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"Rien n'est plus proche du Vrai ... que le Faux"

« N’apprenez pas des autruches »:

 
«  N’apprenez pas des autruches  »: Pékin dit à Tokyo de ne pas s’enfoncer la tête dans le sable au-dessus de la rangée d’eaux usées de Fukushima
 

S’exprimant vendredi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Wang Wenbin a réitéré la position de la Chine selon laquelle le rejet des eaux usées nucléaires dans la mer concerne tous les pays et pas seulement le Japon.

Wang a déclaré que la communauté internationale a généralement exprimé de fortes inquiétudes quant à l’impact possible des actions du Japon, mais que le gouvernement du pays n’a pas encore fait de commentaire et ignore ses responsabilités internationales.

Nous conseillons au Japon de ne pas apprendre des autruches, pensant que tout ira bien si vous vous enfoncez la tête dans le sable.

«Nous exhortons une fois de plus le gouvernement japonais à faire face aux graves préoccupations de la communauté internationale et à mettre un terme aux erreurs qui mettent en danger l’environnement marin mondial et la santé publique internationale,» il a déclaré.

La Chine s’est montrée très opposée au projet du Japon de rejeter les eaux usées nucléaires dans l’océan, craignant que l’eau ne soit toujours contaminée malgré des années de traitement. Pékin a fait pression pour une action internationale, notant que «ce ne sont certainement pas les tâches ménagères du Japon. Si les eaux usées nucléaires ne sont pas polluées, pourquoi le Japon ne les garde-t-il pas pour lui-même? »

Le Japon prévoit de rejeter dans la mer des eaux usées prétendument traitées dans environ deux ans, mais la sécurité de l’eau est remise en question depuis le premier jour. L’année dernière, Greenpeace a rapporté que les eaux usées de l’usine étaient plus dangereuses que ce que le gouvernement japonais avait suggéré. L’organisation affirme que l’eau prétendument traitée contient encore «Niveaux dangereux de carbone 14», une substance radioactive qui a le «Potentiel d’endommager l’ADN humain.» L’eau est également connue pour contenir du tritium radioactif, qui est censé être inoffensif.

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Covid-19: le laboratoire P4

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Covid-19: le laboratoire P4 de Wuhan revient au cœur de la polémique

DÉCRYPTAGE – Le laboratoire a progressivement échappé au contrôle des scientifiques français qui devaient superviser le travail des chercheurs chinois.

 
 
 
 
 
Vue aérienne du laboratoire P4, sur le campus de l’Institut de virologie de Wuhan en Chine, le 13 mai 2020. HECTOR RETAMAL/AFP

 

Longtemps écartée par l’OMS qui la jugeait «hautement improbable», étouffée par les autorités chinoises qui ont tenté de réécrire l’histoire de la pandémie, desservie, voir décrédibilisée par le fait qu’elle a été défendue par l’Administration Trump, l’hypothèse d’un accident de laboratoire refait surface. La France est d’autant plus concernée que c’est elle qui a exporté le P4 de Wuhan, un laboratoire de très haute sécurité biologique, destiné à l’étude des virus pathogènes les plus dangereux. Un joyau de la technologie française, qu’on réserve d’ordinaire à ses amis.

Depuis le début, cette coopération très sensible avec les autorités chinoises a créé des tensions dans l’Hexagone. C’est en 2004 que Jacques Chirac et le président chinois Hu Jintao décident une coopération destinée à lutter contre les maladies infectieuses émergentes. Un an plus tôt, la Chine avait beaucoup souffert du Sras, le syndrome respiratoire aigu sévère. «Certains pensaient qu’il fallait absolument aider les Chinois

 

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Fukushima: la prédiction

L’ingénieur qui avait prédit Fukushima voit venir d’autres désastres

Les mesures de sécurités de Tepco sont, selon lui, nettement insuffisantes.

 
Des policiers en combinaison de protection, non loin du réacteur de Fukushima, le 14 avril 2011. | STR/AFP
Des policiers en combinaison de protection, non loin du réacteur de Fukushima, le 14 avril 2011. | STR/AFP

«Un désastre créé par l’homme.» C’est ainsi que le rapport d’enquête mandaté par le Parlement japonais avait décrit, un an après le drame, la catastrophe de Fukushima Daiichi.

Dix ans après l’incident nucléaire le plus important depuis Tchernobyl, un ancien ingénieur nucléaire estime que le pays n’est pas à l’abri d’une nouvelle catastrophe.

En 2005, Toshio Kimura, un ingénieur pour la Tokyo Electric Power Company (Tepco), qui gère une partie du parc nucléaire nippon avait, après avoir quitté l’entreprise, prévenu que «si Fukushima était frappé par un tsunami, les pompes supposées utiliser l’eau de mer comme refroidissement seraient perdues», raconte le journaliste Jake Adelstein dans le Daily Beast. C’est très précisément ce qui causera la fusion de trois des quatre réacteurs de la centrale, six ans plus tard.

Bombes à retardement

Toshio Kimura a récemment publié un livre intitulé Comment l’énergie nucléaire va tuer la nation, dans lequel il estime que les leçons de Fukushima n’ont pas été retenues et que Tepco a continué de mentir et de couvrir ses défauts de sécurité, transformant nombre de centrales japonaises en bombes à retardement.

En 2012, le rapport parlementaire avait attribué la catastrophe de Fukushima Daiichi non seulement au tsunami qui avait ravagé la côte, mais aussi à «une multitude d’erreurs et de négligences volontaires qui ont laissé la centrale de Fukushima non préparée à l’accident».

En avril 2021, l’Autorité de régulation nucléaire japonaise (NRA) a interdit à Tepco de rouvrir la centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Située à 250 kilomètres de Tokyo, cette unité est la plus puissante du monde et sujette à de larges failles de sécurité.

Les inspecteurs ont identifié une quinzaine d’entrées non autorisées et des «équipements anti-terroristes défectueux». La NRA a donc donné une notation «rouge» à la centrale, le pire des quatre niveaux de sécurité. C’est la première fois qu’une centrale japonaise reçoit cette note.

La situation est telle qu’en mars, Junichiro Koizumi et Naoto Kan, deux ex-Premiers ministres de partis rivaux, ont tenu une conférence de presse commune afin de réclamer l’arrêt total du recours à l’énergie nucléaire.


Source: 

 

« Aizu » : à Fukushima…

Aizu

Photo d'en-tête : Matthias Evangelista

« Aizu » : à Fukushima, la renaissance de la communauté des snowboarders

On a beaucoup entendu le témoignage des surfeurs suite à la catastrophe de Fukushima. Mais peu de gens savent que la région où s’est déroulée la terrible catastrophe nucléaire compte aussi un paradis de la poudreuse : Aizu. Dix ans après le quatrième plus grand tremblement de terre de l’histoire et le tsunami qui firent d’une des plus belles régions du japon une zone martyre, à l’heure où le Japon vient d’annoncer qu’il allait rejeter dans l’océan Pacifique l’eau contaminée de Fukushima, les riders prennent la parole dans ce très beau film de 15 minutes. A sa manière, le réalisateur Mattias Evangelista raconte l’histoire de la catastrophe à travers les yeux des snowboarders locaux, Futa et Hiroki, et montre comment le snowboard, le surf et le skateboard sont au cœur d’une communauté incroyablement résiliente.

Aizu, c’est « la dernière frontière du ski au Japon », un spot encore préservé, situé à 90 minutes seulement de la gare de Tokyo. Un « Awesome Powder Paradise » réputé pour son fort enneigement et surtout pour sa neige ultra légère. Il y a encore dix ans, ce petit paradis, niché à l’intérieur de la mer du Japon, cachait une dizaine de stations de ski disséminées autour du Mont Bandai, où les meilleurs riders de la région se retrouvaient. Parmi eux, Futa et Hiroki, deux amis d’enfances. C’est leur quotidien que suit la caméra de Mattias Evangelista dans « Aizu », un petit film de 15 minutes.

Entre rides en forêt, entraînements au dojo, et initiation à la glisse de la jeune génération, Futa et Hiroki se souviennent du 11 mars 2011, jour fatal où la centrale nucléaire de Tohoku est submergée par le tsunami généré par un violent séisme sous-marin. Le bilan est de 22 500 morts et disparus. Mais l’espoir n’est pas mort, et la communauté des snowboarders, très imprégnée de culture samouraïs, semble plus forte que jamais. L’espoir, la résilience et l’esprit communautaire peuvent surmonter une catastrophe, racontent les riders.

Déconfinement: l’interview

Le président, qui nous a reçus à l’Elysée le 28 avril, annonce qu'il prendra «dès le début du mois de juin grâce au retour à une vie aussi normale que possible» son «bâton de pèlerin» pour aller «prendre le pouls du pays». PhotoPQR/Centre France La Montagne/Thierry LindauerLe président, qui nous a reçus à l’Elysée le 28 avril, annonce qu'il prendra «dès le début du mois de juin grâce au retour à une vie aussi normale que possible» son «bâton de pèlerin» pour aller «prendre le pouls du pays». PhotoPQR/Centre France La Montagne/Thierry Lindauer 

Interview Emmanuel Macron 28 avril

Le 31 mars, vous avez annoncé un retour progressif à la normale à partir de mi-mai. Quel est votre calendrier ?

« L’étape zéro, c’était la réouverture des écoles le 26 avril. Nous avons assumé cette priorité éducative et cette stratégie de vivre avec le virus, y compris face à haut niveau d’incidence, supérieur à celui de nos voisins. Nous ouvrirons ensuite en quatre étapes. Le 3 mai, fin des attestations et des restrictions de déplacement. Le 19 mai, couvre-feu repoussé à 21h et réouverture des commerces, des terrasses et des musées, salles de cinémas et théâtres avec des jauges limitées. Dès le 19 mai, il nous faut retrouver notre art de vivre à la française, en restant prudents et responsables : notre convivialité, notre culture, le sport… Le 9 juin, couvre-feu à 23h et ouverture des cafés, restaurants et salles de sport. Enfin le 30 juin, fin du couvre-feu (voir infographie). »

L’idée de déconfiner par territoire est donc abandonnée ?

« J’ai bon espoir que la France entière pourra passer à l’étape du 19 mai. Les mesures seront nationales, mais nous pourrons actionner des « freins d’urgence » sanitaires dans les territoires où le virus circulerait trop. A l’heure actuelle, il y a huit départements dans lesquels l’incidence dépasse 400 cas pour 100 000 habitants. »

Selon quels critères ces freins seront-ils déclenchés ?

« Ils s’appliqueront dans une métropole ou un département en fonction de trois critères : le taux d’incidence qui dépasserait à nouveau 400 infections pour 100 000 habitants, une augmentation très brutale de ce taux et une menace de saturation des services de réanimation. Si cela se produit, le gouvernement, en concertation avec les préfets et les collectivités locales, bloquera les réouvertures. »

En octobre, vous aviez fixé le seuil de déconfinement à 5 000 cas par jour, il est aujourd’hui à plus de 30 000. Les conditions sont-elles vraiment réunies pour gagner ce nouveau pari ?

« Je n’ai jamais fait de pari sur la santé et la sécurité de nos concitoyens. J’assume d’avoir fait des choix, mais ce ne sont pas des paris. Cela sous-entendrait que ce serait aventureux. Non. Nous avons été éclairés par la science et nous avons fait le choix de mettre l’humain avant tout. Dans l’humain, il n’y a pas que la gestion sanitaire mais aussi tout ce qui fait la vie des femmes et des hommes. La vie de la Nation ne se réduit pas à l’évolution des courbes.

Je suis obligé de regarder la conséquence de la fermeture d’une école, quand un enfant n’aura pas un repas par jour ; ou encore la conséquence quand on demande à un commerce de fermer plusieurs semaines. Je sais leur détresse aujourd’hui. Nous devons prendre tout cela en compte. »

Qu’est-ce qui a changé ?

« La grande différence avec le mois d’octobre, c’est qu’aujourd’hui, nous avons un vaccin qui donne une perspective de sortie durable de la crise. Nous avons vu l’efficacité du couvre-feu -, croisée avec l’arrivée du vaccin en janvier. C’est un vrai changement dans la gestion de l’épidémie. »

Assouplirez-vous le télétravail ?

« Le télétravail sera assoupli à partir du 9 juin, en lien avec les partenaires sociaux au niveau des entreprises. De manière plus large, ce que je vous ai présenté aujourd’hui est un projet qui fera l’objet, à partir de lundi, d’une grande phase de concertation à trois niveaux : avec les parlementaires, avec l’ensemble des partenaires sociaux et des professionnels et avec les élus des territoires. A l’issue, le plan sera présenté en détail par le Premier ministre au cours de la semaine du 10 mai. »

Comment le pass sanitaire fonctionnera-t-il ? N’y a-t-il pas de risque d’une société sanitaire à deux vitesses avec les vaccinés et les autres ?

« Je tiens beaucoup à l’unité de la Nation. Sur le plan sanitaire, chaque innovation a été accessible à tous. Les tests sont gratuits en France. Très peu de pays sont dans ce cas. Nous n’avons laissé personne au bord de la route. La République et l’Etat Providence ont été au rendez-vous. Le « quoiqu’il en coûte », c’est aussi ça. Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis. Par contre, dans des lieux où se brassent les foules, comme les stades, festivals, foires ou expositions, il serait absurde de ne pas l’utiliser. Comme il en va de nos libertés publiques, le Parlement se saisira de la question. Le débat doit être ouvert. Ce pass, qui sera papier ou numérique, via l’application TousantiCovid, permettra de montrer qu’on est vacciné ou testé négatif dans les deux jours qui précèdent. C’est juste et ça ne fracturera pas le pays. Ce sera un outil supplémentaire pour assurer la protection des Français.»

Est-ce que la formule que vous nous présentez permettra de ne plus avoir recours à des confinements ?

« C’est mon souhait le plus fort, et cela ne date pas d’aujourd’hui.. Mais est-ce que je peux vous dire, les yeux dans les yeux, qu’on ne sera plus jamais débordé par ce virus ? C’est impossible. Il semble que les vaccins dont nous disposons sont efficaces face aux variants, mais vous voyez bien que nous en découvrons de nouvelles formes chaque semaine. Il faut donc rester vigilant. Maintenant, notre combat, c’est de vacciner le plus vite possible pour augmenter notre immunité collective. Il faut le faire évidemment en Europe, mais également en aidant l’Afrique et les pays les plus pauvres. Ce n’est pas simplement de la solidarité, c’est aussi de l’efficacité. »

C’est-à-dire ?

« Le seul moyen d’éviter que de nouveaux variants émergent, c’est de permettre à tous les pays du monde d’aller vers une stratégie d’éradication du virus. C’est pour cela que nous sommes en train de devenir, nous, Européens, le continent leader de la production de vaccins. On est parti moins vite que nos amis américains, mais nous sommes en train de rattraper ce retard à marche forcée. Nous

allons produire 250 millions de doses sur notre sol cette année. Nous, Européens, nous en avons d’ores et déjà commandé 2,5 milliards pour cette année. Nous en produirons plus de 2 milliards sur 2022-2023 pour faire les éventuels rappels de vaccination dont on aura peut-être besoin, mais aussi aider tous nos partenaires à vacciner leurs populations et écraser le virus dans leur pays. »

Voyez-vous la fin de la crise sanitaire en 2021 ?

« Je ne sais pas. S’il n’y a pas de nouveaux variants non maîtrisés, oui. Là où je suis plus optimiste, c’est que nos meilleurs scientifiques et industriels disent que nous serions en capacité, en 80 à 100 jours, de fournir un vaccin permettant d’y répondre. Mais peut-être aurons-nous à vivre avec le virus pendant des années et à nous refaire vacciner chaque année. »

Envisagez-vous dès maintenant d’ouvrir la vaccination à tous?

« Pas tout de suite. On peut optimiser le fonctionnement de nos 1700 centres de vaccination. On va continuer à prioriser par âge parce que c’est le plus efficace. La vaccination des plus vulnérables fait baisser la pression sur les services hospitaliers. Mais nous avons des doses en stock. Nous allons donc ouvrir à compter du 1er mai la vaccination à tous les plus de 18 ans qui ont une surcharge pondérale sérieuse (indice de masse corporelle supérieur à 30). J’invite les 2,3 millions de Français concernés à se rendre dans les centres de vaccination dès ce week-end. »

Y aura-t-il un bac normal cette année ?

« En aucun cas, nous n’aurons des examens et des diplômes au rabais. Qu’il s’agisse du baccalauréat, des bac pro, des BTS ou des examens dans nos universités. Mais nous devons nous adapter. Pour le baccalauréat, certaines épreuves qui devaient se tenir en mars sont passées en contrôle continu du fait de l’épidémie. En revanche, les deux épreuves qui ont des examens terminaux, la philosophie et le grand oral, seront maintenues.

Et les autres examens ?

« Pour le bac pro, les épreuves terminales prévues pour juin seront maintenues. Idem pour les BTS, en juin, avec la part de stage et de contrôle continu prévue, mais nous mettrons en place une session exceptionnelle de rattrapage en juillet. Pour tout le reste du supérieur, les examens prévus se tiendront mais à chaque fois qu’il y aura des élèves malades, nous leur permettrons d’avoir des sessions de rattrapage. »

Comment sortir des aides et du « quoiqu’il en coûte », sans faire trop de dégâts sur des secteurs très fragilisés ?

« J’assume totalement le « quoi qu’il en coûte ». Nous avons eu raison de le faire. Durant la crise 2008-2010, la France a eu une récession deux fois moins forte qu’en Allemagne, mais a détruit 7 fois plus d’emplois. Là nous n’en détruisons pas plus, car on a protégé les emplois existants. Le chômage n’a pas explosé, ni les faillites. Les semaines à venir, il faut être très vigilant pour accompagner le redémarrage sans créer de fragilités économiques. Le dispositif d’activité partielle sera maintenu à

l’identique en mai et en juin. En mai, pour ceux qui commencent à rouvrir, il y aura les mêmes aides économiques qu’en avril. A partir du 1er juin, l’accompagnement se fera au prorata de la reprise d’activité. On aura une réponse adaptée par secteur. Ce sera du cousu main. Là encore, nous le ferons dans un cadre concerté avec les partenaires sociaux »

Les 750 milliards d’euros promis par l’Europe n’arriveront pas avant septembre. La France va exercer la présidence de la Commission européenne l’an prochain. Allez-vous prendre des initiatives pour fluidifier le système de décision européen ?

« Nos procédures sont trop lentes et trop bureaucratiques. Il y aura au cœur de la présidence française la volonté de réformer nos institutions pour les rendre plus efficaces et plus rapides. Mon travail dans les prochains mois, c’est aussi de tout faire pour simplifier les procédures en France. »

Comment ?

« Dès le début du mois de juin grâce au retour à une vie aussi normale que possible, je veux reprendre mon bâton de pèlerin et aller dans les territoires pour prendre le pouls du pays. »

Vous allez refaire un grand débat national ?

« Je veux, en lien avec les maires et forces vives de la Nation, inventer un deuxième temps de la relance. Il devra passer par une simplification drastique et une accélération des investissements. »

La crise sanitaire a révélé un certain déclassement industriel…

« Nous avons tenu pendant des décennies un discours patriotique, sans les moyens. S’il n’y a pas de recherche, s’il n’y a pas d’investissement pour créer des usines, il n’y a plus d’industrie. Depuis quatre ans, nous avons baissé le coût du capital et la fiscalité sur l’investissement productif. Heureusement que nous avons réduit les impôts, y compris en supprimant la part anti-production de l’ISF! Notre pays dissuadait l’investissement. Il dissuadait aussi le travail et c’est pour cela que j’ai baissé l’impôt sur le revenu, augmenté la prime d’activité. Ah, j’en ai entendu sur ces sujets de la part des patriotes aux petits pieds ! Ceux qui vous disent : ’il faut faire des usines en France’, mais vous expliquent que les gens qui réussissent doivent être taxés, alors que la France est déjà l’un des pays d’Europe où la fiscalité est la plus élevée. On a eu raison de stopper cette aberration qui conduisaitnos entrepreneurs à s’installer à l’étranger ; on aurait dû faire 10 ou 15 ans plus tôt. Nous avons malheureusement vécu à plein l’absurdité d’un modèle économique qui n’existait plus. On va mettre une décennie pour rebâtir le tissu industriel. »

Les Etats-Unis préparent un plan à 1000 milliards de dollars. Ils injectent plus d’argent que nous ?

« Il faut aussi, quand on se compare avec le plan Biden, prendre en compte tout notre modèle social, à commencer par les minimas sociaux et l’activité partielle. Quand on y ajoute le plan de relance, la France consacre 20% du PIB à la crise. Les mêmes proportions qu’aux Etats-Unis, qui n’ont pas notre système de solidarité. »

Joe Biden va taxer l’argent qui dort chez les plus riches. C’est une solution ?

« Cette dette Covid, il faudra la rembourser et nous devrons aussi assumer des investissements d’avenir et équilibrer le fonctionnement courant du pays. Mais tant je serai là, il n’y aura pas de hausses d’impôts en sortie de crise. Nous sommes déjà l’un des pays les plus taxés au monde. Il ne peut y avoir de souveraineté industrielle sans une baisse des impôts de production. Depuis quatre ans, nous avons baissé la contribution des classes populaires et moyennes (100€ de gain de pouvoir d’achat pour un salarié au Smic). La Nation doit reprendre le cours des réformes de modernisation. Ce processus ne peut pas s’arrêter. »

Vous allez donc réformer jusqu’au bout ?

« Jusqu’au dernier quart d’heure. Ces vingt dernières années, nous avons pris trop de retard. Réformer, transformer, investir, ce sont les conditions pour défendre notre modèle social, ce que nous sommes nous, Français. »

En décembre, vous avez laissé planer le doute sur votre candidature à un second mandat. Cette crise a-t-elle conforté ce doute ou l’a-t-elle fait reculer ?

« Je me couche avec mes doutes et je me réveille avec des convictions reforgées. Je serai bien intempestif à vous parler de mes ambitions personnelles. Dans la gestion d’un pays, il ne faut pas commettre de faute de temps. Nous avons une nouvelle décennie française à bâtir, qui sera la décennie de notre jeunesse. Si j’ai une ambition, c’est ça. C’est qu’on puisse ensemble, par cette grande concertation que je veux faire à l’été, tourner la page de ce moment de la vie de la Nation. Mon destin individuel n’existe pas si nous n’y arrivons pas, aucun destin individuel ne vaut en dehors d’un projet collectif. »

Source: UMIH et le Parisien

       

Déconfinement : le calendrier

Déconfinement : Emmanuel Macron nous dévoile le calendrier du retour progressif à la normale

Le président a choisi nos colonnes et celles de confrères de la PQR pour révéler son plan de réouverture du pays. Quatre étapes pour sortir du confinement progressivement.

Le président a choisi nos colonnes et celles de confrères de la PQR pour révéler son plan de réouverture du pays.
Le président a choisi nos colonnes et celles de confrères de la PQR pour révéler son plan de réouverture du pays. 

Dans son interview au Parisien et aux quotidiens de presse régionale, Emmanuel Macron détaille son plan de réouverture progressive du pays. Un calendrier établi par phase de 3 semaines en 3 semaines pour permettre l’évaluation des mesures avant de passer, si la situation le permet, à la phase suivante.

Le 31 mars, vous avez annoncé un retour progressif à la normale à partir de mi-mai. Quel est votre calendrier ?

Emmanuel Macron. L’étape zéro, c’était la réouverture des écoles le 26 avril. Nous avons assumé cette priorité éducative et cette stratégie de vivre avec le virus, y compris face à un haut niveau d’incidence, supérieur à celui de nos voisins. Nous ouvrirons ensuite en quatre étapes. Le 3 mai, fin des attestations et des restrictions de déplacement. Le 19 mai, couvre-feu repoussé à 21 heures et réouverture des commerces, des terrasses et des musées, salles de cinémas et théâtres avec des jauges limitées. Dès le 19 mai, il nous faut retrouver notre art de vivre à la française, en restant prudents et responsables : notre convivialité, notre culture, le sport… Le 9 juin, couvre-feu à 23 heures et ouverture des cafés, restaurants et salles de sport. Enfin le 30 juin, fin du couvre-feu (voir infographie ci-dessous). »

La suite de l’interview est à découvrir ce soir sur notre site et demain dans nos colonnes.

Les étapes de la réouverture

Le calendrier établi par le président pourrait évidemment être modifié, dans certains territoires où le taux d’incidence serait trop élevé ou si les services de réanimation se trouvaient proches de la saturation.

Lundi 3 mai, rien ne change par rapport à ce qui avait déjà été annoncé par le gouvernement : les restrictions de circulation en journée prennent fin, collèges et lycéens rouvriront totalement ou partiellement. Les commerces aujourd’hui fermés le resteront à ce moment-là. Il faudra ensuite attendre deux semaines pour arriver à la deuxième phase du déconfinement.

Le mercredi 19 mai, tous les commerces pourront rouvrir. Les musées, monuments, théâtres, cinémas et lieux de spectacle avec du public assis (dans la limite de 800 spectateurs en intérieur, et 1 000 à l’extérieur) seront aussi autorisés à ouvrir. Les activités sportives, à l’extérieur comme à l’intérieur, seront de nouveau permises. Les stades de football et autres établissements sportifs pourront rouvrir à la même date, avec la même jauge que les lieux de spectacle. Les rassemblements de plus de dix personnes seront interdits, contre six aujourd’hui. On pourra retourner au restaurant, mais seulement en terrasses et avec un maximum de six personnes par table. Le couvre-feu, jusque-là à 19 heures, sera décalé à 21 heures.

infog déconfinement macroninfog déconfinement macron LP/Infogra

Le 9 juin, le couvre-feu passera à 23 heures. Cafés et restaurants pourront rouvrir complètement, toujours avec une limite de six personnes par table maximum. Les salles de sport pourront à nouveau ouvrir ce même jour. Sous réserve d’avoir un pass sanitaire, les lieux de cultures et établissements sportifs pourront accueillir jusqu’à 5 000 personnes. Sous la même condition, salons et foires pourront rouvrir. Les touristes étrangers se rendant en France devront avoir un pass sanitaire. Le télétravail, lui, sera assoupli.

Le 30 juin, enfin, dernière phase du déconfinement annoncé par Emmanuel Macron, on en aura fini avec le couvre-feu qui sera définitivement levé. Avec un pass sanitaire, il sera possible de participer à des événements de plus de 1 000 personnes, en extérieur et en intérieur, ouvrant a priori la voie aux festivals. Selon la situation sanitaire locale, les jauges seront revues voire levées dans les établissements ouverts et lors des rassemblements.

Coronavirus au Japon :

Et le reste du monde

(les chiffres en passant le curseur sur les images)

Coronavirus au Japon : l’évolution en temps réel

Société
 
Notre article présente en temps réel toutes les données essentielles de l’évolution de l’épidémie de coronavirus au Japon. Une carte de la situation mondiale est également disponible.

(Toutes les informations sont fournies par le service de données en temps réel FastAlert, de l’agence JX Press. Photo de titre © Pixta.)

Fukushima: le redémarrage…

Le redémarrage de vieux réacteurs nucléaires après la catastrophe de Fukushima approuvé pour la première fois au niveau local

Environnement  

Le mercredi 28 avril, le redémarrage de trois réacteurs nucléaires de plus de 40 ans des centrales de Mihama et Takahama a été approuvé par le gouverneur de la préfecture de Fukui, Sugimoto Tatsuji. Ce dernier s’était entretenu la veille par visio-conférence avec le ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie et le président de la compagnie d’électricité Kepco, exploitant de ces centrales, après avoir vérifié le respect des normes de sécurité et gagné la compréhension de la population des alentours.

C’est la première fois depuis la catastrophe de Fukushima du 11 mars 2011 qu’une telle décision est prise au niveau local concernant des réacteurs aussi vieux. Si la durée de vie maximale d’un réacteur au Japon est censée être de 40 ans, un rallongement de 20 ans peut être autorisé par la Commission de réglementation de l’énergie nucléaire.

Les réacteurs 1 et 2 de la centrale de Takahama, préfecture de Fukui
Les réacteurs 1 et 2 de la centrale de Takahama, préfecture de Fukui
Le gouverneur de la préfecture de Fukui, Sugimoto Tatsuji
Le gouverneur de la préfecture de Fukui, Sugimoto Tatsuji

Il y a une semaine, le Premier ministre Suga Yoshihide s’était engagé à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 46 % d’ici 2030. Dépendant encore très fortement des énergies fossiles comme le charbon, le Japon voit dans le nucléaire une alternative plus écologique, malgré la question du stockage des déchets. Des efforts sont également mis sur les énergies renouvelables.

Voir aussi nos autres articles :

[Copyright The Jiji Press, Ltd.]

Les enfants de Fukushima

25 avril 2021

Les cas de cancer de la thyroïde chez les enfants de Fukushima multipliés par 20

© Ian Thomas Ash / www.documentingian.com

Article d’Alex Rosen paru sous le titre original « Schilddrüsenkrebs bei Fukushima-Kindern 20-fach erhöht » sur le site de l’IPPNW.

Traduction française : Odile Girard (Fukushima-is-still-news)

© Ian Thomas Ash / www.documentingian.com

En 2011 la population japonaise a été exposée aux retombées radioactives dans beaucoup d’endroits. Certains vivent encore aujourd’hui dans des régions irradiées où ils sont chaque jour confrontés à des doses de radioactivité élevées : points chauds (hotspots) radioactifs dans les rues, les champs de riz ou les bacs à sable, champignons ou algues contaminés, eaux souterraines radioactives et recontamination par les feux de forêts et les inondations.

L’un des effets secondaires les plus redoutés de l’exposition à la radioactivité est l’apparition de cancers via des mutations de l’ADN. Le cancer de la thyroïde chez les enfants n’est certes pas le plus dangereux, mais c’est la manière la plus simple de révéler une maladie cancéreuse radioinduite. En effet, les temps de latence jusqu’à l’apparition d’une tumeur cancéreuse sont relativement courts – quelques années seulement – et de plus, le cancer de la thyroïde est extrêmement rare chez les enfants ; on peut donc montrer qu’une hausse même minime des cas est statistiquement significative. En conséquence, en 2011, les autorités japonaises se sont senties obligées de mettre en place une étude sur les cancers de la thyroïde chez les enfants et les jeunes de Fukushima.

Depuis maintenant 10 ans, l’Université de Médecine de Fukushima (la FMU) examine à intervalles réguliers la thyroïde de personnes qui vivaient dans la préfecture de Fukushima au moment de la fusion des cœurs et avaient à l’époque moins de 18 ans. Au départ, le groupe concerné comprenait environ 368 000 individus. Les premières années, on a tout de même réussi à examiner quelque 300 000 d’entre eux. Après la première série de dépistage (2011-2014), le suivi de dépistage de ces enfants a eu lieu ensuite tous les deux ans. La seconde enquête est déjà terminée, la troisième tire à sa fin ; la quatrième dure déjà depuis 2018 et depuis 2020, nous sommes dans la cinquième.

Dans la première série de dépistage à Fukushima, on a trouvé 116 biopsies suspectes, 101 cas de cancer avéré qui étaient si agressifs qu’ils ont dû être opérés. Les patients et patientes qui présentaient des biopsies suspectes avaient au moment de la catastrophe entre 6 et 18 ans (en moyenne 14,9 ans). À l’époque, ce chiffre élevé inattendu a été expliqué par l’Université de Médecine de Fukushima comme étant le résultat d’un effet dépistage (screening effect en anglais), c’est-à-dire ce phénomène qui veut qu’on détecte davantage de cas de maladies au cours de dépistages de masse qu’on n’attendrait dans la même population et le même laps de temps en laissant se développer les symptômes de la maladie. Même si on ne connaît pas la dimension précise de l’effet dépistage, on peut exclure que l’augmentation du taux de cancer au cours des campagnes de dépistage suivantes soit due à un effet dépistage. Tous ces enfants avaient en effet été examinés auparavant et avaient été déclarés exempts de cancer. C’est donc bien qu’ils ont développé leur cancer entre les dépistages.

La seconde série de dépistage a révélé jusqu’à présent 71 biopsies suspectes, 54 cas de cancer (âge au moment de la catastrophe entre 5 et 18 ans, âge moyen 12,6 ans). La troisième série a trouvé 31 biopsies suspectes et 27 cas de cancer supplémentaires (âge au moment de la catastrophe entre 5 et 16, âge moyen 9,6 ans). Dans la quatrième série qui se déroule actuellement, on a jusqu’ici 27 biopsies suspectes et 16 nouveaux cas (âge au moment de la catastrophe entre 0 et 12 ans, âge moyen 8 ans). Parmi les enfants qui, après une biopsie à l’aiguille fine, présentaient une suspicion de cancer, 46 sont toujours sous observation et n’ont pas encore été opérés. Ce qui frappe, c’est la moyenne d’âge toujours plus basse dans les dépistages : avec le temps, on a de plus en plus de cas de cancer chez des patients qui à l’époque de la catastrophe étaient encore très jeunes, et pouvaient même avoir moins de cinq ans.

Arrivés à 25 ans, les jeunes adultes de la cohorte étudiée sont par ailleurs exclus de l’étude officielle principale et transférés dans une nouvelle cohorte. Dans ce groupe, on a enregistré jusqu’à présent 7 cas de biopsies suspectes et 4 nouveaux cas de cancer de la thyroïde. Le nombre de cas non recensés est probablement beaucoup plus élevé, car la participation à cette étude n’est que de 8 %. La mise en place d’une nouvelle cohorte est considérée dans l’ensemble comme une manière pour la FMU de minimiser encore le nombre de diagnostics de cancer.

À ces chiffres il faut ajouter 11 cas de cancer de la thyroïde qui ont été détectés chez des enfants appartenant à la cohorte d’étude, non pas dans le cadre des tests de dépistage mais à la Clinique universitaire de Fukushima. Ces 11 cas ne sont pas pris officiellement en compte dans les résultats officiels, quoiqu’ils montrent des tumeurs identiques et touchent des patients qui se trouvent effectivement dans la cohorte d’étude. Ces patients ont toutefois été envoyés faire des examens supplémentaires plus tôt que prévu en raison de résultats suspects au cours des dépistages. Les cas de cancer qui sont alors apparus n’ont pas été rajoutés aux chiffres officiels, ce qui ouvre la porte à une minimisation systématique du nombre réel de cas. 

Ces 11 cas étaient connus en juin 2017. On ne sait pas combien il y a eu depuis de cas supplémentaires. En outre, les données venant d’autres hôpitaux japonais ne sont pas disponibles et les patients de régions contaminées par la radioactivité en dehors de la préfecture de Fukushima ne sont de toute façon enregistrés nulle part. Il est donc fort probable que le nombre de cas non détectés de cancer de la thyroïde chez des patients qui au moment de la fusion des cœurs se trouvaient dans les régions contaminées soit nettement plus élevé. Mais même abstraction faite de ces cas, le total des cas de cancer de la thyroïde atteint aujourd’hui 213 (198 cas officiels issus des séries de dépistage, 4 cas de la cohorte Ü25, et les 11 cas de la Clinique universitaire de Fukushima).

Il est maintenant intéressant de comparer ces chiffres avec le taux d’incidence de cancer au niveau du Japon : au Japon, le taux d’incidence du cancer de la thyroïde chez les enfants de moins de 25 ans est de 0,59 par 100 000 par an. Cela signifie qu’au sein de la cohorte de quelque 218 000 enfants, on aurait pu attendre une incidence d’environ 1,3 nouveau cas de cancer de la thyroïde par an. Aujourd’hui, 10 ans après le début de la catastrophe nucléaire, on ne devrait avoir que 13 cas de cancer de la thyroïde au sein de la population étudiée.

Le chiffre réel des cas de cancer de la thyroïde à Fukushima, c’est-à-dire 213 cas, est 16 fois plus élevé que le chiffre attendu. Si l’on ne prend en compte que les 112 cas confirmés après la première série de dépistage et qu’on ne peut donc pas soupçonner d’être liés à un quelconque effet dépistage, le facteur d’incidence par rapport au nombre de cas de cancer de la thyroïde attendu depuis la fin du premier dépistage (12,9-7,4 = 5,5) est même de 20.

Le graphique ci-dessous compare les cas de cancer de la thyroïde détectés officiellement (en bleu) aux cas qu’on pourrait mathématiquement attendre dans la cohorte étudiée (en orange). On voit que le nombre de cas durant la première série de dépistage augmente de manière continue mais qu’il poursuit aussi sa courbe ascendante de 2014 à 2020 de manière continue, ce qui ne saurait s’expliquer par un effet dépistage.

Titre du graphique : cas de cancer de la thyroïde chez les enfants de Fukushima. En bleu : cas de cancer confirmés ; en orange : nombre de cancers attenduTitre du graphique : cas de cancer de la thyroïde chez les enfants de Fukushima. En bleu : cas de cancer confirmés ; en orange : nombre de cancers attendu

De plus, la répartition géographique des taux de cancers de la thyroïde correspond bien à la contamination radioactive admise. Dans les 13 communes les plus contaminées situées à l’est de Fukushima, on observe une incidence des cancers de la thyroïde chez les enfants nettement plus élevée que dans les régions moins contaminées par la radioactivité dans le nord, le sud et le centre de la préfecture. Le taux d’incidence le plus bas a été trouvé à l’ouest, là où les retombées radioactives ont été aussi les moins fortes.

Les cas de cancer de la thyroïde chez les enfants de Fukushima multipliés par 20
Les cas de cancer de la thyroïde chez les enfants de Fukushima multipliés par 20

Du reste, la baisse du nombre de cas de cancers de la thyroïde attendu dans les années 2016-2021 s’explique par la baisse de participation aux dépistages. Comme ces cas de maladie ne peuvent plus apparaître dans le dépistage, cela fait aussi baisser le nombre des cas de cancers attendu. Alors que la première série de dépistage de 2011-2014 concernait encore environ 300 000 enfants qui étaient soumis à une palpation et une radio de la thyroïde, le nombre a diminué d’environ 10 % dans la seconde série de dépistage de 2014-2016 pour n’inclure que quelque 270 000 enfants et de 10 % encore dans la troisième série de 2016-2018 pour finalement ne plus concerner que 218 000 enfants. À ce jour, la quatrième série de dépistage a permis d’examiner environ 181 000 enfants et la cinquième seulement 41. Si l’on compare les chiffres, le pourcentage des enfants examinés à Fukushima est passé de 79 % au premier dépistage à 71 au second, 65 au troisième et à 62 % au quatrième dépistage en cours.

En bleu : cohorte étudiée ; en orange : enfants examinés. Courbe : pourcentageEn bleu : cohorte étudiée ; en orange : enfants examinés. Courbe : pourcentage

Il semblerait que cette tendance ait une explication systématique : depuis des années des membres de l’Université de Médecine de Fukushima sont envoyés dans les écoles de la préfecture, pour informer les enfants de leur « droit à la non-participation » et leur « droit de ne pas savoir ». Sur les formulaires de scolarité, on trouve entretemps une option « opt out », c’est-à-dire une possibilité de ne plus participer au dépistage. C’est donc bien en toute conscience qu’on envisage que les enfants puissent sortir de l’étude et qu’on les y encourage. La baisse de participation est encore amplifiée par le fait que les plus de 25 ans ne font plus partie de l’étude principale. Les membres de la FMU craindraient-ils que la montée inquiétante des cas de cancers de la thyroïde ne se poursuive ? Ont-ils du mal à accepter ces données qui contredisent la thèse largement répandue depuis le début de la catastrophe nucléaire selon laquelle la multiple fusion des cœurs n’a entraîné aucun cancer supplémentaire ?

En outre, on peut s’attendre à une augmentation d’autres formes de cancer et d’autres maladies provoquées ou influencées de manière négative par les radiations ionisantes. Les tests thyroïdiens de la FMU représentent les seuls tests scientifiques de dépistage en série qui puissent donner des résultats pertinents sur les conséquences sanitaires de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Et ils courent actuellement le risque d’être dévalorisés par les partisans de l’énergie nucléaire.

Les gens au Japon ont un droit inaliénable à la santé et le droit de vivre dans un environnement sain. Les tests thyroïdiens chez les enfants ne sont pas seulement bénéfiques aux patients dont les cancers sont détectés de manière précoce et peuvent ainsi être traités, mais servent l’intérêt de l’ensemble de la population qui a subi les effets de la radioactivité libérée lors de l’accident. La poursuite des tests thyroïdiens dans le respect des règles et leur accompagnement scientifique sont donc d’intérêt public et ne doivent en aucun cas être entravés par des considérations politiques ou économiques. Il est important de continuer à suivre de l’extérieur l’évolution de la situation en gardant un regard critique.

Alex Rosen, médecin pédiatre et co-président de l’IPPNW Allemagne

Sources :

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En France, la réouverture des restaurants, ce ne serait pas tout de suite pour tout le monde. Lors d’un déplacement à Melun ce lundi 26 avril 2021, le président Emmanuel Macron déclare  » Je pense qu’on ne peut pas rouvrir les restaurants fin-mai courant juin dans les départements où ça circule encore beaucoup ». Alors, qui devra prendre son mal en patience ?

Alors que les français attendent l’annonce officielle du calendrier de réouverture des lieux fermés en raison du coronavirus, celles-ci devraient se faire de manière progressive selon la circulation du virus dans les différents territoires. Lors de la conférence de presse du gouvernement le 22 avril 2021, le premier ministre Jean Castex avait confirmé l’horizon de la mi-mai pour de premières réouvertures notamment en ce qui concerne les terrasses et les lieux culturels.

Ce lundi 26 avril 2021, on comprend que la réouverture des restaurants, ce ne sera pas tout de suite pour tout le monde. Lors d’un déplacement en Île-de-France à Melun, le président Emmanuel Macron a déclaré  » Je pense qu’on ne peut pas rouvrir les restaurants fin-mai courant juin dans les départements où ça circule encore beaucoup ». En revanche, il confirme que la réouverture des terrasses serait bel est bien prévue pour la mi-mai.

Ainsi, pour le retour dans les salles des restaurants, cela semble compromis pour la région Île-de-France dont les départements présentent les taux d’incidence les plus élevés du pays bien qu’une baisse de la circulation du virus soit observée depuis quelques temps. Parmi les régions les plus touchées on retrouve également les Hauts-de-France mais aussi la Provence-Alpes-Côte d’Azur avec un taux d’incidence particulièrement élevé dans les Bouches-du-Rhône. Il faudra donc prendre son mal en patience et en espérant profiter des terrasses entretemps.

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