Les autorités japonaises doivent d’urgence s’attaquer au problème de l’accumulation d’eau contaminée sur le site de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, a déclaré mardi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)
TOKYO (Reuters) – Les autorités japonaises doivent d’urgence s’attaquer au problème de l’accumulation d’eau contaminée sur le site de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, a déclaré mardi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
L’AIEA a lancé cet appel à la suite d’une visite du site par ses experts, et dans la foulée de l’aveu fait début octobre par Tepco que l’eau à Fukushima contient toujours des éléments radioactifs, alors que jusqu’à ces derniers temps, la compagnie propriétaire de la centrale assurait que la radioactivité avait été éliminée.
Une décision « doit être prise d’urgence, engageant toutes les parties prenantes, pour garantir les activités de démantèlement » de la centrale, a dit l’AIEA mardi, au terme d’une semaine d’inspection par ses experts.
Dans un communiqué, l’AIEA estime qu’il est « critique » de se débarrasser de l’eau stockée à Fukushima, en vue d’assainir les trois réacteurs accidentés en mars 2011 lors du violent séisme et du tsunami consécutif.
Le million de tonnes d’eau stockée sur le site de la centrale – l’équivalent de 500 piscines olympiques – contient toujours des niveaux non négligeables d’éléments radioactifs, a reconnu Tepco le 1er octobre.
Menacée, Genève repart au combat contre la vétuste centrale nucléaire française du Bugey, située à 70 km de la ville. A 90 km de la centrale, un barrage pourrait provoquer une catastrophe semblable à celle de Fukushima, selon des experts. En cas d’accident majeur, une partie de la Suisse romande se trouverait sous le nuage radioactif.
2 mars 2016. L’info fait l’effet d’une bombe.
Unis dans leur combat contre le nucléaire imposé par la Constitution cantonale*, la ville et l’Etat de Genève déposent plainte pénale contre X pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux concernant la centrale nucléaire du Bugey, située à 70 km du bout du lac. Lors d’une conférence de presse restée mémorable, Esther Alder, alors maire de la ville, soutenue par le conseiller d’Etat Antonio Hodgers et le conseiller administratif Rémy Pagani, exige la fermeture du site, construit sans étude d’impact préalable. Mandatée par les autorités genevoises, Me Corinne Lepage, avocate spécialiste en droit de l’environnement et ancienne ministre française de l’Environnement, affirme que la dalle sur laquelle repose l’unité présente des problèmes d’étanchéité, qu’une enceinte de confinement d’un des réacteurs comporte une fissure et que des fuites de tritium sont régulièrement constatées. Sans mauvais jeu de mots, le dossier semble béton.
Juin 2017. Nouveau coup de théâtre.
L’effet d’annonce dissipé, le Ministère public décide finalement de ne pas engager de poursuites. Pour lui, les faits ne sont pas suffisamment caractérisés. «Son enquête a été bâclée», estime aujourd’hui le service juridique de la ville.
Dix-huit mois plus tard. Convaincu que la centrale présente toujours plus de risques pour la sécurité et la santé de ses habitants, Genève s’apprête à repartir au combat. «Une nouvelle plainte avec, cette fois, constitution de partie civile, va être déposée prochainement à Paris entre les mains du doyen des juges d’instruction. Contrairement à la première, elle se fondera sur le rapport d’un célèbre expert reconnu dans le domaine du nucléaire dont le nom sera dévoilé en temps utile. Celui-ci établit de manière très claire les lacunes et les défaillances de la sûreté et les risques d’accidents qui y sont associés. Plusieurs juges d’instruction devraient ainsi être désignés pour instruire les faits. «La ville et le canton auront accès au dossier et la possibilité de formuler des demandes d’auditions et des expertises», détaille un juriste du service qui préfère que son nom ne soit pas cité. «Nous espérons ainsi que la poursuite des investigations permettra de faire enfin toute la lumière sur les conditions de fonctionnement de la centrale, qui souffre d’une dégradation croissante et d’un entretien défectueux de ses équipements», poursuit notre interlocuteur.
KEYSTONE
Six cents millions de mètres cubes de retenue, un lac de 35 km de long, mis en service en 1968, le barrage de Vouglans (Jura) est le troisième ouvrage du genre le plus important de France.
Le barrage de la peur
Ce n’est pas tout. Une récente enquête menée par une équipe d’Envoyé spécial, la célèbre émission de France Télévisions, diffusée il y a quelques semaines, a ajouté un nouvel élément, et pas des moindres, à ce dossier ultrasensible. Selon les investigations de nos confrères, un second ouvrage, situé à 90 km de la centrale, serait lui aussi en piteux état et pourrait déclencher un scénario qualifié d’apocalyptique: le barrage de Vouglans, dans le Jura français. Mis en service il y a cinquante ans, le troisième édifice du genre dans le pays, avec ses 600 millions de mètres cubes d’eau retenus, présente en effet d’angoissants indices de vieillissement. Les enquêteurs de France 2 ont relevé pas moins de 200 failles sur l’ensemble de l’ouvrage. Interrogé sous le couvert de l’anonymat, un ancien responsable de la sécurité hydraulique d’EDF (Electricité de France), qui exploite le barrage et la centrale, assure pour sa part qu’il existe une infiltration d’eau sous le barrage qui pourrait un jour provoquer le soulèvement de la paroi.
Plus inquiétant encore selon lui, les jonctions latérales béton-rocher, là où les murs prennent appui, ne cessent de se dégrader. «Balivernes», rétorque l’inspecteur de sûreté d’EDF, questionné par les journalistes. Pour lui, le barrage le plus surveillé de France est en parfait état et ne présente aucun signe justifiant un pareil alarmisme.
Rapport secret
Une affirmation assénée avec un aplomb d’autant plus hardi que les dépositaires de l’émission ont mis la main sur un rapport secret d’EDF révélant que la partie avant du barrage se décolle de la fondation et que l’extension d’anciennes fissures provoque des fuites dans la zone centrale, lesquelles fragilisent l’ensemble.
Un autre document confidentiel fait état d’un glissement de terrain autour du site en février 1970 et de deux autres événements similaires en décembre 1981. Pour l’ex-responsable de la sécurité, cette instabilité associée à de fortes précipitations peut provoquer rien de moins que la rupture subite de ce barrage-voûte. C’est ce qui s’est produit dans les environs de Fréjus, en 1959, au barrage de Malpasset. Déferlant dans la vallée, la vague de 40 m de haut fit 423 victimes au cœur d’une nuit d’hiver.
Comme à Fukushima
Avec douze fois le volume de la construction du Var, on a peine à imaginer les conséquences d’une rupture du barrage implanté dans l’Ain en termes de pertes humaines et de dégâts matériels. Mais l’enquête de nos confrères français va plus loin. Elle démontre que la vague submergeant la vallée balaierait encore cinq barrages au fil de l’eau, ce qui la gonflerait de 70 millions de mètres cubes supplémentaires. Six heures après la rupture, l’eau atteindrait ainsi la zone du Bugey.
MANU FORNEY
Contrainte par la loi depuis l’accident de Fukushima, en mars 2011, d’imaginer le pire pour ses sites, soit une crue historique de l’Ain et du Rhône ajoutée à la rupture du barrage, EDF affirme pourtant dans son expertise que l’eau s’arrêterait au pied de la centrale. Perspicaces, les enquêteurs de France 2 ont toutefois découvert que ladite expertise a été calculée sur la base d’une hauteur d’eau de 424 m au barrage, alors que la loi oblige à calculer avec un barrage plein (429 m): 5 m de différence, sur un lac long de 35 km, qui ampute le résultat de 85 millions de mètres cubes d’eau. Leader de l’association de riverains Stop Bugey, l’ingénieure Elisabeth Brénière pense que non seulement la centrale serait bel et bien submergée, mais que les débris charriés par le Rhône, dans lequel l’eau de refroidissement des réacteurs est pompée, bloqueraient entièrement le système. «Comme à Fukushima, s’ensuivrait alors la fusion nucléaire. Avec les conséquences que l’on sait…»
* Les autorités doivent tout mettre en œuvre pour s’opposer à toutes velléités nucléaires dans et proches des frontières cantonales.
Économie de la mer. Où ira l’eau contaminée de Fukushima ?
Tokyo Electric Power stocke de l’eau contaminée par la centrale de Fukushima. | REUTERS
Par Ouest-France
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La société Tokyo Electric Power (Tepco), propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, a reconnu publiquement, hier, que l’eau stockée sur le site contenait toujours certains éléments radioactifs. Ce qu’elle niait jusque-là.
À moins de deux ans des JO de Tokyo, cette nouvelle embarrasse le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie chargé de se débarrasser de cette eau qui s’accumule depuis l’arrêt de la centrale après le tremblement de terre et le tsunami de 2011 : près de 900 000 m3, soit 500 piscines olympiques.
Opposition des pêcheurs
Selon l’exploitant, 84 % de ces volumes auraient une concentration en éléments radioactifs supérieure aux seuils limites et, pour 65 000 m3, la radioactivité dépasserait 100 fois les niveaux définis comme tolérables par l’État japonais.
« Nous allons filtrer une fois de plus l’eau des réservoirs, afin de ramener sous les seuils limites les éléments en question, avant de la déverser dans l’océan, si une décision est prise dans ce sens », a déclaré le porte-parole de Tepco. Une solution à laquelle s’opposent les pêcheurs et les habitants du littoral, qui craignent que cela ne dissuade les consommateurs d’acheter des produits de leur région.
L’eau s’accumule notamment parce que Tepco a besoin d’en injecter dans les trois réacteurs de la centrale pour conserver le combustible d’uranium fondu à une température qui ne pose pas de danger. De plus, des nappes souterraines provenant des collines voisines pénètrent dans le sous-sol du réacteur où elles se mêlent à des débris hautement radioactifs.
La société Tepco, propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima, a reconnu que l’eau stockée sur le site contenait toujours certains éléments radioactifs qu’elle disait depuis des années disparus. /Photo d’archives/REUTERS/Tomohiro Ohsumi POOL
TOKYO (Reuters) – La société Tokyo Electric Power (Tepco), propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima gravement endommagée par le séisme et le tsunami de mars 2011, a reconnu que l’eau stockée sur le site contenait toujours certains éléments radioactifs qu’elle disait depuis des années disparus.
Tepco a reconnu le 1er octobre, devant une commission gouvernementale japonaise, la présence d’éléments radioactifs à des niveaux potentiellement nuisibles pour la santé, et a présenté des excuses.
Un porte-parole de Tepco a confirmé jeudi ces déclarations et les excuses de Tepco, faites devant la commission placée sous l’autorité du ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (Miti), qui est chargé de planifier les moyens de se débarrasser de l’eau stockée – près de 900.000 tonnes, soit la contenance de 500 piscines olympiques.
Parmi les moyens envisagés, il est question de déverser cette eau dans le Pacifique, ce à quoi s’opposent les pêcheurs nippons et les habitants du littoral, craignant que cela ne dissuade les consommateurs d’acheter des produits de leur région.
Tokyo a obtenu d’organiser les Jeux olympiques d’été 2020, et dans sa dernière intervention devant le Comité international olympique, voici plus de cinq ans, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, avait déclaré que la situation était « sous contrôle » à Fukushima.
Sur le site internet de la commission gouvernementale en question, on lit que sur les 890.000 tonnes d’eau stockées sur le site de la centrale accidentée, 750.000 tonnes, soit 84%, ont une concentration d’éléments radioactifs supérieure aux seuils-limites.
MUR DE GLACE INEFFICACE
Pour ce qui concerne 65.000 tonnes d’eau, le niveau d’éléments radioactifs est plus de 100 fois supérieur au seuil jugé tolérable par l’Etat japonais.
L’un des isotopes, le strontium 90, jugé dangereux pour la santé humaine, atteint dans certains réservoirs une concentration de 600.000 becquerels par litre, soit 20.000 fois le seuil-limite.
Depuis des années, Tepco affirmait que le processus de purification de l’eau stockée avait permis d’éliminer le strontium tout comme 61 autres éléments radioactifs, tout en laissant le tritium, un élément moyennement radioactif qu’il est difficile de séparer de l’eau.
« Nous allons filtrer une fois de plus l’eau des réservoirs, afin de ramener sous les seuils-limites les éléments en question, avant de déverser cette eau dans l’océan, si une décision est prise dans ce sens », a déclaré le porte-parole de Tepco.
L’eau s’est accumulée notamment parce que Tepco a besoin d’en injecter dans les trois réacteurs de la centrale pour conserver le combustible d’uranium fondu à une température qui ne pose pas de danger.
Les eaux souterraines provenant des collines des environs pénètrent dans le sous-sol du réacteur, où elles se mêlent à des débris hautement radioactifs.
Le coûteux « mur de glace » ne parvient pas à empêcher ces eaux souterraines de ruisseler jusqu’au sous-sol de la centrale, comme l’ont montré cette année les données de Tepco et une analyse de Reuters.
(Aaron Sheldrick et Osamu Tsukimori; Eric Faye pour le service français)
Fukushima : un premier décès reconnu dû aux radiations
Un salarié sur le site de Fukushima en 2017. | REUTERS/TOMOHIRO OHSUMI/POOL
Ouest-France avec AFP
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Les autorités japonaises ont reconnu pour la première fois qu’un employé de la centrale nucléaire de Fukushima était mort des suites d’une exposition aux radiations. L’accident nucléaire faisait suite au Tsunami du 11 mars 2011.
Un salarié de la centrale nucléaire de Fukushima est mort des suites d’une exposition aux radiations. Son décès est le premier reconnu par les autorités japonaises.
Le ministère de la Santé, du Travail et de la Sécurité sociale a décrété que des indemnités devraient être versées à la famille d’un employé mort d’un cancer du poumon, a déclaré à Reuters un responsable japonais.
Le quinquagénaire décédé avait passé sa carrière à travailler dans diverses centrales nucléaires du pays, et ilétait intervenu à la centrale accidentée de Fukushima Daiichi à au moins deux reprises après l’accident de mars 2011.
Le cancer au poumon avait été diagnostiqué en février 2016, a précisé le responsable.
Des centaines de décès ont été attribuées au chaos des évacuations durant la période de crise en 2011 et auxdifficultés et au traumatisme endurés par les personnes déplacées, mais le gouvernement nippon a estimé que les radiations n’étaient nullement en cause. Plus de 160 000 habitants de la région ont dû quitter leurs maisons après l’accident de la centrale.
Japon: La ville de Fukushima retire la statue d’un enfant en combinaison anti-radiations
POLEMIQUESelon ses détracteurs, la statue baptisée «Sun child» nuisait à l’image de la région durement touchée par l’accident nucléaire de mars 2011…
20 Minutes avec AFP
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La statue « Sun child » ne fait pas l’unanimité à Fukushima. Photo du 3 août 2018. — Handout / Fukushima City Public Information Division / AFP
Exit « Sun child ». Face aux critiques, Fukushima a décidé de retirer la statue d’un enfant revêtu d’une combinaison de protection contre la radioactivité. « Il m’est apparu impossible de continuer à exposer une statue censée être « un symbole de reconstruction » alors que les citoyens sont divisés à son propos », a expliqué le maire Hiroshi Kohata dans un communiqué, tout en s’excusant si cette statue a pu « blesser les sentiments de certains ».
« Sun child » porte un casque dans une main, signifiant que l’air est désormais sain, et un soleil dans l’autre, symbole d’espoir. Sur son torse, un écran affiche « 000 » pour souligner l’absence de radiations. Mais cette oeuvre haute de plus de six mètres, placée début août près de la gare de la tristement célèbre ville japonaise, sera « enlevée dès que possible ».
L’artiste a dit « regretter » la décision de retirer la statue
Fukushima est le chef-lieu de la préfecture éponyme, qui abrite la centrale dévastée par un tsunami le 11 mars 2011. L’accident nucléaire, le pire depuis Tchernobyl en avril 1986, a entraîné l’évacuation de centaines de milliers d’habitants. Et sept ans après, les agriculteurs sont encore confrontés à la suspicion des consommateurs même si leurs produits sont soumis à de stricts contrôles de radioactivité.
Alors si tôt « Sun child » dévoilé, des internautes ont jugé que la statue, « sinistre », n’aidait pas à restaurer la réputation de Fukushima. L’artiste Kenji Yanobe a, lui, expliqué avoir voulu transmettre un message positif en créant cet enfant aux grands yeux tournés vers le ciel. Sur son site internet, il a dit « regretter » la décision de retirer la statue, mais ne plus vouloir que son travail soit source de polémique.
Chaque accident nucléaire est spécifique. Et celui de la centrale de Fukushima, provoqué après le tsunami du 11 mars 2011 au large du Japon, continue de révéler ses secrets. La plus grande partie du césium radioactif relâché dans l’environnement après l’accident l’a été sous forme de microbilles de verre qui ont concentré les radioéléments.
Les mesures prennent en compte les deux principaux isotopes radioactifs: le césium 137, dont la radioactivité est divisée par deux tous les 30 ans, et le césium 134, tous les 2 ans. De ce fait, ces microparticules affichent un rayonnement nucléaire très élevé: certaines plus de 1000 Becquerels (plus d’un millier de décompositions radioactives par seconde) par gramme. Ces microparticules sous forme de billes de verre représentent «au moins 78 % des émissions totales de césium», explique Satoshi Utsunomya, professeur associé au département de chimie de l’université de Kyushu (Japon).
Ce résultat se fonde sur une nouvelle méthode de comptage, …
Trois disparus au Japon après le passage du typhon Cimaron
Le typhon a déversé de fortes pluies dans l’ouest de l’archipel et a provoqué des retards dans les transports, mais sans faire de gros dégâts.
LE MONDE | • Mis à jour le
Le typhon Cimaron a déversé de fortes pluies dans l’ouest du Japon, vendredi 24 août, avant de repartir en mer et de se diriger vers Hokkaido, l’île du nord de l’archipel. Trois étudiants ont été emportés par les vagues sur une plage de Shizuoka (île de Honshu), a annoncé la chaîne de télévision publique NHK. Leurs sandales, sacs à dos, smartphones et portefeuilles ont été retrouvés sur la plage.
Malgré des retards importants dans les transports et quelques dégâts, la région semble avoir échappé aux ravages qui étaient redoutés. Les vents, qui ont atteint plus de 200 km/h sur un large rayon, ont été ressentis jusque dans la région pourtant éloignée de Tokyo toute la nuit et encore vendredi matin.
Les trains circulaient à peu près normalement dans la capitale et alentour, mais dans l’ouest de l’archipel, les compagnies ferroviaires et aériennes avaient décidé par précaution de suspendre de nombreuses liaisons.
Circonstances exceptionnelles
Dans cette région, où au vent se sont ajoutées des pluies diluviennes, les autorités locales avaient demandé à de nombreux foyers, notamment ceux de personnes âgées et invalides, de rejoindre pour la nuit des refuges aménagés dans des bâtiments publics.
Quelques toits ont été emportés, des rideaux de magasin arrachés et autres dégâts matériels constatés, mais pas de crues exceptionnelles ni coulées de boue ravageuses. En revanche, près de 45 000 foyers restaient encore, vendredi matin, privés d’électricité.
Le Japon subit tous les ans le passage de typhons parfois meurtriers mais, cette année, l’arrivée de ces perturbations s’inscrit dans un contexte exceptionnel qui incite, désormais, les autorités à prendre davantage de précautions. Il y a un mois et demi, des pluies records dans le Sud-Ouest ont provoqué des inondations inédites et des éboulements terribles qui ont tué quelque 220 personnes.
En juillet, une étouffante vague de chaleur humide s’est abattue ensuite sur le Japon, tuant plus de 119 personnes dans le mois, tandis que 49 000 autres ont dû être hospitalisées.
Quatre exploitants et constructeurs de centrales nucléaires japonais négocient en vue d’une éventuelle alliance. Le quotidien Nikkei a révélé le 22 août que Tepco, Hitachi, Toshiba et Chubu Electric Power envisagent un partenariat pour démanteler les anciens réacteurs.
Au Japon, Tokyo Electric Power Company Holdings (Tepco), Hitachi, Toshiba et Chubu Electric Power négocient en vue d’une éventuelle alliance dans le nucléaire. Le quotidien Nikkei a révélé le mercredi 22 août que les sociétés avaient engagé des discussions pour un partenariat, dont le premier objectif serait de démanteler les anciens réacteurs. Les quatre entreprises font partie des plus grands exploitants et constructeurs de centrales nucléaires.
Selon une source de Reuters, Tepco, Hitachi, Toshiba et Chubu Electric Power ont déjà signé un accord préliminaire dont le contenu doit être précisé au cous des discussions.
L’accord pourrait s’étendre à la construction et à l’entretien de centrales nucléaires, une telle initiative étant susceptible d’initier une vaste réorientation stratégique de l’industrie nucléaire au Japon, selon le Nikkei.
Le nucléaire peine à rebondir au Japon depuis Fukushima
Le secteur nucléaire peine à rebondir au Japon après la catastrophe de Fukushima. La filière du nucléaire japonaise fournissait environ 30% de l’électricité du pays avant le tsunami de mars 2011. Tous les réacteurs ont dû obtenir une nouvelle licence de la part du nouveau régulateur, la catastrophe ayant mis en lumière les déficiences réglementaires et opérationnelles du secteur. Neuf d’entre eux ont obtenu le feu vert des autorités pour redémarrer, après avoir engagé des dépenses importantes pour répondre aux nouvelles normes de sécurité. Chubu et Tepco n’ont redémarré aucun réacteur à ce jour.
Partager les risques
« Il est maintenant impossible pour une compagnie privée de s’en sortir dans le secteur toute seule », explique un responsable du ministère de l’Economie au Nikkei. « Il y a une logique à coopérer sur la scène nationale. Quatre bilans sont mieux qu’un quand il s’agit des risques liés au nucléaire », ajoute Tom O’Sullivan, fondateur du cabinet de consultation dans le domaine de l’énergie, Mathyos Japan.
Contactés par Reuters, les quatre groupes ont dit qu’ils avaient des discussions régulières entre eux. Hitachi a démenti les détails de l’article du Nikkei en ce qui concerne les projets de démantèlement et construction de nouveaux réacteurs.
Le Japon disposait de 54 réacteurs en activité avant la catastrophe, mais les entreprises du secteur ont annoncé depuis lors des projets de démantèlement de neufs d’entre eux, en plus des six réacteurs de Fukushima où le processus de nettoyage du site devrait prendre des dizaines d’années.
Avec Reuters (Osamu Tsukimori, Taro Fuse et Aaron Sheldrick, Juliette Rouillon pour le service français)
Les photos souvenirs des installations détruites par le séisme de 2011 servaient à communiquer sur l’avancée des travaux, selon la compagnie d’électricité japonaise. Une opération vivement critiquée sur les réseaux sociaux et dans la presse.
L’initiative n’a pas duré bien longtemps. Certains visiteurs de la centrale nucléaire sinistrée de Fukushima seront peut-être déçus mais, confrontée à de vives critiques, la compagnie d’électricité de Tokyo (Tepco) a mis fin mercredi 8 août à la vente, commencée une semaine auparavant, d’un souvenir de la centrale. L’entreprise était très fière de proposer un lot de trois pochettes transparentes figurant des photos des quatre réacteurs détruits par le séisme et le tsunami de mars 2011 et du bus électrique assurant les navettes sur le site. Le tout pour la modique somme de 300 yens (environ 2,30 euros). Le set était en vente uniquement dans les deux supérettes de l’enseigne Lawson installées à Fukushima Daiichi.
« ON PEUT SE DEMANDER S’IL EST CONVENABLE DE PROPOSER UN “SOUVENIR” ALORS QUE CE DÉSASTRE NUCLÉAIRE RESTE SANS PRÉCÉDENT ET OBLIGE TOUJOURS DES HABITANTS À VIVRE EN RÉFUGIÉS ». LE QUOTIDIEN « KAHOKU SHIMPO »
Tepco voulait ainsi répondre à une demande des sous-traitants venant travailler sur le site de la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl, en 1986, et qui souhaitaient conserver un souvenir de leur passage. « C’est aussi pour les familles et les amis des employés de la compagnie,expliquait Tepco, qui y voyait un moyen de transmettre par le bouche-à-oreille le message que des progrès ont été accomplis sur les réacteurs endommagés. »
Tout le monde n’a pas été convaincu. Les critiques ont rapidement fusé sur Twitter et dans la presse locale. « On peut se demander s’il est convenable de proposer un “souvenir” alors que ce désastre nucléaire reste sans précédent et oblige toujours des habitants à vivre en réfugiés », estimait, dans son édition du 1er août, le Kahoku Shimpo, quotidien de la région du Tohoku, où est établi le département de Fukushima. Tepco a finalement mis fin à cette vente en raison des nombreuses critiques qui lui ont été adressées.
Pour les 73 000 personnes évacuées depuis la catastrophe, 49 500 viennent des zones directement voisines de la centrale. Nombre d’entre elles n’ont toujours pas regagné leur domicile car leur maison se trouve au plus près du site, à Futaba ou à Okuma, communes encore soumises à une « interdiction d’accès sauf exception » car le débit de dose de rayonnements ionisants y dépasse 50 millisievert par an (en France, la limite d’exposition du public est de 1 mSv/an).
Un démantèlement sur quarante ans
Dans les zones où les ordres d’évacuation ont été levés, de nombreux habitants, essentiellement des familles avec enfants, ne veulent pas revenir. Ils ont refait leur vie ailleurs ou ne sont pas convaincus des affirmations des autorités selon lesquelles les niveaux de radiation ne représentent plus de danger. Sept ans et demi après la catastrophe, Tepco travaille toujours au démantèlement de la centrale, une opération qui devrait durer plus de quarante ans, en raison des difficultés rencontrées, notamment pour localiser et extraire le combustible fondu de trois des quatre réacteurs détruits. Le site lui-même reste à la merci d’une nouvelle catastrophe.
L’entreprise énergétique est la cible de différentes plaintes, dont celle d’un groupe de 15 700 habitants de Namie, ville côtière proche de la centrale évacuée au moment du drame, qui attend des dédommagements. Une action criminelle est également en cours. Le tout alors que l’avenir de Tepco reste incertain. Avant 2011, la compagnie était numéro quatre mondial de l’électricité, derrière le groupe public chinois State Grid, EDF et l’italien Enel. Aujourd’hui, elle accumule les pertes, après avoir déjà dépensé plus de 7 030 milliards de yens (près de 55 milliards d’euros) pour le démantèlement de la centrale de Fukushima. L’opération est financée grâce à des prêts accordés par une structure étatique, mais nul ne sait comment l’entreprise pourra rembourser.