Installation d’un ensemble « Sports et Loisirs » à L’Isle sur Serein
L’article 12 du compte rendu du conseil municipal du 26 février 2021 nous informe de l’installation prochaine d’un ensemble « Multi Sports » qui se situera à proximité de l’aire de jeu, elle-même se situant entre le terrain de football et le camping municipal.
Cette prochaine installation s’inscrit dans la continuité. En effet, après le terrain de football, l’air de jeu et plus récemment terrain de tennis, on ne peut que constater la volonté des successeurs des conseillers municipaux dans la pérennisation d’un projet adopter lors d’une réunion de conseil de 1987, comme l’indique, ci-dessous, un article paru dans la presse de l’époque.
On ne peut que féliciter le conseil actuel sur cette sage décision.
Depuis la crise sanitaire du Covid qui sévit en France depuis mars 2020, les municipalités ont beaucoup mal à gérer les réunions de conseils municipaux.
A chacun sa solution, avec pour objectif dans la majorité des cas, le respect de la démocratie locale
Léa Guedj, journaliste sur France Inter, est allée à la rencontre des maires et nous fait part des choix de chacun, qu’elle publie dans un article le
Conseils municipaux : comment les communes s’adaptent aux restrictions sanitaires
Pour maintenir ces délibérations entre élus et permettre aux citoyens d’y assister, des mairies passent aux visioconférences et aux retransmissions en direct sur internet. Mais la transition n’est pas toujours facile.
Depuis mai 2020, les conseils municipaux peuvent se tenir sans la présence des administrés, ou avec un nombre limité de personnes. Les communes tentent de s’adapter pour conserver la caractère public des séances, par une retransmission en direct. Les élus peuvent également se réunir en téléconférence. Autant de modalités de fonctionnement dont disposent désormais les maires pour maintenir ce moment important de la démocratie locale, malgré la crise sanitaire. Même si certains rechignent à les adopter.
En salle, avec un nombre restreint d’élus
Des communes ont ainsi décidé de poursuivre les débats en salle, parfois en se délocalisant dans des locaux plus grands et avec ce que cela implique de mesures de distanciation, port du masque et autres plexiglass. Pour le maire socialiste de Creil, dans l’Oise, hors de question de renoncer au« cénacle de la démocratie locale », explique Jean-Claude Villemain à France Inter. Pas de visioconférence donc, mais des élus en nombre restreint, auxquels ceux qui sont absents peuvent déléguer leur pouvoir.
Du côté de l’opposition, cette décision agace. Les élus du groupe d’opposition Génération Creil ont tout simplement refusé d’assister au conseil municipal lundi dernier. « Creil est au cœur d’une zone de forte propagation de l’épidémie, justifie Johann Lucas, le président du groupe, et il y a eu des cas de covid parmi les agents, cadres et élus de la commune. » « J’applique la loi », rétorque l’édile, faisant référence à l’ordonnance du 1er avril 2020 qui prévoit que le tiers des membres doivent être présents ou représentés par des élus porteurs de pouvoirs.
Les séances en visioconférence, c’est toute une organisation
Avec plus ou moins d’entrain, des municipalités ont sauté le pas. Philippe Laurent, maire (UDI) de Sceaux, organise les conseils municipaux en visioconférence, via le logiciel StarLeaf, depuis décembre 2020. « C’est beaucoup plus long et pénible, car les élus sont installés chez eux tranquillement, alors ils parlent, parlent…, soupire l’élu. _Une des séances a même duré onze heures, jusqu’à six heures du matin !_« C’était la séance du 17 décembre 2020, visible sur Youtube, s’il vous prend l’irrépressible envie de la visionner.
À Montreuil, en Seine-Saint-Denis, le service de communication concède également que l’organisation est « plus compliquée ». Il y a « tout un nouveau protocole à adopter et des problèmes techniques à résoudre ». La Ville a donc rédigé une note explicative des règles à suivre pendant ces réunions à distance. Les modalités de prise de parole, d’abord. Les conseillers doivent appuyer sur l’option « lever la main » dans Zoom. Ils s’expriment à tour de rôle « après avoir été préalablement autorisés à prendre la parole par le maire » qui active leur micro.
Il a aussi fallu résoudre la problématique du vote en ligne. À Montreuil, « le maire ouvre le vote via une solution de vote à distance sécurisée pour laquelle les élus auront reçu un identifiant de séance par mail et un mot de passe personnel par SMS ». Le logiciel qu’ils utilisent s’appelle Quizzbox, le même que celui choisi par Malakoff, Nancy, Vaulx-en-Velin ou Saint-Nazaire par exemple.
À Château-Thierry, dans l’Aisne, le vote se fait de manière plus traditionnelle. Devant son écran, le maire Radical, Sébastien Eugène, demande lui-même s’il y a des oppositions ou des abstentions. « Des personnes se signalent en levant la main, physiquement ou virtuellement », précise l’édile qui « demande systématiquement leur vote aux membres de l’opposition ».
Le vote dématérialisé présente un inconvénient : impossible de réaliser des votes à bulletin secret. « On est obligés de reporter ces votes là ou de les faire en présentiel », indique Sébastien Eugène. C’est d’ailleurs l’une des raisons évoquées par certains maires pour refuser les conseils en visio.
Des réunions suivies « en live »
Malgré ces difficultés techniques, le maire apprécie le distanciel, car « les conseillers s’écoutent plus entre eux, on ne peut pas couper la parole, alors que c’est assez fréquent en salle ».La retransmissionen Facebook Liveest aussi devenue systématique. Une « alternative » pour ouvrir le conseil « à un plus large public ». « Généralement cinq à dix personnes viennent au conseil municipal, toujours les mêmes, souvent d’un certain âge », observe-t-il. Tandis qu’« une centaine d’internautes regardent en direct », et certaines vidéos, qui durent environ quatre heures, cumulent jusqu’à 5 200 vues au total.
Le direct, implique aussi« plus d’interactivité »avec les administrés. Sous cette vidéo du 12 novembre 2020, on trouve plus de 100 commentaires. Sébastien Eugène, a fait le choix de permettre aux habitants de commenter la séance : « S’ils sont constructifs, il nous arrive même d’y répondre en direct. »
Des centaines de communes ont décidé de diffuser leurs conseils municipaux en direct pendant la crise sanitaire. Villeurbanne, Mulhouse, Massy, Caen, Bergerac, Brest… Pour ces villes, la captation vidéo est une nouveauté. Et cela nécessite une certaine logistique et un investissement financier. Au début, « on a bidouillé pour retransmettre sur les réseaux, en utilisant un téléphone portable », raconte Béatrice de François, maire (PS) de Parempuyre, en Gironde.
Très vite, la maire s’aperçoit que la qualité de l’image et du son n’est pas suffisante. Alors, « on a investi dans une caméra sur pivot », décrit l’élue, dont les conseils sont visibles sur YouTube. La commune a aussi fait appel à un prestataire, et « ça a un coût non négligeable : 800 euros », précise-t-elle.
La diffusion sur les réseaux sociaux booste les conseils municipaux
Limoges fait partie des villes qui ont davantage d’expérience et de moyens pour investir dans la retransmission vidéo. La municipalité diffuse les séances sur le site de la ville depuis 2014, dans un objectif de« transparence ». Pour cela, elle fait appel à au prestataire Multicam Systems, pour un montant de 2 880 à 3 600 euros par séance.
Depuis juillet 2020, les réunions sont aussi retransmises sur Facebook Live, puisqu’il n’y a plus de public en salle. « On a changé d’échelle, on touche beaucoup plus de monde, constate Sandrine Javelaud, directrice de la communication de la Ville : sur le site de la ville, on avait en moyenne 600 personnes qui regardaient en direct, et 300 en replay. »Sur Facebook, les vidéos cumulent entre 6 000 et 13 000 visionnages.
Les internautes participent activement. « On a un « community manager » qui modère les commentaires, explique la directrice de communication, il répond aux questions lorsqu’elles portent sur des dossiers précis. Parfois, il faut enlever certains commentaires haineux. » Même si les discussions sont« assez techniques »et le direct« incite à une certaine tenue de la part des conseilleurs municipaux », précise Sandrine Javelaud, l’un des internautes écrit en commentaire : « On se croirait au théâtre ».
Les commentaires des internautes « difficiles à modérer »
Le « théâtre », justement, c’est ce que veut éviter Jean-Claude Villemain, le maire (PS) de Creil. Ce qui apparait comme « un outil qui fait vivre la démocratie » aux yeux de certains élus, lui semble au contraire relever de la « politique spectacle ». Les conseils de la Ville de Creil sont diffusés en direct, mais uniquement en audio, sans image, sur YouTube. Les commentaires sont désactivés, comme sur la plupart des vidéos de conseils municipaux sur la plateforme. Une option que ne permet pas le Facebook Live.
Pour le maire de Creil, l’absence de commentaires des internautes ne change pas grand-chose, puisque, lors d’un conseil municipal habituel, « le public ne peut pas intervenir comme il veut. Il faut qu’il demande la parole et que le maire suspende la séance. » Un avis que partage la mairie de Bussy-Saint-Georges. La ville de Seine-et-Marne a d’abord tenté de diffuser son conseil municipal en Facebook Live, le 10 décembre 2020.
Résultat : 180 commentaires, dont quelques-uns reçoivent une réponse de la Ville de Bussy. Mais face à « des débordements » et « des commentaires parfois violents » qui sont « difficiles à modérer », la municipalité choisit de ne diffuser les directs que sur Youtube, sans possibilité de commenter.
Des maires refusent le distanciel et les retransmissions en direct
Il y a des majorités qui refusent tout bonnement la retransmission en direct, en audio ou en vidéo. C’est le cas à Boulogne-Billancourt, au grand dam de Pauline Rapilly-Ferniot, élue de l’opposition (EELV). Elle n’a pas pu se rendre au dernier conseil, parce qu’elle était cas contact, et « on m’a refusé d’y assister en visio », relate-t-elle. Ce qu’elle regrette encore davantage, c’est l’absence de diffusion des séances en ligne. « On a proposé un vœu en ce sens, mais la majorité a voté contre », assure-t-elle.
Dans Le Parisien, Pierre-Christophe Baguet, le maire (LR) de Boulogne-Billancourt justifie sa décision par l’attitude de l’opposition« qui, dès le premier conseil municipal, fait un peu ce qu’elle veut, des gens se lèvent pour filmer leurs camarades ». Il prend pour exemple une vidéofilmée pendant le conseil municipal diffusée sur les réseaux sociaux en février. On y voit Pauline Rapilly-Ferniot qui tente de dénoncer des propos sexistes dont elle a été victime par des élus de la majorité. Le maire coupe alors son micro.
Le maire (PS) du Mans, Stéphane Le Foll, fait aussi partie des réfractaires. À Ouest France, il déclare que « filmer un conseil municipal, ça coûte » et que « si c’est faire de la transparence pour faire de la critique systématique, ce n’est pas la peine ». Marie James, candidate de gauche aux municipales 2020, fulmine. Elle a même lancé une pétition pour « généraliser la diffusion vidéo publique des conseils municipaux et communautaires ».
Petite halte de « France Bleu Auxerre » et son équipe de l’émission « Ici dans L’Yonne », Catherine Marchesin, Béatrice Kerfa et Gauthier Pajola.
Nous allons découvrir ou redécouvrir les trésors et les richesses de ce beau village qui a su maintenir aux fils des années sa dynamique touristique et commerciale
Il y a dix ans, le Japon connaissait une crise nucléaire majeure suite au tsunami ayant ravagé la centrale nucléaire de Fukushima. Depuis, des tonnes de litres d’eau ont été utilisées pour refroidir les réacteurs. Une eau contaminée qui stagne dans plus de 1000 citernes sur le site. Le gouvernement vient de prendre la décision de la rejeter à l’océan, après un traitement rigoureux. Une décision qui fait polémique…
Fukushima, 10 ans plus tard: la radiation se dissipe plus vite que l’inquiétude
Le mur anti-tsunami de Fukushima. Photo: capture d’écran d’une vidéo du New York Times
Pascal Lapointe • Journaliste • 16 avril 2021 Agence Science-Presse
La décision des autorités japonaises de vider dans l’océan plus d’un million de tonnes de l’eau radioactive, entreposée dans des réservoirs depuis l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, a éclipsé une autre réalité: dix ans après cet accident, la région recommence à se peupler.
Le mois dernier, à l’occasion de ce 10e anniversaire, plusieurs médias ont montré que certaines des villes de ce qui était jadis la «zone d’exclusion» ne sont plus les villes-fantômes qu’on imagine.
Attirer les anciens résidents de Fukushima
Futaba par exemple, à l’intérieur de la limite des 20 km de Fukushima, permet désormais le retour des anciens résidents.
Et juste au-delà de cette limite des 20 km, les hôtels de Naraha, qui avaient eu pendant un temps le monopole de l’accueil des équipes de décontamination et de construction, ont de plus en plus de concurrence, rapporte le New Scientist.
La difficulté n’est pas tant d’attirer des nouveaux venus que d’attirer les anciens résidents. Plusieurs, depuis 10 ans, ont recommencé leur vie ailleurs.
Décontamination et… météo
Il existe certes des zones de Fukushima qui ne seront pas ouvertes aux humains avant 10 ou 20 ans. Mais il en existe d’autres qui ont atteint depuis longtemps un seuil sécuritaire. Par exemple, l’iodine-131 a une demi-vie de seulement huit jours et le caesium-134, de deux ans.
En fait, selon une étude publiée en 2016, les efforts de décontamination d’une ville voisine de Fukushima n’avaient eu aucun effet mesurable sur la diminution des niveaux de radiation: la météo, de même que le cycle normal de désintégration des atomes, avaient plutôt fait le gros du travail.
Mur anti-tsunami à Fukushima
Ce qui retardait la «réouverture» de la région de Fukushima n’était pas la radioactivité, mais la construction des murs anti-inondations: un travail colossal qui court désormais sur 400 km le long de la côte et fait par endroits la hauteur d’un édifice de quatre étages.
Un rappel comme quoi la cause des 19 000 morts du 11 mars 2011, ce n’était pas la fuite à la centrale nucléaire, mais le tsunami qui avait enveloppé la région sur des kilomètres.
De l’eau à évacuer
Or, une partie de l’eau qui dort dans plus d’un millier de réservoirs de la centrale de Fukushima, vient de ce funeste 11 mars 2011 et de ses suites. C’est celle qui servait au refroidissement des réacteurs, qui avait dû être pompée et avait donc été en contact avec des matières radioactives.
C’est celle qui continue d’être injectée pour refroidir les réacteurs encore en cours de décontamination, et qui doit être régulièrement pompée et remplacée. Les réservoirs approchent de leur pleine capacité, et il y a des années que les autorités japonaises retardent le moment où cette eau devra être évacuée dans l’océan.
Après une décennie, les niveaux de matières comme le tritium sont trop faibles pour être considérés une menace pour la vie marine, mais cela ne rassure pas pour autant les pêcheurs, ni les agriculteurs qui vivent à proximité de la côte de Fukushima.
Aucune maladie lié aux radiations de Fukushima
Il reste que, selon un rapport spécial du Comité scientifique des Nations Unies publié en 2013, aucune maladie liée aux radiations n’était prévue à long terme chez les plus de 150 000 personnes qui avaient été évacuées de Fukushima.
Depuis, un consensus s’est dégagé chez les médecins locaux: l’évacuation a eu, sur la santé physique et mentale, un impact beaucoup plus grand que la radiation.
Écrit par
Pascal Lapointe
Journaliste à l’Agence Science-Presse, média indépendant, à but non lucratif, basé à Montréal. La seule agence de presse scientifique au Canada et la seule de toute la francophonie qui s’adresse aux grands médias plutôt qu’aux entreprises.
FUKUSHIMA : UNE HORLOGE ARRÊTÉE DEPUIS LE SÉISME SE REMET EN MARCHE
Par CNEWS –
Mis à jour le Publié le
Le 11 mars 2011, la terre a tremblé à Fukushima. [KAZUHIRO NOGI / AFP]
Faut-il y voir un signe ? Une horloge bloquée depuis le tremblement de terre de Fukushima, en 2011, s’est remise en marche il y a quelques semaines, dix ans après.
Accrochée dans le temple de Fumonji, dans la ville de Yamamoto, elle avait été endommagée lorsque le séisme et le tsunami qui l’a suivi ont frappé cette région du Japon, le 11 mars 2011, faisant plus de 18.000 morts.
A l’époque, l’horloge, vieille de plus de 100 ans, avait été recueillie par Bunshun Sakano, un des moines du temple. Ce dernier l’a nettoyée, a réparé le ressort, mais les aiguilles n’ont jamais voulu repartir. Jusqu’à ce 13 février 2021.
Quelques semaines avant le dixième anniversaire de la catastrophe, la région a de nouveau été frappée par un tremblement de terre. Une secousse, considérée par les spécialistes comme une réplique de 2011, qui a soudainement ramené à la vie l’horloge. Et deux mois après, ses aiguilles tournent toujours au rythme de la journée.
«Peut-être que cela va me pousser à avancer avec une nouvelle détermination», a déclaré Sakano, 58 ans, au journal Mainichi Shimbun. «C’est comme un signe d’encouragement que la vraie restauration n’a pas encore eu lieu.»
Interrogé sur la raison pour laquelle l’horloge aurait recommencé à bouger, un représentant de Seiko a donné une explication plus cartésienne : «Il est possible que le pendule, qui s’était arrêté, recommence à bouger avec le tremblement de terre, ou que la poussière qui s’était accumulée à l’intérieur se soit détachée». Chacun choisira la version qui lui convient le mieux…
Pourquoi les Japonais ont décidé de reverser les eaux contaminées de Fukushima dans l’océan
LOUIS VA PLUS LOIN – Les autorités japonaises ont acté une décision très attendue et très critiquée cette semaine.
Des eaux radioactives de la centrale de Fukushima vont être déversées dans la mer car les Japonais n’avaient plus de place pour la garder, tout simplement. Chaque jour, 170.000 litres d’eau sont injectés dans la centrale pour, à terme, refroidir et retirer la matière radioactive fondue qui est toujours extrêmement dangereuse 10 ans après l’accident.
Cette eau est ensuite retraitée puis stockée, mais la capacité maximale du site de Fukushima sera atteinte en 2022, il faut donc s’en débarrasser au fur et à mesure. Le gouvernement japonais avait deux options: laisser l’eau s’évaporer dans l’air ou la diluer dans l’océan. C’est donc cette dernière solution qui a été choisie. En tout, plus d’un milliard de litres seront déversés en 30 ans.
Décision très critiquée au Japon
Par les pêcheurs d’abord, qui redoutent que la population ne fasse plus confiance en la qualité de leurs produits. Mais surtout par les associations de défense de l’environnement.
L’ONG Greenpeace s’inquiète par exemple de la présence de tritium, un composant radioactif, dans ces eaux rejetées. La plupart des scientifiques, comme une spécialiste des radiations de l’Imperial college de Londres, citée par nos confrères de l’AFP, affirment cependant que le tritium n’est dangereux qu’en énorme quantité. Et ça tombe bien, parce que la centrale de Fukushima n’est pas du tout la seule au monde à rejeter dans l’océan des eaux tritiées.
Cette pratique existe aussi en France
Notamment à la Hague, dans le Cotentin. Cette usine de retraitement rejette en deux mois et demi la même quantité de Tritium que celle qui sera déversée en trente ans par la centrale de Fukushima.
Cela aurait même pu être davantage sans la construction d’un pipeline, un long tuyau qui s’enfonce à plus de 60 mètres sous terre pour enfouir des matières radioactives.
Depuis 1946, une quinzaine de pays ont procédé à l’immersion de déchets nucléaires dans les océans Pacifique, Atlantique et Arctique.
Fukushima : le Japon va rejeter à la mer de l’eau contaminée, selon des médias
Par Sciences et Avenir avec AFP le 09.04.2021 à 15h53, mis à jour le 09.04.2021 à 16h14 Lecture 3 min.
Au Japon, les médias ont fait savoir que le gouvernement s’apprêtait à annoncer sa décision de rejeter les eaux contaminées après l’accident nucléaire de Fukushima dans la mer. Celles-ci ne pourront en effet plus être contenues dans les citernes endommagées d’ici peu.
Une pratique recommandée
Environ 1,25 million de tonnes d’eau contaminée sont actuellement stockées dans plus d’un millier de citernes à proximité de la centrale nucléaire accidentée il y a dix ans dans le nord-est du Japon. Une décision est d’autant plus urgente que les limites de la capacité de stockage de l’eau sur place pourraient être atteintes dès l’automne 2022.
Début 2020, des experts commissionnés par le gouvernement avaient recommandé le rejet en mer, une pratique déjà existante au Japon et à l’étranger sur des installations nucléaires en activité.
Le Premier ministre japonais Yoshihide Suga, le 9 avril 2021 à Tokyo. Crédits : POOL/AFP-Eugene Hoshiko
La catastrophe nucléaire de Fukushima de 2011. Crédits : AFP/Archives-John SAEKI
Cette option privilégiée au détriment d’autres scénarios, comme une évaporation dans l’air ou un stockage durable, est notamment très contestée par les pêcheurs et les agriculteurs de Fukushima, qui redoutent que cela ne dégrade davantage l’image de leurs produits auprès des consommateurs.
Le tritium n’est dangereux pour la santé humaine qu’à très haute dose, selon des experts. L’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) plaide aussi pour l’option d’une dilution en mer.
La Hague et Fukushima : la question des quantités de tritium dans l’eau contaminée
Quelle est la quantité de tritium (1) dans les réservoirs de Fukushima ?
– L’activité était de 817 TBq de tritium (3) le 30/3/2013 (1 Térabecquerel = 1000 milliards de Becquerels ; 1 Bq c’est une désintégration par seconde) (2). – Elle était de 760 TBq le 24/03/2016 (4) – Elle était de 869 TBq le 12 mars 2020 (5)
Environ deux grammes de tritium à Fukushima sont à l’origine de cette activité, ces deux grammes sont dilués dans un million de m3, mais la dangerosité de ce produit est très sous-évaluée ! En effet, 869 000 milliards divisé par un milliard de litres, ça fait quand-même 869 000 Becquerels par litre ! Pourquoi cette diminution entre 2013 et 2016 ? Le chiffre de 2013 vient du ministère de l’Industrie japonais, et il totalise les apports annuels depuis 2011. Mais la « demi-vie » du tritium est de 12 ans, et donc le « stock » diminue petit à petit, les becquerels du début ont maintenant presque diminué de moitié, ce total est surévalué. En plus, depuis 2014, ils remplissent nettement moins de réservoirs qu’au début. Et aujourd’hui ? En prolongeant la courbe, le total actuel (fin mars 2021) ne devrait pas dépasser 900 Tbq.
À la Hague, le maximum du rejet autorisé de tritium dans l’eau est de 18 500 TBq / an, et le maximum de rejet autorisé de tritium gazeux est de 150 TBq/an (record de 71,6 TBq de rejet dans l’air en 2017, voir la très intéressante note sur le tritium (6). Cependant, nous devons tenir compte du rejet liquide réel annuel qui était de 13 200 TBq en 2019.
Source : Rapport d’information du site de la Hague, Orano, 2019 (8)
Nous pouvons supposer que le rejet réel en 2020/2021 soit de l’ordre de 13 000 TBq/an. Le calcul de la durée qu’il faudrait pour rejeter l’équivalent des eaux contaminées de Fukushima donne donc (900/13000)*365.25 = 25.3 jours, soit un peu moins d’un mois, c’est-à-dire qu’en un an, la Hague déverse dans la Manche au moins douze fois autant de tritium que tout ce qui se trouve dans les réservoirs de Fukushima ! Dans le cas du maximum autorisé, cela donnerait (900/18500)*365 = 17,8 jours.
Dans tous les cas, le rejet annuel de tritium « liquide » à la Hague est bien plus élevé que tout ce qui se trouve dans les réservoirs de Fukushima (10) !
(4) Katsumi Shozugawa et alii, “Landside tritium leakage over through years from Fukushima Dai-ichi nuclear plant and relationship between countermeasures and contaminated water” https://www.nature.com/articles/s41598-020-76964-9
(6) Note de la Criirad : « France / Contamination en tritium dans l’environnement – Une pollution qui ne doit pas être banalisée » : https://www.criirad.org/actualites/dossier2019/Note_CRIIRAD_tritium.pdf Dans ce document on parle aussi des rejets de tritium dans l’air qui ne sont pas du tout négligeables en France !
(9) Pour plus de détails au sujet des rejets de divers autres radionucléides, voir les travaux du Groupe Radio Écologie Nord-Cotentin qui datent des années 90. Pour les incidents à la Hague, lire à partir de la page 186 du volume 1 : http://www.gep-nucleaire.org/norcot/gepnc/sections/travauxgep
(10) Nous ne comparons que les quantités de tritium. Il y a bien d’autres éléments radioactifs dans les rejets de l’usine de La Hague et dans les cuves d’eau contaminée de Fukushima. Pour ce qui concerne La Hague, les autres radionucléides sont les iodes, le carbone 14, le strontium 90, les césiums 134 et 137, le ruthénium 106, le cobalt 60 et plus de 60 autres émetteurs alpha, bêta et gamma (même source que la note 9, tableaux 8-1 à 8-5 p. 21 à 25 du volume 1).
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Illustration d’entête : sources Francetvinfo, Greenpeace et L’Est Républicain
Décrypter le mécanisme de l’escamotage d’une catastrophe nucléaire
La tenue des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 a été conçue dès l’origine comme une grande opération de diversion pour détourner le regard de la population japonaise, mais aussi de l’opinion publique internationale, de la réalité des accidents nucléaires de Fukushima. Passons sur le propos notoire de Abe Shinzô, le Premier Ministre de l’époque, assurant en septembre 2013 que la situation à Fukushima était “parfaitement sous contrôle“. Intéressons-nous plutôt à la structure générale d’une stratégie de communication dont ce mensonge n’était qu’un coup d’envoi.
À cette date, la majorité de la population n’était pas prête à soutenir l’initiative de tenir sept ans plus tard une fête sportive aussi gigantesque dans la capitale japonaise, située à 200 kilomètres de la région irrémédiablement dévastée et contaminée. Mais une fois Tokyo élue ville d’accueil, s’est répandue une paralogie selon laquelle puisqu’il fallait maintenant préparer les Jeux, les dégâts causés par les accidents ne devraient pas être aussi sérieux qu’on le croyait.
Cette stratégie de communication s’organise selon trois axes. D’abord la fabrication de l’“image“. Il s’agit d’imposer autoritairement un ordre du jour, permettant la construction d’une “façade“ présentable devant le public national et international alors que la vie collective est en danger. Ainsi, la décontamination se fait prioritairement sur les autoroutes et autour des gares ferroviaires au détriment des quartiers résidentiels. Et comme il est impossible de décontaminer les forêts, on n’en parle pas. De même, on passe sous silence les difficultés de plusieurs dizaines de milliers de personnes survivantes, dans des habitations provisoires à Fukushima, ou bien en exil sans l’espoir de retour.
Le second axe de la stratégie des pro-nucléaires de reconquérir la légitimité perdue est l’appropriation de la thématique de l’énergie renouvelable. Les Jeux Olympiques sont présentés comme une occasion rêvée pour la mise en place de cette industrie. Par exemple avec la construction d’un grand laboratoire de production d’hydrogène à Namie, la commune voisine de la centrale. Toute l’électricité que nécessitent les JO est censée être fournie par cette usine expérimentale. Ainsi, l’olympisme contribuerait à un développement soutenable, et l’exploitation d’une nouvelle énergie ne serait pas incompatible avec la poursuite du nucléaire. D’une pierre deux coups.
Il va sans dire que ce type de “lavage vert“ va de pair, comme le troisième axe, avec des “lavages sportifs“. Concrètement, il est proposé de servir aux olympiens des plats cuisinés avec des produits de Fukushima pour signifier qu’il n’y a plus de danger et que le Japon est venu à bout de la catastrophe. (sic)
Le point culminant de toute cette mascarade aurait dû être le départ, en mars dernier, du relais de la torche olympique au J-Village, le centre d’entraînement de football offert par TEPCO avant les accidents pour amadouer la population locale. Pourtant le terrain reste fortement contaminé. Peu importe, les téléspectateurs se ficheront de ce que l’écran ne leur montre pas, et puis, le prestige de la torche est jugé suffisamment éblouissant pour effacer de leur esprit tous les soucis liés à la menace de la radioactivité.
Ce scénario a été interrompu par la pandémie. Mais la donne ne changera pas tant que le CIO, la ville de Tokyo et le gouvernement japonais ne renonceront pas aux Jeux. Voilà pourquoi il incombe au mouvement de résistance aux JO de Tokyo de décrypter et de dénoncer ce mécanisme de l’escamotage de la catastrophe par le moyen du sport et du culte olympique, et, espérons-le, de le démanteler.