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Fukushima: …/la décontamination progresse

À Fukushima, la décontamination des terres les plus irradiées progresse

En six ans, les Japonais ont, par décapage, enlevé 80 % du césium qui s’est déposé sur 25 % de la zone de contamination intensive autour de la centrale de Fukushima, essentiellement les champs cultivés et les maisons d’habitation. Mais reste la forêt qui, bien que fermée au public, est un réservoir à césium.

Les faits

À Fukushima, la décontamination des terres les plus irradiées progresse
Aperçu d’une zone décontaminée utilisée pour l’entreposage temporaire de terres contaminées. O. Evrard-P. Laceby-A.Nakao/ C.E.A.

 

À la suite de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi en 2011, les autorités japonaises ont commencé en 2013 à décontaminer, plus exactement à scalper, la couche superficielle du sol (5 cm) de la région touchée par le panache radioactif. Cette surface, grande comme la Corse, mesure 9 000 km2, et comprend les onze municipalités évacuées de la « zone spéciale de décontamination » et les 40 communes non évacuées, la « zone de suivi intensif de décontamination ».

Dans ce contexte, qu’est devenu le césium 137, l’un des isotopes du césium, principal radionucléide émis lors de l’accident ? C’est ce qu’ont cherché à savoir Oliver Evrard, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CEA/CNRS/UVSQ), et ses collègues Patrick Laceby (Alberta Environment and Parks) et Atsushi Nakao (Université de Kyoto) en faisant la synthèse de pas moins de 60 études internationales réalisées sur ce sujet.

Résultat : « L’accident de Fukushima nous donne de précieuses indications sur l’efficacité des techniques de décontamination, indique Olivier Evrard. En effet le décapage sur les terres cultivées des 5 premiers centimètres de sol permet de réduire les concentrations en césium d’environ 80 %. Ce qui est plutôt efficace», observe le géochimiste.

Ce sol est remplacé par du granite broyé qu’on mélange avec la sous-couche de façon à pouvoir y planter du riz dans les rizières ou semer du sarrasin, des légumes ou des fleurs sur les parcelles de pleine terre. Simple, cette technique engendre néanmoins une grande quantité de déchets, difficiles à traiter, à transporter et à stocker pendant plusieurs décennies à proximité de la centrale, avant de les envoyer vers des sites de stockage définitif qui devraient être trouvés en dehors de la préfecture de Fukushima à l’horizon 2050.

Ces travaux ont généré environ 20 millions de mètres cubes de déchets, soit environ 200 000 gros camions semi-remorque, et coûté 24 milliards d’euros.

Détecter les éventuelles recontamination

Ces activités de nettoyage ont concerné principalement les plaines agricoles côtières et les zones habitées. En revanche, pour l’heure, les forêts n’ont pas été prises en compte. Or elles couvrent 75 % du territoire touché par le nuage radioactif, une zone montagneuse située entre la plaine côtière et les sommets culminant à 900-1 000 m. Leur nettoyage coûtera très cher : 128 milliards d’euros.

« Ces forêts constituent donc un réservoir potentiel, à long terme, de radiocésium, qui peut être redistribué à travers les paysages suite à l’érosion des sols, aux glissements de terrain et aux crues, comme lors des typhons comme en octobre dernier », précise Olivier Evrard. « D’où l’importance de suivre le transfert de la contamination radioactive à l’échelle des bassins-versants côtiers et, éventuellement, de détecter une recontamination des zones assainies en cas de débordement des cours d’eau », explique Atsushi Nakao.

Chercheurs et décontaminateurs n’en sont donc encore qu’à mi-chemin. Bonne nouvelle cependant : cette recherche est prolongée pour 5 ans, au travers du projet franco-japonais Mitate porté par le CNRS et le CEA. Déjà, ce dernier a mis au point un procédé à petite échelle dit de « flottation » pour séparer les particules de terre chargées en césium (projet Demeterres).

Fukushima dans nos assiettes

Le JEFTA met Fukushima dans nos assiettes

Députée européenne depuis 2009, Michèle Rivasi (EELV) s’inquiète des produits japonais qui vont arriver sur notre continent © ISOPIX/SIPA Numéro de reportage: 00904148_000008

La mise en place du traité de libre-échange entre le Japon et l’UE fait craindre que des produits contaminés à proximité de Fukushima arrivent dans les assiettes des Européens. Enquête.


Survenue à dix mille kilomètres de Paris, la catastrophe nucléaire de Fukushima, en mars 2011, ne semblait pas présenter de conséquences directes pour les consommateurs européens à l’époque. Cette lointaine appréhension est désormais devenue une réalité tangible: les produits de Fukushima sont aujourd’hui dans nos assiettes à notre insu et cela n’est pas près de cesser avec l’entrée en vigueur en février dernier de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Japon, le JEFTA.

Levée des contrôles de radioactivité

Aurait-on pu imaginer, il y a huit ans, qu’au nom du dogme du libre-échange, les certificats de contrôle de radioactivité sur les produits agricoles et alimentaires en provenance de cette zone durablement contaminée ne seraient plus obligatoires pour entrer sur le marché européen? Depuis 2017, c’est chose faite pour le riz. En novembre 2019, les restrictions ont été levées pour le soja et les produits de la pêche notamment. En cette fin d’année 2019, la Commission européenne s’apprête à lever quasiment tous les contrôles sur le niveau de radioactivité des denrées alimentaires de Fukushima. Il n’y aura bientôt plus de traçabilité pour ces produits boudés en premier lieu par les Japonais eux-mêmes mais aussi par leurs voisins asiatiques, notamment par la Corée du Sud(1), ainsi que par les Etats-Unis. Des tests ont en effet montré une contamination au césium 134 et 137. Un comble au vu des exigences tatillonnes habituelles de l’UE en matière de fromages crus et autres spécialités locales européennes !

Comment en est-on arrivé là ? Échaudée par l’opposition soulevée en Europe par les autres traités de libre-échange, la Commission européenne a décidé de contourner les parlements nationaux des États membres de l’UE en ce qui concerne le JEFTA. C’est ainsi que seuls le Parlement européen et la Diète japonaise ont été appelés à se prononcer en décembre 2018 sur le JEFTA. Cet accord a été signé en juillet 2018 après avoir été négocié en catimini entre les deux parties à compter de 2013. La Commission européenne a décidé d’éliminer progressivement les tarifs douaniers et d’assouplir les restrictions sur les importations afin de créer une zone de libre-échange de 635 millions de personnes. Ces échanges représentent environ un tiers du PIB mondial.

La levée des contrôles de radioactivité signifie que les supermarchés français, qui commercialisent déjà de nombreux produits japonais, pourront désormais vendre en toute légalité, dès 2020, beaucoup plus de produits contaminés de Fukushima, y compris des aliments pour bébé, des céréales pour le petit-déjeuner, de la viande, en plus du riz, du poisson et des crustacés de cette zone. Tout cela en échange de l’abaissement des tarifs douaniers sur des produits européens notamment agricoles, tels que nos fromages, foie gras, champagne, cognac et vins.

Pour la députée européenne Michèle Rivasi(2), «si les contrôles sont levés, vous n’aurez plus moyen de connaître la quantité de césium dans votre riz ou dans votre poisson. À l’heure actuelle, 100 Becquerels par kilo de radioactivité sont admissibles, même dans les céréales pour enfants, et 50 Becquerels pour les aliments pour bébés. Ce chiffre devrait être zéro. Je demande que les autorités japonaises testent également le strontium et le tritium, qui sont hautement cancérigènes et qui ne sont même pas recherchés actuellement ». A titre d’exemple, le strontium 90 remplace le calcium et se fixe sur les os et les dents des individus qui en ont ingéré.

Autre cauchemar : le Japon a annoncé – au grand dam de la Corée du sud et de la Chine – son intention de rejeter, peut-être dès 2020, 1 million de tonnes d’eaux radioactives ayant servi à refroidir les réacteurs endommagés, en arguant que le pays allait atteindre ses limites de capacité de stockage en 2022.

Particulièrement dangereux pour les enfants et les bébés

Pour rappel, les autorités japonaises n’autorisent pas les inspecteurs européens indépendants à effectuer des tests sur les eaux contaminées des réservoirs de Fukushima. TEPCO, la Tokyo Electric Power Company, opérateur de la centrale nucléaire, affirme que ces dernières ne présentent aucun danger pour la santé. Des documents internes à TEPCO révélés par Greenpeace ont toutefois montré que des quantités variables de 62 radionucléides n’en ont pas été retirées, notamment du strontium 90, de l’iode, du césium et du cobalt. « On sait également que ces eaux contiennent de l’uranium, du plutonium et de l’américium 241», indique Michèle Rivasi. Cela est d’autant plus alarmant que le nettoyage de la centrale de Fukushima est un processus sans fin et que, par conséquent, toutes les espèces marines à proximité des zones sinistrées vont inexorablement être contaminées pour les siècles à venir et cela sans limite dans le temps car la centrale nucléaire de Fukushima est irréparable. Le plutonium 239 a, par exemple, une durée de vie de 24 000 ans !  Pour Bertrand Pouvreau, spécialiste de biologie marine, la radioactivité affecte principalement les algues et les mollusques bivalves tels que les huîtres et les moules. «Les poissons plats tels que la sole, la limande ou la plie, de même que ceux situés au bout de la chaîne alimentaire, comme le thon, sont également touchés. La consommation d’aliments contaminés par la radioactivité est particulièrement dangereuse pour les bébés et les enfants car leurs cellules se reproduisent beaucoup plus rapidement que chez les adultes. Les cancers frappent dans la moelle osseuse et le système lymphatique »(3).

Les Japonais disent merci à l’Union européenne

Les poissons et autres produits de la pêche récoltés près des côtes de Fukushima apparaîtront bientôt sur les étals de nos poissonneries, mais ils seront également présents dans les petits pots pour bébés, dans les plats cuisinés et les conserves, dans les farines animales destinées à la pisciculture, ainsi que dans les croquettes et conserves pour animaux domestiques. Le soja exempt de droits de douane sera destiné à nourrir les bovins européens. De la même manière, les produits à base de riz de Fukushima, désormais dispensés de tests sanitaires, seront largement utilisés dans la production d’aliments pour bébés.

Dans un environnement régional où les consommateurs locaux, tout comme le reste du monde, continuent de se méfier des produits alimentaires en provenance de Fukushima, les autorités japonaises ont trouvé un sauveur improbable grâce au JEFTA qui met à leur disposition un nouveau marché fort de 500 millions de consommateurs européens. Dans le cadre de ce traité de libre-échange, les Japonais vont pouvoir se débarrasser en toute légalité de leurs produits contaminés par la radioactivité dont ils ne veulent pas sur leur marché intérieur et se procurer sans tarifs douaniers des denrées alimentaires saines en provenance de nos régions. Comme il paraît curieux d’échanger de succulentes huîtres de Marennes-Oléron contre des produits de la mer radioactifs venant de l’autre bout du monde. Et qu’en est-il de la fameuse empreinte carbone? A noter également qu’en vertu de l’accord commercial JEFTA, les Japonais ont désormais accès au marché européen pour vendre leurs automobiles et leurs motos sur lesquels les tarifs douaniers seront progressivement éliminés pour atteindre 0 dans 7 ans !

Le libre-échange avant tout

Devant tant d’aberrations, en décembre, la députée Michèle Rivasi a essayé de faire voter in extremis une objection au parlement européen afin que la Commission européenne daigne prendre le problème en considération, mais les Japonais font le forcing afin que les contrôles de radioactivité soient levés au plus vite. Le gouvernement de Shinzo Abe est tellement déterminé à commercialiser la production alimentaire de la préfecture de Fukushima et des régions environnantes qu’il souhaite que les athlètes du village olympique de Tokyo soient nourris avec de la nourriture produite à Fukushima. L’objection de Mme Rivasi a été rejetée le 3 décembre par la commission environnement et santé publique du parlement européen. Elle a déclaré à ce sujet : « Pour certains de mes collègues, l’accord de libre-échange avec le Japon est bien plus pertinent que des mesures additionnelles de précaution ».

Malgré la gravité de la situation, en France force est de constater qu’il n’y a eu aucun débat. Même pas sur la nécessité d’un étiquetage obligatoire. Au Royaume-Uni, le candidat conservateur Neil Parish, ancien président du Comité de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales, a déclaré au Daily Telegraph: «Nous n’avons pas besoin de ces échanges commerciaux. Si les Japonais ne mangent pas ces denrées, pourquoi le ferions-nous? Les scientifiques peuvent bien déclarer qu’il n’y a pas de risques, les gens ont le droit de savoir ce qu’ils mangent ». Il se prononce dès à présent en faveur d’un étiquetage obligatoire sur les produits de Fukushima.  Quoi qu’il en soit, les consommateurs européens n’ont, pour l’heure, d’autre choix que de s’en remettre au bon vouloir de la Commission européenne. Mais au vu des immenses enjeux financiers, n’est-il pas illusoire de croire que celle-ci consentira à exiger du Japon des contrôles de radioactivité sur les produits contaminés ? Si l’exécutif européen se refuse même à imposer un étiquetage obligatoire, il ne restera plus au consommateur que la solution de se procurer un compteur Geiger à ses frais pour tester lui-même le contenu de son assiette…ou bien de faire entendre sa voix pour demander au plus vite la tenue d’un référendum sur cette question !

Fukushima: Forte radioactivité

Forte radioactivité près du départ de la flamme olympique à Fukushima

 
(Tokyo) L’organisation de défense de l’environnement Greenpeace a affirmé mercredi avoir détecté des « points chauds » de radiations dans la région de Fukushima, près du lieu de départ du périple à travers le Japon de la flamme olympique.
 
 

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le ministère japonais de l’Environnement a de son côté indiqué que la zone dans son ensemble était sûre tout en précisant être en discussions avec les collectivités locales pour une surveillance de la région avant l’ouverture des Jeux olympiques le 24 juillet.

Greenpeace a demandé de nouvelles mesures des radiations et des efforts supplémentaires de nettoyage, précisant que ses enquêtes avaient révélé des zones de taux élevés de radiation près du J-Village, un complexe sportif situé à une vingtaine de kilomètres de la centrale nucléaire dévastée en 2011 par un tsunami.

Le gouvernement japonais souhaite utiliser les Jeux olympiques pour afficher le relèvement de la région après le triple désastre –m tremblement de terre de magnitude 9, tsunami, catastrophe nucléaire – et a l’intention d’utiliser le J-Village comme point de départ du trajet japonais de la flamme olympique en mars.

Conçu à l’origine comme centre d’entraînement sportif pour athlètes, le J-Village a servi pendant des années de centre opérationnel de lutte contre les conséquences de la catastrophe nucléaire de 2011 et de nettoyage de la centrale.

Il avait repris son rôle de centre sportif en avril.  

Au niveau du sol, ces « points chauds » affichaient 71 microsieverts par heure, a affirmé Greenpeace.

Cependant, le site internet du J-Village affichait un taux à l’entrée du centre de 0,111 microsievert par heure mercredi, tandis qu’un de ses terrains affichait 0,085 microsievert par heure.

Tokyo Electric Power, opérateur de la centrale de Fukushima, a dit avoir nettoyé mardi ces points après en avoir reçu l’ordre du ministère de l’Environnement.

Fukushima: L’évacuation des débris en 2021

L’évacuation des débris de combustible fondu à Fukushima prévue en 2021

 
Cette photo prise le 31 janvier 2018 montre (de gauche à gauche) les bâtiments des réacteurs 1 à 4 et des réservoirs de stockage d'eau contaminée à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (TEPCO) à Okuma, dans la préfecture de Fukushima. L'opérateur nucléaire de Fukushima espère utiliser les Jeux olympiques de Tokyo de 2020 comme tremplin pour doubler le nombre de visiteurs de sa centrale ravagée par le tsunami, alors qu'il cherche à nettoyer l'image de la région. Le 11 mars 2011, un tremblement de terre sous-marin a envoyé un tsunami sur la côte nord-est du Japon, faisant plus de 18 000 morts et disparus et provoquant la crise de Fukushima, le pire accident de ce type depuis Tchernobyl en 1986.
Cette photo prise le 31 janvier 2018 montre (de gauche à gauche) les bâtiments des réacteurs 1 à 4 et des réservoirs de stockage d’eau contaminée à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (TEPCO) à Okuma, dans la préfecture de Fukushima. L’opérateur nucléaire de Fukushima espère utiliser les Jeux olympiques de Tokyo de 2020 comme tremplin pour doubler le nombre de visiteurs de sa centrale ravagée par le tsunami, alors qu’il cherche à nettoyer l’image de la région. Le 11 mars 2011, un tremblement de terre sous-marin a envoyé un tsunami sur la côte nord-est du Japon, faisant plus de 18 000 morts et disparus et provoquant la crise de Fukushima, le pire accident de ce type depuis Tchernobyl en 1986. – © BEHROUZ MEHRI – AFP

Le Japon envisage de commencer à évacuer en 2021 les débris de combustible fondu de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, ravagée par un tsunami le 11 mars 2011, a annoncé le gouvernement lundi.

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Le retrait des débris est considéré comme le défi le plus important des opérations de démantèlement de la centrale, menées par Tokyo Electric Power.

La centrale Fukushima Daiichi, située à quelque 220 kilomètres au nord-est de Tokyo, avait été inondée par un gigantesque tsunami consécutif à un puissant séisme au large. L’alimentation électrique des circuits de refroidissement avait été coupée, entraînant la fusion des cœurs de trois des six réacteurs du site, puis de violentes explosions en raison de l’accumulation d’hydrogène par réaction chimique dans le bâtiment couvrant les unités et où se trouvent les piscines.

Le gouvernement prévoit toujours d’achever le démantèlement de la centrale dans les 30 à 40 ans après la catastrophe, ce dont doutent certains experts.

Vélo électrique bi-place

Ce vélo électrique français en libre-service est le premier au monde conçu pour circuler à deux

 
 
Ce vélo deux places du marché, le Double Pony sera lancé en 2020 à Angers, Bordeaux, Oxford ainsi qu'à Paris, si Pony remporte l'appel à projets en cours.
Ce vélo deux places du marché, le Double Pony sera lancé en 2020 à Angers, Bordeaux, Oxford ainsi qu’à Paris, si Pony remporte l’appel à projets en cours. – Pony
 

Fukushima: la «préoccupation»

Fukushima: l’énergie nucléaire suscite la «préoccupation», dit le pape

Fukushima: l'énergie nucléaire suscite la préoccupation, dit le pape
Le pape François et le Premier ministre japonais Shinzo Abe, le 25 novembre 2019 à Tokyo / POOL/AFP
 

Le pape François a évoqué lundi à Tokyo la «préoccupation» suscitée par l’usage de l’énergie atomique, et appelé à une mobilisation renforcée pour aider les victimes du séisme, du tsunami et de la catastrophe nucléaire de 2011 au Japon.

Au troisième jour de son voyage sur l’archipel nippon, François a écouté les témoignages de victimes du séisme sous-marin de magnitude 9,0 qui le 11 mars 2011 a soulevé dans le nord-est du pays une gigantesque vague dans laquelle plus de 18.500 personnes ont été emportées.

La vague a aussi heurté de plein fouet la centrale atomique de Fukushima, provoquant le pire accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986.

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Le pape a remercié lundi ceux qui «se sont mobilisés immédiatement» après la catastrophe. «Une action qui ne doit pas se perdre avec le temps», a-t-il déclaré, rappelant les «50.000 personnes évacuées qui vivent actuellement dans des logements temporaires».

– «Futures sources d’énergie» –

Fukushima: l'énergie nucléaire suscite la préoccupation, dit le pape
 

Le pape François célèbre une messe au Tokyo Dome Stadium, le 25 novembre 2019 au Japon / AFP

 

Environ 470.000 habitants ont dû quitter leur foyer dans les premiers jours de la catastrophe, dont quelque 160.000 dans la zone des deux centrales nucléaires de Fukushima. A ceux du tsunami s’ajoutent plus de 3.700 décès reconnus par les autorités comme des morts résultant de la dégradation des conditions de vie des personnes évacuées.

Cette situation «implique, également, comme l’ont si bien signalé mes frères évêques du Japon, la préoccupation concernant la persistance de l’utilisation de l’énergie nucléaire», a ajouté le pape, rappelant qu’ils avaient «demandé la fermeture des centrales nucléaires».

En 2016, la Conférence des évêques du Japon avait lancé un appel au monde entier à «l’abolition» de la production d’énergie nucléaire.

Fukushima: l'énergie nucléaire suscite la préoccupation, dit le pape
 

Le pape arrive au Tokyo Dome, stade de baseball couvert, pour célébrer la messe devant 50.000 fidèles le 25 novembre 2019 / AFP

 

S’il est resté prudent sur ce sujet sensible, le pape a appelé néanmoins à «la prise de décisions courageuses et importantes concernant l’exploitation des ressources naturelles, et en particulier concernant les futures sources d’énergie».

– «Physiquement et mentalement détruit» –

Matsuki Kamoshita qui avait 8 ans au moment du triple désastre a raconté que son père retourné dans la région de Fukushima «a fini par cesser de travailler après avoir été physiquement et mentalement détruit».

Fukushima: l'énergie nucléaire suscite la préoccupation, dit le pape
 

Le pape salue les fidèles rassemblés au Tokyo Dome pour une messe le 25 novembre 2019 / AFP

 

Il a demandé au pape, qui l’a serré dans ses bras, de «prier pour que les gens à travers le monde entier travaillent à l’élimination de la menace que représente l’exposition aux radiations pour notre avenir».

Le Premier ministre Shinzo Abe et le nouvel empereur japonais Naruhito ont tous deux remercié le pape d’avoir rencontré les victimes du triple désastre.

Lors d’une rencontre privée avec l’empereur, l’Argentin Jorge Bergoglio lui a raconté qu’il se souvenait encore des larmes de ses parents en entendant parler des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki lorsqu’il avait neuf ans.

Fukushima: l'énergie nucléaire suscite la préoccupation, dit le pape
 

Le pape rencontre l’empereur Naruhito à Tokyo le 25 novembre 2019 / AFP

 

L’anecdote, rapportée par le palais, intervient au lendemain de la visite du pape dans ces deux villes martyres, où il a condamné avec force la «possession» même d’armes nucléaires.

Devant les autorités politiques et civiles du Japon, François est d’ailleurs revenu lundi sur la question de l’arme atomique, en jugeant qu’elle devait être abordée «sur le plan multilatéral».

A la veille de son départ du pays, François avait donné aussi rendez-vous aux fidèles catholiques, en particulier les jeunes réunis dans la cathédrale Sainte-Marie. Se livrant à des plaisanteries et prodiguant de nombreux conseils, le pape a visiblement savouré ce moment, suscitant rires et applaudissements.

Il a toutefois abordé des sujets difficiles comme le harcèlement à l’école, très répandu au Japon, après avoir écouté le témoignage d’un jeune Philippin qui a pensé au suicide.

Dans le Tokyo Dome, stade de baseball couvert, François a été accueilli avec des cris de joie de plus de 50.000 fidèles. «Beaucoup de personnes se sentent perdues et inquiètes, sont accablées par trop d’exigences», a-t-il commenté dans une homélie traduite en japonais sur écrans géants.

«Toutes sortes de langues ont été parlées», s’est enthousiasmé Nguyen Truong Son, un jeune homme de 23 ans venu à la messe géante avec sa mère vietnamienne. «C’était formidable, des Japonais et non-Japonais étaient unis».

Fukushima: …nourriture pour les JO

Servir ou non de la nourriture de Fukushima pour les JO de Tokyo ?

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Servir ou non de la nourriture de Fukushima pour les JO de Tokyo ?
Une employée du marché aux poissons d’Iwaki pèse un posson plat, dans la région de Fukushima, le 1er octobre 2019 © AFP/Karyn NISHIMURA

Prouver au monde que la nourriture de la région de Fukushima est saine malgré la catastrophe nucléaire de 2011, c’est le but du gouvernement japonais depuis des années. Mais va-t-on servir des mets de la région durant les JO l’an prochain ?

Cette question n’est pas tranchée pour le Japon, qui voit dans les Jeux Olympiques de Tokyo l’occasion d’afficher la renaissance du Nord-Est du pays affecté par le tsunami et la catastrophe nucléaire de mars 2011.

Les aliments qui seront fournis au village olympique et servis aux athlètes doivent respecter, quelle que soit leur région d’origine, des normes précises.

« La région de Fukushima a proposé des aliments émanant de 187 fournisseurs et se place en deuxième position des provinces en nombre de produits remplissant les critères, après la région septentrionale de Hokkaido », explique Shigeyuki Honma, directeur adjoint de la division de l’agriculture et des forêts pour la préfecture de Fukushima.

Concrètement, « Fukushima souhaite servir aux athlètes son riz, ses fruits (pêches, poires, pommes, fraises), du boeuf et des légumes. Mais le Comité (international olympique) doit encore décider », indique M. Honma.

Le gouvernement japonais impose une sévère limite de 100 becquerels par kilogramme (Bq/kg), bien en-deçà des normes habituelles dans l’Union européenne, de 1.250 Bq/kg, et aux Etats-Unis, de 1.200 Bq/kg.

– Menace sud-coréenne –

Selon les chiffres officiels, sur la seule année d’avril 2018 à mars dernier, 9,21 millions de sacs de riz ont été contrôlés, pas un seul dépassant les strictes normes de présence de césium radioactif. Idem pour 2.455 échantillons de fruits et légumes, 4.336 morceaux de viande et 6.187 poissons de mer.

Finalement, « seuls des poissons de rivière et champignons sauvages ont à 6 reprises en tout dépassé la norme », assure Kenji Kusano, directeur du Centre technologique agricole de la préfecture de Fukushima, situé à Koriyama.

Ce lieu a été désigné par le gouvernement comme le site principal de contrôle des produits alimentaires de la région.

Derrière les chiffres, la défiance de nombre de pays demeure.

La Chine, la Corée du Sud, Singapour, les Etats-Unis continuent d’interdire l’importation de tout ou partie des aliments originaires de la province de Fukushima.

La Corée du Sud, dont les relations avec le Japon sont au plus mal en raison de conflits historiques, a par anticipation protesté contre la possibilité de menus conçus à partir de produits de Fukushima pour les athlètes lors des JO.

Séoul étudie la possibilité d’effectuer des contrôles et même d’apporter ses propres aliments pour nourrir ses équipes sportives.

L’une des raisons de la défiance est que les contrôles sont faits sur ordre du gouvernement, qui a choisi l’organisme pour les conduire, souligne M. Kusano.

Même si les appareils de mesure sont contrôlés par l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), aucune structure indépendante ne vient certifier les tests eux-mêmes.

« Généralement, les citoyens japonais font confiance au gouvernement et nous n’avons pas vu la nécessité de contrôles par des tiers indépendants. Mais je me rends compte avec votre question que c’est peut-être important du point de vue des étrangers », a répondu à l’AFP M. Kusano.

– Bout du tunnel –

Le Comité international Olympique (CIO) indique que la réflexion continue.

« Les menus et fournisseurs pour le village olympique sont en cours de discussions et rien n’est décidé. Comme pour les précédents jeux, le CIO travaille avec le Comité d’organisation et des nutritionnistes internationaux pour proposer des nourritures variées répondant aux différents besoins diététiques et culturels », se contente de répondre un porte-parole du CIO.

« L’une de nos stratégies est de soutenir la reconstruction de la région en achetant ses produits alimentaires. Nous envisageons donc sérieusement de le faire », a de son côté indiqué le comité Tokyo 2020, arguant que « le Japon a adopté un système de contrôle plus prudent encore que les normes internationales ».

En attendant que quelqu’un décide officiellement quelque chose, les agriculteurs et pêcheurs de la région patientent tant bien que mal.

Certains, comme le cultivateur de poires japonaises « nashi » Tomio Kusano à Iwaki, après 8 ans et demi, voient le bout du tunnel: sa production se vend bien au Japon, et le Vietnam lui en achète.

Mais les pêcheurs de la même région, eux, souffrent encore, faute d’avoir reconstitué leurs forces d’autrefois (main-d’oeuvre, matériel): « ils ne sont pas assez nombreux et les quantités de poissons prises ne représentent encore que 15% du total d’avant l’accident », indique Kyoichi Kamiyama, directeur du département radioactivité du Centre de recherche de la pêche et des milieux marins de la préfecture de Fukushima.

Fukushima accusé de dissimulation

Posted by Dacid Rolet In Last Modified

Fukushima accusé de dissimulation sur une eau « contaminée » devant être déversée dans le Pacifique

«Le déplacement de matières nucléaires comporte toujours des risques, mais aux fins d’une analyse indépendante, cela serait justifié», a-t-il déclaré. «TEPCO a perdu confiance dans la société japonaise, ainsi que dans la communauté internationale, y compris en Corée du Sud, et fournir des échantillons à analyser servirait au mieux leurs intérêts, à moins qu’ils ne dissimulent quelque chose.

«L’efficacité de la technologie de Tepco (…) soulève de nombreuses questions. Par conséquent, fournir des échantillons permettant de vérifier leurs rapports de contenu permettrait de démontrer leur engagement en matière de transparence», a ajouté M. Burnie.

«Cela ne dissipera pas les doutes qu’ils cachent des problèmes majeurs sur le site – mais cela améliorerait la situation actuelle».

Hideyuki Ban, co-directeur de Cnic, a déclaré: « Il faudrait beaucoup de contrôles, car il y a beaucoup d’eau, mais pour le moment, le monde extérieur est persuadé qu’ils essaient de dissimuler quelque chose – ont une longue tradition en la matière – et il serait dans leur intérêt de faire preuve de transparence à cet égard.

« Si ce n’est pas le cas, comment pourront-ils retrouver la confiance du public qu’ils ont complètement perdue depuis l’accident? », A déclaré M. Ban.

Japon : l’arrêt du nucléaire…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
EFFET COLLATÉRAL

Energie : l’arrêt du nucléaire au Japon responsable de beaucoup plus de morts que la catastrophe de Fukushima

 
 

Atlantico : Suite au désastre de Fukushima survenu en 2011, le gouvernement japonais a mis à l’arrêt total, par principe de précaution, les usines nucléaires dans tout le pays. Cela a entraîné une hausse du prix de l’électricité et depuis cette annonce, 4800 personnes seraient mortes de froid selon le NBER (Bureau National d’Etudes Economiques). Comment une telle chose peut-elle se produire  ?

Tristan Kamin : L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi à conduit le Japon à très rapidement arrêter la totalité de son parc nucléaire (47 GW en 2011, à comparer à 58 GW en France) pour y faire un large audit de la sûreté qui conduira à la fermeture de plusieurs réacteurs et de lourds travaux sur les autres, et mener une réforme de son organisation de la sûreté nucléaire. Ainsi, d’une production de 292 milliards de kilowattheures d’électricité nucléaire en 2010, le Japon est tombé à 163 milliards de kWh en 2011 et 0 en 2014.

 

Cette production électrique qui n’était plus assurée par le nucléaire a été compensée par des efforts d’économie d’énergie et surtout par un fort transfert de la production vers les énergies fossiles : gaz, charbon et, temporairement, fioul.

Outre les impacts environnementaux et sanitaires de ces sources d’énergie, ce transfert a eu pour effet de faire significativement monter les coûts de l’électricité pour les Japonais, ces sources d’énergie étant onéreuses (a fortiori pour un pays qui doit les importer essentiellement par voie maritime).

Cette hausse importante du prix de l’électricité à conduit certains foyers précaires à compenser par une baisse du chauffage. Et, hiver après hiver, ces familles se sont exposées malgré elles aux dangers pour la santé, notamment des plus fragiles, du froid.

Appliquer à ce scénario une relation déterminée par ailleurs entre accès au chauffage et morbidité et mortalité nous mène à cet impressionnante estimation de 4 800 victimes de la sortie brutale du nucléaire au Japon.

Un nombre sans commune mesure avec celui des victimes des retombées radioactives, que les estimations les plus pénalisantes chiffrent à une grosse centaine, et que les estimations qui ambitionnent d’être plus précises aboutissent à des nombres trop faibles pour sortir de leurs propres marges d’incertitude.

Et un nombre qui n’inclut pas les victimes de la pollution de ces centrales à fioul et charbon qui ont pris le relais du parc nucléaire.

N’est-ce pas un exemple de l’importance des sciences pour estimer les conséquences d’une politique prise sur une intuition morale naïve ?

Je dirais plutôt que c’est un exemple de la limitation du bien-fondé du « Principe de précaution ». L’arrêt du nucléaire au Japon a été décidé au nom du principe de précaution alors que trois réacteurs étaient en fusion. Il n’est pas question pour moi de juger les choix qui ont alors été faits depuis mon fauteuil, 8 ans plus tard et 9000 km plus loin. Mais s’il fallait en tirer une leçon à garder en tête pour la déplaisante éventualité d’un nouveau scénario de ce genre dans le futur, pour moi, la leçon serait la suivante : le principe de précaution n’est pas absolu. En s’arrêtant au danger et en essayant résolument de le supprimer, on peut passer à côté d’effets secondaires présentant une nuisance potentiellement plus grande.

Il serait de bon ton à mon avis de troquer, lorsque c’est possible, le principe de précaution contre la recherche d’un rapport bénéfice/risque aussi optimal que possible (et c’est ici que la démarche scientifique que vous évoquez prend toute son importance). Le principe de précaution ne devrait s’appliquer que lorsqu’il est impossible de dégager un bon compromis bénéfice/risque.

D’ailleurs, tel qu’écrit dans la loi française, le principe de précaution vise « à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ». L’évaluation des risques et la proportion sont des notions souvent oubliées dans le débat public, où l’on entend trop souvent la revendication « interdire » ou « sortir de » indépendamment des externalités (les « effets secondaires » que j’évoquais plus avant) et comme réponse radicale quel que soit l’enjeu.

Le Japon doit-il faire marche arrière ? Quelles autres solutions s’offrent à lui ?

Il ne fera pas marche arrière sur les vies déjà perdues, hélas. Toutefois, sur l’évolution de son mix électrique, il a immédiatement enclenché une marche arrière et une marche avant en même temps, sans que les deux ne soient contradictoires.

La marche arrière consiste en une volonté forte, et ce depuis 2011, de remettre en service une partie importante du parc nucléaire (environ les deux tiers) pour se substituer au moins partiellement aux énergies fossiles qui amputent la balance commerciale du pays en plus de la santé de ses habitants.

La marche avant consiste en un effort notable de réduction de la consommation d’électricité (la consommation par habitant a baissé de 8% entre 2010 et 2018) et surtout un gros investissement dans l’électricité d’origine solaire. Ces efforts conjugués ont permis de ramener la production d’électricité à base de fioul à un niveau inférieur à celui de l’avant-Fukushima, de contenir la hausse de la consommation de charbon, et de ramener à la baisse celle de gaz.

Ses meilleures options à présent consistent à accélérer : à court et moyen terme, produire de l’électricité d’origine renouvelable autant que possible compte tenu des conditions d’acceptation, d’espaces disponibles, de stabilité du réseau compte tenu de l’intermittence, de coût… Et à moyen et long terme, continuer le travail de modernisation de son nucléaire, aussi bien des infrastructures que du volet organisationnel.

Un gigawatt de panneaux solaires construits, c’est un gigawatt de charbon qui tournera parfois à puissance réduite.

Tandis qu’un gigawatt de nucléaire construit ou remis en service, c’est un gigawatt de charbon que l’on peut fermer : l’effet est différé (compte tenu des délais du nucléaire) mais bien plus radical.

Fukushima: Un avenir plus “vert”

Un avenir plus “vert” pour les zones abandonnées de Fukushima

 

Le Japon devrait prochainement lancer un projet visant à équiper certaines zones abandonnées de la préfecture de Fukushima, au nord-est du Japon, en parcs solaires et éoliens.

Le 11 mars 2011, tout le monde s’en souvient. Un tremblement de terre de magnitude 9 frappait la côte est du Japon, entraînant la formation d’un tsunami qui déferla ensuite sur la ville de Fukushima. La centrale nucléaire n’a pas tenu, et trois réacteurs sont entrés en fusion. La décontamination du site est toujours en cours. Elle devrait encore se poursuivre pendant plusieurs années (voire plus).

Autour du site, plusieurs milliers d’hectares de terres ont été abandonnés à cause des radiations. Au cours de ces dernières années, des projets ont été proposés dans le but de les transformer en zones productrices d’énergies renouvelables. Mais les investissements n’ont pas suivi… Jusqu’à maintenant.

Centrales solaires et éoliennes

En effet, la Banque de développement du Japon et la Mizuho Bank, propriété du gouvernement, se sont récemment entendues pour le déblocage prochain de 300 milliards de yens (environ 2,5 millions d’euros), dans le but de construire 11 centrales solaires et de 10 parcs éoliens dans la région à l’horizon 2024.

Une fois opérationnel, ce projet d’envergure pourra produire environ 600 mégawatts l’électricité, soit l’équivalent des deux tiers d’une centrale nucléaire. Cette énergie produite sera ensuite renvoyée dans la région métropolitaine de Tokyo.

Pour le moment les combustibles fossiles restent la plus grande source d’énergie au Japon, mais le secteur des énergies renouvelables prend de plus en plus de place. Il représente aujourd’hui environ 17 % de sa consommation totale d’énergie. À terme, le Japon ambitionne de produire les deux tiers de son électricité grâce aux énergies vertes d’ici 2030.

fukushima
La préfecture de Fukushima au Japon après le séisme et le tsunami du 11 mars 2011.
Crédits : US Navy

En attendant, la préfecture de Fukushima porte encore sur les bras près d’un millier de réservoirs contenant plus d’un million de tonnes d’eau contaminée par des matières radioactives. Les responsables du site ne savent toujours pas quoi en faire. Récemment, ils ont annoncé leur intention d’en rejeter une grande partie dans le Pacifique.

Toute cette eau a déjà été nettoyée de 62 radionucléides (atomes qui ont un excès d’énergie nucléaire). En revanche, il reste du tritium – un isotope radioactif de l’hydrogène – qui ne peut être nettoyé avec le système actuel de décontamination. C’est pourquoi les autorités japonaises aimeraient le diluer dans l’océan. Une intention qui ne passe pas auprès des associations environnementales et de Séoul.

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