blog de serge

"Rien n'est plus proche du Vrai … que le Faux"

Fukushima: 44 ans pour démanteler…

Fukushima : Tepco estime qu’il faudra 44 ans pour démanteler la centrale nucléaire

Démantelement
 

Pour démanteler Fukushima, 44 ans sont nécessaires. Selon l’entreprise s’occupant de l’avenir de cette centrale nucléaire tristement connue, il faudra encore plusieurs décennies avant de mettre un terme au démantèlement de la structure. Les plans de déclassement ont notamment été présentés à l’assemblée de Tomioka.

44 ANS POUR DÉMANTELER LA CENTRALE DE FUKUSHIMA

Deux villes se partagent la centrale nucléaire, Tomioka et Naraha. Elles ont la lourde responsabilité d’assumer le démantèlement progressif, mais nécessaire du site qui a secoué le Japon en 2011. Pour rappel, l’usine de Fukushima numéro deux est située au sud de l’usine numéro une. C’est elle qui a subi un triple accident de fusion, à la suite du séisme et du tsunami de mars 2011.

En ce qui concerne la centrale numéro deux, le démontage se fera en quatre étapes. Chacune s’étalera sur un peu plus de 10 ans. Le plan présenté par les autorités s’attache à évaluer précisément la contamination radioactive de la centrale nucléaire, puis nettoyer l’équipement autour des réacteurs. La troisième étape consistera à retirer ses réacteurs, avant de démolir l’ensemble de l’édifice dans la quatrième étape.

QUE FAIRE DES DÉCHETS NUCLÉAIRES ?

La question des eaux contaminées, qui ont été utilisées pour refroidir les réacteurs nucléaires en fusion semble être réglée. Le Japon déverserait dans l’océan Pacifique, progressivement, le vaste volume radioactif. Une décision qui suscite de vifs débats. En ce qui concerne les déchets nucléaires, une autre politique sera menée. Au total, Tepco transfèrera 9532 unités de combustible nucléaire irradié à une usine de retraitement spécifique. Une opération qui prendra plusieurs dizaines d’années, également. L’essentiel se fera durant les trois premiers cycles, c’est-à-dire les trois premières décennies à venir.

Avant de pouvoir mettre en place son plan de démantèlement et de déclassement, Tepco devra avoir l’aval de l’autorité de régulation nucléaire. Mais pour cela, il faut que les gouvernements municipaux des villes hôtes, c’est-à-dire Tomioka et Naraha, acceptent. Il en va de même pour le gouvernement préfectoral de Fukushima.

Pour rappel, la catastrophe nucléaire de Fukushima est un accident majeur de niveau 7. Aujourd’hui encore, la centrale a besoin d’eau pour éviter de nouveaux dommages, avec 200 m² d’eaux qui sont déversées quotidiennement sur la centrale. En 2019, 1 million de mètres cubes d’eau contaminée ont été stockés, un volume qui ne peut pas être contenu sur le long terme. La capacité maximale sera atteinte en 2022.

 

Un séisme frappe le Japon

INTERNATIONAL

Un séisme de magnitude 5,2 a frappé le Japon à moins de 100 km de la centrale nucléaire de Fukushima, selon l’Institut des études géologiques des États-Unis (USGS).

Un tremblement de terre de magnitude 5.2 s’est produit mercredi 12 février, à 10h37 UTC, à 89,5 km au sud-est de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, a annoncé l’Institut des études géologiques des États-Unis (USGS).

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Sur l’échelle de Shindo, généralement utilisée au Japon, ce séisme a atteint le niveau 4 (sur un total de 7) dans les parties centrale et orientale de la préfecture de Fukushima, précise l’agence météorologique du Japon (JMA).

Le foyer du séisme se trouvait à 80,7 km de profondeur, d’après l’USGS.

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Son épicentre a été localisé dans l’océan Pacifique, au nord-est de l’île d’Honshu.

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​L’alerte au tsunami n’a pas été déclenchée.

Les secousses auraient été ressenties jusqu’à Tokyo, selon les médias.

Aucun incident dans les centrales nucléaires

Selon les opérateurs japonais des sites nucléaires, aucun incident n’a été enregistré dans les centrales de Fukushima-1, Fukushima-2, Onagawa et Tokai-2 après les secousses, relate l’agence de presse Kyodo.

Situé dans une zone sismiquement active connue sous le nom de Ceinture de feu, le Japon est souvent secoué par de puissants tremblements de terre. En 2011, un séisme de magnitude 9,0 et le tsunami qui a suivi ont tué plus de 15.000 personnes et provoqué à la centrale nucléaire de Fukushima une catastrophe considérée comme la plus grave du XXIe siècle. Cet accident nucléaire a été classé au niveau 7, le plus élevé sur l’échelle internationale des événements de ce type (INES).

Hors service depuis le séisme de 2011, la centrale nucléaire de Fukushima-1 devra être démantelée sur une durée évaluée à 44 ans, a annoncé en janvier dernier l’agence Kyodo, se référant à l’opérateur de la centrale, TEPCO.

Fukushima (III): Fausses nouvelles…

5 février 2020

 

7. Menteurs assidus

Mensonges par omission de Tepco

Corium du réacteur n° 2 (capture d’écran vidéo Tepco)Corium du réacteur n° 2 (capture d’écran vidéo Tepco)

 

Tepco a attendu deux mois avant d’annoncer la fonte des cœurs des réacteurs. Et pas que Tepco. Tous les experts nucléaires savent ce qu’il arrive quand un cœur n’est plus refroidi. Tous les experts officiels de tous les pays ont donc attendu sagement que Tepco dise enfin la vérité avant d’avouer également qu’ils étaient au courant. Un seul expert japonais a dévoilé la vérité avant tout le monde, Mishio Ishikawa, le 29 avril 2011 à la télévision japonaise.

 

Pas de cancer ni de mort dû à la radioactivité ?

Comparaison de cas de cancer de la thyroïde pour les enfants de Fukushima

Comparaison de cas de cancer de la thyroïde pour les enfants de FukushimaComparaison de cas de cancer de la thyroïde pour les enfants de Fukushima

 

Les autorités japonaises, assistées par Tepco, le martèlent : chez les enfants testés, aucun cancer de la thyroïde n’est dû à la radioactivité. Ce n’est pas du tout ce que pense les médecins de l’IPPNW, l’International Physicians for the Prevention of Nuclear War. Selon leur analyse, dans la préfecture de Fukushima, le taux de nouveaux cas de cancer est plus de quinze fois supérieur à la moyenne du Japon. Pour mémoire, en octobre 2019, 231 cas de cancer de la thyroïde ont été suspectés chez les enfants de Fukushima, dont 174 ont été confirmés par une intervention chirurgicale.

Pour les morts, c’est pareil. Pourtant jamais le taux de mortalité n’a été aussi élevé dans une usine : 8 morts la première année, 16 morts en 4 ans et demi. Mais pas question de reconnaître que la radioactivité y soit pour quelque chose. Et on n’a jamais eu de nouvelle non plus des centaines de disparus des listes des premiers liquidateurs de Fukushima en 2011.

Nicolas Sarkozy : « Je suis allé à Fukushima »

 

Photo non truquée : Éric Besson posant devant la centrale de Fukushima Daiichi (photo Antoine Bouthier/AFP)
 
 
 
 
 
Photo non truquée : Éric Besson posant devant la centrale de Fukushima Daiichi (photo Antoine Bouthier/AFP)
 
 
 
Le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a aligné trois gros mensonges à Caen le 6 avril 2012. Selon lui, il serait allé à Fukushima avec Nathalie Kosciusko-Morizet. La voix du Japon précise : « En réalité, M. Sarkozy s’est bien rendu au Japon le 31 mars 2011 (…) mais il n’avait siégé qu’à Tokyo, soit à 250 kilomètres de la centrale nucléaire. Un mensonge retentissant au Japon et dans le monde. » Nathalie Kosciusko-Morizet n’y est pas plus allée, elle a d’ailleurs déclaré plus tard : « Personne ne va à Fukushima ». Dans le même discours de Caen, Sarkozy affirme aussi que « la vague a atteint 42 m de haut », information totalement contradictoire avec la réalité puisque les experts japonais l’ont finalement évaluée au plus haut à 23,60 m. La vague en elle-même a été mesurée à environ 14 m au niveau de la centrale. Éric Besson quant à lui y est bien allé l’année suivante en février 2012 où il s’est dit « globalement rassuré » car il a constaté qu’il n’y avait « pas de radioactivité forte autour de la centrale ».
 

La catastrophe de Fukushima à 6 ou 7 sur l’échelle INES ?

 

Pierre-Franck Chevet jurant de dire la vérité (capture d’écran vidéo Public Sénat)

 

 

Pierre-Franck Chevet jurant de dire la vérité (capture d’écran vidéo Public Sénat)

 

 

Lors de l’émission « Le téléphone sonne » (Questions sur l’état de la sureté des installations nucléaires) du 17 avril 2013 sur France Inter, Pierre Franck Chevet, alors président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), a annoncé sans être contredit par les journalistes que l’accident de Fukushima avait été classé au niveau 6 de l’échelle internationale INES. L’accident avait pourtant été classé au niveau 7depuis le 12 avril 2011, soit 2 ans avant son intervention ! Celui qui avait la responsabilité de la sûreté nucléaire en France a donc été pris en flagrant délit de manipulation de l’opinion sur une chaîne publique nationale.

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Les mensonges de l’IRSN

 

Dessin de Julien Loïs
 
 
 
 
 
Dessin de Julien Loïs

 

 

 

Cette institution sérieuse qu’est l’IRSN, sous l’image de grande objectivité qu’elle veut donner,  n’est jamais neutre. Son penchant pour la minimisation de tous les dangers de l’atome est bien connu. Mais quelquefois, à force de toujours vouloir rassurer, cela tourne au mensonge. Je rappelle régulièrement ses écarts sur ce blog et il n’y a jamais eu de démenti. Ainsi, selon l’IRSN, la perte d’un corium n’est pas forcément un problème pour l’environnement, les évacués allaient revenir d’ici trois mois en 2011, il n’y a pas eu de rejet de strontium et de plutonium au Japon, une centrale nucléaire ne peut pas exploser en France.

Perspectives heureuses

 

Retrait d’un assemblage du réacteur 3 (capture d’écran vidéo Tepco)Retrait d’un assemblage du réacteur 3 (capture d’écran vidéo Tepco)

 

Boris Le Ngoc, responsable relations publiques et communication digitale de la SFEN (Société Française d’Energie Nucléaire) a publié le 12 mars 2015 un article et un dossier très minimisateur et rassurant, Fukushima 2015, état des lieux et perspectives : selon lui, l’évacuation du combustible des piscines des réacteurs 1 à 3 était prévue pour être terminée en 2015. On ne sait pas sur quelles sources il s’appuyait pour affirmer cela. Quatre ans plus tard, on peut dire que son enthousiasme était démesuré puisque pour les réacteurs 1 et 2, il ne s’est rien passé. Pour le réacteur 3, le transfert a commencé en mai 2019 ; toutefois, depuis juillet dernier, Tepco a stoppé l’opération à cause de problèmes techniques.
Sinon, toujours dans le même article, « la consommation des denrées ne présente aucun risque pour la santé » et Tepco a la « maîtrise de la situation ».

 

8. Publicité mensongère

General Electric et l’avenir du Japon

Capture d’écran de la publicité de General Electric

 

 

Capture d’écran de la publicité de General Electric

 

General Electric, après avoir construit la centrale nucléaire de Fukushima, diffusait un spot publicitaire annonçant : « Quand Tepco a signé le plus gros contrat à l’export de GE (General Electric), nous avons équipé Tokyo de la centrale la plus efficace en son genre au monde. Ce qui veut dire plus d’emplois chez nous et un avenir meilleur pour les Japonais. GE, nous améliorons votre quotidien. » Aujourd’hui, la majorité des Japonais regrette d’avoir été trompée…

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Un avenir radieux

 

Bannière de Futaba (Source AFP/JIJI)Bannière de Futaba (Source AFP/JIJI)

Les Japonais regrettent tellement d’avoir été bernés par l’industrie nucléaire qu’en 2016, ils ont décroché la célèbre pancarte de Futaba dont le slogan, inventé par M. Onuma, était : « L’énergie nucléaire : l’énergie qui prépare un avenir radieux ».

Les JO de 2020

 

Caricature de 281… AntinukeCaricature de 281… Antinuke

 

Shinzo Abe n’a pas hésité à mentir pour obtenir les JO de Tokyo. Le 13 septembre 2013, il a assuré au Comité international olympique que Tepco maîtrisait la situation vis-à-vis de la catastrophe de Fukushima : « It has never done and will never do any damage to Tokyo. » Évidemment, c’était un gros mensonge. En effet, un nuage radioactif est bien passé par deux fois sur Tokyo en mars 2011 et y a laissé une pollution mesurable dans les poussières. A la centrale de Fukushima Daiichi, le démantèlement est illusoire, les délais intenables à cause des multiples problèmes techniques. Tout autour, la décontamination définitive des sols est impossible. On n’élimine jamais les radionucléides, on ne fait que les déplacer. On ment à la population pour qu’elle retourne vivre dans des territoires contaminés. La propagande éthosienne bat son plein.

 

  1. Théories du complot

Sabotage de la centrale

Il faut lire cet article qui analyse la théorie du sabotage de la centrale de Fukushima par l’état d’Israël diffusée par certains sites fumeux : Fukushima : retour sur une théorie du complot (Conspiracy Watch, 6 mars 2012). C’est un Japonais qui est à l’origine de cette théorie. Yoichi Clark Shimatsu, contributeur régulier de la chaîne de télévision officielle de la République populaire de Chine, est surtout un théoricien du complot à l’imagination débordante.

Missiles dans l’unité 4

 

Photo Tepco Photo Tepco

 

Certains internautes ont réussi à échafauder une théorie comme quoi on fabriquait des missiles dans le réacteur n°4 de Fukushima Daiichi à partir de cette photo diffusée par Tepco. On distingue bien deux poteaux dont la base est munie de 4 jambes de force qui accroissent leur stabilité et leur solidité. Mais rien à voir, mis à part la forme ressemblante, avec des missiles et à des ailettes…

Voici une info véritable pour faire le pendant de celle du « missile » : une bombe américaine a bien été trouvée à la centrale de Fukushima Daiichi au cours de travaux destinés à créer un parking en 2017. La région où est implantée la centrale Fukushima Daiichi, à cheval sur les localités côtières de Futaba et Okuma, hébergeait en effet durant la Seconde Guerre mondiale une base aérienne de l’armée nippone et a subi des bombardements étatsuniens importants, notamment en 1945.

Concours de hoax

Et pour terminer ce chapitre, juste pour rire, mais je ne mettrai pas le lien, cette pépite de conspirationisme : « Révélation Fukushima: c’était un méga attentat ! ». Vous retrouverez facilement cet article sur le net, où le site Wikistrike (dont la devise est « Rien ni personne n’est supérieur à la vérité » !) assure que le Japon a été victime d’un attentat qui a utilisé  le système Haarp, que le séisme n’était pas de magnitude 9, que le réacteur 4 a été détruit par une arme nucléaire, que Naoto Kan a payé 20 milliards pour éviter que le mont Fuji n’explose, etc. Qui dit mieux ?

 

10. Communication insidieuse

La minute de vérité

 

Incendie de l’unité 1 de Fukushima Daiichi qui n’a jamais eu lieu (capture d’écran du film « Accident nucléaire de Fukushima » de Steve WebbIncendie de l’unité 1 de Fukushima Daiichi qui n’a jamais eu lieu (capture d’écran du film « Accident nucléaire de Fukushima » de Steve Webb

 

Sorti en 2012, le film documentaire de Steve Webb, « Accident nucléaire de Fukushima », réécrit l’histoire en développant une kyrielle de mensonges : les explosions des unités 1 et 3, dont les images existent pourtant, sont minimisées avec des reconstitutions ne correspondant pas du tout à la réalité. Quant à l’explosion de l’unité 2, elle n’est même pas mentionnée. Le film énonce également que les experts de l’AIEA sont intervenus « quelques jours après le tsunami », ce qui est complètement faux. Ils ne sont venus à Fukushima que fin mai 2011. Autre mensonge : « trois des réacteurs de Fukushima sont totalement irréparables ». C’est faux puisque les explosions ont concerné 4 bâtiments réacteurs. Autre absurdité : les gaines de zirconium protègeraient le combustible de la chaleur. Le mensonge continue avec le tonnage de combustible de Tchernobyl répandu dans l’atmosphère : 8 tonnes selon le reportage. Pourtant, d’après le magazine La Recherche, c’est 50 tonnes, cherchez l’erreur… On continue : aucune mention du problème majeur de l’eau contaminée stockée sur le site.

Et en conclusion, cerise sur le gâteau, la voix off dit qu’il faudra peut-être 10 ans avant que les personnes évacuées puissent toutes revenir chez elles ! Et quid de la contamination qui continue ? de la période de 30 ans du césium 137 ? de la fin programmée des indemnités aux réfugiés ?

Le réalisateur dévoile finalement sa subjectivité en validant la décision de Shinzo Abe de poursuivre le redéploiement du nucléaire au Japon. Ce film, qui a été construit avec de nombreuses incohérences et mensonges, est fait à la gloire de l’industrie nucléaire et prétend, dès 2012, tirer les leçons de la catastrophe pour continuer à produire de l’électricité nucléaire. Il a été diffusé en septembre 2015 dans la série « La minute de vérité » sur la chaîne française Numéro 23, désormais dénommée RMC Story.

 

Fausse traduction

 

Fausse traduction de l’IRSN (capture d’écran de la vidéo de l’IRSN)Fausse traduction de l’IRSN (capture d’écran de la vidéo de l’IRSN)

Dans la vidéo très instructive et très bien conçue « L’analyse de l’IRSN du déroulement de l’accident de Fukushima » diffusée sur youtube en 2013, la traduction des paroles de Masao Yoshida, directeur de la centrale de Fukushima Daiichi est fausse. Le 14 mars 2011, juste après l’explosion de l’unité 3, celui-ci, affolé, appelle le quartier général pour l’informer de la situation : « QG ! QG ! C’est affreux ! L’unité 3 a explosé maintenant. Je pense que c’est probablement la vapeur ! » (source : TV japonaise, 7:38 – 7:48). Or, l’IRSN, qui a repris la bande son de Tepco, a livré cette traduction : « QG ! QG ! C’est terrible ! On a eu un problème sur le site n°3 ! » (source vidéo de l’IRSN, 52:56 – 53:06). Pourtant, aucun doute, Yoshida dit bien « suijôki » (vapeur). La traduction de l’IRSN censure ainsi l’hypothèse émise par le directeur de la centrale : l’explosion de vapeur. L’IRSN s’aligne donc sur la version officielle du gouvernement japonais en faisant mentir feu Yoshida.

 

Comment vivre heureux en territoire contaminé ?

C’est le programme que vous propose Ethos, sous la houlette du Français Jacques Lochard, directeur du CEPN et vice-président de la CIPR. Comme cela coûte trop cher de déplacer les populations suite à un accident nucléaire, les gouvernements, en totale complicité avec les industriels de l’atome, ont inventé le programme Ethos qui permet de faire accepter la vie en territoire contaminé. Expérimenté dans les territoires pollués de Tchernobyl, il a été d’autant plus facilement appliqué aux populations de Fukushima. Le sociologue Frédérick Lemarchand pose bien le problème : « Faut-il entraîner l’humanité à « vivre avec » les conséquences d’un accident nucléaire ? Le faire est techniquement raisonnable car un accident est toujours possible, y compris en Europe, mais politiquement condamnable car conduisant à une logique d’adaptation à ce qui doit rester à jamais inacceptable. »

 

  1. Confusions courantes

dosimètre et radiamètre : un dosimètre mesure en continu les doses reçues et donnera au final une dose reçue pour une certaine durée. Par exemple, les travailleurs du nucléaire portent des dosimètres pour limiter leur présence en milieu radioactif. On peut aussi se servir d’un dosimètre pour mesurer la présence de radon dans une pièce. Le radiamètre quant à lui sert à mesurer la radioactivité gamma d’un environnement à un instant T. On le nomme aussi plus communément compteur Geiger car il compte les désintégrations qui passent dans son capteur.

microsievert et millisievert : ces deux unités de mesure ont fait souvent l’objet de confusions lors des premières semaines de la catastrophe de Fukushima. Ce sont toutes les deux des fractions décimales du sievert, unité servant à mesurer la dose reçue par une personne. Le millisievert (mSv) est un millième de sievert alors que le microsievert (µSv) en est un millionième.

radiation et radioactivité : le mot radiation est un terme rassemblant toutes sortes de choses comme la chaleur, la lumière, les rayons X ou les rayons radioactifs. Alors que la radioactivité ne couvre que les rayons radioactifs. Utiliser le terme radiation à la place de radioactivité, comme le veut l’usage anglo-saxon, n’est pas anodin car cela amoindrit la précision d’un discours, voire minimise sa portée.

barres et assemblages : le combustible nucléaire est conditionné dans des barres de 4 m environ appelées aussi crayons. Les barres sont disposées par dizaines dans des assemblages de section carrée. Au moment de l’accident nucléaire en 2011, la centrale de Fukushima avait 14225 assemblages dans ses 6 réacteurs et ses 7 piscines, soit 896 175 barres.

centrales et réacteurs : la France compte 58 réacteurs mais elle n’a que 19 centrales nucléaires car elles possèdent toutes plusieurs tranches (ou unités). Le Japon quant à lui avait 54 réacteurs nucléaires en 2011 au moment de l’accident répartis dans 15 centrales. Aujourd’hui, il n’y a plus que 9 réacteurs en activité. La population est devenue très méfiante vis-à-vis de cette énergie dangereuse qui, de surcroît, est devenue moins rentable que certaines énergies renouvelables.

Fukushima (II): Fausses nouvelles

3 février 2020

Article publié en trois parties.

Lien vers le sommaire et la première partie

 

4. Hoax animaliers

Poisson-loup de Béring

Source : tweet de Hiroshi Hirasaka (https://twitter.com/hirahiroro/status/644447532848803840)
Source : tweet de Hiroshi Hirasaka (https://twitter.com/hirahiroro/status/644447532848803840)
 

Comme le relève encore Audrey Garric, ce poisson n’est pas le résultat d’une mutation due à la pollution radioactive de Fukushima. Il a été pêché au large de l’île d’Hokkaido, à 800 km de la centrale, par un journaliste biologiste passionné par la recherche de créatures marines. La photo qu’il a publiée sur tweeter en 2015 déforme un peu la gueule de l’animal à cause de l’angle de la prise de vue, ce qui a conduit certains internautes à imaginer qu’il pouvait être un mutant. En réalité, cette espèce s’avère plutôt commune dans la zone où elle a été pêchée et la taille de ce spécimen est dans la norme de l’espèce.

En revanche, près de Fukushima, les pêcheurs se battent depuis des années pour que Tepco ne relâche pas dans l’océan le million de mètres cube d’eau contaminée qui ont été entreposés sur le site.

Monstre marin

Source : news.nationalgeographic.comSource : news.nationalgeographic.com

 

Mais quel est ce nouveau monstre marin que Fukushima aurait pu encore produire ? En fait, il s’agit juste de baleineaux siamois retrouvés à Laguna Ojo de Liebre en Basse-Californie. Les réseaux sociaux ont diffusé cette image en 2014 en l’associant une fois de plus à Fukushima. Selon Michael Moore, vétérinaire à la Woods Hole Oceanographic Institution (Massachusetts) spécialisé dans l’analyse médico-légale des décès de mammifères marins, « il n’est pas rare d’avoir des jumeaux siamois chez les grandes baleines ».

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Toutefois, sans forcément créer de monstres hideux, la radioactivité peut avoir des effets dramatiques sur la faune, comme en atteste la mort prématurée des chevaux de M. Hosokawa ou ces malformations sur divers mammifères et insectes (lien).

Baleines échouées

Source : changera.blogspot.comSource : changera.blogspot.com

 

Il arrive que l’on retrouve des baleines mortes sur les plages sans que l’on ne sache pas toujours pourquoi. Sur cette photo, ces baleines ne sont pas mortes, elles se sont échouées sur une plage en 2010, très loin de Fukushima, en Nouvelle – Zélande. Or, en 2013, de grandes angoisses – justifiées – sur la pollution de la mer se sont traduites par un article rassemblant des informations véridiques d’animaux mourant en masse en Alaska et un peu partout dans le monde. Mais jamais de rapport évident avec Fukushima. Il existe des tas de pollutions marines qui peuvent produire ces désastres écologiques (plastiques, hydrocarbures, usines côtières, etc.). Le rejet quotidien et permanent de centaines de tonnes d’eau hautement radioactive dans l’océan Pacifique à Fukushima Daiichi est évidemment bien réel, mais les conséquences de ces rejets massifs dans l’environnement marin et terrestre, même si elles sont déjà étudiées, ne sont pas encore très bien connues.

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Lapin sans oreille

Lapin sans oreille : origine inconnue (Source : capture de vidéo de yuunosato)Lapin sans oreille : origine inconnue (Source : capture de vidéo de yuunosato)

 

Dans une vidéo qui a buzzé en 2011, on voit un lapereau blanc sans oreille. Toutefois, il est impossible de savoir où a été tourné cette vidéo. De plus, on connaissait déjà les lapins sans oreille avant 2011. La peur de la mutation génétique engendrée par la radioactivité, calamité réelle, se traduit ainsi par la diffusion de bizarreries, mais celles-ci ne sont pas forcément dues à Fukushima. Les mutations, si elles peuvent bien évidemment être provoquées par la radioactivité, ont d’autres origines possibles : elles peuvent apparaître spontanément (elles sont d’ailleurs à la base de l’évolution des êtres vivants) comme elles peuvent aussi être dues à des produits chimiques.

Ce canular a été relayé entre autres par RTL en juin 2011.

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Dauphins morts

Source : ReutersSource : Reuters

 

Le site 7sur7.be titrait le 7 mai 2015 que des dauphins étaient morts à cause de Fukushima. Trente chercheurs ont ainsi autopsié les 17 animaux retrouvés sur les côtes d’Ibaraki au sud de Fukushima. « Les poumons de ces dauphins étaient blancs, ce qui, d’après les scientifiques, est une indication du manque de sang acheminé vers les organes dû à un empoisonnement par radiation. » L’ACRO quant à elle se demande comment cette info a pu être construite à partir d’un échouage de 155 dauphins sur une dizaine de kilomètres. Elle fait l’hypothèse que la source du site 7sur7.be puisse être enenews.com, qui fait un lien avec la radioactivité alors que les sources japonaises ne le font pas. Enenews est en effet familier de ce genre d’amalgames. « Comme si la radioactivité était la seule pollution océanique responsable de tous les maux. »

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5. Errare humanum est

 

Centrale nucléaire inconnue

Une centrale nucléaire en bord de côte (Source : Kim Kyung-Hoon/Reuters)Une centrale nucléaire en bord de côte (Source : Kim Kyung-Hoon/Reuters)

 

Ce cliché, attribué au photographe Kim Kyung-Hoon, ne représente pas la centrale de Fukushima Daiichi. Cette dernière n’a pas de tels silos, ses bâtiments réacteurs n’ont pas le même design, les cheminées ne sont pas à la même place, le terrain n’est pas configuré de la même manière et, avec cet angle de vue, on devrait voir le réacteur n°3. Pourtant, cette photo est régulièrement utilisée dans les médias pour illustrer des articles sur Fukushima Daiichi. Peut-être une erreur de l’agence Reuters ? Elle a été diffusée à partir du 12 mars 2011 par des dizaines de sites d’information à un moment où personne ne connaissait vraiment Fukushima Daiichi. Cette photo est très intrigante, car le bâtiment de gauche semble être chaud, de la vapeur se dégageant du toit ; et à quoi pourraient servir de tels silos dans un site nucléaire ? Ce qui est très amusant, c’est qu’un article de Paul Blustein, diffusé par Slate en 2013, reprend cette photo alors que le titre de l’article est « Tout ce que vous avez entendu sur l’accident nucléaire de Fukushima est faux ». C’est dur de prétendre détenir seul la vérité !

Erreur de centrale de Fukushima

Fausses nouvelles et vrais mensonges sur Fukushima (II)
 

 

Oui, cette centrale ressemble beaucoup à celle de Fukushima Daiichi. C’est bien la centrale nucléaire de Fukushima, mais Fukushima Daini – d’où l’erreur commise par Le Point. Daiichi veut dire n°1 et Daini, n°2. Elle est située à 12 kilomètres au sud de la première, mais contrairement à sa jumelle, celle-ci n’a pas provoqué de catastrophe. Non seulement les deux noms se ressemblent mais l’alignement des quatre réacteurs au bord de la côte aussi. Elle a été construite sur le modèle et dans la foulée de Fukushima Daiichi dans les années 80. On peut facilement la différencier car contrairement à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, celle de Daini n’a pas son premier bâtiment réacteur décalé par rapport aux autres.

Pour ne pas se tromper de centrale nucléaire japonaise, il faut faire un petit effort de documentation, comme avec cet article de Hori Yasuo : Le point sur les centrales nucléaires du Japon et autres nouvelles.

Mais où sont les piscines de Fukushima ?

« Un zoom à la verticale sur le 3, où on distingue bien la piscine à combustibles usés, dans l’angle en haut à gauche » : légende de la photo du site de Sylvestre Huet (Libération)« Un zoom à la verticale sur le 3, où on distingue bien la piscine à combustibles usés, dans l’angle en haut à gauche » : légende de la photo du site de Sylvestre Huet (Libération)

 

Avant de m’intéresser au nucléaire, je ne savais pas où étaient les piscines de désactivation. Pour les journalistes, c’était pareil, ils ont eux aussi peiné à les repérer dans ce fatras de ruines de bâtiments réacteurs, d’où des erreurs. Comme celle de Sylvestre Huet, journaliste scientifique au journal Libération, qui a cru trouver la piscine de désactivation du réacteur n°3 sur une photo verticale « où on distingue bien la piscine à combustibles usés, dans l’angle en haut et à gauche » (article du 31 mars 2011)… sauf que dans l’angle en haut et à gauche, il s’agit du sas d’accès matériel (« equipment hatch »). Rien à voir avec une piscine donc.

Capture d’écran d’une illustration du site du Nouvel ObservateurCapture d’écran d’une illustration du site du Nouvel Observateur

 

Un an plus tard, Vincent Jauvert, publie sur le site du Nouvel Observateur (article du 23 août 2012) un article comportant lui aussi une erreur de localisation : il entoure d’un rond blanc un espace bleuâtre correspondant au démantèlement d’une partie du niveau technique du bâtiment réacteur n°4. Cette couleur était due à la mise en place d’un filet de protection. La piscine quant à elle se cachait sous une couverture métallique quelques mètres plus loin.

Le plus marrant dans cette histoire, c’est que Sylvestre Huet s’est fendu d’un article polémique en tirant à boulets rouges sur Vincent Jauvert car le site du Nouvel Obs n’avait pas retiré la photo erronée. Or, alors que je l’avais prévenu de son erreur, ce même journaliste de Libération n’a jamais cru bon non plus corriger sa fausse localisation de piscine en ligne depuis 8 ans.

Le syndrome chinois

Schéma apparu dès le 14 mars 2011 sur le forum US Message Board

Schéma apparu dès le 14 mars 2011 sur le forum US Message Board

 

Le syndrome chinois fait allusion à l’hypothèse selon laquelle, suite à une fusion de cœur d’un réacteur nucléaire situé en Amérique du Nord, le corium pourrait percer les barrières qui le confinent, s’enfoncer sous terre, traverser la croûte terrestre et atteindre la Chine. Cette théorie a été diffusée en particulier en 1979 à l’occasion de la sortie du film « Le syndrome chinois » de James Bridges. Sans que l’on conserve cette idée saugrenue que le corium pourrait traverser la planète, le scénario du pire a été évoqué quelques jours après le début de la catastrophe, à savoir que le corium descendant dans le sol jusque la nappe phréatique menaçait de provoquer une explosion de vapeur. Ce qu’on sait moins, c’est que la théorie d’origine n’est pas une fiction et qu’elle était prise très au sérieux par les scientifiques. Le ministère de l’Industrie du Japon en avait d’ailleurs créé une animation qui montre les conditions du melt-down, du melt-through puis du melt-out dans un réacteur du type de Fukushima.

 

A mon sens, pour qu’une explosion de vapeur se produise en cas de melt-out, il faudrait qu’une masse importante de corium de plusieurs milliers de degrés tombe brusquement dans un lac souterrain, ce qui est fort peu probable quand le sous-sol n’est pas karstique. En revanche, une explosion de vapeur est possible dans une centrale nucléaire avant que le corium ne sorte de la centrale, dans le cas où une masse considérable de corium tombe dans un espace confiné rempli d’eau, comme cela a pu se produire à Fukushima.

Explosion ou pas, les coriums ont très rapidement été en contact avec la nappe phréatique car fin mars 2011, le taux de radioactivité de l’eau de mer, en lien avec la nappe phréatique, était plusieurs milliers de fois supérieur à la normale et la semaine suivante plusieurs millions de fois.

6. Fausses nouvelles

Incendie à la piscine commune ?

Image saturée, à partir d’une capture d’écran webcam Tepco, juin 2011Image saturée, à partir d’une capture d’écran webcam Tepco, juin 2011

 

En 2011, plusieurs internautes ont cru, au vu d’effets de lumières de projecteurs sur des brouillards intenses et mouvants que l’on pouvait observer en direct grâce à la webcam de surveillance de Tepco, que la piscine commune du site de Fukushima Daiichi (qui « abrite » plus de 1000 tonnes de combustible nucléaire) était en feu. Si cela avait été le cas, aucun homme n’aurait pu sortir sur le site de la centrale sans risquer sa vie et la pollution mondiale qui s’en serait suivi n’aurait pu être cachée. Alors que certains internautes utilisaient des effets de couleurs à partir des vidéos de la webcam pour démontrer que de la vapeur s’échappait bien des réacteurs, d’autres ont mal interprété ces couleurs vives comme on peut en voir sur l’illustration ci-dessus. Le jaune, l’orange et le rouge dramatisent l’image et suggèrent ainsi un incendie.

Cela dit, un feu de piscine reste toujours possible et c’est sans doute ce qu’il peut arriver de pire dans une centrale nucléaire puisque les piscines n’ont pas de confinement. Sans eau de refroidissement, les barres de combustible peuvent brûler comme des cierges magiques répandant dans l’atmosphère les produits de fission. Le risque le plus grand en France se situe à la Hague qui stocke 10 000 tonnes de combustible nucléaire dans des piscines sous des toits de tôle. En cas d’incendie de piscine à la Hague, tout le nord de l’Europe serait pollué irrémédiablement et la récente catastrophe industrielle de Rouen ne serait qu’un souvenir insignifiant.

En savoir plus sur le feu de piscine

La piscine n° 4 a-t-elle été vide d’eau en mars 2011 ?

Comment voir si la piscine contient encore de l’eau ? (photo Cryptome)Comment voir si la piscine contient encore de l’eau ? (photo Cryptome)

 

En pleine crise nucléaire, le 16 mars 2011, les États-Unis ont conseillé subitement à leurs ressortissants vivant au Japon de s’éloigner à plus de 80 km de la centrale de Fukushima. Les experts américains craignaient en effet le pire, c’est-à-dire un incendie imminent du combustible de la piscine du réacteur n°4. On sait maintenant que le chef de l’Autorité de sûreté américaine s’est affolé à tort en croyant que la piscine était vide. Comme quoi on peut être expert et se tromper. Mais les Japonais ne communiquaient pas beaucoup, c’était très difficile d’avoir des informations (comme toujours en cas de catastrophe nucléaire). Car si vraiment elle avait été vide, la catastrophe aurait tourné au pire : le combustible nucléaire aurait pris feu et aurait pollué le monde entier.

Cependant, les Japonais se préparaient au pire également : Naoto Kan, alors premier ministre, était prêt également à faire évacuer la population dans un rayon de 250 km autour de la centrale, Tokyo compris. C’est dire si le danger était grand, danger que ne mesurent toujours pas la majorité des Français qui vivent à moins de 150 km d’une centrale nucléaire.

Une chose étrange tout de même dans cette histoire, c’est que des incendies ont été déclarés les 15 et 16 mars dans le bâtiment réacteur n°4, dont le premier aurait été éteint par l’armée américaine. Mais 9 ans après, on ne connaît toujours pas la nature de ces incendies. 

Accident de criticité à la centrale nucléaire ?

Capture d’écran de la webcam TBS, 2011Capture d’écran de la webcam TBS, 2011

 

En décembre 2011, certains internautes ont interprété cette capture d’écran de la webcam TBS/JNN – qui diffusait également des images de la centrale de Fukushima Daiichi en continu – comme une explosion ou un flash radioactif. Plus sérieusement, il s’agissait vraisemblablement d’un recalibrage de la caméra ou d’une sursaute de tension. Des spécialistes en vidéo pourraient expliquer ça mieux que moi. Ce phénomène a eu lieu à nouveau en août 2013 (vidéo à 1:28). Le flash provenait également de la droite de l’image avec la même orientation.

Cela dit, des accidents de criticité peuvent survenir dans des installations nucléaires, il en est répertorié une soixantaine depuis 1945. À Fukushima d’ailleurs, la scientifique Dominique Leglu avait rapportéqu’en mars 2011, des « bouffées de neutrons extrêmement dangereuses » pour les humains et pouvant endommager les appareillages alentour, avaient été observées à 13 reprises.

Un réacteur est-il tombé dans l’océan ?

Capture d’écran de l’article en ligne sur neotrouve.comCapture d’écran de l’article en ligne sur neotrouve.com

 

Le summum du désastre du recyclage de diverses sources sans compréhension aucune… A partir de l’info en février 2017 que le corium avait fait un trou dans une plateforme sous le réacteur 2 de Fukushima Daiichi, divers sites, dont newspunch, ont repris l’info en la mélangeant avec de vieilles infos concernant le réacteur 4. C’est ainsi que le corium qui est tombé dans l’enceinte de confinement est devenu sans problème un réacteur qui est tombé dans l’océan… L’illustration associée à cette infox dans le site neotrouve est encore pire car elle a repris la photo de l’incendie de la raffinerie d’Ichihara. Ça me rappelle une info que j’ai lue dans un site russe d’information francophone qui mentionnait qu’un séisme avait été provoqué par une explosion de vapeur due à la rencontre du corium avec la nappe phréatique. En réalité, dès mars 2011 et encore aujourd’hui, les coriums se sont mélangés et se mélangent à la nappe phréatique en provoquant beaucoup de vapeur (en 2011 et 2012) et une pollution permanente de l’océan .

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Lien  vers la troisième partie de l’article (bientôt !)

Fukushima: Eau contaminée

Eau contaminée de Fukushima : des experts privilégient l’option du rejet en mer

Des milliers de tonnes d’eau radioactive sont actuellement stockées dans des citernes sur le site de la centrale ravagée en mars 2011.

Des milliers de tonnes d'eau radioactive sont actuellement stockées dans des citernes sur le site de la centrale ravagée en mars 2011 (photo d'illustration).Des milliers de tonnes d’eau radioactive sont actuellement stockées dans des citernes sur le site de la centrale ravagée en mars 2011 (photo d’illustration).afp.com/JIJI PRESS

 

L’eau contaminée au tritium de Fukushima pourrait bien terminer dans la mer : un sous-comité d’experts japonais s’est prononcé ce vendredi pour cette option, tout en exigeant des précautions pour limiter les dégâts sur l’image de la région. 

À l’issue d’une énième réunion, les membres de cette instance créée par le ministère de l’Industrie (Meti), ont estimé que parmi les diverses solutions proposées, celle du déversement lent par dilution dans l’océan Pacifique était la plus réaliste, devant celle de l’évaporation. 

« Dans la mesure où ce type de rejet en mer est déjà pratiqué au Japon et à l’étranger depuis des centrales en activité, cette opération est plus faisable que l’évaporation » dans l’air, a écrit le comité. « Mais il faut bien noter qu’en termes de quantité d’eau et de tritium, ce ne sera pas identique à ce qui était rejeté avant l’accident », a précisé la sous-commission. La décision finale reviendra au gouvernement. 

Un stockage durable écarté par les experts

Une quantité massive d’eau contaminée est stockée dans un millier de citernes sur le site de la centrale de Fukushima Daiichi, ravagée par le tsunami de mars 2011. Elle provient de la pluie, des nappes souterraines ou d’injections nécessaires pour refroidir les coeurs des réacteurs entrés en fusion après le tsunami. Filtrée à plusieurs reprises, cette eau sera à terme débarrassée d’une grande partie des radionucléides, sauf le tritium, considéré comme moins dangereux pour l’environnement et les êtres vivants. 

Un stockage durable, que recommandaient des organisations écologistes comme Greenpeace, a été écarté en fin d’année dernière : ne restait comme choix que la dilution en mer, l’évaporation dans l’air ou une combinaison des deux. Des experts, dont ceux de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), poussent depuis des années pour la dilution en mer. 

Une eau encore lourdement chargée en éléments radioactifs

Même si ce choix est décidé, ce n’est pas faisable dans l’immédiat car, comme l’a reconnu la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco), une grande partie de cette eau est encore lourdement chargée en autres éléments radioactifs dangereux pour la chaîne alimentaire. Il faut refiltrer 80% de l’eau actuellement stockée. Tepco estime cependant que les citernes sur place seront pleines en 2022. 

Une décision finale ne devrait pas être prise avant les Jeux olympiques de Tokyo cet été, compte tenu des risques diplomatiques et d’image pour le pays. 

Le Japon devrait en effet rencontrer une forte opposition, qui s’exprime déjà, des pêcheurs et agriculteurs de la région, ainsi que des organisations environnementales et de pays voisins, à commencer par la Corée du Sud. 

Fukushima (I): Fausses nouvelles…

1 février 2020

Depuis 2011, je suis témoin de la diffusion de fausses informations, d’erreurs et de mensonges sur la catastrophe nucléaire japonaise. Certains sites qui cherchent le buzz afin d’obtenir des gains publicitaires persistent par exemple à diffuser des canulars ou des rumeurs sur Fukushima et comptent bien sur l’ignorance et la peur pour arriver à leurs fins. D’autres captent l’attention des gens inquiets en les détournant des infos importantes dans l’unique but de désinformer et de manipuler. La fourberie et la malhonnêteté riment souvent ainsi avec le mensonge. Et puis il y a les simples erreurs, diffusées sans intention de nuire à quiconque, dues à la grande complexité du monde nucléaire. Le problème, c’est qu’à partir d’un fait réel, l’information est déviée, interprétée, déformée et que, parmi la masse impressionnante de données accumulées durant des années sur Fukushima, le lecteur non averti n’a pas forcément les moyens de s’y retrouver. L’objet de cette rubrique est donc de faire le ménage et de donner quelques clés de compréhension. L’avantage d’internet est que je pourrai la mettre à jour à chaque fois que de nouveaux canulars, fausses nouvelles, erreurs, escobarderies et autres arnaques feront leur apparition. Comme le dit si bien William Audureau, « le faux a son vaste nuancier, et pour quiconque s’intéresse aux faits, ces différences sont précieuses. » C’est pourquoi j’ai classé ces infox selon leur nature. Tout le monde en prendra pour son grade, journalistes, scientifiques, blogueurs, militants, politiques, complotistes, … car le faux et l’erreur s’immiscent, quelquefois malgré nous, dans tous les canaux de l’information et de ses diffuseurs.

 

Pierre Fetet

 

Sommaire

 

Cet article, vu sa longueur, sera diffusé en trois parties.

 

PARTIE I

 

1. Vrais documents mal interprétés

     Raffinerie en feu 

     Carte de la hauteur de la vague du tsunami

     Ovni

2. Cartes et mesures trafiquées

     Jeu des erreurs

     Carte des retombées de Fukushima

     Carte de Fukushima pour les étrangers

     Fausses mesures

3. Photos truquées

     Bébé avec un troisième œil

     Poisson géant

     Calamar-canular

     L’affaire du réacteur 4

 

PARTIE II

 

4. Hoax animaliers

     Poisson-loup de Béring

     Monstre marin

     Baleines échouées

     Lapin sans oreille

     Dauphins morts

5. Errare humanum est

     Centrale nucléaire inconnue

     Erreur de centrale de Fukushima

     Mais où sont les piscines de Fukushima ?

     Le syndrome chinois

6. Fausses nouvelles

     Incendie à la piscine commune ?

     La piscine n° 4 a-t-elle été vide d’eau en mars 2011 ?

     Accident de criticité à la centrale nucléaire ?

     Un réacteur est-il tombé dans l’océan ?

 

PARTIE III

 

7. Menteurs assidus     

     Mensonge par omission de Tepco

     Pas de cancer ni de mort dû à la radioactivité ?

     Nicolas Sarkozy : « Je suis allé à Fukushima »

     La catastrophe de Fukushima à 6 ou 7 sur l’échelle INES ?

     Les mensonges de l’IRSN

     Perspectives heureuses

8. Publicités mensongères

     Général Electric et l’avenir du Japon

     Un avenir radieux

     Les JO de 2020

9. Théories du complot

     Sabotage de la centrale

     Missiles dans l’unité 4

     Concours de hoax

10. Communication insidieuse

     La minute de vérité

     Fausse traduction

     Comment vivre heureux en territoire contaminé ?

11. Confusions courantes

     Dosimètres et radiamètres

     Barres et assemblages

     Microsievert et millisievert

     Centrales et réacteurs 

 

-oOo-

 

1. Vrais documents mal interprétés

 

Raffinerie en feu 

Raffinerie d’Ichihara (Source : news.ifeng.com)Raffinerie d’Ichihara (Source : news.ifeng.com)
 

 

Cette image, consacrée par les moteurs de recherche pendant des années, a été un grand classique : la photo d’une raffinerie en feu, avec beaucoup de flammes et de fumées. L’image idéale pour communiquer sur une catastrophe industrielle. Pourtant, ce cliché ne représente pas la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi : c’est la raffinerie d’Ichihara près de Chiba à l’est de la baie de Tokyo. Cette installation, située à 200 km au sud de Fukushima, a été victime d’un incendie suite au grand tremblement de terre de 2011. Diffusée en Europe dès le 11 mars 2011 par l’agence EPA, la photo s’est répandue sur la toile de manière virale. Aujourd’hui, même les journalistes se font avoir. Malgré les Décodeurs, même Le Monde l’utilise pour un sujet sur Fukushima : dans cette vidéo publiée le 5 septembre 2019, on voit cette raffinerie de pétrole en feu à 0:15 et 0:32… En réalité, la pollution radioactive est majoritairement sans flamme, sans fumée et sans odeur. Par exemple, le site de la Hague a l’autorisation de rejeter dans la Manche 18,5 pétabéquerels (c’est-à-dire 18,5 millions de milliards de Bq) de tritium par an sans faire la une des journaux.

Carte représentant la hauteur de la vague du tsunami

Carte de l’amplitude des vagues du tsunami (Source : National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA))Carte de l’amplitude des vagues du tsunami (Source : National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA))

 

Cette carte est très souvent reprise et utilisée pour illustrer la diffusion de la radioactivité dans l’océan. Pourtant, la carte a été créée par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) pour la recherche sur le tsunami et montre, grâce à une échelle de couleurs, la hauteur de la vague en centimètres du tsunami généré par le tremblement de terre au Japon en mars 2011. Elle ne représente donc pas les niveaux de radioactivité. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de pollution marine mais il est complètement stérile de détourner le sens d’un document. La diffusion d’une onde à la surface de l’océan n’a rien à voir avec le déplacement de la pollution marine due aux courants marins.

En savoir plus

 

Ovni

Capture d’écran d’une vidéo de la centrale de Fukushima DaiichiCapture d’écran d’une vidéo de la centrale de Fukushima Daiichi
 

 

Le site suisse 20minutes s’est interrogé le 15 avril 2011 sur la présence d’un ovni au-dessus de la centrale de Fukushima Daiichi : « De mystérieuses tâches sont ainsi apparues au-dessus de la centrale et ont été filmées. » Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour attirer l’attention ! En fait, comme on le voit sur cette capture de vidéo, la forme blanche allongée qui semble suspendue au-dessus des cheminées de la centrale n’est pas un cigare volant extraterrestre mais un bâtiment situé au loin de la centrale. En effet, l’angle de la prise de vue associé à une couleur bleutée de l’arrière-plan donne l’illusion que ce qui est au loin est dans le ciel au-dessus de la centrale ; mais il n’en est rien. Le bâtiment en question est bien visible sur les photos satellites à quelques kilomètres au sud-ouest du site nucléaire.

En revanche, voici une capture de la webcam TBS du 13 novembre 2013 qui montre le passage d’un avion à réaction juste au-dessus de la centrale. Cette fois-ci, il n’y a pas de truquage ou d’erreur, juste un peu d’interrogation : quelle a bien pu être la mission de ce vol à si basse altitude ?

Source : capture d’écran webcam TBS, 13/11/2013Source : capture d’écran webcam TBS, 13/11/2013

 

2. Cartes  et mesures trafiquées

 

Jeu des erreurs

Images de la contamination du Japon : 2 cartes gouvernementales à un mois d’intervalle (source : MEXT - Ministère de l’éducation, de la culture, des sports, de la science et de la technologie du Japon)Images de la contamination du Japon : 2 cartes gouvernementales à un mois d’intervalle (source : MEXT – Ministère de l’éducation, de la culture, des sports, de la science et de la technologie du Japon)

 

Soyez attentifs. La carte de gauche est celle qui a été diffusée le 12 octobre 2011. La carte de droite date du 11 novembre 2011. Remarquez-vous ce qui s’est passé pour le département de Niigata, à l’est de la préfecture de Fukushima, tout le long de la côte de la Mer du Japon ? Dans la première carte figuraient de nombreuses zones marron-foncé (10 000 à 30 000 Bq/m2 de césiums 134 et 137) et même des zones bleues (30 000 à 60 000 Bq/m2). Dans la nouvelle carte : plus rien ! Tout est redevenu marron clair, c’est à dire la zone-plancher… Il se trouve que la majorité des zones qui avaient été reconnues comme fortement contaminées dans la première carte (région d’Uonuma) correspondent à la région productrice de riz la plus renommée de l’archipel. Pour Laurent Mabesoone, auteur de l’article qui dénonce la tricherie, « ce que nous avons devant les yeux, (…) c’est un superbe maquillage, c’est un énorme mensonge d’État. (…) Ils ont « sauvé » Karuizawa, le plus grand centre de tourisme de montagne, et Saku, le plus grand producteur de salades. »

 

Carte des retombées de Fukushima

Source : de très nombreux sites avec, comme origine de la carte : « Australian Radiation Service »Source : de très nombreux sites avec, comme origine de la carte : « Australian Radiation Service »

 

Cette carte des retombées nucléaires de Fukushima sur le Pacifique et l’Amérique du Nord est un faux dans le sens que l’« Australian Radiation Service » d’une part n’a jamais diffusé ce document et d’autre part a démenti en être l’auteur. La carte a été diffusée très rapidement en mars 2011 dans les sites anglophones et a été repérée rapidement comme un hoax par le site spécialisé Snopes. L’utilisation du « rad », qui est une unité obsolète de mesure de dose de rayonnement absorbée, a, entre autres, éveillé les soupçons. Cette alerte au hoax, largement diffusée, n’a pourtant pas empêché Helen Caldicot, militante antinucléaire australienne renommée, de l’utiliser publiquement comme source en 2014, comme le relève Ian Goddard.

Pourquoi avoir utilisé un hoax alors que des cartes validées étaient déjà disponibles ? Par exemple cette simulation de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) que l’on pouvait trouver dès 2012.

 

Carte de Fukushima pour les étrangers

Carte de la brochure de l’Agence de la Reconstruction de FukushimaCarte de la brochure de l’Agence de la Reconstruction de Fukushima

 

Au lieu de communiquer honnêtement sur des risques certains de la radioactivité, l’Agence de la Reconstruction de la préfecture de Fukushima n’hésite pas à publier une carte déformant la réalité afin de faire venir les étrangers au Japon : ce document a été distribué en 2019 dans les boites aux lettres de tous les services des ambassades étrangères. Avant les J.O., on est prêt à tout pour faire croire que tout va bien : seules des mesures basses de la radioactivité ont été reportées sur la carte autour de la centrale explosée, en éliminant tous les points chauds (hot spots) qui pourraient faire peur.

Voir le document original

Il faut tout de même rappeler que des territoires sont encore interdits et que pour les régions réouvertes, la contamination est bien réelle. Voir à ce propos les travaux remarquables du « Projet de mesure de la radioactivité environnementale autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi » qui donnent les chiffres véritables, secteurs par secteurs.

Il faut également se rendre compte que la pollution est réelle, même à Tokyo, comme l’a démontré Arnie Gundersen en 2013 en faisant analyser quelques échantillons de sols de la ville.

Fausses mesures

Source : journal japonais Friday, 8 mars 2013Source : journal japonais Friday, 8 mars 2013

 

Le 8 mars 2013, le journal japonais Friday, hebdomadaire d’information généraliste édité par Kodansha, rapportait une enquête de Kirishima Shun qui dénonçait les mesures truquées des compteurs de radioactivité publics. Ceux-ci donnaient une mesure divisée par deux. Aujourd’hui, il n’y a plus besoin de s’en inquiéter car pour la plupart, ils ont été démontés… L’absence de mesure est aussi une sorte de mensonge.

En savoir plus

3. Photos truquées

Bébé avec un troisième œil

Source : nombreux sites peu fréquentablesSource : nombreux sites peu fréquentables

 

Cet enfant né soit-disant à Fukushima avec un troisième œil n’existe pas. Il s’agit d’un photo-montage diffusé en novembre 2014 dans plusieurs sites comme « Wikistrike » ou « Le Nouvel ordre mondial ». Ce canular semble avoir sa source dans le site de Naija Parrot le 24 novembre 2014. Il est monté de toute pièce, donnant un nom fictif de la mère de l’enfant et une citation de Shinzo Abe, ce qui le rend plus crédible. On retrouve la photo originale (Bangladesh, par Shafiqul Alam Kiron / Save the Children) avec un front normal sur le site healthynewbornnetwork.org en 2012 illustrant un article sur la lutte contre les infections du nouveau-né. Ceci dit, la radioactivité peut réellement conduire à des malformations, comme l’attestent ces photos d’enfants de Tchernobyl ou de Fallujah (âmes sensibles s’abstenir).

Poisson géant

Radiation, Ivan KhomenkoRadiation, Ivan Khomenko

 

Cette art-photo de l’artiste étatsunien Ivan Khomenko a été reprise comme véridique par certains sites sans scrupule que je ne nommerai pas pour ne pas leur faire de la publicité… On est toujours dans l’idée de faire peur pour faire du buzz, alors que l’artiste essaie justement de passer par l’imaginaire pour nous faire réfléchir sur les conséquences génétiques réelles des doses radioactives sur les êtres vivants, comme l’a magistralement démontré en 2012 la scientifique Chiyo Nohara avec son étude sur les mutations des papillons de Fukushima.

Calamar-canular

Photomontage avec un calamar pêché en Espagne (DR / The Lightly Braised Turnip)Photomontage avec un calamar pêché en Espagne (DR / The Lightly Braised Turnip)

 

Ce montage repéré par Audrey Garric montre un calamar géant observé par des dizaines de personnes. La journaliste a démontré qu’il s’agissait d’un photomontage dont le cliché d’origine montrait un céphalopode décapode de 9 mètres de long découvert en 2014 sur une plage de Cantabrie, dans le nord de l’Espagne (cf. Livescience). La photo de l’animal a été ensuite insérée dans une autre qui montre des gens observant une baleine échouée en 2011 dans le golfe d’Arauco, au Chili. Le site californien humoristique Lightly Braised Turnip a commencé à diffuser ce canular photographique ; ensuite, la photo a fait son chemin sur le web. Audrey Garric souligne pour terminer que « Si cette information est totalement un canular, il n’en reste pas moins que la contamination radioactive se poursuit bel et bien autour de la centrale de Fukushima. Il y a les radioéléments rejetés au moment de la catastrophe, le 11 mars 2011, dont certains persistent encore, en premier lieu le césium 137 (sa demi-vie est de 30 ans). Mais surtout, il y a le problème de la gestion des eaux contaminées. »

En savoir plus

 

L’affaire du réacteur 4

La piscine du réacteur n°4 de Fukushima Daiichi a créé tant d’inquiétudes (fondées, car 264 tonnes de combustible nucléaire menaçaient de polluer le Japon) dans le monde entier que Tepco a soigné sa communication pour montrer que le bâtiment qui avait explosé le 15 mars 2011 était encore solide. Mais ils sont allés un peu loin en trafiquant une photo… En septembre 2012, ils ont publié un cliché qui montrait la façade ouest apparemment remaniée au pinceau numérique pour cacher une ouverture au rez-de-chaussée qui aurait pu être interprétée comme une faiblesse pour la structure.

Bâtiment réacteur 4 (Photo Tepco, sauf le cercle rouge)Bâtiment réacteur 4 (Photo Tepco, sauf le cercle rouge)

 

Ayant été très critiquée, l’entreprise a d’abord retiré le cliché puis l’a remplacé par la même photo mais recadrée autrement, tout en cachant l’endroit qui avait été blanchi. Et cette explication finale de Tepco, « We replaced the photo for physical protection of nuclear materials. », est restée un mystère pour tous les observateurs (source). Ça reste dans la tradition de cette entreprise de cacher les choses. Tepco, grand menteur par omission, nous inonde d’images souvent inutiles et nous cache l’essentiel.

Cette affaire n’a pas vraiment inquiété Tepco qui, l’année suivante, a cette fois délibérément montré qu’il ne voulait pas dévoiler la base du réacteur. En février 2013, Tepco abandonne le camouflage blanc pour une censure noire aux ciseaux numériques !

Bâtiment réacteur 4 (Photo Tepco)Bâtiment réacteur 4 (Photo Tepco)

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Fukushima: Le « quatrième drame »

Publié le 29 janv. 2020 à 6h31Mis à jour le 29 janv. 2020 à 6h45

Le « quatrième drame » des agriculteurs de Fukushima

Après un tremblement de terre, un tsunami et une catastrophe nucléaire, les agriculteurs de la région de Fukushima souffrent aujourd’hui de la méfiance des consommateurs japonais et des embargos mis en place par plusieurs pays.

0602650592423_web_tete.jpgAucune anomalie n’a été repérée, en 2019, lors des 8.000 tests réalisés sur les fruits, légumes, champignons et autres viandes de la zone de Fukushima. (NEWSCOM/SIPA)

 

A six mois d’un scrutin présidentiel compliqué, les autorités de Séoul se sont offert, juste avant Noël, un petit coup d’éclat anti-japonais pour flatter une partie de leur électorat. Le comité olympique sud-coréen a annoncé qu’il allait apporter avec lui une partie de la nourriture qui sera servi à ses athlètes l’été prochain lors des Jeux Olympiques de Tokyo. Il a aussi promis d’acquérir des « détecteurs » afin de contrôler les concentrations d’éléments radioactifs dans les produits frais qu’il devra sourcer au Japon pendant la compétition. « Nous voulons que des repas sûrs puissent être fournis afin que les athlètes ne se préoccupent pas des radiations », a justifié un cadre du KSOC.

Au Japon, cette sortie a ulcéré les organisateurs qui s’efforcent depuis des mois de rassurer tous les pays sur  la sécurité des aliments produits dans l’ensemble du pays , à des centaines de kilomètres de la centrale de Fukushima Daiichi, mais également dans les fermes plus proches.

 

Prix cassés

« Neuf ans après la catastrophe, nous restons victimes de ces rumeurs. Pour nous, c’est un quatrième drame qui vient s’ajouter au tremblement de terre,  au tsunami et à l’accident nucléaire , s’attriste Yasunori Oshima, un haut fonctionnaire de la préfecture de Fukushima. Nous avons retrouvé des niveaux de production agricole proches de ceux d’avant 2011, mais plusieurs prix sont toujours très en dessous de ce qu’ils étaient avant », pointe-t-il.

La demande domestique reste timide. « On constate toujours une hésitation des clients », regrette Koichi Aoki, un producteur de fraises et de tomates installé près d’Iwaki, à cinquante kilomètres de la centrale détruite. A l’international, plusieurs marchés sont encore complètement fermés aux produits de certaines préfectures nippones. La Chine, la Corée du Sud, Singapour, les Etats-Unis continuent d’interdire l’importation de tout ou partie des aliments originaires de la province de Fukushima, malgré le travail de décontamination pharaonique réalisé depuis neuf ans.

Sol gratté, arbre traité un par un

La surface des terres agricoles a été grattée sur une profondeur de 5 centimètres pour retirer l’essentiel des poussières radioactives retombées après la catastrophe. Les troncs des arbres des vergers ont aussi été traités, un à un et un engrais riche en potassium a été répandu dans toutes les rizières pour empêcher l’absorption de césium.

Pour prouver la sécurité de ses productions, la préfecture teste aussi systématiquement chaque sac de riz, à la recherche de concentrations de substances radioactives supérieures à un standard japonais (100 becquerels par kilogramme de césium radioactif) dix fois plus sévères que les normes européennes (1.250 Bq/kg).

 

Sur les deux dernières années, pas un sac « contaminé » n’a été trouvé, affirme l’administration. Et aucune anomalie n’a été repérée, en 2019, lors des 8.000 tests réalisés sur les fruits, légumes, champignons et autres viandes de la zone. « J’espère qu’avec les Jeux Olympiques, les gens vont enfin prendre conscience de tous ces efforts », soupire Kenji Kusano, le directeur du centre de promotion de l’agriculture locale.

Yann Rousseau, à Fukushima Daiichi

Fukushima: 16 grammes de tritium…

Comment 16 grammes de tritium dans un million de litres d’eau paralysent Fukushima

Neuf ans après la catastrophe, le gouvernement japonais doit se prononcer sur le sort de l’eau « contaminée » qui s’accumule sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Tokyo préférerait un rejet en mer, conforme à ce que font les autres centrales de la planète, mais le projet tétanise la région.

0602650602326_web_tete.jpg0602650602326_web_tete.jpgNeuf ans après la catastrophe nucléaire, la centrale de Fukushima est noyée sous ces 965 réservoirs contenant chacun près de 1.200 tonnes d’eau « contaminée ». (EPA)

 
Publié le 28 janv. 2020 à 6h15
 

Les cerisiers ont presque tous disparu de Fukushima Daiichi. Plantés à partir des années 1970 pour égayer la gigantesque centrale nucléaire du nord-est du Japon, la plupart des « sakuras » ont été abattus après la catastrophe de mars 2011 qui a ravagé le site et sa région. Plus de 800 des 1.200 arbres à fleurs recensés auraient été abattus sur les neuf dernières années, laissant place à un décor de science-fiction.

Pour figer les poussières radioactives, les collines sont désormais recouvertes d’un ciment gris clair et de longues dalles de béton renforcé sur lesquelles ont poussé partout de gigantesques citernes bleues et grises. La centrale est noyée sous ces 965 réservoirs contenant chacun près de 1.200 tonnes d’eau « contaminée ».

L’heure des choix

Tepco, l’opérateur, estime qu’il peut encore trouver un peu d’espace pour en construire quelques dizaines de plus. « Mais très vite, à l’été 2022, on va atteindre notre capacité de stockage maximale », explique Junichi Matsumoto, le porte-parole de la division en charge démantèlement chez l’électricien. « Le gouvernement va devoir prendre une décision sur la gestion de cette eau », prévient-il, sans s’engager sur le sujet, conscient de son extrême sensibilité.

Depuis la catastrophe, Tepco pompe en permanence les eaux chargées en éléments radioactifs qui s’accumulent sur le site. Le groupe doit capter les eaux qu’il utilise pour refroidir les réacteurs un, deux et trois, mais également récupérer les eaux naturelles souterraines qui s’infiltrent toujours dans les sous-sols ravagés des tranches construites au pied d’une colline.

Reste le tritium

Au total, Tepco a déjà « récupéré » 1,18 million de mètres cubes d’eau qu’il a filtré dans ses trois usines de décontamination construites sur place. « Nous parvenons à retirer 62 des 63 radionucléides contenus dans ces eaux », détaille Kenji Abe, l’un des cadres de l’électricien. « Mais il en reste un, le tritium », ajoute-t-il avant de présenter au visiteur du jour un petit bocal pharmaceutique contenant 30 centilitres de cette eau de la discorde. « Elle n’a pas d’odeur, pas de couleur, elle est peu radioactive », insiste-t-il.

Selon les calculs du ministère japonais de l’Industrie, l’ensemble de l’eau stockée sur le site contient 860 TBq (terabecquerels) de tritium soit l’équivalent de… 16 grammes de cet isotope radioactif de l’hydrogène. En décembre dernier, les autorités nippones ont expliqué que ces eaux pourraient  soit être évaporées dans l’air, soit être progressivement diluées en mer sur une vingtaine d’années.

En France aussi…

Tokyo rappelle que de l’eau tritiée a été rejetée dans l’océan pendant des décennies, avant la catastrophe, sans qu’aucun dégât sur l’environnement ne soit jamais constaté. Les autres centrales nucléaires de la Terre rejettent aussi de l’eau tritiée », note encore Masato Kino du ministère de l’Industrie.

En France, le site de retraitement de la Hague en a rejeté, lui, en 2018… 11.400 TBq selon Orano, qui précise dans son rapport environnemental que la limite autorisée sur le site français est de 18.500 TBq. Le complexe français écoule ainsi en vingt jours ce que la centrale de Fukushima Daiichi voudrait rejeter en… vingt ans. Depuis l’accident, ce n’est pas si simple. Nous avons un important problème de perception et nous devons obtenir l’accord de chacun », souffle le haut fonctionnaire.

Pêcheurs en souffrance

En dehors du site, le projet d’un rejet en mer fait l’unanimité contre lui. Dans le port d’Onahama, aussi situé dans la préfecture de Fukushima mais à une cinquantaine de kilomètres plus au sud,  les associations de pêcheurs sont catégoriques. « Nous souffrons déjà des rumeurs blessantes sur nos poissons », s’inquiète, un matin de criée, Hisashi Maeda, de la coopérative de la pêche au chalut.

Malgré des milliers de tests et l’absence de concentration de radiocesium supérieures aux standards internationaux les plus rigoureux, les consommateurs continuent de bouder les produits locaux. En 2019, les ventes de la préfecture n’ont représenté que 15 % des volumes enregistrés avant la catastrophe. Les marins pensent qu’un rejet, forcément mal compris, porterait un coup terrible à la filière.

Défiance générale

Les ONG sont tout aussi méfiantes. « Il y a d’autres solutions que le rejet dans l’air ou l’eau comme le fait croire le gouvernement, explique Kazue Suzuki, de Greenpeace. Mais les technologies d’extraction du tritium sont coûteuses et donc ils ne veulent pas les envisager », avance l’experte ; qui préférerait voir appliquer une stratégie de stockage de long terme et dénonce les erreurs passées de Tepco.

En septembre 2018, l’électricien avait dû admettre qu’une grande partie des eaux stockées sur le site contenait, contrairement à ses premières estimations, encore des radionucléides bien plus dangereux que le tritium. « Nous sommes aujourd’hui certains que 25 % peut être relâché sans problème. Et nous allons retraiter les 75 % qui auraient encore des concentrations d’autres radionucléides supérieurs aux standards », promet Kenji Abe, son bocal d’eau à la main.

« Nous parvenons à retirer 62 des 63 radionucléides contenus dans ces eaux », affirme Kenji Abe, l'un des cadres de Tepco.« Nous parvenons à retirer 62 des 63 radionucléides contenus dans ces eaux », affirme Kenji Abe, l’un des cadres de Tepco.EPA

Yann Rousseau, à Fukushima Daiichi

Fukushima oscille…

Fukushima oscille entre le vert et le nucléaire

Neuf ans après l’accident nucléaire de Fukushima, le Japon repense sa politique énergétique. Le premier ministre Shinzo Abe veut remettre en marche les centrales, mais beaucoup veulent abandonner pour de bon le nucléaire et se mettre à l’énergie renouvelable.

Fukushima oscille entre le vert et le nucléaire
Panneaux solaires installés dans une serre expérimentale à Minamisoma, dans la préfecture de Fukushima, au nord-est du Japon. Kyodo/MaxPPP

 

La préfecture de Fukushima, encore traumatisée par le désastre nucléaire de 2011, passera au 100 % renouvelable d’ici à 2040. Selon la Nikkei Asian Review, 11 parcs d’énergie solaire et 10 centrales éoliennes y seront construits, pour un coût de 2,5 milliards d’euros. La production d’électricité serait de 600 mégawatts, l’équivalent des deux tiers d’une centrale nucléaire. Dans l’archipel, cette transition énergétique est l’exception plutôt que la règle.

Le nettoyage de la centrale nucléaire ne cesse d’être retardé. Initialement prévu en 2023, il a été repoussé jusqu’en 2028, notamment pour prévenir la propagation de poussière radioactive. Le démantèlement total de la centrale devrait quant à lui prendre encore trente à quarante ans.

Provoqué par un tsunami, l’accident nucléaire de Fukushima a été classé au même niveau de gravité que Tchernobyl, en raison de la masse de déchets radioactifs dont il est difficile de se débarrasser. Par exemple, plus d’un milliard de litres d’eau sont encore contaminés, qui pourraient être évaporés ou déversés dans l’océan.

Le Japon devenu le troisième importateur mondial de charbon

Dans la foulée de l’accident du 11 mars 2011, le gouvernement central a fermé la totalité des 54 centrales nucléaires du pays. Depuis, il en rouvre peu à peu. À ce jour, neuf sont en activité, après avoir passé des tests rigoureux. Des citoyens ou des gouvernements locaux ont porté plainte contre le gouvernement pour empêcher la réouverture des autres centrales, parfois avec succès.

Et ces neuf centrales ne suffisent pas à combler la demande énergétique. Pour pallier ce manque, le Japon est devenu le troisième importateur mondial – après l’Inde et la Chine – de charbon, une source d’énergie très polluante. Un « paradoxe » pour Daniel Aldrich, chercheur en rétablissement post-désastre, alors que la population veut abandonner le nucléaire et passer au vert.

Ce que souhaite aussi le nouveau ministre de l’environnement, Shinjiro Koizumi. « Nous courrons à notre perte si nous laissons un autre accident se produire », avait-il déclaré lors de sa prise de fonction en septembre dernier. Mais le gouvernement ne devrait vraisemblablement pas s’inquiéter des sorties de Koizumi, fils d’un ancien premier ministre. « Dans la tradition politique japonaise, la dynastie est plus importante que les positions du ministre, qui ne devraient pas s’imposer au gouvernement, explique Daniel Aldrich. Si la population est largement antinucléaire, la mobilisation n’est pas assez forte pour pousser le gouvernement à agir. »

Le soutien rural au nucléaire

Ce dernier rouvre des centrales dans les zones rurales qui survivent grâce aux subventions de l’État. « Sans le nucléaire dans ces zones très peu peuplées et victimes de l’exode rural, il n’y a aucun revenu à part la pêche et l’agriculture, explique Aldrich. Les gens se disent aussi qu’après Fukushima, le risque qu’un accident se reproduise est faible car les standards de sécurité ont été revus à la hausse, ce qui est vrai. »

Le premier ministre Shinzo Abe, du Parti libéral-démocrate (PLD), veut accroître de 17,4 à 22 % la part des énergies renouvelables d’ici à 2030, une cible jugée insuffisante par plusieurs, et surtout, qui sera égale à celle du nucléaire. Dans un pays où le PLD est presque continuellement au pouvoir depuis 1955, le nucléaire devrait vraisemblablement reprendre du service.

Noël 2019

Chants de Noël, Eglise St Martin L’Isle sur Serein

Une bien belle performance qu’a réalisé la chorale des « Chœurs de la Haute Côte d’Or, ce dimanche 15 décembre 2019, à l’église de L’Isle sur Serein

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