tohoku est submergée par le tsunami généré par un violent séisme sous-marin. Le bilan est de 22 500 morts et disparus. Mais l’espoir n’est pas mort, et la communauté des snowboarders, très imprégnée de culture samouraïs, semble plus forte que jamais. L’espoir, la résilience et l’esprit communautaire peuvent surmonter une catastrophe, racontent les riders.

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