"Rien n'est plus proche du Vrai ... que le Faux"

Auteur/autrice : serge angeles Page 27 of 34

Le Japon peine…

Le Japon peine à mener sa transition énergétique

Par Rédacteur  le 03.03.2019 à 11h00

Huit ans après la catastrophe de Fukushima, les énergies renouvelables ont du mal à se développer dans l’archipel, faute de volonté politique. Cet article est extrait du magazine n°865 (mars 2019).

La centrale solaire de Setouchi Kirei a été mise en service fin 2018.
La centrale solaire de Setouchi Kirei a été mise en service fin 2018.
THE ASAHI SHIMBUN/GETTY IMAGES

Le Japon, durement frappé par la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, ne parvient toujours pas à redéfinir sa politique énergétique. Seuls neuf réacteurs nucléaires ont été redémarrés sur les 50 mis à l’arrêt en raison de la lenteur des examens de sûreté et d’une opinion publique très hostile à leur remise en fonction. Et ces neuf réacteurs fournissent à peine… 2 % de la production totale d’électricité.

Premier ministre Shinzo Abe veut faire du nucléaire un axe de sa politique énergétique

Or, pour atteindre ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre comme promis lors de la COP21 à Paris en 2015 (-26 % en 2030 par rapport à 2013), Tokyo table sur une part du nucléaire de 20 à 22 % dans son mix énergétique (contre 22-24 % pour les énergies renouvelables). Concrètement, cela impose de relancer une trentaine de réacteurs et le Premier ministre Shinzo Abe n’a jamais caché sa volonté de faire du nucléaire un axe de sa politique énergétique, arguant qu’il permet de réduire la dépendance japonaise vis-à-vis du Moyen Orient. Ce qui l’oppose à sa population, 75 % des Japonais s’étant déclarés en 2018 pour la sortie immédiate ou progressive du nucléaire. Les entreprises, de leur côté, ne sont pas en reste. En juillet 2018, plus de 100 organisations privées et publiques ont lancé la Japan Climate Initiative (JCI) pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C. Ses actions : des conférences et du lobbying auprès du gouvernement.

S’il ne parvient pas à imposer sa politique, le gouvernement risque de faire davantage appel aux énergies fossiles plutôt qu’à une part plus importante d’énergies renouvelables. Car le développement de ces dernières, qui n’assurent aujourd’hui que 14 % de l’électricité du pays, est freiné par de multiples obstacles. En particulier la forte opposition des lobbys de la pêche à l’éolien offshore et des opérateurs d’électricité qui refusent de laisser utiliser leurs infrastructures aux nouveaux acteurs du renouvelable.

L’éolien offshore comme alternative la plus crédible

Quelles sont les alternatives ? Avec des montagnes couvrant près des deux tiers du territoire, et des plaines très peuplées, le Japon manque de place pour le solaire. Une solution : déployer les panneaux photovoltaïques sur les toits. Selon le ministère de l’Environnement, la puissance cumulée pourrait atteindre 185 gigawatts (GW) (l’équivalent de 185 réacteurs nucléaires). Côté géothermie, avec 23 GW, le Japon, dispose de la troisième capacité géothermique théorique du monde. Mais la construction de centrales entre en concurrence avec l’exploitation des sources thermales.

Le point de vue de Yasuko Kameyama, chercheuse à l’institut National des Études environnementales à Tsukuba. 

« L’énergie renouvelable qui a le plus de potentiel au Japon est l’éolien. Notamment l’éolien offshore, qui est la clé pour augmenter la part du renouvelable dans le mix énergétique. Mais son développement ne pourra se faire sans une mobilisation des politiques afin de répondre à l’opposition des pêcheurs locaux. L’autre levier sur lequel il est indispensable de jouer est le prix du carbone, qui doit augmenter au Japon pour rendre le renouvelable compétitif face aux énergies fossiles. Il faudrait aussi développer un système de stockage d’électricité pour lisser la production. Tout cela est techniquement possible, il manque juste la volonté politique. Par ailleurs, pour le nucléaire, le chiffre fixé par le gouvernement (20-22 % du bouquet énergétique d’ici à 2030) ne tient pas compte du déclin démographique du pays. En réalité, il n’est probablement pas nécessaire de relancer autant de centrales pour répondre à la demande. La dépendance énergétique du Japon est un problème qui devrait être résolu par le développement des renouvelables. »

Yuta Yagishit

Fukushima: nucléaire civil

2 mars 2019

Fukushima et le nucléaire civil au Japon 

Voici des informations sur le Japon nucléaire transmises par Kolin Kobayashi, président de l’association Echo Echanges et correspondant du « Days Japan » à Paris. Selon lui, la préparation des JO de Tokyo est en train de faire oublier Fukushima alors que la centrale de Daiichi est toujours en état d’urgence. Vous pourrez le rencontrer dans toute la France lors de débats organisés autour du film de Futoshi Sato « Fukushima, le couvercle du soleil » (voir les dates et lieux dans l’agenda).

Carte des 54 réacteurs du Japon en activité en mars 2011. Les réacteurs entourés en rouge sont ceux qui sont en activité actuellement (d'après une carte de l'OCDE de 2010, actualisée par le blog de Fukushima)

Carte des 54 réacteurs du Japon en activité en mars 2011. Les réacteurs entourés en rouge sont ceux qui sont en activité actuellement (d’après une carte de l’OCDE de 2010, actualisée par le blog de Fukushima)

Le nucléaire civil au Japon, Fukushima

Chiffres 

Nombre total de centrales : 19 centrales

Nombre total de réacteurs : 54 réacteurs actifs avant Fukushima.

Nombre de fermetures décidées : 21 réacteurs

Nombre de  réacteurs redémarrés : 9 au 1er déc 2018 (Ikata, Sendaï, Takahama, Ooi, Genkaï)

Nombre de réacteurs passés au contrôle de la nouvelle norme : 9

Nombre de réacteurs en construction : 3 (Oma, Totsu, Shimané)

L’Arrêt total de toutes les centrales :

Zéro réacteur pendant presque deux ans entre mai 2012 et août 2015. Pendant cette période, le Japon a utilisé des centrales de charbon et de fuel, mais l’augmentation de consommation de charbon n’a pas dépassé 10 %. Le gaz naturel +9 %

La part du l’électronucléaire avant Fukushima : 30 %

L’augmentation de production solaire : 45 milliards KWh qui dépasserait celle de l’électronucléaire (17 milliards).

Les préoccupations avant la 8ème année (le 11 mars 2019) de la catastrophe de Fukushima

L’accident continue et on est toujours sous l’état d’urgence. On ne réussit pas encore à confiner la radioactivité.

Retour des habitants

Depuis le printemps de 2017, les zones de préparation de l’ouverture sont ouvertes et le gouvernement et le département de Fukushima préconisent de faire retourner les habitants dans leurs zones contaminées. M. Shunichi Tanaka, ancien président de la commission de régulation nucléaire, originaire de Fukushima, s’installe à Iitaté pour montrer qu’il n’y a pas de risque radioactif. La commune de Iitaté (40-50 km Nord-Ouest de Fukushima-Daiichi) est un lieu stratégique à la fois pour les pronucléaires qui voudraient effacer ce mauvais souvenir de Mars 2011 et les antinucléaires qui voudraient démontrer qu’il peut y avoir une contamination importante même si on est éloigné de 40 km. Les villageois n’ont pas été informés que leur village a été massivement contaminé. Un mois plus tard, tous les résidents ont été évacués.

Les lobbys japonais et français travaillent de conserve pour accréditer le mythe de la sécurité face à la radioactivité, dans la continuité du projet Ethos en Belarus, pour faire revenir les habitants.

La propagande des lobbys japonais et français prévoit d’organiser un voyage d’études au Japon avec les lycéens internationaux, y compris les lycéens français, à  Fukushima et aussi au site de Fukushima-Daiichi, pour persuader que la radioactivité n’est pas très grave. Une propagande organisée par les scientifiques japonais et français liés à la sphère Ethos du lobby international.

Rejet de l’eau contaminée dans l’océan Pacifique :

La quantité des eaux contaminées dépasse aujourd’hui 1 120 000 tonnes avec plus de 1000 réservoirs. La limite de la marge du stockage dans le site de Fukushima sera atteinte dans deux ans.

On constate que ces eaux contiennent non seulement plus de 1000 billions de Bq en total de tritium mais aussi du césium 137 et 134 et du strontium. TEPCO et les autorités japonaises préconisent d’en rejeter dans l’Océan Pacifique. Ils ont organisé trois auditions publiques au cours desquelles les habitants et surtout les pêcheurs se sont montrés farouchement opposés à cette solution. La commission citoyenne du nucléaire (organisation associative des scientifiques indépendants) préconise d’en stocker dans les grands réservoirs pour 100 ans. Pour le moment la décision est suspendue. 

Réutilisation des terres contaminées : 

Le recyclage des déchets de moins de 8000 Bq/kg est autorisé.

Après les travaux de décontamination, les déchets contaminés sont stockés dans les sacs plastiques  et il y a aujourd’hui 16 millions 50 000 sacs : 1100 dépôts temporaires, 137 000 dépôts sur les lieux. Dans les communes d’Okuma et Futaba, on construit les deux sites de stockage intermédiaire qui doivent recevoir finalement 22 millions de sacs jusqu’en 2020. Pour éviter que le nombre de stockage augmente, les autorités japonaises autorisent de recycler/réutiliser les terres contaminées de moins de 8000 Bq/kg.

Le PDG de Veolia a déclaré qu’il a l’intention de faire un commerce de déchets en exportant vers le Japon ceux de France de moins de 8000 Bq/kg.

Suppression des indicateurs publics de dosimétrie :

Le département de Fukushima voudrait supprimer les indicateurs de dosimétrie publics. Il y a des auditions publiques et là aussi, les habitants s’opposent à cette décision.

JO de Tokyo :

La situation créée par la préparation des JO de Tokyo est terrifiante. Elle est en train de faire oublier Fukushima. La banalisation de la radioactivité et la propagande éthosienne. Il faudrait informer le public et le comité des JO français de la réalité de la contamination.

Les conséquences sanitaires :

A Minami-Soma, dans le département de Fukushima, d’après les statistiques* locales de l’hôpital municipal, le nombre des cas de cancers de la thyroïde est 29 fois supérieur au niveau d’avant l’accident, les cas de leucémie 10,8 fois, de cancers du poumon 4,2 fois, de cancers d’enfants 4 fois, de pneumonie 3,98 fois.

*Cela ne représente pas la situation globale du département de Fukushima, mais c’est significatif.

Kolin Kobayashi

The Sea Cleaners…

Le « continent de plastique » n’existe pas, selon plusieurs scientifiques

Le navigateur Yvan Bourgnon a présenté un projet de voilier pour nettoyer les océans des tonnes de déchets plastiques qu’ils contiennent. Or, le « continent de plastique » n’existe pas sous la forme que l’imaginaire collectif se le représente.

Tout le monde est persuadé d’avoir vu les images de ces gigantesques étendues de plastiques, des déchets compacts en dérive au milieu des océans: les fameux « continents de plastique ». Pourtant, selon plusieurs spécialistes interrogés par l’émission Tout un monde de la RTS, ils n’existent pas, ou en tout cas pas comme nous nous les représentons.

« Il existe des zones de convergence où les plastiques, pour des raisons de circulation des grands courants marins, vont se concentrer. Mais les quantités de plastiques dans ces zones sont très minimes. Ce sont quelques milliers de tonnes. Ce n’est rien par rapport à la production mondiale de plastique (voir encadré)« , explique François Galgani, scientifique à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), à Bastia, et responsable d’un groupe d’experts sur les déchets marins pour l’Union européenne. « En aucun cas, il y a des continents de plastique, ni des quantités suffisantes pour justifier un ramassage ».

Quantité et qualité des déchets suffisantes?

Le voilier géant Manta du projet « Sea Cleaners », présenté en avril par le navigateur neuchâtelois Yvan Bourgnon, est ambitieux, mais les scientifiques partagent un doute sur le fait d’aller rechercher les déchets en mer. « Le principe de nettoyer est uniquement valable quand il y a une valeur à ce qu’on récupère. Si vous allez rechercher des filets au fond de la mer, on pourra les recycler. Si on récupère des déchets sur les plages, cela a une valeur patrimoniale », estime François Galgani.

Le principe de nettoyer est uniquement valable quand il y a une valeur à ce qu’on récupère François Galgani, scientifique à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer

Il relève un autre problème: « Les quantités sont-elles suffisamment importantes pour pouvoir alimenter les entreprises de recyclage? Et la qualité des déchets permet-elle le recyclage? Car, en principe, ils sont dégradés et cela peut poser des problèmes sur le plan chimique ». Sans compter le risque de capter aussi des animaux marins, comme des tortues de mer ou des poissons lunes en surface.

99% des déchets volatilisés

Pascal Hagmann, initiateur de l’ONG OceanEye, qui surveille la pollution des océans, voit « un concept très à la mode » dans le nettoyage des océans. Selon lui, cela a un sens sur le littoral ou à proximité des foyers de pollution, mais pas en pleine mer. « C’est une utopie! », dit-il. « Les concentrations de déchets y sont largement inférieures à ce que l’on imaginait. Ce sont quelques dizaines ou centaines de kilos par kilomètre carré. C’est à peu près 1% de ce qu’on s’attendait à trouver. » En clair, concevoir des bateaux à 30 millions de francs pour tenter de repêcher l’insaisissable semble démesuré.

Les concentrations de déchets y sont largement inférieures à ce que l’on imaginait. (…) C’est à peu près 1% de ce qu’on s’attendait à trouverPascal Hagmann, initiateur de l’ONG OceanEye

Pour Pascal Hagmann, la plus grande inquiétude est donc de ne pas savoir ce qu’il advient des 99% de déchets qu’on ne retrouve pas. « On ne sait pas s’ils sont fragmentés en toutes petites particules (…) s’ils sont ingérés par le plancton ou par d’autres organismes, ou s’ils sédimentent au fond des mers. On ne connaît pas tout le processus de transport de ces déchets plastiques et donc on n’est pas capable de quantifier les impacts de cette pollution. »

300 millions de tonnes de plastique par an

Le constat des scientifiques qui brise le « mythe » du « continent de plastique » n’enlève rien à l’urgence de la situation, sachant que le monde produit plus de 300 millions de tonnes de plastique chaque année et la tendance est à un doublement tous les 10 ans. Si cela continue ainsi, en 2050, on en sera à un milliard de tonnes. Et, sur cette quantité, 8 à 10 millions de tonnes sont répandues, tous les ans, dans les mers.

Fukushima: 3,4 millions d’euros

Fukushima: 3,4 millions d’euros de dédommagement pour les évacués après la catastrophe nucléaire

TSUNAMI  La décision a été rendue publique par la justice nipponne ce mercredi

20 Minutes avec AFP

Le site de la centrale nucléaire Fukishima en mars 2011.
Le site de la centrale nucléaire Fukishima en mars 2011. — Ho/Tepco/AFP

Près de huit ans après les faits, elles pourront être dédommagées. Elles, ce sont les populations qui habitaient dans le nord-est du Japon et qui ont dû fuir leur maison après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima en mars 2011. La justice nippone a ordonné mercredi le paiement de 3,4 millions d’euros de dommages-intérêts pour l’ensemble des habitants concernés.

Le tribunal de district de Yokohama (banlieue de Tokyo) a condamné le gouvernement et la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) à verser 419,6 millions de yens à 152 résidents évacués, a déclaré une porte-parole du tribunal.

Un accident évitable

C’est la cinquième fois qu’une décision judiciaire impute en partie au gouvernement la responsabilité de cette catastrophe atomique, la plus grave depuis celle de Tchernobyl en Ukraine en 1986. Selon les détails donnés par la chaîne publique NHK, le juge Ken Nakadaira a estimé que l’accident aurait pu être évité si le gouvernement et Tepco« avaient pris des mesures » face à la menace de tsunami.

C’est un raz-de-marée de 14 mètres de haut qui a provoqué le désastre en déferlant sur la centrale. Parmi les nombreux recours en justice déposés par des milliers de personnes évacuées, plusieurs autres décisions antérieures ont également abouti à établir la responsabilité conjointe du gouvernement et de Tepco, ou de Tepco seule.

Fukushima : le gouvernement japonais et Tepco condamnés à indemniser…

20 févr. 07:52 – La rédaction de LCI

Fukushima : le gouvernement japonais et Tepco condamnés à indemniser les habitants forcés d’évacuer la zone en 2011

Fukushima : le gouvernement japonais et Tepco condamnés à indemniser les habitants forcés d'évacuer la zone en 2011

Une décision de justice qui pointe une fois encore, la responsabilité du Gouvernement et de Tepco dans la catastrophe. La justice nippone a ordonné ce mercredi 20 février, le paiement de 3,4 millions d’euros de dommages-intérêts à des habitants forcés de fuir leur maison du nord-est du Japon après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima en mars 2011.

Le tribunal de district de Yokohama dans la banlieue de Tokyo a condamné le gouvernement et la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) à verser 419,6 millions de yens (soit plus de trois millions d’euros) à 152 résidents évacués, a déclaré une porte-parole du tribunal à l’AFP. C’est la cinquième fois que la justice japonaise impute en partie au gouvernement la responsabilité de cette catastrophe atomique, la plus grave depuis celle de Tchernobyl (Ukraine) en 1986. 

L’accident aurait pu être évité si le gouvernement et Tepco « avaient pris des mesures » face à la menace de tsunami Le juge Ken Nakadaira du tribunal de Yokohama 

Selon les détails donnés par la chaîne publique NHK, le juge Ken Nakadaira a estimé que l’accident aurait pu être évité si le gouvernement et Tepco « avaient pris des mesures » face à la menace de tsunami. C’est un raz-de-marée de 14 mètres de haut qui a provoqué le désastre en déferlant sur la centrale. Parmi les nombreux recours en justice déposés par des milliers de personnes évacuées, plusieurs autres décisions antérieures ont également abouti à établir la responsabilité conjointe du gouvernement et de Tepco, ou de Tepco seule.

Par ailleurs, dans une procédure distincte, une peine de cinq ans de prison a été requise en décembre contre trois anciens dirigeants de Tepco. Ils sont jugés pour « négligence ayant entraîné la mort ». Ces prévenus, les seuls à être jugés en personne dans le cadre de cette catastrophe, ont plaidé non coupable. Ils attendent désormais le verdict qui ne sera pas prononcé avant plusieurs mois. 

La destruction totale ou partielle des six réacteurs de la centrale Fukushima Daiichi, à 210 km de Tokyo, a forcé des dizaines de milliers d’habitants à abandonner leur maison. Un grand nombre d’entre eux sont encore installés dans d’autres régions du pays, ne pouvant pas ou préférant ne pas rentrer chez eux par peur des radiations.

Fukushima: Toshiba au contact…

Ce robot développé par Toshiba est allé au contact du combustible radioactif de Fukushima

Par Sarah Sermondadaz le 13.02.2019 à 17h53

Au Japon, Tepco a pu téléguider un robot tactile qui a manipulé le combustible radioactif de la centrale de Fukushima. Une étape importante pour démanteler la centrale.

Robot Toshiba pour Fukushima

Ce robot est allé au contact du combustible radioactif de la centrale de Fukushima.YOUTUBE/TOSHIBA

Ce n’est pas la première fois qu’un engin est envoyé à la recherche du combustible radioactif dans l’un des 3 réacteurs ravagés de la centrale nucléaire de Fukushima, siège d’une catastrophe nucléaire le 11 mars 2011. En 2017, un robot muni d’une caméra avait, par exemple, permis d’identifier une partie du cœur fondu du réacteur n°3. Mais le 13 février 2019 marque une étape inédite.

Un robot spécialement développé pour l’occasion par Toshiba, l’IRID (International research institute for nuclear decommisioning) et l’électricien japonais Tepco (opérateur de la centrale accidentée) est allé au contact du combustible du réacteur n°2. L’opération qui a débuté à 7h du matin heure locale, s’est déroulée « comme prévu », a annoncé Tepco sur Twitter. « Aucune fluctuation significative de la radio-activité n’a été détectée pendant l’opération, qui n’a eu aucun impact sur les niveaux extérieurs à l’enceinte de confinement »

Un robot muni d’une pince, d’une caméra et d’un dosimètre

Crédits : Toshiba

La particularité de ce robot ? Il n’est pas seulement muni d’une caméra, mais surtout d’une pince articulée, qui lui sert à saisir les dépôts de combustibles à analyser. De quoi lui permettre d’évaluer ensuite leur température et leur niveau de radioactivité, grâce au dosimètre et au thermomètre embarqués. Il s’agit en réalité d’une évolution d’un robot déjà utilisé en 2017 pour explorer le réacteur n°2. 

PINCE. « En utilisant le fruit de nos précédentes investigations, nous avons ajouté un mécanisme de pince pour toucher les dépôts radioactifs et évaluer leur état », a indiqué Toshiba, cité par le site World Nuclear News. La nouvelle version du robot mesure ainsi environ 30 cm de long, pour 10 cm de diamètre. Un câble de quatre mètres permet d’assurer la transmission des images, et le contrôle à distance. De quoi lui permettre d’aller au contact : selon la fiche d’information de Toshiba, le dispositif peut résister à des doses de rayonnement allant jusqu’à 1000 Gy (Gray), qui entraîneraient la mort quasi-instantanée pour l’homme.

Vidéo de démonstration (hors de la centrale) du robot

L’espoir de démanteler les réacteurs avec des robots tactiles

« Jusqu’à présent, nous avions simplement visualisé à la caméra les dépôts de combustible. Il nous fallait savoir s’ils pouvaient être saisis et retirés sans se briser en plus petits morceaux », a expliqué Jun Suzuki, qui intervient sur le projet pour Toshiba, à Japan Today. « lI était important de toucher le combustible afin de voir si nous pouvions envisager dans le futur d’en retirer des échantillons. »

Au total, plus d’une vingtaine de robots téléguidés ont déjà été utilisés à des fins d’exploration pour parcourir les différents circuits des trois réacteurs de Fukushima-Daiichi, là où les niveaux de radioactivité empêchent toute inspection humaine. Une autre dizaine de robots sont également exploités pour le démantèlement de la centrale à proprement parler. Mais le circuit primaire, directement au contact du combustible nucléaire, demeure évidemment l’élément le plus difficile à décontaminer. 

Fukushima: Un robot touche…

Fukushima: Un robot touche pour la première fois du combustible fondu

NUCLEAIRE  Des opérations avaient déjà été réalisées sur le site de la catastrophe nucléaire japonaise, mais aucun contact physique n’avait été établi avec le combustible contaminé

L.Br. avec AFP

Publié le 13/02/19 à 11h17 — Mis à jour le 13/02/19 à 11h23

En 2018, Tepco organise une visite des journalistes de la centrale nucléaire détruite sept ans plus tôt.
En 2018, Tepco organise une visite des journalistes de la centrale nucléaire détruite sept ans plus tôt. — TORU HANAI / POOL / AFP

L’opération est inédite. La compagnie d’électricité japonaise Tepco a envoyé ce mercredi un robot dans un des réacteurs de la centrale ravagée de Fukushima pour y « toucher » le combustible fondu. Une première depuis la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011.

« Aucune fluctuation significative de la concentration de substances radioactives dans la poussière n’a été observée au cours de l’enquête et il n’y a pas eu d’impact sur l’extérieur », a indiqué l’entreprise Tepco (Tokyo Electric Power). En somme, tout s’est passé comme prévu selon Tepco après une opération spéciale qui a débuté vers 7 heures locales a duré environ cinq heures. Ce travail a été réalisé dans le réacteur 2, l’un des trois dans lesquels le combustible a fondu. De précédentes investigations avaient été faites dans l’enceinte de confinement dans laquelle s’est échoué le combustible, mais uniquement des observations distantes avec caméras et robots. Cela avait permis de repérer une partie de la matière fondue.

Un contrôle « tactile »

C’est le retrait de ces « débris », d’un niveau de radioactivité exceptionnelle, qui constituera la tâche la plus ardue du démantèlement de ces installations mises en péril il y a bientôt huit ans, le 11 mars 2011, par un gigantesque tsunami sur la côte nord-est du Japon. « Cette fois, c’est un contrôle tactile », a expliqué Tepco dans une présentation mise en ligne. Un robot amélioré, conçu par Toshiba, va aller toucher ce combustible.

La partie au contact des débris ressemble à un gros flotteur au bout d’un câble qui est descendu au-dessus du combustible en étant télécommandé depuis une salle de contrôle. Cet engin est équipé d’un système de mesure de radiations, d’un thermomètre, d’une caméra et d’un éclairage. « Nous ne ferons cette fois pas de prélèvement », a précisé un responsable de Tepco dans une vidéo sur le site internet de la compagnie.

« Si nous parvenons par exemple à évaluer la dureté et d’autres caractéristiques de ces débris, ce seront des informations très utiles pour préparer les opérations d’extraction », avait-il ajouté en amont. Les cœurs des réacteurs 1 à 3 ont fondu au moment de l’accident et doivent être refroidis en permanence. L’exploitant Tepco est toujours en train d’étudier les moyens nécessaires pour en extirper le combustible. Cette opération ne débutera pas au mieux avant 2021 dans une première tranche, et Tepco a en outre bien d’autres casse-tête à résoudre, dont celui des quantités massives d’eau en partie contaminée stockées dans des citernes installées sur le site.

Prochain accident nucléaire : les radionucléides

2 février 2019

Prochain accident nucléaire : les radionucléides que nous mangerons et respirerons

Prochain accident nucléaire : les radionucléides que nous mangerons et respirerons

En 2011, je m’interrogeais sur les radionucléides de Fukushima et le fait que Tepco ne communiquait que sur l’iode 131 : la réponse était qu’il fallait laisser croire qu’un accident nucléaire était un problème à court terme ; en effet, l’iode 131 ayant une demi-vie de 8 jours, on n’en verrait plus la trace au bout d’environ 80 jours. Ce qui permettait à Thierry Charles (IRSN) d’affirmer aux médias sans sourciller que les Japonais évacués allaient pouvoir revenir chez eux au bout de trois mois (Le Monde, 11 avril 2011).

On a facile à comprendre pourquoi l’industrie nucléaire civile et militaire ne communique pas sur l’ensemble des radionucléides : il faut laisser les masses dans l’ignorance… Pas de recherche des radioéléments, pas d’étude épidémiologique, pas de problème ! 

Dernièrement, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a demandé au gouvernement nippon « de se débarrasser de l’eau stockée à Fukushima » (Reuters, 13 novembre 2018), c’est-à-dire en rejetant le poison dans le Pacifique. Près d’un million de tonnes d’eau contaminée sur le site de la centrale de Fukushima 8 ans après le début de la catastrophe, ça fait tache ! Cette injonction de l’organisme international fait ainsi l’affaire du gouvernement de Shinzō Abe car, au niveau de la com’, les JO de 2020 doivent être nickel. 

Et pourtant, le problème est loin d’être réglé. L’eau contaminée, dont le traitement est très difficile – on se rappelle qu’Areva s’était fait jeter par Tepco en 2014 pour incompétence en la matière – contient une infinité de radioéléments qu’on ne sait pas ou qu’on ne veut pas éliminer (comme le tritium). Seuls une soixantaine de radionucléides ont été plus ou moins bien extraits de cette soupe mortelle qui peut encore en contenir plus d’une centaine. 

J’édite ce billet d’une part pour que personne ne reste dans l’ignorance de ce que s’apprêtent à accomplir Tepco et le gouvernement japonais, de concert avec l’AIEA, et d’autre part pour rappeler qu’un accident nucléaire grave provoque généralement un nuage radioactif composé de centaines de radionucléides. Pour la prochaine catastrophe, personne ne pourra plus ignorer non plus la longue liste de ces éléments que nous allons plus ou moins inhaler et ingérer, sous la forme de nanoparticules, selon la distance où nous serons du point de rejet. Et si la contamination est trop élevée, on change les normes : en Europe, c’est le vieux traité Euratom qui fixe à huis clos les niveaux de radioactivité autorisés dans les aliments en cas de catastrophe nucléaire. 

J’ai retrouvé une partie de cette liste de radionucléides (Cf. illustration en haut de page) dans un rapport du CEA de 1980, « Irradiation externe pendant et après le passage d’un nuage radioactif », publié quelques mois avant un accident de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux (qu’EDF avait tenu secret à l’époque). Ce rapport mentionne les 276 radionucléides qui semblent être les plus importants (sic) lors d’un rejet radioactif d’une installation nucléaire. Mais, comme le cérium 144 dont on peine à connaître l’impact sanitaire, la plupart de ces éléments ne sont pas suffisamment étudiés.

Bien évidemment, comme me l’a suggéré un lecteur, il faudrait retirer de cette liste les produits de fission de très courtes et courtes périodes (Cf. tableau ci-dessous) car, si les rejets se produisent plusieurs heures après l’accident comme à Fukushima, ils ont alors complètement disparu. Toutefois, les premiers liquidateurs de Tchernobyl, pompiers et employés de la centrale qui ont éteint les incendies des toits des réacteurs, ont été exposés à une grande partie du cocktail du tableau. A chaque accident sa spécificité. A noter enfin qu’en cas d’explosion atomique de nature militaire, l’ensemble des produits de fission sont aussi présents dans les retombées de court terme, notamment quand les explosions ont lieu à très basse altitude, voire au sol, comme lors des premiers tests de bombe H dans le Pacifique, d’où l’irradiation massive des équipages des 992 thoniers japonais qui pêchaient autour de Bikini.

Pierre Fetet

En enlevant les produits de fission de très courtes et courtes périodes, il reste encore 113 radionucléides.

En enlevant les produits de fission de très courtes et courtes périodes, il reste encore 113 radionucléides.

La CRIIRAD reçoit bientôt Naoto KAN

La CRIIRAD reçoit bientôt le 1er Ministre qui affronta Fukushima

La rencontre aura lieu à Valence le 18 février 2019. Alors que les Présidents de la France se sont montrés arrogants et hautains quant à Fukushima, Mr Naoto Kan, qui a dû gérer la catastrophe en temps réel, consacre maintenant sa vie à la sortie du nucléaire. Il a demandé à rencontrer la CRIIRAD.

Il faut revoir l’émission « Cellule de Crise » du 20 février 2017, De Paris à Fukushima : Les secrets d’une catastrophe, pour comprendre toute l’arrogance de la France nucléaire, représentée par Sarkozy, lors de la catastrophe de Fukushima. Ce documentaire montre une France nucléaire qui s’est couverte de ridicule.

L’année passée Mr Naoto Kan est venu en France, mais il n’a été reçu ni à l’Elysée, ni à Matignon, comme si les dirigeants français n’avaient rien à apprendre de la gestion d’une catastrophe nucléaire.

Maintenant d’aucuns tentent de manipuler le mouvement des « gilets jaunes » pour lancer un débat contre la prolifération des éoliennes, avec comme argument majeur l’intermittence de la production éolienne. Ce à quoi, j’ai répondu en commentaire aujourd’hui sur le site LeFigaro:

« Quand une centrale nucléaire française jalousera la soudaine notoriété de Fukushima ou de Tchernobyl, ce sera comme au Japon: non pas un arrêt intermittent, mais un arrêt brutal du nucléaire ! Les allemands ont tiré les leçons, mais la France nucléaire est suffisante et préfère attendre SA propre catastrophe nucléaire made in France, pour décider l’abandon du nucléaire. »

En France, les sociétés McPhy et H2Gen participent (surtout à l’étranger) à des réalisations de « power to gas » qui consistent à utiliser les surplus d’électricité gracieusement offerts par l’éolien et le photovoltaïque (quand la production est excédentaire par rapport à la consommation) pour stocker l’énergie ainsi produite sous la forme d’hydrogène. Mais voilà, la France est tellement engluée dans le nucléaire que des pépites comme ces 2 sociétés ont des revenus minables au regard de ce qu’il devrait être si la France avait pris la juste mesure de transition énergétique.

Annonce de la CRIIRAD à ses adhérents

Rencontre de Mr Naoto Kan avec la CRIIRAD
le 18 février 2019

Projection/débat à 20h, cinéma Le Navire à Valence

Rencontre avec la CRIIRAD

Mr Naoto Kan était premier Ministre du Japon au moment du tsunami de mars 2011 et de l’explosion des réacteurs de la centrale de Fukushima Daichi. Il doit alors faire face à une situation inédite, extrêmement complexe et que d’aucuns estimaient improbable.

Il a manifesté le désir de rencontrer la CRIIRAD et de visiter notre laboratoire. C’est ainsi que nous le recevrons, dans l’après-midi du 18 février 2019. Une conférence de presse sera organisée à l’issue, toujours à la CRIIRAD.

Mr Kan sera accompagné des distributeurs du film « Le couvercle du soleil » et du journaliste Kolin Kobayashi, correspondant du journal « Days Japan ». Michèle Rivasi participera également à cette rencontre.

Naoto Kan, 1er Ministre du Japon en 2011
Naoto Kan, 1er Ministre du Japon en 2011

Le retour à Fukushima

Agence Science-PresseJeudi 24 janvier 2019N

Huit ans après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, la majorité des anciens habitants a reçu l’autorisation d’y retourner, et l’interdiction pour les autres pourrait être levée d’ici 2020. Une autorisation que plusieurs reçoivent avec soulagement, et quelques-uns avec inquiétude.

Deux cent mille personnes avaient été évacuées en toute hâte, en mars 2011. Aujourd’hui, 122 000 ont d’ores et déjà reçu l’autorisation de rentrer, dont plusieurs, rapporte le Scientific American, sont des personnes âgées, « soulagées de recommencer leurs vies ».

Le risque appartient-il depuis longtemps au passé ? Ça dépend sous quel angle on l’analyse. Au Japon comme aux États-Unis, on estime qu’une personne absorbe en moyenne, par des sources naturelles, 3,1 mSv (milliSieverts) de radiations par année (une moyenne de 2,4 mSv en France), en plus de trois autres mSv, pour la plupart ce serait par des tests médicaux. Ce dernier chiffre peut varier considérablement suivant l’état de santé : à titre d’exemple, selon le CNRS français, un scanner de l’abdomen correspond à 10 mSv. Or, le niveau le plus élevé mesuré dans les zones autour de Fukushima où les gens ont été autorisés à rentrer, est de 5 mSv par an. En théorie donc, on n’est pas dans la zone de danger, mais les normes internationales sont généralement de 1 mSv, alors que le gouvernement japonais a haussé sa propre norme à 20 mSv — conduisant plusieurs à reprocher au gouvernement de vouloir trop précipiter les retours.

Au-delà des impacts physiques sur lesquels on débat encore, les impacts psychologiques de l’évacuation, eux, ont pu être mesurés. Une étude américano-japonaise parue en 2014 fait état d’une hausse des cas d’alcoolisme et de dépression chez les évacués, notamment chez des personnes de santé fragile déménagées à plusieurs reprises. À l’inverse, les premiers retours sont déjà vieux de cinq ans : dès mai 2013, les résidents de communautés côtières situées à 40 km de l’ancienne centrale, ont réouvert leurs commerces et les trains ont repris leurs anciennes routes.

Un dernier impact mesurable est celui de l’érosion de la confiance : 80 % des Japonais veulent que leur pays sorte du nucléaire, selon un sondage réalisé l’automne dernier par l’ancien Commissariat à l’énergie atomique.

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