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"Rien n'est plus proche du Vrai … que le Faux"

Fukushima:L’heure du verdict

L’heure du verdict pour les anciens dirigeants de Fukushima

Huit ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, les anciens dirigeants de l’exploitant Tepco, seront fixés sur leur sort ce jeudi 19 septembre.

Les trois anciens dirigeants de Tepco avant leur procès au Japon, en juin 2017. Les trois anciens dirigeants de Tepco avant leur procès au Japon, en juin 2017.  (STR / JIJI PRESS)

 

C’est l’heure du verdict pour trois anciens dirigeants de Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima, poursuivis pour « négligences ayant entrainé la mort ». Et ce verdict, il s’est fait attendre longtemps. C’est le premier procès au pénal à ce jour, huit ans après. Au civil, Tepco a déjà été condamné à huit millions d’euros de dommages et intérêts. Mais au pénal, le parquet japonais s’est longtemps opposé à des poursuites.

Le procès a finalement eu lieu en décembre dernier. Et depuis on attend le verdict. Tsunehira Katsumata, Ichiro Takekuro et Sakae Muto, étaient les trois dirigeants de la compagnie d’électricité de Tokyo, Tepco, propriétaire de la centrale de Fukushima. Le 11 mars 2011, après le tsunami et le séisme que l’on sait, la centrale est inondée. C’est la pire catastrophe nucléaire de l’Histoire avec Tchernobyl. 200 000 personnes prennent la fuite dans le chaos. Il y a près de 2 000 morts dans les opérations d’évacuation.  

Un petit mur d’enceinte de trois mètres de haut

Les trois responsables de Tepco sont accusés de ne pas avoir suspendu la centrale à temps, et d’avoir sous-estimé le risque dans les mois et les années qui ont précédé. Plusieurs rapports, notamment en 2002 et 2008, avaient souligné le risque de vagues de submersion de 12 voire 15 mètres. D’autres centrales japonaises en avaient tenu compte, en rehaussant leurs enceintes de protection. Pas Fukushima, où le mur d’enceinte ne faisait que trois mètres de haut.

La ligne de défense des accusés tient en deux points principaux. D’une part, disent-ils, ils ne pouvaient pas être au courant de tous les rapports sur la sécurité, car tous ne sont pas fiables. D’autre part, ils ajoutent que l’ampleur du tsunami de 2011 était imprévisible.Ça n’a pas convaincu les associations de victimes. Elles soulignent que personne n’a encore été reconnu coupable de l’accident à ce jour, et que l’enchainement des causes n’a jamais été clairement établi par le gouvernement. Le procureur n’a pas été davantage convaincu par les arguments de la défense : il a réclamé cinq ans de prison ferme.  

La tentation d’une relance du programme nucléaire

Pendant ce temps, sur place à Fukushima, la situation est loin d’être réglée. La centrale reste confinée et elle est confrontée à un problème de stockage de l’eau radioactive. D’ici trois ans, elle ne pourra plus la contenir et cette eau présente un fort taux de contamination au tritium.

La semaine dernière, l’ex ministre japonais de l’environnement, a mis les pieds dans le plat, juste avant de quitter son poste. En affirmant que la seule solution plausible consistait à rejeter progressivement cette eau (un million de tonnes) dans l’Océan Pacifique. L’annonce a suscité un tollé chez les pêcheurs et les militants environnementaux, mais aussi dans les pays voisins comme la Corée du Sud. Le nouveau ministre de l’environnement s’est bien gardé pour l’instant de donner un avis. Il faut dire que le sujet est politiquement explosif. Juste après Fukushima, les pouvoirs publics avaient d’abord promis, sinon un abandon, du moins un ralentissement très important du programme nucléaire. Mais le gouvernement actuel de Shinzo Abe est plutôt favorable à un redémarrage. D’ailleurs huit réacteurs ont déjà été relancés au Japon.

Fukushima: le poison durable

L’eau contaminée, poison durable de Fukushima

L’éventualité du rejet des eaux polluées par la catastrophe nucléaire dans l’océan suscite la colère des pêcheurs.

Par Philippe Mesmer Publié le 12 septembre 2019 à 10h45 – Mis à jour le 12 septembre 2019 à 17h28

Les réservoirs de la centrale Fukushima Daiichi où est stockée l’eau radioactive issue du refroidissement des trois réacteurs dont la coeur a fusionné en mars 2011.
Les réservoirs de la centrale Fukushima Daiichi où est stockée l’eau radioactive issue du refroidissement des trois réacteurs dont la coeur a fusionné en mars 2011. ISSEI KATO / REUTERS

A peine nommé et le voilà rattrapé par la crise nucléaire de Fukushima. Investi le 11 septembre ministre japonais de l’environnement, le très médiatique Shinjiro Koizumi a effectué jeudi 12 septembre une visite remarquée dans le département de Fukushima, dans le nord-est du pays. Après avoir annoncé qu’il souhaitait « étudier comment démanteler les réacteurs nucléaires plutôt que la manière de les conserver » en raison du risque d’être « condamnés si nous laissons un autre accident nucléaire se produire », il a voulu calmer la colère des habitants furieux des déclarations de son prédécesseur, Yoshiaki Harada, au sujet de l’eau contaminée stockée sur le site de la centrale Fukushima Daiichi, théâtre en mars 2011 de la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl en 1986, après un séisme et un tsunami dévastateurs.

Pour M. Harada, le seul moyen de se débarrasser de cette eau « sera de la déverser dans l’océan ». L’ex-ministre a précisé qu’il ne s’agissait que de sa « modeste opinion » et que « l’ensemble du gouvernement en discutera ». Il a néanmoins suscité de vives réactions, à commencer par celle de Tetsu Nozaki, responsable de la fédération des coopératives de pêches de Fukushima et fervent opposant au rejet des eaux contaminées dans l’océan.

Lire aussi Il n’y aura plus d’espace pour stocker l’eau radioactive de la centrale de Fukushima en 2022

Pour lui, les propos de M. Harada sont « irresponsables, compte tenu de sa position ». Les pêcheurs redoutent de voir leurs efforts pour regagner la confiance des consommateurs anéantis. En 2018, leurs prises n’ont pas dépassé 15 % des niveaux d’avant la catastrophe nucléaire.

La question du rejet dans l’océan suscite aussi des inquiétudes en Corée du Sud, pays qui, comme vingt-deux autres, interdit tout ou partie des importations de produits agricoles et des pêches du nord-est du Japon. En pleine querelle politico-commerciale avec Tokyo, Séoul n’hésite pas à exprimer ses craintes pour son industrie de la pêche et à s’interroger sur l’innocuité des produits servis lors des Jeux olympiques de Tokyo en 2020, dont certaines épreuves – base-ball et softball – se dérouleront à Fukushima.

La question des eaux contaminées reste un casse-tête pour le gouvernement nippon et la compagne d’électricité de Tokyo (Tepco), l’opérateur de la centrale. Depuis la catastrophe, dont la résolution devrait prendre quarante ans et coûter 21 500 milliards de yens (181 milliards d’euros, estimation gouvernementale de 2016), l’entreprise doit gérer l’eau issue du refroidissement des trois réacteurs ayant vu leur cœur fusionner, qui se mélange avec des eaux de pluie ou avec celles circulant dans les sous-sols de la centrale.

Lire notre reportage : Au coeur du chantier titanesque du démantèlement de Fukushima

Pour en réduire la quantité accumulée quotidiennement, des mesures ont été prises comme le gel d’une partie du sol grâce à un réseau refroidissant souterrain déployé sur 1,5 kilomètre de long, un système à 34,5 milliards de yens (291 millions d’euros) pour empêcher l’eau souterraine d’atteindre les bâtiments des réacteurs endommagés. Mais il n’est pas totalement efficace.

Aujourd’hui, 170 tonnes d’eaux contaminées récupérées dans le circuit de refroidissement sont traitées chaque jour pour tenter de les débarrasser des éléments radioactifs. Une partie est réintroduite dans la boucle de refroidissement des réacteurs. Le reste est entreposé. D’après le site Internet de Tepco, le 22 août (actualisation la plus récente), 1,15 million de tonnes d’eau étaient stockées dans 977 citernes. « Conformément aux plans de construction, la capacité totale de stockage sera d’environ 1,37 million de tonnes d’ici la fin 2020 », explique Tepco. Les limites seront donc bientôt atteintes.

Système d’évaporation ou stockage en sous-sol

Face à l’urgence de trouver une solution, une commission a été chargée en août par le gouvernement de réfléchir à des moyens de se débarrasser de cette eau. Plusieurs options sont envisagées comme un système d’évaporation ou de stockage en sous-sol. Mais la plus souvent évoquée reste le déversement dans l’océan. L’autorité nippone de régulation du nucléaire (ARN), qui a annoncé le 11 septembre l’ouverture d’une nouvelle enquête sur les fuites radioactives à la centrale, n’y serait pas hostile, si l’eau était correctement traitée. Tepco s’engage à « l’épurer à nouveau (traitement secondaire) afin de réduire les quantités de substances radioactives » au cas où « le gouvernement opterait pour un rejet dans l’environnement ».

Difficile pourtant de faire confiance à la compagnie. Pour traiter l’eau, Tepco a recours, depuis 2013, au système de filtres ALPS permettant officiellement de réduire la quantité de nucléides, à l’exception du tritium, un isotope de l’hydrogène. Il a également employé les traitements au césium/strontium ou encore par osmose inverse. Or, en octobre 2018, l’entreprise a admis que « 80 % de l’eau stockée ne respectait pas encore les normes permettant son rejet dans l’environnement ». L’ALPS ne permettrait pas de retirer certains éléments radioactifs dangereux tels que le strontium 90 et l’iode radioactif.

Les eaux de Fukushima

Que vont devenir les eaux contaminées par la catastrophe nucléaire de Fukushima ?

 

Huit ans après la catastrophe, les autorités japonaises poursuivent le nettoyage du site de la centrale Fukushima. Mais une récente déclaration du ministre de l’environnement japonais concernant le recyclage des eaux polluées par l’incident inquiète les responsables.

Des réservoirs à l’étroit

Plus d’un million de litres d’eau de mer servant au refroidissement de la centrale (et bien entendu contaminés par la radioactivité du site) sont stockés jour après jour dans de grands réservoirs depuis l’accident survenu en mars 2011. Mais un nouveau problème se pose pour les autorités : les sites de stockage pourraient manquer de place d’ici 2022.

Les autorités ont essayé de traiter les eaux mais ne parviennent pas à filtrer le tritium, un isotope d’hydrogen radioactif. – IAEA Imagebank

Une déclaration qui fait bondir les plus hauts responsables

Dans un récent communiqué, le ministre de l’environnement Yoshiaki Harada, a annoncé que la compagnie propriétaire de la centrale, la société Tokyo Electric Power Tepco envisagerait de déverser l’eau radioactive directement dans l’océan Pacifique :

La seule option sera de la drainer vers la mer et de la diluer.

L’annonce eu l’effet d’une étincelle dans une poudrière au sein de l’exécutif qui a vu d’un très mauvais oeil cette éventualité. Le gouvernement de son côté attend le retour des experts, évaluant à la fois les impacts d’une telle mesure mais explorant également d’autres solutions comme la transformation à l’état gazeux ou le stockage dans la terre pour une période donnée.

Personne n’en veut

Le ministre n’a pas précisé les quantités d’eau qui pourraient être déversées dans la mer, mais une nouvelle étude indique qu’il faudrait 17 ans au Japonpour traiter, diluer et déverser les eaux correctement. Sur le plan local, une telle mesure mettrait en colère les pêcheurs qui essaient déjà tant bien que mal de reconstituer leur activité sur les côtes depuis l’accident. Sur le plan frontalier, la Corée du Sud a exprimé ses inquiétudes auprès du pays du soleil levant notamment pour le risque de contamination des aliments issus de la mer au sein de sa population.

Des mesures à prendre rapidement

Les autorités japonaises devraient se réunir prochainement pour débattre et prendre une décision, la pression ne cessant de monter sachant que le pays sera très occupé par l’accueil des Jeux olympiques à l’été 2020 mais aussi la coupe du monde de rugby qui s’y tiendra au mois d’octobre. Il y a 6 ans, lorsque le Japon a proposé sa candidature pour accueillir l’évènement sportif le plus populaire au monde, le premier ministre avait assuré que la situation à Fukushima était sous contrôle.

• Par la rédaction

Spectacle Saint Fargeau

Le Spectacle Historique 

UN DES PLUS GRANDS D’EUROPE

Le rendez-vous incontournable de l’été dans l’Yonne !

Pendant plus d’une heure et demie et sur un rythme époustouflant, 1000 ans d’histoire défilent sous vos yeux.

600 acteurs et 50 cavaliers d’un petit village perdu au cœur dela France qui, pour faire revivre ce grand Château abandonné, avaient décidé de raconter son histoire …

Evénement saisonnier devenu véritable phénomène, le spectacle de Saint-Fargeau attire chaque année, des dizaines de milliers de personnes autour de son Château majestueux qui s’illumine et témoigne de la passion et de la folie des hommes.

Le spectacle historique du Château de Saint-Fargeau a innové dans sa scénographie en y intégrant des projections monumentalesen 3D. Ces images projetées sur les façades de l’ancienne forteresserecréent des atmosphères ou redonnent au « géant de briques rosess» son allure médiévale, renaissance, XVIIème siècle ou romantique.

Les effets 3D ont été créés par la Société « Spectaculaires », spécialisée dans la projection monumentale.

1000 ANS SOUS NOS YEUX

 
A travers 10 scènes épiques, ce son et lumière vous fait voyager au cœur de l’Histoire de France. Grâce à des effets spéciaux spectaculaires, nous voyons le château se construire, se transformer, être incendié, puis revivre et resplendir.

Histoire du Château

 

L’histoire du Château de Saint-Fargeau s’étend sur 10 siècles. En 980, Héribert Evêque d’Auxerre et demi-frère d’Hugues Capet élève un rendez-vous de chasse fortifié. Du Xe au XVe siècle, le château a pour propriétaires des familles illustres : les seigneurs de Toucy, de Bar, et le célèbre argentier de Charles VII, Jacques Cœur. A partir de 1453, Antoine de Chabannes fait construire sur les bases de l’ancienne forteresse le château actuel, avec sa forme pentagonale, flanqué de six grosses tours. En 1652, Anne-Marie Louise d’Orléans, la Grande Mademoiselle cousine germaine de Louis XIV, condamnée à cinq ans d’exil à la suite des événements de la Fronde s’installe à Saint-Fargeau. Elle fait intervenir l’architecte Le Vau sur les façades intérieures du château. Il laisse un des plus beaux exemples de classicisme français. La famille Lepeletier acquiert le château en 1713. Louis Michel Lepeletier, conventionnel célèbre, vota la mort de Louis XVI et mourut assassiné.(*)
 

*source site de St Fargeau

Fukushima: un projet…

Fukushima: un projet de rejet des eaux inquiète la Corée du Sud

Huit ans après la catastrophe nucléaire, le Japon fait face à un problème insoluble : l’eau radioactive continue de s’accumuler, jour après jour, au rythme de 150 tonnes quotidiennes, autour de sa centrale dévastée. Un projet de rejet « contrôlé » dans l’océan Pacifique, au nom d’une normalisation de la situation, horrifie la Corée voisine.

Séoul (Corée du Sud), de notre correspondant.– « Nous pourrions bientôt retrouver sur nos tables des poissons qui contiennent du césium, du strontium, du tritium et du plutonium radioactifs », s’alarme Suh Kune Yull. Ce professeur d’ingénierie nucléaire à l’Université nationale de Séoul estime qu’il est probable que le Japon voisin finisse par rejeter dans le Pacifique 1,15 milliard de litres d’eau contaminée récupérée dans la centrale dévastée de Fukushima. « Cela nous inquiète beaucoup. »

Une inquiétude partagée par son gouvernement : le 19 août, Séoul a convoqué un diplomate japonais pour exiger de Tokyo davantage de transparence sur cette question. Mais en dépit des demandes persistantes de la Corée du Sud depuis un an, le Japon refuse de donner des détails sur ses plans. Fin août, il s’est contenté d’assurer qu’il « traitait le problème de manière responsable, sur une base scientifique ».

Si Séoul se sert sans doute de ce dossier comme d’une munition supplémentaire dans son conflit commercial et historique grandissant avec Tokyo, les inquiétudes sud-coréennes ne sont pas feintes. Un rejet dans l’océan des eaux de Fukushima est « la seule méthode réalisable », déclarait dès l’été 2018 Toyoshi Fuketa, président de l’autorité japonaise de régulation nucléaire. 

Car le Japon fait face à un problème insoluble : l’eau radioactive continue de s’accumuler, jour après jour, au rythme de 150 tonnes quotidiennes, autour de sa centrale dévastée. Huit ans après la catastrophe, l’opérateur Tepco continue en effet de refroidir, en y injectant de l’eau, les cœurs fondus des trois réacteurs détruits – le « corium », une masse de lave et de débris immensément radioactifs évaluée à 880 tonnes. Tepco doit aussi pomper l’eau des nappes phréatiques environnantes qui se déversent dans les sous-sols de la centrale, pour éviter que la contamination ne se propage.

La centrale de Fukushima après le tsunami de mars 2011 © Digital GlobeLa centrale de Fukushima après le tsunami de mars 2011 © Digital Globe

Ces eaux hautement contaminées sont entreposées dans plus de mille réservoirs cylindriques construits tout autour du site : 1,15 milliard de litres y sont déjà stockés. Tepco assure que la place manquera d’ici à l’été 2022. Cependant, le problème est que les technologies censées décontaminer cette eau (baptisées ALPS, pour « Advanced Liquid Processing System ») fonctionnent mal, ce que l’opérateur nucléaire a longtemps cherché à dissimuler. Ce n’est qu’en septembre 2018 que Tepco reconnaissait avoir menti et confessait que 80 % des eaux traitées par l’ALPS dépassaient les normes maximales de radioactivité fixées par le gouvernement. En particulier, « 65 000 tonnes d’eau retraitée ont des niveaux de strontium 90 qui sont 100 fois plus élevés que la norme maximale. Dans certains réservoirs, les niveaux sont 20 000 plus élevés que la norme », précise le quotidien japonais Asahi. Le strontium est un radionucléide particulièrement cancérigène.

Les différents systèmes de décontamination (dont l’un mis en place par l’entreprise américaine Kurion, rachetée en 2016 par la française Veolia) visent 62 types de radionucléides différents. « Mais ce n’est pas si simple d’enlever des éléments radioactifs de l’eau, explique à Mediapart Shaun Burnie, spécialiste nucléaire de l’ONG Greenpeace. Et à Fukushima, les quantités à traiter sont gigantesques. » Que faire de cette eau toujours contaminée qui s’accumule jour après jour ? Cinq options ont été avancées par un comité gouvernemental d’experts. Celui-ci a par exemple suggéré une vaporisation dans l’atmosphère ou une injection dans la géosphère. Mais l’option jugée la « plus réaliste » – en tout cas la moins onéreuse et la plus rapide – consiste en un rejet dans l’océan, étalé sur plusieurs années pour diluer la contamination.

« Les autorités japonaises disent qu’il n’y a pas de risques, que les radionucléides vont se disperser. Mais c’est faux ! Par exemple, le tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène, se fixe dans les cellules animales, végétales et humaines. Il peut faire des dégâts. Il y a d’énormes incertitudes quant aux effets du tritium », avertit Shaun Burnie. La question de l’impact d’une contamination à faibles doses sur une population fait l’objet de débats. « Il n’y a pas de seuil d’innocuité », tranche Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de l’association CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité). « Selon le modèle le plus réaliste, les effets en termes d’augmentation des cancers sont proportionnels à la dose de radiation, même si celle-ci est très faible. »

Cet ingénieur en physique nucléaire s’oppose donc fermement au rejet dans l’environnement des eaux de Fukushima. « Si vous exposez une population à une dose vingt fois plus forte que d’habitude, cela signifie que vous acceptez de leur faire subir un risque de cancers et de pathologies vingt fois supérieur. » Bruno Chareyron souligne que les études d’impact sont très longues et que déterminer les conséquences sanitaires du désastre de Fukushima sur les communautés locales pourrait prendre des décennies.

Ces communautés sont évidemment farouchement opposées au projet de rejet dans l’océan, en particulier les pêcheurs locaux. Dans la Corée du Sud voisine, la mairie de Séoul a déjà annoncé une intensification des contrôles de radioactivité des produits agricoles et piscicoles importés de l’archipel. « L’intervention de la société civile et du gouvernement sud-coréens sont très importants, pour envoyer au Japon un signal selon lequel un tel rejet est inacceptable », juge Shaun Burnie.

Mais Tokyo ne se montre guère sensible aux préoccupations sud-coréennes. Le gouvernement de Shinzo Abe, obstinément pronucléaire, a mis en place une stratégie de « normalisation » qui consiste à faire croire que la situation à Fukushima est sous contrôle et qu’un retour à la normale est proche. C’est ainsi qu’une partie des 120 000 déplacés de Fukushima sont poussés (notamment par la suppression des subventions publiques d’aide au relogement) à revenir habiter dans certaines zones prétendument « nettoyées », mais en réalité toujours contaminées. 

L’organisation des Jeux olympiques de Tokyo en 2020, qui incluent des épreuves organisées dans la région de Fukushima, participe à cette stratégie de normalisation. « Depuis la catastrophe, neuf réacteurs nucléaires ont été relancés et le gouvernement veut en rebrancher une trentaine au total, souligne Shaun Burnie. L’obstacle, c’est la perception du public. Montrer que la situation est sous contrôle, c’est réduire les oppositions. »

Mais sur le site dévasté de la centrale de Fukushima-Daiichi, « on est toujours dans l’anormalité absolue, affirme Bruno Chareyron. C’est tellement ingérable que les autorités font tout pour rendre acceptables, petit à petit, des contaminations de l’air, des sols, de l’eau, des aliments, qui  seraient d’habitude complètement inacceptables ». Exemple particulièrement frappant : le gouvernement a multiplié par 20 la dose maximale de radioactivité admissible pour le public. Cette dose est passée de 1 mSv à 20 mSv par an. 20 mSv/an correspond à la norme des travailleurs du nucléaire… qui se voit soudainement appliquée à toute une population, enfants compris. 

Le rejet dans l’océan d’éléments radioactifs s’inscrit dans cette stratégie de communication et de normalisation. L’ONG Greenpeace propose de son côté une sixième option : la construction de réservoirs additionnels en dehors du site et un stockage de cette eau pendant des décennies, le temps de développer de nouvelles technologies de décontamination. Une option qui n’est pas dénuée de risques (quid d’un nouveau séisme ou tsunami ?) et qui coûterait cher.

Fukushima est déjà considérée comme la catastrophe industrielle la plus chère de l’Histoire. En juillet, l’Institut japonais de recherche économique (JIER) a estimé que son coût total, qui inclut démantèlement et décontamination, atteindra entre 35 000 et 80 000 milliards de yens, soit entre 299 et 684 milliards d’euros. Les autorités japonaises veulent démanteler les trois réacteurs d’ici à 2031, un objectif qualifié de « fantaisiste » par Shaun Burnie : « Cela n’arrivera pas. »

La question du rejet des eaux radioactives de Fukushima est ainsi un exemple de plus de l’immense difficulté – voire de l’impossibilité – de gérer une catastrophe nucléaire. Prudent, Tokyo devrait éviter d’annoncer toute décision d’ici à ses Jeux olympiques l’été prochain, alors que tous les regards seront tournés vers le Japon. Après ? La tentation d’ouvrir les vannes dans le Pacifique sera grande.

Inauguration sous le manteau

Le Lavoir Dargeot

La population de L’Isle-sur-Serein ne manquera pas de saluer les efforts de la municipalité,  pour la plus grande discrétion qui a été faite au sujet de l’inauguration de l’un de ses bâtiments public.

Ce n’est que grâce  à la presse locale (YR) que les villageois en auront été informés comme on peut le voir dans un article paru ce matin 

Japon : Tokyo en alerte…

Japon : Tokyo en alerte maximale avant le passage du typhon Faxai

International
METEO – Les autorités japonaises ont mis en garde les habitants de la capitale avant le passage du cyclone tropical Faxai, prévu dimanche en fin de journée. Le typhon est accompagné de rafales de vent pouvant atteindre 216 km/h. Les transports aériens et ferroviaires ont été annulés, les autorités conseillent à plus de 100.000 personnes d’évacuer.
 

Alerte cyclonique sur la capitale du Japon. Les autorités ont mis en garde les habitants de Tokyo avant le passage du violent typhon baptisé Faxai, qui doit atteindre les zones côtières entre dimanche en fin de journée, et lundi matin. 

Accompagné de rafales de vents pouvant atteindre 216 km/h, le violent cyclone tropical pourrait s’accompagner de précipitations et susciter de fortes vagues, des glissements de terrain, des inondations et des crues de rivières, selon l’Agence météorologique japonaise. Selon la même source, les vents et les pluies pourraient atteindre des niveaux « historiques ».  

En tout, ce sont près de 2.4 millions de personnes qui pourraient évacuer, sur conseil des autorités. Ces dernières ont conseillé à 40.000 familles, soit près de 100.000 personnes d’évacuer notamment les zones de Kanagawa, Shizuoka et la banlieue de Tokyo. Cet avis d’évacuation comporte une alerte de niveau quatre sur une échelle de cinq. 

Monthelon en fête

Monthelon Anniversaire from angeles serge on Vimeo.

DOMAINE. Acheté en 1989 (en haut) par Ueli Hirzel, le château sera vendu à l’association qui le gère, 30 ans et un jour après son achat. Une exposition rétrospective est à découvrir à partir de 21 heures demain et samedi.
Myriam Déborbe

Acheté sur un coup de tête, le château de Monthelon est devenu un lieu privilégié de résidences d’artistes. Ce week-end, il fêtera ses 30 ans.

En 1989, Ueli Hirzel, alors directeur d’Aladin, une troupe de cirque peu conventionnelle, sort d’une longue période de représentations du spectacle Les contes de la folie extraordinaire , notamment joué à la Cartoucherie de Vincennes. « On ne savait pas comment cela allait continuer. On avait besoin d’un endroit pour poser le matériel et réfléchir à l’avenir », se souvient le circassien. Après avoir cherché un peu partout, il pense à l’Avallonnais qu’il a déjà parcouru à vélo. « On avait une relation un peu affective avec cet endroit, on passait souvent sur la N6. »

Acheté pour l’équivalent de 200.000 euros

Une agence immobilière lui propose presque immédiatement de visiter une ancienne colonie de vacances, perchée sur la butte de Monthelon, sur les hauteurs de Montréal. « On est allé voir. Il pleuvait, c’était dégueulasse… Avec mon épouse, on était sûrs de ne jamais revenir. » Pourtant ils reviennent. Et peu après, le 8 septembre 1989, achètent le bâtiment pour 1,2 million de francs (environ 200.000 euros aujourd’hui). À l’époque, il n’y a guère plus que les quatre murs, les toilettes, l’eau et l’électricité… Six hectares de terrain également. « J’ai été séduit par l’ouverture, le ciel, l’espace avec les possibilités du terrain, la vue sur la collégiale », confie Ueli Hirzel.

Mais en arrivant, juste après avoir ouvert la porte, il jette la clé. « C’était une connerie, mais je ne pouvais plus revenir en arrière. » La clé, paraît-il, est toujours quelque part au milieu du terrain entourant la bâtisse. L’idée de ce lieu, elle, a mis un peu plus de temps à mûrir. « Au début, ce n’était pas une résidence d’artistes. Mais on a invité des gens du milieu artistique comme Jean-Paul Lefeuvre, de la première promotion du Centre national des arts du cirque de Châlons- en-Champagne. »

La première grande création de ceux qui travaillent ici sort en 1991 et s’appelle Cirque O . Elle partira en tournée pendant trois ans, pour quelque 250 représentations entre Copenhague, le Chili, l’Europe et bien sûr la France. « Dès qu’on a arrêté, on avait une espèce de vide », se souvient Ueli Hirzel. Que-Cirque-Que est donc lancée, pour cinq ans, sur les routes du monde entier : Australie, Canada, Suède, Portugal… De 1995 à 2000, la troupe donne quelque 600 représentations. « Ils ont créé un mouvement du nouveau cirque en Amérique latine », assure Laurence Lefeuvre, aujourd’hui membre du bureau de l’association de Monthelon.

Après ces cinq années de voyages, se pose la question du devenir du château de Monthelon. « Pour les dix ans, on a fait une grosse fête, avec beaucoup de monde, et là c’est devenu clair », se souvient Ueli Hirzel. Le château allait devenir un lieu de création, accueillant des artistes pour une semaine ou davantage.

Environ 50 compagnies accueillies chaque année

« On a pu financer le château grâce à des gros succès. Mais le deal, c’était de vendre si on n’arrivait plus à financer », poursuit Ueli Hirzel. Le plus gros des frais passe en travaux et en entretien. En 2006, le château est mis en vente. « Le ministère de la culture, la DRAC et la Région ont décidé de nous soutenir. » Se pose alors la question de la forme que doit prendre la structure. Et la meilleure réponse est celle de l’association. Les statuts sont déposés fin 2008. « On a été très attentifs aux statuts, pour bien exprimer les souhaits et les centres d’intérêt de Monthelon. »

Ce souhait, c’est celui d’un lieu où les artistes puissent prendre le temps de créer leurs œuvres, sans avoir à se soucier d’obligations de rendu ni de finances. Car « on ne paie pas pour travailler », plaisante Ueli Hirzel. Aujourd’hui, c’est l’association qui gère le château et les résidences d’artistes. Quelque 50 compagnies y passent chaque année. Monthelon se porte bien, à tel point que l’association rachètera le château qui l’a vue naître ce lundi 9 septembre. Trente ans et un jour après son acquisition. 

Le mal aimé

Drôle de coïncidence

Y a t’il une coïncidence entre ces deux événements? 

La réponse se trouve en chacun de nous.

Pour celui qui adhère au « politiquement incorrect », la réponse serait, semble-t-il , sans ambiguïté.

Fukushima: eau radioactive

Le Japon veut déverser des millions de tonnes d’eau radioactive de Fukushima dans le Pacifique

Le Japon envisage de rejeter dans l’océan Pacifique des millions de tonnes d’eau irradiée suite à la triple fusion du 11 mars 2011 de la centrale nucléaire de Fukushima. La Corée du Sud s’inquiète.

Les deux nations ont toujours eu des relations compliquées et conflictuelles. Et cette histoire ne va rien arranger. Récemment, on apprenait que la centrale de Fukushima n’aura bientôt plus assez d’espace pour contenir son eau irradiée. Selon les autorités japonaises, la seule « option réaliste » pour s’en débarrasser est « un rejet contrôlé » dans l’océan Pacifique. Plusieurs milliards de litres d’eau hautement radioactive (tritium) seraient concernés. Une intention qui ne passe pas auprès des associations environnementales et de Séoul.

17 ans pour diluer cette eau contaminée

« Déverser cette eau dans l’océan est l’option la moins chère et la plus rapide, et nous sommes convaincus que c’est ce que fera [le Japon]. Une fois que cette eau contaminée et ce tritium seront dans l’océan, ils suivront les courants marins et se retrouveront partout, y compris dans la mer à l’est de la Corée, a déclaré Chang Mari, représentante de l’ONG Greenpeace en Corée. On estime qu’il faudra attendre dix-sept ans pour que cette contamination radioactive soit assez diluée pour atteindre un niveau sûr. Les Coréens sont très inquiets. Nous avons besoin du soutien de la communauté internationale pour stopper le gouvernement japonais. C’est un problème qui concerne le monde entier ».

Cette semaine, le ministère des Affaires étrangères de la Corée du Sud s’est également inséré dans le débat, convoquant un responsable de l’ambassade japonaise pour obtenir davantage d’informations. « Notre gouvernement reconnaît très gravement l’impact que les résultats de l’élimination de l’eau contaminée de l’usine de Fukushima pourraient avoir sur la santé et la sécurité des citoyens des deux pays et, par extension, sur l’ensemble des pays reliés le long de l’océan », pouvait-on lire dans un communiqué.

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Crédits : IAEA Imagebank

Le problème du tritium

Ces millions de tonnes d’eau de refroidissement contaminée sont pour le moment retenus dans 960 réservoirs en acier. Cette eau a déjà été nettoyée de 62 radionucléides (atomes qui ont un excès d’énergie nucléaire), ne laissant que du tritium – un isotope radioactif de l’hydrogène. Le problème, c’est que le système permettant la décontamination de l’eau ne fonctionne pas avec le tritium, qui a une affinité chimique avec l’eau. Rappelons que nous considérons le tritium comme cancérigène et mutagène pour l’Homme en cas d’exposition à de très fortes doses. De l’ordre du giga-becquerel.

Cette décision, si elle est prise, ne devrait pas l’être dans l’immédiat. Les autorités japonaises devront dans un premier temps établir un calendrier, un budget, voire même la méthode à utiliser. De son côté, la société Tokyo Electric Power Co (ou Tepco), qui exploite la centrale, a déclaré qu’elle manquerait d’espace pour construire plus de réservoirs de stockage dans environ trois ans.

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