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"Rien n'est plus proche du Vrai ... que le Faux"

Aluminium de Fukushima

Les torches et médailles des JO de Tokyo seront fabriquées à partir d’aluminium de Fukushima

Cérémonie d’ouverture des jeux olympiques de la jeunesse à Buenos Aires, le 6 octobre 2018. (AFP)

Le Japon a décidé de rendre un hommage à la catastrophe de Fukushima pour les Jeux olympiques d’été 2020 qu’il organise.

Par  L’Obs Publié le 02 janvier 2019 à 16h56

  • « Il est temps de passer à l’action », l’appel pour le climat de la gouverneure de Tokyo 
  • 10 choses à savoir sur la nouvelle ministre des Sports, Roxana Maracineanu 

Un beau symbole pour un événement tout aussi symbolique. L’agence de presse Kyodo News vient en effet de révéler, citant un média local, que les quelque 10.000 torches olympiques, qui seront utilisées pour porter la flamme d’Olympie à Tokyo en vue des Jeux olympiques d’été de 2020, seraient confectionnées à partir de pièces d’aluminium recyclées provenant des logements temporaires de la préfecture de Fukushima.

Les 5.000 médailles qui seront attribuées aux athlètes devraient elles aussi comporter du métal recyclé à partir d’appareils électroniques de la région de Fukushima.

Un soutien symbolique aux personnes qui ont perdu leur logement lors de la terrible catastrophe de 2011. Bien entendu, l’organisation des JO travaillera en collaboration avec la préfecture afin de déterminer quels métaux dont la région n’a plus l’utilité pourront être recyclés.

Mais il ne s’agira pas du seul hommage à la tragédie du tremblement de terre et du tsunami. En avril 2018, le comité olympique avait annoncéque le parcours de la flamme aurait pour thème « L’espoir éclaire notre chemin » (« Hope lights our way »). La flamme olympique traversera en effet trois régions touchées par le tremblement de terre de 2011 : Fukushima, Iwate et Miyagi. Elle terminera son parcours dans le New National Stadium de Tokyo le 24 juillet 2020 pour la cérémonie d’ouverture.

Tokyo-2020 est cependant confronté à des défis majeurs, en premier lieu les fortes chaleurs qui tuent chaque été au Japon plusieurs centaines de personnes.

Les organisateurs ont reconnu la semaine dernière que les mesures pour contrer le climat extrême, comme l’installation de brumisateurs mobiles ou le recouvrement des routes avec un revêtement spécial absorbant la chaleur du soleil, allaient peser sur les comptes.

Malgré tout, ont-ils assuré, la prochaine version du budget, qui doit être dévoilée plus tard dans le mois, ne dépassera pas l’enveloppe fixée précédemment à 1.350 milliards de yens (10,3 milliards d’euros).

Explosion des dépenses

Des inquiétudes étaient apparues récemment après un avertissement du Comité d’audit japonais, soulignant que les dépenses du gouvernement central dépassaient largement le montant prévu initialement. Les organisateurs avaient répondu en affirmant que de nombreux coûts mentionnés dans le rapport n’étaient en réalité pas directement liés aux Jeux.

Le chef de la commission de coordination du CIO, John Coates, a appelé à distinguer « les coûts opérationnels des Jeux et les investissements dans les infrastructures qui seront un héritage » de l’événement.

L’organisation des Jeux eux-mêmes « ne puisera pas dans les fonds publics », a-t-il insisté, sur fond de désaffection populaire de nombreuses villes à l’égard des JO.

Fukushima: peine de prison requise

Accident de Fukushima: peine de prison requise pour trois ex-dirigeants de Tepco

Par AFP le 26.12.2018 à 13h32

Le réacteur de la centrale nucléaire de Fukushima ravagée par un tsunami en 2011 JIJI PRESS/AFP/ARCHIVES – TEPCO VIA JIJI PRESS

Une peine de cinq ans de prison a été requise contre trois anciens dirigeants de la compagnie japonaise exploitant la centrale nucléaire de Fukushima, dévastée en 2011 par un tsunami, ont indiqué mercredi les médias.

Celui qui présidait le conseil d’administration du groupe Tokyo Electric Power (Tepco) au moment du drame, Tsunehisa Katsumata (77 ans), ainsi que deux ex-vice-PDG, Sakae Muto (66 ans) et Ichiro Takekuro (71 ans), sont jugés pour « négligence ayant entraîné la mort ». Ces prévenus, les seuls à être jugés dans le cadre de cette catastrophe, ont plaidé non coupable. SPONSORISE

Il s’agit du pire accident nucléaire après celui de la centrale soviétique Tchernobyl (Ukraine) en 1986, un drame qualifié par une commission d’enquête japonaise de « désastre créé par l’homme ».PUBLICITÉ

Principal grief adressé aux trois hommes: de n’avoir pas suffisamment pris en compte le risque de tsunami qui a fait suite au séisme de magnitude 9. Les procureurs ont reproché notamment aux accusés d’avoir eu en leur possession des données indiquant que la centrale nucléaire risquait d’être frappée par un tsunami, avec des vagues dépassant les 15 mètres et assez puissantes pour entraîner une panne de courant et une série d’accidents graves.

« Ils auraient dû suspendre l’activité de la centrale nucléaire » jusqu’à la mise en place de mesures anti-tsunami, y compris la construction d’une digue, ont indiqué les procureurs au tribunal de Tokyo, selon Jiji Press.

M. Katsumata a déclaré durant le procès qu’il n’aurait pas pu prévoir la déferlante qui a ravagé la côte nord-est du Japon et submergé les réacteurs en mars 2011.

La catastrophe a forcé des dizaines de milliers d’habitants à abandonner leur maison proche de la centrale. Un grand nombre d’entre eux sont encore installés dans d’autres régions du pays, ne pouvant pas ou préférant ne pas rentrer chez eux par peur des radiations.

Les poursuites engagées contre ces ex-dirigeants s’appuient essentiellement sur le décès de 44 patients de l’hôpital de Futaba, à quelques kilomètres du site, lors de leur évacuation d’urgence de la zone.

Les procureurs ont refusé à deux reprises d’engager des poursuites, arguant que les éléments du dossier étaient insuffisants. Mais un réexamen de l’affaire en 2015 a tranché pour un procès au pénal.

Les macaques de Fukushima

1 décembre 2018

Les macaques de Fukushima

Deux études scientifiques conduites « sur le terrain » au Japon, pourraient-elles (indirectement) plaider contre le retour forcé en zone contaminée ?

Le Mainichi les présente brièvement mais assez précisément.

Deux macaques japonais dans la ville de Fukushima, préfecture de Fukushima (photo : Fumiharu Konno, de l'équipe de recherche de Shinichi Hayama)

Deux macaques japonais dans la ville de Fukushima, préfecture de Fukushima (photo : Fumiharu Konno, de l’équipe de recherche de Shinichi Hayama)

Les macaques de Fukushima

1) 18 macaques sauvages ont été capturés qui vivaient à moins de 40 km de la centrale Daiichi, dans une zone située dans le Nord-Est de la Préfecture de Fukushima et incluant les villes de Minamisoma et Namie.
Une équipe dirigée par Manabu FUKUMOTO (professeur émérite du département de Pathologie de l’Université du Tohoku) a constaté des anomalies dans leur formule sanguine, en particulier dans les cellules de la moelle osseuse qui produisent les plaquettes, par comparaison avec d’autres singes vivant dans d’autres zones. [NDR : c’est donc une étude « cas-témoins »].
Les chercheurs ont en outre constaté une forte diminution de certains composés sanguins chez les individus « exposés quotidiennement à une irradiation interne » [les faibles doses]. Leur hypothèse, c’est que les singes ont dû ingérer « des substances contaminées au radiocésium provenant de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, par exemple l’écorce d’arbres ».
L’équipe du prof. Fukumoto a produit une estimation de la dose de rayonnement en Césium présente dans les muscles des primates ; Fukumoto exprime auprès du journal :
 » Il faut mener des recherches à long terme pour voir si ces anomalies auront un effet sur la santé des singes ».

2) Au même moment, l’équipe de l’expert en zoologie de la faune Shinichi HAYAMA, Professeur à l’Université des Sciences de la Vie et des Sciences vétérinaires du Japon, a étudié les fœtus de singes en gestation.
Chaque année, de 2008 à 2016, le gouvernement municipal de Fukushima capturait des singes afin de contrôler l’évolution de la population…L’équipe de Hayama a examiné 62 fœtus capturés au moment de la crise 3.11. Leurs conclusions : par comparaison avec ceux d’avant le 11 mars 2011, ces fœtus présentent une tête plus petite et un développement de l’ensemble de leur corps, retardé. En notant que le régime alimentaire des mères n’a pas changé (avant/après 3.11) les chercheurs concluent que « l’exposition des mères singes au rayonnement a pu avoir eu un effet sur leur fœtus ».
Hayama note cependant que « les singes de Fukushima ont sans doute été exposés à de fortes doses de radioactivité à un niveau sans équivalent rapporté aux humains, étant donné que les singes ont consommé des aliments contaminés et vivent près du sol, où les doses de radioactivité étaient élevées »…

3) Les macaques au Japon ne sont pas étudiés, à l’inverse d’autres animaux ou plantes, dans l’enquête en cours du Ministère de l’Environnement, pour l’observation des effets de la radioactivité suite à la catastrophe nucléaire ; or, 5 associations universitaires viennent de demander qu’ils soient inclus dans cette enquête, au nombre desquelles la Primate Society of Japan, (PSJ) dont le président, Masayuki Nakamichi, affirme auprès du Mainichi :

« Il est absolument crucial, et pour le reste du monde aussi, de mener des recherches sur les effets à long terme de l’exposition à la radioactivité des macaques japonais ».

D’après THE MAINICHI, 25/11/2018 – Effects of suspected radiation exposure seen in Fukushima wild monkeys: researchers

Fukushima: Le ministère du Travail…/

Le ministère du Travail reconnaît que le cancer de la thyroïde d’un employé d’une entreprise liée à Tepco est dû au travail après la fusion de la centrale nucléaire de Fukushima

Les fonctionnaires ont travaillé le mois dernier dans la salle de contrôle principale des réacteurs n ° 3 et 4 de la centrale nucléaire de Fukushima n ° 1, exploités par Tepco. | KYODO

JIJI

  • DEC 13, 2018

Le ministère du Travail a déclaré mercredi que le cancer de la thyroïde d’un travailleur de sexe masculin, exposé aux radiations après la triple fusion de l’usine n ° 1 de Fukushima, avait été reconnu comme une maladie liée au travail.

À la suite de la décision d’un groupe d’experts du ministère du Travail, le bureau d’inspection des normes du travail d’Hitachi, dans la préfecture d’Ibaraki, est parvenu à sa conclusion lundi.

L’homme d’une cinquantaine d’années est devenu la sixième personne à se voir octroyer une indemnité d’indemnisation pour accidents du travail suite au cancer provoqué par la catastrophe nucléaire de mars 2011 survenue dans la centrale gérée par Tokyo Electric Power Holdings Inc. Il est la deuxième être indemnisé pour cancer de la thyroïde.

Selon le ministère, l’homme, employé d’une société liée à Tepco, participait à des travaux d’urgence post-accidentels à l’usine de Fukushima, qui comprenaient une opération de récupération d’énergie. Depuis novembre 1993, il travaillait dans plusieurs centrales nucléaires depuis environ onze ans.

Sur sa dose de rayonnement cumulée d’environ 108 millisieverts, il a reçu 100 millisieverts après la fusion.

L’homme a demandé le paiement de l’assurance en août 2017, deux mois après le diagnostic de cancer.

Un total de 16 travailleurs ont demandé de tels paiements en raison d’un cancer qui, selon eux, a été causé par l’accident nucléaire. Cinq demandes ont été rejetées, tandis que cinq autres sont en instance.

…/ de retour de Fukushima

« 20 mSv »: Bruno Meyssat de retour de Fukushima

Comment interroger les catastrophes par les voies du théâtre ? Par une double approche, celle des informations et celle des sensations, nous disent Bruno Meyssat et ses acteurs. La preuve par « 20 mSv » à propos de l’accident de Fukushima et au-delà.
Scène de "20mSv" © Bruno MeyssatScène de « 20mSv » © Bruno Meyssat

Depuis longtemps, le théâtre de Bruno Meyssat interroge les catastrophes. Ce fut le cas naguère de son spectacle Les Disparus, sous-titré « Visions posthumes ou prémonitoires de quelques passagers du Titanic ». Plus récemment, ce fut le cas de la crise des subprimes avec 15 % (2014) ou de la crise grecque avec Kairos (2016). Son nouveau spectacle 20 mSv a pour sujet la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon et, au passage, évoque celle de Tchernobyl dont l’accident japonais est comme la réplique.Le titre parle à tous ceux qui s’intéressent de près aux questions nucléaires, professionnels ou militants ; il intrigue les autres (j’en suis) à dessein. 20 mSv ? C’est-à-dire 20 millisieverts, apprend-on dans le spectacle et en lisant la feuille distribuée en entrant dans la salle, soit la « limite au-dessous de laquelle l’ordre d’évacuation est levé dans la préfecture de Fukushima dans le cadre de la politique de retour actuelle. Au Japon comme en France, la réglementation avait fixé les limites annuelles de radiations à 1 millisievert (mSv) pour la population et à 20 mSv pour les travailleurs nucléaires. Le 14 avril 2011, le gouvernement japonais a élevé cette norme-limite à 20 mSv pour toute la population. »

Tout le déroulement du spectacle consiste à travailler sur deux fronts.

D’un côté, à travers des écrits dits devant un micro sur pied ou lus à la table et/ou projetés sur le mur du fond, on nous abreuve de discours, rapports et analyses. Par exemple, on nous rapporte ce que dit Masao Yoshida, le directeur de la centrale Tepco de Fukushima devant la commission d’enquête qui l’interroge, lui comme beaucoup d’autres, et c’est assez sidérant. Conclusion de l’enquête, à rebours de la thèse propagée selon laquelle elle serait une conséquence du tsunami : « l’accident est le résultat d’une collusion entre le gouvernement, les agences de régulation et l’opérateur Tepco, et d’un manque de gouvernance de ces mêmes instances. » Comme les liens entre le nucléaire français et son homologue japonais sont nombreux et que la France est le pays le plus nucléarisé du monde, cela ne va pas sans poser de questions.

De l’autre côté, les six acteurs présents sur le plateau, dirigés par Bruno Meyssat et qui ont potassé le sujet avec lui, nous livrent les « sensations » qui ont été les leurs et ont donné naissance à des scènes dont le but est de nous faire partager les dites « sensations » en regard des informations scientifiques et des enquêtes post-catastrophe accompagnées de citations allant d’Arthur Rimbaud à Günther Anders. Cela commence par une première scène très parlante entre un homme que l’on devine irradié et sa compagne qui ne l’est pas. Cette dernière se couvre la tête et le corps d’une bâche plastique transparente et, à travers cette enveloppe qui les prive de tout contact physique direct de peau à peau, on voit le couple s’embrasser longuement. Puis cette enveloppe transparente, contaminée par le contact avec l’irradié, après avoir été ôtée, sera jetée dans une poubelle. Ce rituel impératif, habillage-déshabillage-poubelle, qui va des gants aux chaussettes sera répété plusieurs fois jusqu’à en devenir obsédant. Nombreuses sont les scènes qui jouent sur la frontière entre zone contaminée et zone qui ne l’est pas. Ce danger impalpable mais énorme conduira à des scènes fantasmées, cauchemardesques ; une autre façon de capter l’attention des spectateurs.

On peut voir dans cet imaginaire qui nous parvient par des voies parfois opaques et distanciées comme un pendant théâtral aux témoignages recueillis par Svetlana Alexievitch dans La Supplication (éditions J’ai lu) auprès des rares liquidateurs appelés à Tchernobyl qui ont survécu et auprès des nombreuses veuves ayant accompagné l’agonie de leur mari.

« Nous interrogeons le sujet avec le spectateur par l’offrande des émotions ressenties en documentant le travail », dit Bruno Meyssat. Et il ajoute : « il faut tenter un spectacle de vigilance, en évitant les pièges de la fable ou de l’incarnation. » C’est fait.

A la MC93, Bobigny, jusqu’au 8 décembre.

Fukushima: plus de cancers…

Publié le 03 décembre 2018 à 00h00 | Mis à jour le 03 décembre 2018 à 07h27

Fukushima: plus de cancers chez les enfants

Mathieu Perreault

Une étude japonaise a montré cette semaine que les taux de cancer de la thyroïde chez les enfants de Fukushima sont de 40 à 50 fois plus élevés que prévu. Mais il s’agit d’un type de cancer de la thyroïde qui n’est pas lié aux radiations. Cela pourrait signifier que 95% des cancers de la thyroïde sont bénins et asymptomatiques.

Après l’accident nucléaire de Fukushima, les autorités japonaises ont lancé un vaste programme de suivi du cancer de la thyroïde chez 300 000 enfants. «Depuis les études sur les survivants des bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, on sait que le risque de cancer de la thyroïde est limité aux gens de moins de 20 ans», explique en entrevue Louise Davies, de l’Université Dartmouth, au New Hampshire, qui a publié un commentaire accompagnant la nouvelle étude japonaise dans la revue JAMA Otolaryngology.

«Ça s’est confirmé avec l’accident de Tchernobyl en 1986, mais les données étaient difficiles à analyser parce qu’elles avaient été récoltées de différentes manières en Biélorussie, en Ukraine et en Russie. Alors les autorités japonaises ont décidé de voir quelle était la prévalence naturelle du cancer de la thyroïde avec un programme universel de dépistage lancé immédiatement après l’accident à la centrale de Fukushima, avant que les radiations puissent causer le cancer de la thyroïde.» Les deux relevés ont eu lieu en 2013 et en 2015.

«Inflation artificielle» lors des dépistages universels

Le taux observé de cancer de la thyroïde était de 29 cas par année par 100 000 adolescents de 15 à 18 ans, ce qui est 50 fois plus élevé que le nombre normal de diagnostics, et de 48 cas par année par 100 000 patients de 18 à 20 ans, 38 fois plus que le nombre normal de diagnostics.

Mais attention : il ne s’agit pas de cancers dus aux radiations de Fukushima. À Tchernobyl, l’augmentation du cancer de la thyroïde chez les enfants est survenue de trois à cinq ans après l’accident de 1986, mais il s’agissait d’une population ayant des carences en iode, selon la Dre Davies. Au Japon, qui ne connaît pas de carences en iode, l’impact des radiations devrait être observable plus tard.

Autre indice, les cas de cancer de la thyroïde observés au Japon étaient pour la plupart liés à une mutation génétique qui n’est pas causée par les radiations, dit l’oncologue du New Hampshire. «Ça confirme qu’on a une inflation artificielle des taux de cancer de la thyroïde quand on lance un dépistage universel après une catastrophe naturelle. C’est arrivé avec le dépistage chez les premiers répondants qui sont intervenus au World Trade Center après les attentats du 11 septembre 2001.»

Éviter les traitements inutiles

Les 187 enfants et adolescents qui ont eu un diagnostic de cancer de la thyroïde dans le cadre du dépistage universel post-Fukushima ont tous été traités.

«On doit les traiter selon l’hypothèse que ce sont tous des cancers qui vont devenir malins, avec des symptômes, explique la Dre Davies. Nos collègues japonais ont fait attention de les protéger des traitements inutiles. Par exemple, ils ont limité le nombre de nodules ayant fait l’objet d’une biopsie, et ils ont fait une ablation partielle plutôt que complète de la thyroïde quand c’était nécessaire. Avec une ablation complète, il faut prendre de l’hormone de remplacement le reste de sa vie.»

L’accident de Fukushima

Le 11 mars 2011, un séisme et un tsunami ont frappé le nord du Japon. La centrale nucléaire de Fukushima a été endommagée et les fuites radioactives ont causé l’évacuation de 160 000 personnes vivant dans un rayon de 30 km autour de la centrale côtière. Plus des deux tiers d’entre elles sont depuis rentrées chez elles, les zones d’évacuation étant passées de 1150 km2 en 2013 à 370 km2 maintenant.

Un curieux phénomène

Les données préliminaires de Fukushima semblent montrer que la plupart des cas de cancer de la thyroïde qui seraient détectés avec un dépistage universel seraient bénins – s’ils étaient traités, le risque de mourir du cancer de la thyroïde ne diminuerait pas. Mais dans les données japonaises publiées cette semaine dans JAMA Otolaryngology, un curieux phénomène a attiré l’attention de Louise Davies : beaucoup de cas de cancer de la thyroïde avaient généré des métastases dans les glandes lymphatiques.

«Quand on voit ces métastases, on considère généralement qu’il faut traiter le cancer de la thyroïde, dit la Dre Davies. Mais il nous faut maintenant envisager que même ces métastases dans les glandes lymphatiques peuvent rester bénignes pendant des décennies. Comme les Japonais vont suivre cette cohorte pendant encore longtemps, on va apprendre des choses intéressantes.»

Fukushima: Le Japon doit se débarrasser d’urgence…

Fukushima: Le Japon doit se débarrasser d’urgence de l’eau contaminée, dit l’AIEA

PAR
Les autorités japonaises doivent d’urgence s’attaquer au problème de l’accumulation d’eau contaminée sur le site de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, a déclaré mardi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)

TOKYO (Reuters) – Les autorités japonaises doivent d’urgence s’attaquer au problème de l’accumulation d’eau contaminée sur le site de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, a déclaré mardi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

L’AIEA a lancé cet appel à la suite d’une visite du site par ses experts, et dans la foulée de l’aveu fait début octobre par Tepco que l’eau à Fukushima contient toujours des éléments radioactifs, alors que jusqu’à ces derniers temps, la compagnie propriétaire de la centrale assurait que la radioactivité avait été éliminée.

Une décision « doit être prise d’urgence, engageant toutes les parties prenantes, pour garantir les activités de démantèlement » de la centrale, a dit l’AIEA mardi, au terme d’une semaine d’inspection par ses experts.

Dans un communiqué, l’AIEA estime qu’il est « critique » de se débarrasser de l’eau stockée à Fukushima, en vue d’assainir les trois réacteurs accidentés en mars 2011 lors du violent séisme et du tsunami consécutif.

Le million de tonnes d’eau stockée sur le site de la centrale – l’équivalent de 500 piscines olympiques – contient toujours des niveaux non négligeables d’éléments radioactifs, a reconnu Tepco le 1er octobre.

Le barrage de la peur

Fukushima est à nos portes!
Publié lundi 15 octobre 2018 à 08:54

Menacée, Genève repart au combat contre la vétuste centrale nucléaire française du Bugey, située à 70 km de la ville. 
 A 90 km de la centrale, un barrage pourrait provoquer une catastrophe semblable à celle de Fukushima, selon des experts. 
En cas d’accident majeur, une partie de la Suisse romande se trouverait sous le nuage radioactif.

2 mars 2016. L’info fait l’effet d’une bombe.

Unis dans leur combat contre le nucléaire imposé par la Constitution cantonale*, la ville et l’Etat de Genève déposent plainte pénale contre X pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux concernant la centrale nucléaire du Bugey, située à 70 km du bout du lac. Lors d’une conférence de presse restée mémorable, Esther Alder, alors maire de la ville, soutenue par le conseiller d’Etat Antonio Hodgers et le conseiller administratif Rémy Pagani, exige la fermeture du site, construit sans étude d’impact préalable. Mandatée par les autorités genevoises, Me Corinne Lepage, avocate spécialiste en droit de l’environnement et ancienne ministre française de l’Environnement, affirme que la dalle sur laquelle repose l’unité présente des problèmes d’étanchéité, qu’une enceinte de confinement d’un des réacteurs comporte une fissure et que des fuites de tritium sont régulièrement constatées. Sans mauvais jeu de mots, le dossier semble béton.

Juin 2017. Nouveau coup de théâtre.

L’effet d’annonce dissipé, le Ministère public décide finalement de ne pas engager de poursuites. Pour lui, les faits ne sont pas suffisamment caractérisés. «Son enquête a été bâclée», estime aujourd’hui le service juridique de la ville.
Dix-huit mois plus tard. Convaincu que la centrale présente toujours plus de risques pour la sécurité et la santé de ses habitants, Genève s’apprête à repartir au combat. «Une nouvelle plainte avec, cette fois, constitution de partie civile, va être déposée prochainement à Paris entre les mains du doyen des juges d’instruction. Contrairement à la première, elle se fondera sur le rapport d’un célèbre expert reconnu dans le domaine du nucléaire dont le nom sera dévoilé en temps utile. Celui-ci établit de manière très claire les lacunes et les défaillances de la sûreté et les risques d’accidents qui y sont associés. Plusieurs juges d’instruction devraient ainsi être désignés pour instruire les faits. «La ville et le canton auront accès au dossier et la possibilité de formuler des demandes d’auditions et des expertises», détaille un juriste du service qui préfère que son nom ne soit pas cité. «Nous espérons ainsi que la poursuite des investigations permettra de faire enfin toute la lumière sur les conditions de fonctionnement de la centrale, qui souffre d’une dégradation croissante et d’un entretien défectueux de ses équipements», poursuit notre interlocuteur.

KEYSTONE
Six cents millions de mètres cubes de retenue, un lac de 35 km de long, mis en service en 1968, le barrage de Vouglans (Jura) est le troisième ouvrage du genre le plus important de France.

Le barrage de la peur

Ce n’est pas tout. Une récente enquête menée par une équipe d’Envoyé spécial, la célèbre émission de France Télévisions, diffusée il y a quelques semaines, a ajouté un nouvel élément, et pas des moindres, à ce dossier ultrasensible. Selon les investigations de nos confrères, un second ouvrage, situé à 90 km de la centrale, serait lui aussi en piteux état et pourrait déclencher un scénario qualifié d’apocalyptique: le barrage de Vouglans, dans le Jura français. Mis en service il y a cinquante ans, le troisième édifice du genre dans le pays, avec ses 600 millions de mètres cubes d’eau retenus, présente en effet d’angoissants indices de vieillissement. Les enquêteurs de France 2 ont relevé pas moins de 200 failles sur l’ensemble de l’ouvrage. Interrogé sous le couvert de l’anonymat, un ancien responsable de la sécurité hydraulique d’EDF (Electricité de France), qui exploite le barrage et la centrale, assure pour sa part qu’il existe une infiltration d’eau sous le barrage qui pourrait un jour provoquer le soulèvement de la paroi.

Plus inquiétant encore selon lui, les jonctions latérales béton-rocher, là où les murs prennent appui, ne cessent de se dégrader. «Balivernes», rétorque l’inspecteur de sûreté d’EDF, questionné par les journalistes. Pour lui, le barrage le plus surveillé de France est en parfait état et ne présente aucun signe justifiant un pareil alarmisme.

Rapport secret

Une affirmation assénée avec un aplomb d’autant plus hardi que les dépositaires de l’émission ont mis la main sur un rapport secret d’EDF révélant que la partie avant du barrage se décolle de la fondation et que l’extension d’anciennes fissures provoque des fuites dans la zone centrale, lesquelles fragilisent l’ensemble.

Un autre document confidentiel fait état d’un glissement de terrain autour du site en février 1970 et de deux autres événements similaires en décembre 1981. Pour l’ex-responsable de la sécurité, cette instabilité associée à de fortes précipitations peut provoquer rien de moins que la rupture subite de ce barrage-voûte. C’est ce qui s’est produit dans les environs de Fréjus, en 1959, au barrage de Malpasset. Déferlant dans la vallée, la vague de 40 m de haut fit 423 victimes au cœur d’une nuit d’hiver.

Comme à Fukushima

Avec douze fois le volume de la construction du Var, on a peine à imaginer les conséquences d’une rupture du barrage implanté dans l’Ain en termes de pertes humaines et de dégâts matériels. Mais l’enquête de nos confrères français va plus loin. Elle démontre que la vague submergeant la vallée balaierait encore cinq barrages au fil de l’eau, ce qui la gonflerait de 70 millions de mètres cubes supplémentaires. Six heures après la rupture, l’eau atteindrait ainsi la zone du Bugey.

MANU FORNEY
 

Contrainte par la loi depuis l’accident de Fukushima, en mars 2011, d’imaginer le pire pour ses sites, soit une crue historique de l’Ain et du Rhône ajoutée à la rupture du barrage, EDF affirme pourtant dans son expertise que l’eau s’arrêterait au pied de la centrale. Perspicaces, les enquêteurs de France 2 ont toutefois découvert que ladite expertise a été calculée sur la base d’une hauteur d’eau de 424 m au barrage, alors que la loi oblige à calculer avec un barrage plein (429 m): 5 m de différence, sur un lac long de 35 km, qui ampute le résultat de 85 millions de mètres cubes d’eau. Leader de l’association de riverains Stop Bugey, l’ingénieure Elisabeth Brénière pense que non seulement la centrale serait bel et bien submergée, mais que les débris charriés par le Rhône, dans lequel l’eau de refroidissement des réacteurs est pompée, bloqueraient entièrement le système. «Comme à Fukushima, s’ensuivrait alors la fusion nucléaire. Avec les conséquences que l’on sait…»

* Les autorités doivent tout mettre en œuvre pour s’opposer à toutes velléités nucléaires dans et proches des frontières cantonales.

Où ira l’eau contaminée de Fukushima ?

Économie de la mer. Où ira l’eau contaminée de Fukushima ?

Tokyo Electric Power stocke de l'eau contaminée par la centrale de Fukushima.
Tokyo Electric Power stocke de l’eau contaminée par la centrale de Fukushima. | REUTERS
La société Tokyo Electric Power (Tepco), propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, a reconnu publiquement, hier, que l’eau stockée sur le site contenait toujours certains éléments radioactifs. Ce qu’elle niait jusque-là.

À moins de deux ans des JO de Tokyo, cette nouvelle embarrasse le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie chargé de se débarrasser de cette eau qui s’accumule depuis l’arrêt de la centrale après le tremblement de terre et le tsunami de 2011 : près de 900 000 m3, soit 500 piscines olympiques.

Opposition des pêcheurs

Selon l’exploitant, 84 % de ces volumes auraient une concentration en éléments radioactifs supérieure aux seuils limites et, pour 65 000 m3, la radioactivité dépasserait 100 fois les niveaux définis comme tolérables par l’État japonais.

« Nous allons filtrer une fois de plus l’eau des réservoirs, afin de ramener sous les seuils limites les éléments en question, avant de la déverser dans l’océan, si une décision est prise dans ce sens », a déclaré le porte-parole de Tepco. Une solution à laquelle s’opposent les pêcheurs et les habitants du littoral, qui craignent que cela ne dissuade les consommateurs d’acheter des produits de leur région.

L’eau s’accumule notamment parce que Tepco a besoin d’en injecter dans les trois réacteurs de la centrale pour conserver le combustible d’uranium fondu à une température qui ne pose pas de danger. De plus, des nappes souterraines provenant des collines voisines pénètrent dans le sous-sol du réacteur où elles se mêlent à des débris hautement radioactifs.

Fukushima:l’eau stockée est radioactive

Fukushima: Tepco reconnaît que l’eau stockée est radioactive

FUKUSHIMA: TEPCO RECONNAÎT QUE L'EAU STOCKÉE EST RADIOACTIVE

La société Tepco, propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima, a reconnu que l’eau stockée sur le site contenait toujours certains éléments radioactifs qu’elle disait depuis des années disparus. /Photo d’archives/REUTERS/Tomohiro Ohsumi POOL

TOKYO (Reuters) – La société Tokyo Electric Power (Tepco), propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima gravement endommagée par le séisme et le tsunami de mars 2011, a reconnu que l’eau stockée sur le site contenait toujours certains éléments radioactifs qu’elle disait depuis des années disparus.

Tepco a reconnu le 1er octobre, devant une commission gouvernementale japonaise, la présence d’éléments radioactifs à des niveaux potentiellement nuisibles pour la santé, et a présenté des excuses.

Un porte-parole de Tepco a confirmé jeudi ces déclarations et les excuses de Tepco, faites devant la commission placée sous l’autorité du ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (Miti), qui est chargé de planifier les moyens de se débarrasser de l’eau stockée – près de 900.000 tonnes, soit la contenance de 500 piscines olympiques.

Parmi les moyens envisagés, il est question de déverser cette eau dans le Pacifique, ce à quoi s’opposent les pêcheurs nippons et les habitants du littoral, craignant que cela ne dissuade les consommateurs d’acheter des produits de leur région.

Tokyo a obtenu d’organiser les Jeux olympiques d’été 2020, et dans sa dernière intervention devant le Comité international olympique, voici plus de cinq ans, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, avait déclaré que la situation était « sous contrôle » à Fukushima.

Sur le site internet de la commission gouvernementale en question, on lit que sur les 890.000 tonnes d’eau stockées sur le site de la centrale accidentée, 750.000 tonnes, soit 84%, ont une concentration d’éléments radioactifs supérieure aux seuils-limites.

MUR DE GLACE INEFFICACE

Pour ce qui concerne 65.000 tonnes d’eau, le niveau d’éléments radioactifs est plus de 100 fois supérieur au seuil jugé tolérable par l’Etat japonais.

L’un des isotopes, le strontium 90, jugé dangereux pour la santé humaine, atteint dans certains réservoirs une concentration de 600.000 becquerels par litre, soit 20.000 fois le seuil-limite.

Depuis des années, Tepco affirmait que le processus de purification de l’eau stockée avait permis d’éliminer le strontium tout comme 61 autres éléments radioactifs, tout en laissant le tritium, un élément moyennement radioactif qu’il est difficile de séparer de l’eau.

« Nous allons filtrer une fois de plus l’eau des réservoirs, afin de ramener sous les seuils-limites les éléments en question, avant de déverser cette eau dans l’océan, si une décision est prise dans ce sens », a déclaré le porte-parole de Tepco.

L’eau s’est accumulée notamment parce que Tepco a besoin d’en injecter dans les trois réacteurs de la centrale pour conserver le combustible d’uranium fondu à une température qui ne pose pas de danger.

Les eaux souterraines provenant des collines des environs pénètrent dans le sous-sol du réacteur, où elles se mêlent à des débris hautement radioactifs.

Le coûteux « mur de glace » ne parvient pas à empêcher ces eaux souterraines de ruisseler jusqu’au sous-sol de la centrale, comme l’ont montré cette année les données de Tepco et une analyse de Reuters.

(Aaron Sheldrick et Osamu Tsukimori; Eric Faye pour le service français)

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