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"Rien n'est plus proche du Vrai … que le Faux"

Fukushima: Séoul préoccupé

Séoul préoccupé par le projet de déversement d’eau radioactive à Fukushima

Write: 2020-03-27 11:08:49Update: 2020-03-27 13:44:36

Séoul préoccupé par le projet de déversement d’eau radioactive à FukushimaPhoto : YONHAP News
 
Alors que le Japon examine actuellement un plan de rejet dans l’océan des eaux polluées de sa centrale nucléaire de Fukushima, Séoul a appelé Tokyo à s’assurer que ce projet ne nuise pas à la santé et à la sécurité des sud-Coréens et de l’écosystème maritime. Et d’ajouter qu’il allait une nouvelle fois transmettre officiellement cette position aux autorités nippones.

Le gouvernement de Moon Jae-in en a fait part, hier, à l’issue d’une réunion de la cellule interministérielle chargée de faire face à cette éventualité. A cette occasion, les participants ont examiné le plan de rejet des eaux contaminées présenté avant hier par Tokyo Electric Power, l’opérateur de la centrale atomique désaffectée.

Environ 1,1 million de tonnes de ces eaux seraient temporairement stockées dans la centrale de Fukushima, dévastée par un tsunami en 2011.

En octobre dernier, la Corée du Sud a demandé au Japon d’obtenir un consensus des pays voisins sur la gestion de l’eau radioactive, lors d’une réunion de l’Organisation maritime internationale.

Japon: … simple report !

Jeux olympiques. Au Japon, les opposants ne veulent pas se contenter d’un simple report

Pour une immense majorité de Japonais, le report des Jeux olympiques de Tokyo 2020 était une mesure nécessaire, mais douloureuse. Mais une minorité hétéroclite farouchement opposée à l’événement enrage, regrettant que les JO n’aient pas été purement et simplement annulés.

Les opposants aux Jeux olympiques 2020 continuent de faire entendre leurs voix après le report en 2021.
Les opposants aux Jeux olympiques 2020 continuent de faire entendre leurs voix après le report en 2021. | AFP

Bon sang ! Nous rejetons totalement le report. Les Jeux doivent être annulés et abolis, a ainsi réagi mardi sur Twitter un groupe japonais d’activistes anti-Jeux olympiques, peu après l’annonce du report des JO de Tokyo à 2021.

Quelques minutes après la décision du Comité international olympique (CIO), une poignée de militants anti-JO se sont retrouvés dans le centre de Tokyo, où ils manifestent chaque mois contre les Jeux.

PERFORMANCE. Claude Onesta : « Il fallait mettre un terme à cette agitation mais on n’a rien réglé »

Ce qui me gêne le plus, c’est le mercantilisme autour de l’événement, explique Toshio Miyazaki, 59 ans, parmi d’autres manifestants brandissant des pancartes exprimant leur courroux : Nous sommes contre les JO de Tokyo.

 

Bien qu’il soit employé par le gouvernement métropolitain de la capitale, l’un des principaux organisateurs des Jeux, M. Miyazaki n’hésite pas à clamer haut et fort son opposition à l’événement.

Avis très minoritaire

Le coronavirus oblige les organisateurs à repousser les Jeux, mais je pense que les Japonais devraient se demander s’il est vraiment nécessaire d’accueillir les Jeux olympiques, insiste-t-il.

Un avis très minoritaire : d’après les enquêtes d’opinion au Japon, à peine une personne sur dix environ pense que les JO doivent être annulés, quand bien même la pandémie de Covid-19 continue à s’étendre partout dans le monde.

Autre signe de la popularité des JO au Japon, 4,5 millions de billets pour Tokyo 2020 ont déjà été vendus dans le pays via un système de tirage au sort qui a été pris d’assaut, forçant les organisateurs à en remettre sur le marché.

REGRET. Les Tokyoïtes, déçus mais compréhensifs…

Les opposants aux JO de Tokyo ont divers motifs d’indignation, au-delà de l’aspect commercial de l’événement montré du doigt par M. Miyazaki.

Si Kumiko Sudo est venue à la manifestation mardi soir, c’est à cause de la petite musique nationaliste des Jeux selon elle, qui la met mal à l’aise.

Quand Tokyo s’est lancé dans la course pour accueillir l’édition 2020, les autorités locales avaient la volonté de stimuler le sentiment nationaliste, assure-t-elle.

Elle critique également des mesures prises par la ville à l’approche des Jeux, comme le démantèlement de camps de sans-abri.

Pour le Japon, les Jeux de 2020 devaient être ceux de la reconstruction, l’occasion de montrer comment le pays se remettait du tremblement de terre, du tsunami dévastateur et de la catastrophe nucléaire de Fukushima, en mars 2011.

Mais dans cette région sinistrée, certaines voix se sont aussi élevées pour dire que l’argent public dépensé dans l’organisation de la compétition aurait été mieux utilisé pour soutenir les personnes évacuées des zones de la catastrophe.

« Discours fallacieux »

« Tokyo a obtenu le droit d’accueillir les Jeux en jouant la carte de la « reconstruction »mais c’est un discours fallacieux », insiste Hiroki Ogasawara, professeur de sociologie à l’université de Kobe (ouest) et coauteur d’un livre critique à l’égard des Jeux de Tokyo.

Accueillir les Jeux ne va pas aider en soi à reconstruire la zone dévastée, mais on tente de faire croire aux gens ce scénario, ajoute-t-il.

La grande région du Tohoku (nord-est du Japon), la plus touchée par la catastrophe, devait à l’origine être mise à l’honneur en accueillant le départ du relais de la flamme olympique, initialement prévu jeudi, avant que le report des JO ne vienne tout bouleverser.

PARIS 2024. « Aucun impact » sur ceux de Paris 2024, selon Tony Estanguet

Le point de départ du relais devait être le J-Village, un vaste complexe sportif qui a longtemps servi de base opérationnelle aux milliers d’ouvriers travaillant sur le site de la centrale ravagée de Fukushima, située à une vingtaine de kilomètres plus au nord.

Le relais, dont la devise était l’espoir éclaire notre chemin, devait par la suite poursuivre sa route à travers tout l’archipel, avant d’arriver à Tokyo peu avant la cérémonie d’ouverture, initialement prévue le 24 juillet.

La flamme doit désormais rester dans la région de Fukushima jusqu’à nouvel ordre.

Le Japon « de retour à la case départ » après le report des JO

A Tokyo, où l'on s'apprêtait à accueillir le monde, la déception est palpable.
A Tokyo, où l’on s’apprêtait à accueillir le monde, la déception est palpable. XINHUA /
 
Publié le / Modifié le

Médias et athlètes japonais réagissent avec déception ce mercredi 25 mars au report d’un an des Jeux olympiques de Tokyo 2020, mais expriment aussi leur soulagement de voir que les Jeux n’aient pas été tout simplement annulés face à la pandémie de coronavirus.

Ce report, sans précédent en temps de paix, a été décidé mardi par le Comité international olympique (CIO) en concertation avec les autorités japonaises, après une intense pression venue d’athlètes et d’instances sportives du monde entier.
Le choc et la déception étaient palpables au Japon, où l’événement avait été présenté par le gouvernement comme les « Jeux de la reconstruction » après le séisme, le tsunami et la catastrophe nucléaire de 2011.

Le Japon a certes évité le pire scénario, celui de l’annulation. Mais « c’est comme si on était de retour à la case départ après tous les efforts des sept dernières années », a écrit le quotidien économique Nikkei, évoquant les « dépenses supplémentaires conséquentes » qui semblent désormais « inévitables ».

« Surprise et embarras », a titré le journal Tokyo Shimbun, reconnaissant néanmoins que le contexte mondial n’avait guère laissé de choix aux organisateurs.
« La décision de reporter les Jeux d’un an a été prise par élimination », analyse le journal, estimant qu’organiser l’événement cette année aurait été trop risqué et qu’un report plus long à 2022 aurait certainement été trop coûteux.

Le quotidien a également déploré la manière dont le CIO a géré la crise, en répétant pendant des semaines que les Jeux pourraient commencer comme prévu le 24 juillet, avant de faire volte-face. Les instances olympiques n’ont pas « montré les qualités dirigeantes fortes que nous espérions », selon le Tokyo Shimbun.
Les athlètes japonais se disaient déçus du report, mais résolus à s’entraîner en vue de la nouvelle échéance.

« Honnêtement, je suis encore sous le choc », a écrit la championne d’escalade Akiyo Noguchi sur son compte Instagram. « Mais je vois les choses de manière positive car j’aurai plus de temps pour pratiquer le sport que j’aime », a ajouté la trentenaire, dont Tokyo 2020 devait être les derniers JO. « Je vais mettre à profit ce temps supplémentaire pour devenir plus forte à la fois physiquement et mentalement », a-t-elle assuré. « Dans l’immédiat, j’espère que le monde va surmonter cette situation aussi vite que possible, et que les JO auront lieu à Tokyo ».

« Meilleur scénario »

Le pongiste japonais Jun Mizutani, 30 ans, qui a déjà participé aux Jeux de Pékin, Londres et Rio, a choisi de faire contre mauvaise fortune bon coeur, en partageant sur Twitter une photo de son visage vieilli par ordinateur, avec la légende: « Je peux le faire ».

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Des athlètes et fédérations sportives du monde entier avaient plaidé pour un report de Tokyo 2020, au vu des conséquences du coronavirus sur tous les aspects des Jeux, des qualifications aux entraînements en passant par les risques sanitaires.
« Nous étions prêts car le mouvement en faveur d’un report prenait de plus en plus d’ampleur », a cependant déclaré Toshihisa Tsuchihashi, responsable de la fédération japonaise de tennis au quotidien Nikkan Sports. « Je pense que c’est une sage décision. Les joueurs auront sûrement des sentiments ambivalents mais, à mon avis, ils vont repartir du bon pied et donner le meilleur d’eux-mêmes. Je les soutiendrai », a-t-il ajouté.

« Je pense aussi que c’est une bonne chose de ne pas avoir annulé (les JO, ndlr) face à la gravité de la situation », a renchéri Ichiro Hoshino, un responsable de la fédération japonaise de tennis de table, cité dans le même journal. « C’est même bien pour les athlètes car les choses sont devenues un peu plus prévisibles », a-t-il dit.

MIDI LIBRE (AVEC AFP)

 

 

JO Japon: COÛT D’UN REPORT…

Le coût colossal d'un report des JO 2020 pour le Japon

 

LE COÛT COLOSSAL D’UN REPORT DES JO 2020 POUR LE JAPON

LE SCAN SPORT – L’officialisation du report des JO est une très mauvaise nouvelle pour le pays organisateur avec une facture estimée à plus de cinq milliards d’euros.

 

Le Japon va payer au prix cher le report des Jeux olympiques en 2021, probablement l’été prochain même si la question n’a, selon le Comité international olympique, pas été abordée avec les dirigeants japonais dans les heures qui ont précédé l’officialisation de la nouvelle. «Les conséquences financières n’ont pas été évoquées et ne sont pas la priorité, il s’agit de protéger des vies», a déclaré son président du CIO Thomas Bach à plusieurs médias, dont l’AFP.

Mais le sujet va inévitablement être d’actualité dans les prochaines semaines. Selon Katsuhiro Miyamoto, un professeur en économie du sport à l’université de Kansai, cette décision pourrait coûter au pays organisateur jusqu’à 5,8 milliards de dollars (soit 5,35 milliards d’euros). Rapportés au coût global des JO, environ 1,350 milliards de yens (soit 11,5 milliards d’euros sans compter les frais très élevés liés au déplacement du marathon et les épreuves de marche vers le nord, à Sapporo), le choc risque d’être lourd à encaisser pour les organisateurs.

La récession économique pourrait peser lourdement sur l’édition en 2021

Le premier secteur impacté englobe l’entretien et la maintenance de toutes les installations sportives, du village olympique, ainsi que la préparation de l’événement en 2021 avec une ardoise évaluée, selon lui, à 3,5 milliards d’euros. Mais ce n’est pas tout, le Japon devra aussi s’asseoir sur toutes les rentrées d’argent programmées avec la venue de centaines de milliers de touristes, les ventes des produits dérivés et un grand maque à gagner de l’économie des services. Katsuhiro Miyamoto évalue ce trou à un peu moins de deux milliards d’euros.

Mécaniquement, ces recettes attendues alors que l’activité du pays marche déjà au ralenti en raison de la pandémie, devraient en toute logique tomber dans les caisses de l’économie nippone l’année prochaine. Sauf que la situation économique mondiale, très incertaine dans les mois à venir, pourrait avoir des conséquences négatives sur le nombre de visiteurs attendus en 2021 alors que le secteur touristique contribue à hauteur de 7,4% du PIB japonais. Si la crise économique et financière succède, comme il est fort à craindre, à la crise sanitaire, bon nombre de voyageurs pourraient décider de renoncer à leur escapade olympique.

Une secousse qui aura aussi des répercussions sur la filière sport en France

La secousse du report des Jeux olympiques aura des conséquences économiques jusqu’en France. Mise au chômage technique dans l’Hexagone en raison de la pandémie du coronavirus, la situation filière sportive pourrait aussi voir sa situation fragilisée au moment où les soutiens public sont en diminution dans ce secteur. «Le Comité international olympique (CIO) reverse une large partie de ses bénéfices par le biais de différents programmes de solidarité. Or si on décale d’un an, on décale peut-être d’un an les financements de nouveaux programmes. La solidarité peut être menacée. Et ce sera encore pire s’il y a des annulations d’autres événements sportifs», s’inquiète Christophe Lepetit, responsable des études économiques au Centre de droit et d’économie du Sport (CDES) de Limoges.

JO Tokyo 2020 : report devenu inévitable

Jeux olympiques. Tokyo 2020 : chronologie d’un report devenu inévitable

 

La réponse tant attendue est enfin tombée ce mardi : les Jeux olympiques de Tokyo 2020 ont été reportés par les organisateurs, quatre mois jour pour jour avant le début prévu de la compétition. Retour sur les grandes dates d’un report inéluctable.

Les JO 2020 sont reportés.
Les JO 2020 sont reportés. | REUTERS


7 septembre 2013 : Tokyo élue ville-hôte

À Buenos Aires (Argentine), lors de la 125e session du Comité international olympique (CIO), Tokyo est élue ville-hôte des Jeux olympiques 2020, face à Istanbul (Turquie) et Madrid (Espagne). Les 32es Olympiades de l’ère moderne se tiendront du 24 juillet au 9 août 2020. Lors de cette même cession de l’instance olympique mondiale, l’Allemand Thomas Bach est élu neuvième président du CIO.

25 février 2020 : « Nous n’avons jamais discuté de l’annulation »

Alors que l’épidémie de coronavirus continue de se propager dans le monde à vitesse « grand V », et notamment au Japon, les organisateurs de Tokyo 2020 ne discutent pas « de l’annulation des Jeux. La préparation se poursuit comme prévu. » À cette date, 156 cas de contamination ont été recensés dans l’archipel nippon, dont un décès. Le jour même de cette déclaration du comité organisateur olympique, la Fédération japonaise de football, la J-League, annonce le report de l’ensemble des matches du championnat jusqu’au 15 mars au moins. Mais, à propos des Jeux, le ministre japonais de la Santé balaye les inquiétudes : « Ils auront lieu en juillet ».

26 février 2020 : les premiers doutes

Dans un entretien à The Associated Press, le Canadien Dick Pound, membre du Comité international olympique, évoque, lui, la possibilité d’une « annulation » de la compétition en raison de la propagation de l’épidémie. « Dans ce genre de moments, je pense qu’ils vont devoir se demander : « Est-ce sous contrôle et pouvons-nous être confiants pour Tokyo ? » ».

28 février 2020 : le CIO s’en remet à l’OMS

Le CIO annonce qu’il n’envisagera pas de reporter ou d’annuler les Jeux olympiques de Tokyo 2020 tant qu’il n’aura pas été invité à le faire par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « À moins d’une crise mondiale dont la gravité empêcherait les Jeux d’avoir lieu, ou pousserait les autorités à interdire les déplacements ou quelque chose dans le genre, nous allons de l’avant », explique cette fois Dick Pound, membre historique de l’institution sportive. Mais il prévient aussi : « Il serait irresponsable de continuer à avancer sans avoir à l’esprit que quelque chose pourrait survenir. » Existe-t-il une date butoir avant laquelle une décision devra être prise concernant la tenue des Jeux ? « À un moment donné, que ce soit deux mois ou un mois en amont, quelqu’un devra trancher ».

3 mars 2020 : « Des Jeux 2020 réussis »

Alors que l’épidémie de coronavirus a déjà fait plus de 3 000 morts dans le monde et a entraîné l’annulation ou le report de nombreux événements sportifs, Thomas Bach se veut rassurant en déclarant que le « CIO est totalement déterminé à la tenue de JO couronnés de succès à Tokyo à partir du 24 juillet ». Le Comité olympique international se prépare « pour des Jeux olympiques de Tokyo 2020 réussis ».

Thomas Bach se veut rassurant. | AFP

6 mars 2020 : le CIO s’est assuré contre le risque d’annulation

Face à la crise sanitaire, le CIO est assuré contre un possible risque d’annulation des JO de Tokyo 2020. Une annulation liée au coronavirus, dont l’épidémie est apparue bien après la signature du contrat d’assurance, sera dès lors couverte. La première « assurance annulation » des Jeux olympiques souscrite par l’instance remonte aux JO d’Athènes en 2004, une innovation du président de l’époque, le Belge Jacques Rogge.

12 mars 2020 : la flamme olympique s’allume

Sur le site des premiers Jeux Olympiques de l’Antiquité, la flamme est allumée à Olympie (Grèce), en l’absence de spectateurs pour cause du coronavirus, alors que la Grèce a enregistré son premier mort le matin. C’est l’actrice Xanthi Georgiou, vêtue en ancienne prêtresse, qui allume la torche de manière traditionnelle grâce aux rayons d’un soleil radieux passant à travers un miroir parabolique. La flamme commence alors son périple qui doit la mener jusqu’au Japon, pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques à Tokyo le 24 juillet.

Xanthi Georgiou allume la flamme olympique. | REUTERS

14 mars 2020 : le Premier ministre japonais optimiste

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe promet que Tokyo accueillera bien comme prévu en juillet les Jeux olympiques, malgré les interrogations suscitées par la pandémie. Il précise n’avoir pas l’intention dans l’immédiat de proclamer l’état d’urgence face à la propagation du virus qui a infecté plus de 700 personnes au Japon et en a tué 21. « Nous voulons organiser les JO comme prévu, sans problème, en maîtrisant la propagation du virus », selon le chef du gouvernement japonais, deux jours après que le président américain Donald Trump a suggéré un report d’un an des Jeux prévus au Japon.

17 mars 2020 : « Pas de décisions radicales »

La Commission exécutive du CIO se réunit par visio-conférence. Résultat ? « Il n’est pas nécessaire de prendre de décisions radicales », juge le Comité international olympique. Le même jour, l’Euro 2020 de football et le tournoi de tennis de Roland-Garros sont reportés.

18 mars 2020 : le débat s’amplifie

La polémique commence à monter, entre les partisans du maintien et ceux d’un report ou d’une annulation. Certains athlètes prennent la parole en faveur d’un report des Jeux, comme Pascal Martinot-Lagarde, champion d’Europe et médaillé de bronze mondial sur 110 m haies ou le recordman du monde du décathlon français Kévin Mayer, qui évoque le problème d’équité « entre ceux qui ont ou auront eu accès à un entraînement normal et à des compétitions ». Le président de la Fédération française de natation Gilles Sezionale se dit « atterré » par le maintien. Martin Fourcade (quintuple champion olympique de biathlon) estime, lui, qu’il ne faut pas se précipiter mais au contraire prendre son temps avant d’envisager un éventuel report des Jeux olympiques.

« Il n’y a pas de solution idéale dans cette situation, estime alors le Comité international olympique. C’est une situation exceptionnelle qui appelle des solutions exceptionnelles ». Les réunions se poursuivent entre le président de l’instance, les comités nationaux olympiques et des représentants des sportifs.

20 mars 2020 : la flamme olympique arrive au Japon

Partie la veille d’un stade Panathénaïque vide en Grèce, la flamme arrive à Matsushima, au nord-est du Japon, accueillie sur le tarmac par un groupe d’invités réduit en raison du coronavirus.

La torche arrive au Japon. | EPA/MAXPPP

Le président du Comité international olympique, de son côté, affirme au New York Times qu’aucune décision n’a encore été prise concernant un report de la quinzaine olympique : « Pour nous, ce ne serait pas responsable aujourd’hui et ce serait prématuré de partir dans des spéculations et de prendre une décision ». « La décision du CIO ne sera déterminée par aucun intérêt financier », assure-t-il.

21 mars 2020 : les Fédérations entrent dans la danse

La Fédération américaine d’athlétisme, l’une des plus puissantes institutions du sport mondial, réclame à son tour le report des Jeux olympiques de Tokyo. Comme elle, la Fédération US de natation se prononce pour cette option, comme la Fédération française de natation et la Fédération espagnole d’athlétisme. Plusieurs athlètes canadiens signent aussi un texte commun appelant au report des JO. Les comités olympiques norvégien et brésilien lèvent leur voix.

22 mars 2020 : le monde attend la décision du CIO, sous pression

Olivier Véran, le ministre français des Solidarités et de la Santé, annonce qu’il ne souhaiterait pas envoyer d’athlètes français participer aux Jeux olympiques 2020, cet été à Tokyo. « Ai-je vocation à demander la suspension des JO ? Non. Est-ce que, en tant que ministre, je souhaiterais envoyer nos athlètes pour y participer ? Non. »

Le même jour, André Giraud, le président de Fédération française d’athlétisme, dit sa volonté de reporter les Jeux olympiques de Tokyo 2020 face à l’urgence sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus. Il souhaite une réponse rapide du CIO. Le président du CNOSF Denis Masseglia prôné, lui, « la moins mauvaise des solutions ».

Plusieurs centaines d’athlètes américains, qui ont participé à une séance de consultation avec des responsables de leur comité olympique, souhaitent que les Jeux olympiques 2020 soient reportés.

En fin de journée, dans une lettre ouverte aux athlètes, le président du Comité international olympique Thomas Bach annonce qu’une décision sera prise dans les quatre prochaines semaines à propos de la tenue ou non des JO 2020 de Tokyo aux dates prévues. S’il évoque un possible report, il écarte toute annulation.

Athlete365 @Athlete365
 

22 March: Letter from IOC President Thomas Bach OLY to athletes.

Read here: https://www.olympic.org/athlete365/voice/22-march-letter-president-thomas-bach-athletes/ 

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23 mars 2020 : le Japon change de discours

Le Japon, par la voix de son Premier ministre, admet que le report des Jeux olympiques, prévus cet été, est désormais une possibilité. « Si cela devenait difficile, en tenant compte en priorité des athlètes », la décision d’un report « pourrait devenir inévitable », selon Shinzo Abe.

Les comités olympiques et paralympiques du Canada prennent, eux, une position très claire : ils n’enverront pas leur équipe défendre leurs couleurs au Japon, si les Jeux olympiques devaient se tenir comme prévu l’été prochain.

L’union sacrée des fédérations derrière le CIO se fissure. Le président de la Fédération internationale d’athlétisme Sebastian Coe demande au président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, de reporter les Jeux olympiques de Tokyo. Ouvrir les Jeux au 24 juillet comme prévu n’est « ni faisable ni souhaitable ».

24 mars 2020 : les Jeux de Tokyo 2020 sont reportés

Le coronavirus aura eu raison des Jeux cet été. Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, annonce à la télévision avoir trouvé un accord avec le CIO en vue d’un report d’un an . « J’ai proposé de les reporter d’environ un an et le président du Comité international olympique Bach a accepté à 100 % ».

Dans un communiqué, le CIO déclare que : « Dans les circonstances actuelles et sur la base des informations fournies par l’OMS aujourd’hui, le président du CIO et le Premier ministre du Japon ont conclu que les Jeux olympiques de Tokyo devaient être reportés à une date postérieure à 2020 mais au plus tard à l’été 2021, pour protéger la santé des athlètes, de toutes les personnes impliquées dans les Jeux olympiques et de la communauté internationale. »

Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, annonce à la télévision avoir trouvé un accord avec le CIO en vue d’un report d’un an. | EPA/MAXPPP

JO 2020 : le parcours de la flamme

JO 2020 : le parcours de la flamme olympique inchangé malgré la pandémie de coronavirus

Le parcours de la flamme olympique n’est pour l’instant pas modifié. (R. Reyes Marin/Aflo/Presse Sports)

Le parcours de la flamme olympique n’est pas modifié « pour l’instant », et le relais censé débuter jeudi à Fukushima suivra son cours, ont assuré lundi les organisateurs des Jeux Olympiques de Tokyo.

« La décision prise il y a une semaine (de maintenir le parcours de la flamme en l’état) reste pour l’instant appropriée, a déclaré lundi le directeur général du Comité d’organisation des Jeux Olympiques, Toshiro Muto. Le relais de la flamme débutera le 26 mars à Fukushima, les plans n’ont pas changé », et ce malgré les craintes liées à la pandémie de coronavirus. Dimanche, le Comité olympique international (CIO) a pour la première fois évoqué l’option d’un report, et le Comité olympique canadien a déjà fait savoir qu’il n’enverrait aucun athlète si l’épreuve était maintenue aux dates prévues (24 juillet-9 août).

50 000 personnes rassemblées pour voir la flamme

Les organisateurs ont décidé vendredi de réduire le faste de la cérémonie d’accueil de la flamme, acheminée par avion depuis la Grèce : 200 enfants qui devaient y assister ont finalement été renvoyés chez eux. La footballeuse Nahomi Kawasumi, établie aux États-Unis, a par ailleurs annoncé lundi qu’elle renonçait à participer au relais de la torche, afin d’éviter de contaminer qui que ce soit.

Les cérémonies quotidiennes d’accueil et de départ de la flamme ont en outre été interdites aux spectateurs, et les rassemblements sur son parcours découragés. En dépit de ces préconisations, plus de 50 000 personnes se sont massées samedi à la gare de Sendai, à 300 kilomètres au nord de Tokyo, pour voir la flamme qui y était exposée. « C’est une preuve de l’intérêt des Japonais, d’une certaine manière nous en sommes ravis », a commenté Muto, avant de souligner que la priorité des organisateurs résidait dans la prévention de la propagation du virus et la mise en place de « contre-mesures poussées ».

 
publié le 23 mars 2020 à 11h19

JO Tokyo: Report possible

JO de Tokyo: après le CIO, le Japon admet la possibilité d’un report

Par © 2020 AFP

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe devant le Parlement à Tokyo le 23 mars 2020
Le Premier ministre japonais Shinzo Abe devant le Parlement à Tokyo le 23 mars 2020PHOTO – JIJI PRESS/AFP – –


Le monde peut toujours compter sur le Japon pour accueillir les Jeux cet été, a déclaré M. Abe devant le Parlement nippon, mais « si cela devenait difficile, en tenant compte en priorité des athlètes », la décision d’un report « pourrait devenir inévitable ».

 

Les Jeux olympiques doivent normalement se tenir à Tokyo du 24 juillet au 9 août, et les Paralympiques du 25 août au 6 septembre.

La gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, s’est aussi rangée lundi derrière les propos de M. Abe et du CIO, acceptant qu’un report fasse partie des scénarios qui seront discutés durant les quatre prochaines semaines par tous les partenaires concernés.

Il s’agit d’un tournant dans le discours officiel japonais, alors que les autorités locales poussaient jusqu’à présent pour organiser les Jeux comme initialement prévu.

La flamme olympique est arrivée au Japon vendredi, et des dizaines de milliers d’habitants se sont déjà pressés pour la voir depuis, malgré des festivités nettement limitées en raison du coronavirus. Son relais à travers tout le pays doit démarrer jeudi depuis la région de Fukushima (nord-est).

Dimanche, le Comité international olympique (CIO) avait annoncé l’ouverture de discussions « avec tous les partenaires pour dresser un état des lieux du développement rapide de la situation sanitaire et de son impact sur les Jeux olympiques ».

Ces discussions, qui comprendront le scénario d’un report, doivent être finalisées « dans les quatre prochaines semaines », a précisé le CIO. Il a en revanche exclu l’annulation pure et simple de l’événement, tout comme M. Abe lundi.

– « Très complexe » –

Envisager une nouvelle date devenait indispensable à l’heure où la plupart des compétitions sportives sont à l’arrêt sur l’ensemble des continents, et où près d’un milliard de personnes doivent rester chez elles, avec des mesures de confinement souvent drastiques.

Plus de 324.000 cas d’infection ont été recensés dans 171 pays et territoires depuis le début de la crise sanitaire, qui a fait au moins 14.396 morts, selon le dernier bilan établi par l’AFP dimanche à 19H00 GMT.

La Fédération internationale d’athlétisme, World Athletics, a dit dans un communiqué accueillir « favorablement » l’ouverture de discussions pour un report des Jeux.

Un nombre grandissant de fédérations sportives nationales ont appelé ces derniers jours à un report de l’événement, emboîtant le pas à des critiques d’athlètes d’abord isolées.

Les comités olympique et paralympique du Canada ont franchi un pas en annonçant dimanche qu’ils n’enverraient pas leurs athlètes si les JO étaient maintenus cet été. Ce pays plaide pour un report d’un an.

En France le ministre de la Santé, Olivier Véran, s’était aussi déclaré dimanche peu enclin à envoyer des sportifs au Japon dans quatre mois.

« Il est clair que les Jeux ne peuvent se tenir en juillet », a estimé lundi le vice-président du Comité olympique australien Ian Chesterman, invitant les athlètes du pays à se préparer pour l’été 2021.

Au-delà des questions évidentes de santé, la pandémie actuelle de coronavirus pose d’énormes difficultés pour les sportifs qui ne peuvent ni s’entraîner en vue des JO, ni même, dans un certain nombre de disciplines, tenter de se qualifier, faute de compétition.

L’ancien roi américain du sprint Carl Lewis a suggéré dimanche de reprogrammer les Jeux en 2022, une solution qu’il estime être « plus pratique » pour les athlètes qui auraient alors « le temps de se préparer ».

L’avis semble largement partagé par les sportifs américains appelés à participer à la compétition, selon une consultation réalisée dimanche. La délégation américaine est traditionnellement la plus importante.

Un report d’un événement aussi gigantesque est toutefois une « opération très complexe », a prévenu samedi le président du CIO, Thomas Bach, dans un entretien avec le média régional allemand SWR. « Reporter les Jeux olympiques n’est pas comme décaler un match de football au samedi suivant ». 

Japon: JO en plein doute

La flamme olympique arrive au Japon pour des JO en plein doute

L’ex-nageuse olympique japonaise Imoto Naoko porte la flamme olympique allumée à la vasque du stade d’Athènes, en Grèce, hier. La flamme a été transportée par avion et est arrivée au Japon.

 

(Tokyo) La flamme olympique atterrit vendredi au Japon, où l’accueil festif prévu a été réduit à sa plus simple expression en raison de la pandémie de coronavirus, qui insinue le doute sur la tenue même des Jeux de Tokyo cet été.

 

URSULA HYZY
AGENCE FRANCE-PRESSE

« Un crève-cœur », avait lâché mardi le directeur général du comité d’organisation de Tokyo 2020, Toshiro Muto, en se résignant à annoncer des mesures destinées à limiter la propagation du nouveau coronavirus pendant le relais de la flamme à travers le pays.

Déjà, ce feu symbole d’union de l’humanité dans l’esprit olympique avait été allumé sans public le 12 mars sur le site antique d’Olympie, en Grèce, où sévit aussi le virus meurtrier. Puis son périple sur le sol grec a dû être arrêté en raison d’une trop grande affluence.  

Apparue en Chine en décembre, la maladie a tué près de 9000 personnes à travers le monde, bouleversé les habitudes, fait se cloîtrer des pays entiers, tandis qu’elle menace de faire plonger l’économie mondiale en récession.

En commençant son parcours dans ce que les Japonais appellent le Tohoku, ou région du nord-est, la flamme devait symboliser la reconstruction des zones dévastées par le gigantesque tsunami du 11 mars 2011, marquées aussi depuis par les séquelles de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Cérémonies annulées

Deux cents enfants de la région devaient accueillir à son arrivée sur une base aérienne de la préfecture de Miyagi le flambeau de couleur rose dorée, à l’image des cerisiers en fleurs attendus avec impatience chaque printemps au Japon. Ils resteront à la maison.

Et M. Muto, selon lequel le relais est « l’événement le plus important avant les Jeux » et doit ainsi « avoir lieu coûte que coûte », a dû énumérer d’autres dispositions peu réjouissantes.

Un grand départ sans spectateurs le 26 mars dans la région de Fukushima depuis le J-Village, vaste complexe sportif transformé des années durant en quartier général des travailleurs chargés de sécuriser puis assainir la centrale nucléaire dévastée.

Pas de spectateurs non plus aux départs et arrivées de chaque étape du relais, cérémonies d’accueil par les municipalités du parcours annulées, prise de température de chaque relayeur.

Les spectateurs pourront suivre les coureurs depuis le bord de la route, mais ont été priés de s’abstenir au moindre signe de maladie.

« Évitez de former des foules » supplient aussi les organisateurs au Japon, où plus de 900 porteurs du virus ont été répertoriés avec 31 décès.

À 10 000 km, au sein d’une Europe devenue foyer majeur du virus, la Grèce a transmis jeudi la flamme au Japon, dans un stade panathénaïque d’Athènes vide.  

C’est à Naoko Imoto, nageuse japonaise aux Jeux d’Atlanta en 1996, que le flambeau a été symboliquement remise. Les organisateurs nippons, dans l’impossibilité de se rendre en Europe du fait de la fermeture des frontières, ont fait appel à elle à la dernière minute, car elle vit en Grèce.

Fronde chez les athlètes

Le flambeau doit parcourir toutes les régions de l’archipel japonais jusqu’au 24 juillet, date prévue de l’ouverture à Tokyo du rendez-vous sportif le plus important du monde, aux énormes enjeux financiers.

Mais pour beaucoup, le cœur n’y est plus tant le doute et l’incertitude progressent sur le maintien de l’événement.

Déjà une multitude de rencontres sportives ont été reportées à travers le monde, et non des moindres : l’Euro et la Copa America de football, Roland-Garros pour le tennis ou encore la course cycliste Paris-Roubaix. Pour les JO eux-mêmes, il a fallu renoncer à certaines épreuves de qualification.

Mardi, le Comité international olympique (CIO) a jugé « pas nécessaire de prendre des décisions radicales », déclenchant une fronde parmi nombre d’athlètes.

« Je pense que l’insistance du CIO à maintenir sa ligne, avec tant de conviction, est insensible et irresponsable », a estimé l’ancienne hockeyeuse canadienne Hayley Wickenheiser, quadruple médaillée d’or aux JO et membre du CIO.

« Le CIO nous demande de continuer à mettre en danger notre santé, celle de nos familles et des gens, juste pour s’entraîner chaque jour ? » a accusé sur Twitter la perchiste grecque Katerina Stefanidi.

« Il n’y a aucune considération du risque qu’ils nous imposent », a encore fulminé la championne olympique 2016.

Fukushima : les conséquences

Fukushima : les conséquences sanitaires

Où en sont les conséquences environnementales et sanitaires de l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima Daï Ichi, survenu le 11 mars 2011 ? Une série de notes d’informations publiées par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire permet de faire le point sur la situation (ici sur la santé, et là sur l’environnement). En voici un résumé (il n’y a rien ici sur l’état des installations et les activités qui s’y déroulent, la gestion des déchets de sol contaminés ou le coût de l’accident).

1- La mesure de la radioactivité dans l’environnement

La surveillance du niveau de radioactivité dans l’air montre la poursuite de sa diminution, en moyenne de 77% dans un périmètre de 80 km autour de la centrale (cartes ci dessus). Les mesures dans les localités situées dans les zones bleues sont similaires à celles que l’on trouve dans des agglomérations ailleurs dans le monde : les débits de doses par heure sont de 0.06 µSv/h (microsievert par heure) à Minami-sôma, 0.07 µSv/h à Kôriyama et 0,12 µSv/h à Fukushima pour 0,05 µSv/h à Taipei, 0,11 µSv/h à Séoul, 0,10 µSv/h à Londres… et 0,06 µSv/h à Paris le 11 mars dernier selon la balise de l’IRSN installée dans le 12ème arrondissement. ( Ou 0,10 µSv/h à Limoges le 16 mars).

Les mesures effectuées sur les produits agricoles à l’échelle du Japon montrent qu’ils ne sont plus affectés par les contaminations car les seuls dépassements des normes ne concernent plus que des baies, du gibier et des champignons sauvages :

Les produits agricoles ne présentent plus de contamination radioactive supérieure au 100 Bq/kg à plus de 99%. En 2018/2019 seuls 313 échantillons (cueillettes de baies et champignons, gibier) dépassaient le 100 Bq/kg (un litre de lait de vache normal affiche environ 80 Bq/kg, un corps humain adulte environ 7 000 Bq).

Les produits de la mer sont dans le même cas avec zéro poisson au dessus de 100 Bq/kg depuis 2015 (sauf un en 2018).

Des mesures qui concordent avec la diminution drastique de la contamination des eaux autour de la centrale (attention, l’échelle des graphiques est en logarithme) :

Pour les poissons de rivières on compte encore quelques cas par an, moins de dix, au delà de la barre des 100 Bq/kg contre plus de 200 en 2012 (rappel : un litre de lait de vache normal affiche environ 80 Bq/kg, un corps humain adulte 7 000 Bq – surtout le potassium 40 et le carbone 14).

2- Les territoires contaminés

La diminution de la radioactivité a modifié la gestion des zones contaminées et permis ici et là des retours de populations, mais pour l’instant très minoritaires. La plupart des zones 2 et 3 sont déclarées « décontaminées » et les retours de populations possibles avec une levée des consignes d’évacuation entre 2014 et 2017. En revanche la zone 1 – dont le niveau de contamination en 2011 provoquait une dose annuelle supérieure à 50 mSv – n’est pas considérée comme « ré-occupable » à l’exception des zones en violet où des opérations de décontamination poussées ont permis la création de « bases de reconstruction » (gares, magasins, bâtiments collectifs…). En mars, les consignes d’évacuation ont donc été levées pour les localités de Oduma, Tomioka et Futaba. Au total, la zone évacuée s’est réduite de 1150 km² en 2011 à 336 km² en 2020.

Au total, environ 95 000 personnes avaient quitté la zone d’évacuation (mais il faut y ajouter environ 65 000 personnes qui vivaient en dehors de cette zone d’évacuation et qui ont décidé de leur propre chef de quitter leurs habitations pour se loger ailleurs dans la Préfecture de Fukushima ou une autre région du Japon). Sur les habitants de la zone d’évacuation, au plus 20% se sont ré-installées chez elles, confirmant que la perte de territoires – modulée par des décisions collectives et individuelles sur le niveau de contamination acceptable – constitue l’une des conséquences les plus importantes d’un tel accident. Plusieurs dizaines de milliers de Japonais sont toujours confrontés aux difficultés sociales, psychologiques et économiques provoqués par ces départs contraints ou volontaires – surtout que le gouvernement traite différemment ces deux catégories au plan social.

3- les conséquences sanitaires pour les habitants

Les pouvoirs publics japonais poursuivent la surveillance d’éventuelles conséquences sanitaires – radio-induites ou non – sur les populations. A la surveillance générale à l’échelle de la région (2 millions de personnes) s’ajoutent des observations particulières pour les femmes enceintes ou ayant accouché lors de l’accident (16 000), les populations des zones les plus exposées et les 360 000 enfants de la région âgés de moins de 18 ans en 2011 pour la thyroïde.

Les dépistages systématiques de cancers de la thyroïde chez les enfants en ont bien sûr détecté beaucoup plus (environ 15 fois, avec 102 thyroïdes opérées d’enfants entre 6 et 18 ans) qu’en l’absence d’un tel dépistage lors de la première vague destinée à établir un état zéro… mais pas plus que dans trois autres régions du Japon (Aomori, Hiroshima et Yamanashi) indemnes de contamination et testées pour comparaison. Cette observation était attendue, elle correspond à ce qui a été mesuré dans d’autres pays, comme la Corée du Sud, lorsque l’on réalise des dépistages systématiques. Les trois autres vagues de dépistage (2014/2016, puis 2016/2018, puis 2018/2020) ont logiquement affiché une diminution importante du nombre de cancers diagnostiqués (51 puis 24, puis 8, chiffre provisoire). Ces chiffres signifient  qu’il n’y a pour l’instant aucun signe de survenue de cancers de la thyroïde infantiles due à l’exposition à la radioactivité, dont le niveau est jugé trop bas pour avoir provoqué un phénomène similaire à celui observé à Tchernobyl (environ 7 000 enfants opérés).

En outre nombreux « détails » des cancers de la thyroïde infantiles détectés et opérés – âge des enfants atteints, profils oncogéniques similaires à une population non exposée et très différents de ceux de Tchernobyl – font penser qu’ils ne sont pas radio-induits.

Les médecins estiment qu’ils n’auraient pas du opérer autant de cas de la première vague de dépistage, nombre de ces cancers auraient pu évoluer favorablement et ainsi éviter l’opération et la médication à vie. Comme le précise l’IRSN «le cancer de la thyroïde progresse généralement lentement, ne provoque de symptômes que lorsqu’il est à un stade avancé et il est peu létal. Ces cancers diagnostiqués lors d’un dépistage correspondent à ce que les cancérologues appellent des cancers indolents ou quiescents. La détection précoce de ces nodules tumoraux n’améliore pas la santé ni la survie des patients, mais peut au contraire diminuer leur qualité de vie à cause d’un traitement médical et/ou de complications de chirurgie. Le dépistage entraîne donc un sur-diagnostic des cancers thyroïdiens, c’est-à-dire une détection de cas pour lesquels il n’y a aucun bénéfice médical.» Du coup, les spécialistes estiment désormais qu’en cas d’exposition à la radioactivité à ce niveau lors d’un accident, il vaut mieux éviter le dépistage systématique et se concentrer sur les individus à haut risque.

Les bilans de santé sur les populations évacuées montrent une amélioration générale, physiologique et psychologique, due à la stabilisation de leurs conditions de vie. Il n’y a aucun signe particulier pour les naissances prématurées, les fausses-couches et les malformations congénitales. Le stress et l’inquiétude – en particulier chez les femmes enceintes lors de l’accident – ont diminué régulièrement depuis 2011, mais suscitent encore des besoins de soutien psychologique. Le document de l’IRSN note que «A la question «Pour quelle raison ne souhaitez-vous pas entamer une autre grossesse ? », seulement 1,6 % des femmes interrogées en 2015 évoquent une peur liée aux conséquences d’une exposition à la radioactivité, alors qu’elles étaient 14,8 % à l’évoquer en 2012».

4- Que faire de l’eau ?

Ainsi, un article paru dans The Conversation sur le devenir des eaux contaminées stockées sur le site de la centrale est étonnant. Il relate correctement la problématique de l’accroissement des volumes et de la saturation des conteneurs. Il fait écho aux débats au Japon sur la solution consistant à déverser cette eau dans la mer, certains la préconisant, d’autres s’y opposant. Mais ce qui est étrange, c’est que cet article ne dit absolument rien du niveau de contamination de ces eaux. Comme si les opérations de décontamination n’avaient pas lieu. Or, les procédés utilisés ont permis de séparer de l’essentiel du volume d’eau stocké l’essentiel de la radioactivité qu’il contenait (elle est alors concentrée dans les effluents du procédés et des volumes d’eau réduits). L’argumentaire des partisans du relâchement dans l’océan se résume ainsi : la décontamination n’est pas parfaite, à 100%, mais largement suffisante pour que ce déversement n’ait pas d’effets notables sur le niveau de radioactivité des eaux marines, où la dilution sera rapide. Celui des opposants s’appuie soit sur un principe (tout relâchement serait « mal ») ou réglementaire : les niveaux de contaminations sont supérieurs aux autorisations de rejets… calculés pour des installations en fonctionnement normal.

Dans le détail, les eaux qui pourraient être relâchées contiennent du tritium, de l’hydrogène radioactif dont l’effet biologique est très faible. C’est d’ailleurs pour cela que les installations nucléaires ont des autorisations de rejets pour le tritium. L’usine d’Orano, à la Hague peut ainsi rejeter en mer des quantités de tritium similaires (et même supérieures)  à celles qui sont contenues dans l’eau stockée à Fukushima. Les autres radio-éléments encore contenus dans l’eau décontaminée dépassent les réglementations, notamment parce que la fréquence des remplacements de filtres a été diminué pour atteindre des niveaux de radioprotection très élevés pour les travailleurs sur le site. La diminution drastique des niveaux d’irradiations dans les eaux à proximité immédiate de la centrale dévastée et les très faibles niveaux de contamination des produits de la pêche confirment que la dilution dans l’océan est une méthode efficace pour gérer cette radioactivité. De peu d’effets biologiques, le déversement étalé sur un an et la dilution rapide dans l’océan élimineraient le risque d’une défaillance du stockage qui se traduirait par une contamination localisée nettement plus problématique.

Sylvestre Huet

Japon: La Flamme olympique

CORONAVIRUS : LES FESTIVITÉS DE LA FLAMME OLYMPIQUE REVUES À LA BAISSE AU JAPON

Les cérémonies d’accueil par les municipalités seront annulées. [SUSA / Icon Sport]

Des modifications à venir. En raison du coronavirus, les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo ont décidé mardi de réduire l’ampleur des festivités entourant le relais de la flamme olympique, dont le départ est prévu le 26 mars dans la région de Fukushima.

Si le parcours à travers toutes les régions du Japon reste inchangé et les spectateurs pourront assister au relais, les cérémonies d’arrivée et de départ à chaque étape seront fermées au public, ont précisé les organisateurs dans un communiqué.

Le «grand départ» du relais depuis la région de Fukushima (nord-est) se fera sans spectateurs, «pour éviter de propager les infections», a annoncé à la presse le directeur exécutif du comité d’organisation de Tokyo 2020, Toshiro Muto.

LA TEMPÉRATURE DES RELAYEURS MESURÉE

L’itinéraire à travers toutes les régions du Japon reste inchangé et les spectateurs pourront assister au relais le long du parcours. Mais les cérémonies de départ et d’arrivée à chaque étape seront fermées au public, ont précisé les organisateurs dans un communiqué. Les cérémonies d’accueil par les municipalités seront annulées.

Les organisateurs demandent par ailleurs à tout spectateur ne se sentant pas bien de ne pas regarder le relais depuis le bord de la route. La température des relayeurs sera mesurée et ceux ayant de la fièvre seront empêchés de courir.

Ces décisions interviennent dans un contexte de doutes grandissants sur l’opportunité de maintenir les Jeux olympiques de Tokyo cet été, alors que quantité de compétitions sportives ont été annulées à travers le monde, ainsi que des épreuves de qualification pour les Jeux en raison de la pandémie de coronavirus.

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