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"Rien n'est plus proche du Vrai ... que le Faux"

Fukushima, villes fantômes

A Fukushima, la difficile renaissance d’anciennes villes fantômes

Takako (G) et Takao Kohata, dans leur maison à Minamisoma, préfecture de Fukushima, le 27 février 2021 – afp.com – Philip FONG
Masakazu Daibo devant le restaurant d’anguilles de sa famille à Namie, petite ville du nord-est du Japon, le 1er mars 2021 – afp.com – Philip FONG

Masakazu Daibo a rouvert le restaurant d’anguilles de sa famille à Namie, petite ville du nord-est du Japon qui avait dû être totalement évacuée après la catastrophe nucléaire de Fukushima en mars 2011. Mais il n’a quasiment aucun voisin.

Son établissement est toujours entouré de bâtiments abandonnés, envahis par les mauvaises herbes, dans ce qui était autrefois le centre-ville de Namie.

Une décennie après le puissant séisme sous-marin ayant déclenché le tsunami qui a lui-même causé le pire accident nucléaire au monde depuis Tchernobyl, les localités hantées par le désastre et la menace persistante des radiations s’interrogent toujours: comment rebâtir une communauté?

Jusqu’à 12% du département de Fukushima, soit plus de 1.650 km2, avaient été interdits d’accès dans les mois ayant suivi la catastrophe, et jusqu’à 165.000 habitants avaient évacué, par obligation ou par choix.

De nombreuses zones ont été déclarées à nouveau habitables par les autorités à la suite de travaux intensifs de décontamination ces dernières années.

Mais beaucoup des « déplacés » de Fukushima sont réticents à revenir, en dépit d’incitations financières de l’Etat et de loyers bon marché.

Masakazu Daibo, lui, a franchi le pas l’an dernier, reprenant le restaurant que tenait son grand-père à Namie avant la catastrophe, à environ neuf kilomètres de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi.

– Chiens errants, vaches et cochons –

Namie et 11 autres communes voisines faisaient partie d’une zone d’exclusion autour de la centrale, seulement accessible pour de brèves visites des années durant.

« Il n’y avait plus personne, mais la ville est restée. C’était comme un décor de cinéma », raconte à l’AFP M. Daibo, 65 ans. « Je voyais seulement des chiens errants, des vaches et des cochons ».

A cause des radiations, des murs du restaurant ont dû être abattus et Masakazu Daibo a dû jeter tout ce qu’il restait à l’intérieur.

Mais grâce à sa cuisine, le restaurateur espère que ses clients retrouveront le « goût d’antan ». « J’espère que ma présence sera un rayon de soleil pour cette ville ».

Les restrictions ont été levées pour seulement un cinquième du territoire de Namie, dont la population actuelle (1.580 habitants) représente à peine 7,5% de celle d’avant mars 2011.

Environ 36% des habitants sont âgés de 65 ans et plus, contre 29% pour la moyenne nationale. Les écoles de la commune accueillent seulement 30 élèves, contre près de 1.800 il y a dix ans.

Le Japon dans son ensemble est touché par un fort vieillissement démographique, mais pour Namie, « c’est comme si le futur dans 20 ans était arrivé d’un coup », explique Takanori Matsumoto, un responsable municipal.

« Survivre en tant que communauté est notre défi majeur », souligne-t-il.

Environ 337 km2, soit 2,4% de la superficie du département de Fukushima, demeurent actuellement inhabitables, et la population des déplacés est tombée à environ 36.000 personnes, selon des chiffres officiels, que de nombreux experts jugent toutefois largement sous-évalués.

Le gouvernement n’a pas fixé de date pour la levée des ordres d’évacuation restants, et de gros doutes persistent sur la durée du démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi, censé encore prendre de 30 à 40 ans.

Seulement 15% de la zone de décontamination spéciale délimitée par le gouvernement ont été complètement nettoyés à ce jour, a dénoncé l’organisation environnementale Greenpeace dans un rapport publié la semaine dernière, en se basant sur ses propres mesures des radiations.

– « Personne ne vient ouvrir » –

« Si j’étais seule, je reviendrais », assure Megumi Okada, une mère de famille partie de Fukushima après la catastrophe, bien qu’elle n’habitait pas dans une zone à évacuer.

« Mais en tant que mère, je veux vraiment éviter les risques pour mes enfants », ajoute Mme Okada, 38 ans, qui vit maintenant à Tokyo.

Et le retour a parfois un goût amer. Takao Kohata, 83 ans, est rentré à Minamisoma, au nord de la centrale accidentée, mais les parents de ses quatre petits-enfants ne les autorisent pas à lui rendre visite, par peur des radiations.

« Je comprends totalement leurs inquiétudes, mais je me sens un peu triste et solitaire », confie-t-il à l’AFP.

Masaru Kumakawa, 83 ans lui aussi, s’est réinstallé à Namie il y a trois ans, bien qu’il ait perdu ici sa femme dans le tsunami de 2011.

Tout en dirigeant une association visant à retisser des liens entre habitants, il a du mal à se rapprocher de ses voisins dans son nouveau lotissement.

« Ils ont vécu en tant qu’évacués pendant trop longtemps », dit-il. « On sonne à la porte, mais personne ne vient ouvrir ».

Par Shingo ITO
AFP – © 2021 AFP
Mise à jour 09.03.2021 à 09:00

Journée internationale des droits des femmes

Un clitoris géant posé devant la tour Eiffel

Pour lutter contre l’inégalité de traitement entre pénis et clitoris, le groupe féministe « Gang du clito » a gonflé un clitoris de 5 m de haut sur le parvis des droits de l’Homme. A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ce 8 mars, cette action rappelle le retard en recherche de médecine sexuelle concernant cet organe sexuel féminin.

Le 8 mars 2021 à 15h07
 

Une action symbolique à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes pour alerter sur un phénomène bien réel. Un quart des filles de 15 ans ne savent pas qu’elles possèdent un clitoris et 83 % ignorent sa fonction érogène, selon une étude du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes publiée en 2016. « C’est grave aujourd’hui de ne pas pouvoir connaître son corps, quand on sait que l’éducation sexuelle, c’est la base pour pouvoir parler de consentement, regrette Julia Pietri, fondatrice de la maison d’édition féministe « Gang du Clito ». « Si on dit qu’on n’a rien entre les jambes, on n’a rien à protéger parce que rien n’existe », poursuit-elle pendant qu’elle installe le clitoris géant face à la tour Eiffel.

Sous l’immense clitoris rouge, dressé devant la tour Eiffel, une activiste arbore un panneau sur lequel est inscrit : « Ce n’est pas une légende » sous le dessin d’un clitoris. « On voit bien qu’il y a un énorme retard, on est en 2021, on n’a aucune liste officielle des pathologies du clitoris explique Julia Pietri. On a dû attendre 2017 pour avoir la première anatomie exacte du clitoris dans les manuels scolaires ».

Fukushima: 10 ans après,

Fukushima: 10 ans après, elle retourne voir sa maison abandonnée

Dix ans après l’accident nucléaire, les habitations de la zone de Fukushima sont encore désertées par leurs habitants. Malgré les incitations financières du gouvernement japonais à revenir.

Par Le Parisien avec AFP Le 7 mars 2021 à 17h33

 

Un bambou a poussé au milieu du salon. Hisae Unuma observe cette plante rappelant que dix ans ont passé depuis qu’elle a dû quitter sa maison à Fukushima. Le 11 mars 2011, un séisme a causé l’explosion de la centrale nucléaire. 160 000 personnes, dont Hisae Unuma et son mari, ont été évacuées de la région, en proie à un nuage radioactif.

Aujourd’hui, la Japonaise de 68 ans vit à Saitama et son mari est décédé d’un cancer il y a trois ans, mais elle est revenue voir son ancienne maison à Fukushima. Ce retour, ne lui donne pourtant pas envie de vivre de nouveau dans la région : « Il n’y a rien pour une vie ici. Je ne peux pas faire de courses et il n’y a pas d’hôpital, donc je ne peux pas imaginer construire une vie ici. »

Pourtant, 5 000 travailleurs japonais œuvrent quotidiennement pour décontaminer la zone et le gouvernement incite, avec des aides financières, les habitants à revenir. Mais Hisae Unuuma reste sceptique : « Et si une autre catastrophe se produisait ? Peu importent les tremblements de terre, ces réacteurs pourraient exploser si quelqu’un laissait tomber un outil au mauvais endroit. »

Fukushima: La marine va évaluer

La marine va évaluer l’impact des eaux radioactives de Fukushima sur ses opérations

12.05.2020 à 14h35
Construction de nouveaux réservoirs de stockage d'eau près du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Fukushima, le lundi 18 novembre 2019. (Photo fournie par l'Association de recherche de la sécurité nucléaire du Japon. Revente et archivage interdits)
zoom in/outConstruction de nouveaux réservoirs de stockage d’eau près du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Fukushima, le lundi 18 novembre 2019. (Photo fournie par l’Association de recherche de la sécurité nucléaire du Japon. Revente et archivage interdits)
 

SEOUL, 12 mai (Yonhap) — La marine projette d’analyser l’impact des eaux contaminées par la radioactivité sur ses opérations, ont fait savoir ce mardi des officiels, dans un contexte de craintes sur le rejet prévu d’eaux radioactives de la centrale nucléaire de Fukushima dans l’océan.

Le Japon se prépare à rejeter dans la mer des eaux contaminées de la centrale nucléaire qui a été dévastée par un séisme et un tsunami en 2011. Plus de 1,1 million de tonnes d’eaux contaminées sont stockées provisoirement dans la centrale de Fukushima.

Selon une notice publiée sur un site Internet du gouvernement, la marine projette de commander une étude sur les impacts potentiels des eaux radioactives sur les zones de ses opérations maritimes et sur les moyens de mener de manière stable ses missions.

«Nous avons vu une possibilité croissante de rejet d’eaux contaminées dans nos zones opérationnelles et nous avons besoin d’évaluer l’impact sur la santé de nos marins et le matériel militaire, entre autres», a dit un officiel de la marine.

C’est la première fois que l’armée navale prend des mesures pour examiner le cas de Fukushima, bien qu’elle n’ait pas mentionné spécifiquement le Japon dans son plan de commande de la recherche.

«L’étude prévue est destinée à élaborer des directives détaillées et manuels de réponse de manière globale», a fait savoir l’officiel.

rainmaker0220@yna.co.kr

(FIN)

Japon, risque d’un séisme de magnitude 9

 
 
 
 
 
 
 

Un tsunami jusqu’à 30 m pourrait frapper Hokkaido dans le nord du Japon et Iwate dans le nord-est si un tremblement de terre de magnitude 9 se produisait au large des côtes du Pacifique, a averti un panel gouvernemental, sur la base du pire des scénarios, ajoutant qu’un méga-tremblement de terre centré autour de la fosse de subduction japonaise et de celle des Kouriles pourrait être «imminent».

Le panel professionnel du Cabinet Office a montré les estimations, qui sont intervenues après avoir évalué les distributions d’intensité sismique et les hauteurs de tsunami, dans le cas où un tremblement se produirait dans une zone, y compris la partie nord de la fosse de subduction japonaise et celle des Kouriles. La zone est située près de la zone de concentration du tremblement de terre et du tsunami de mars 2011. L’événement a ravagé le nord-est du Japon et tué 15 000 personnes.

Le panel du Cabinet Office a déclaré qu’il était difficile de calculer la probabilité qu’un tel tremblement de terre puisse se produire, mais il a souligné le fait que des tsunamis massifs se sont produits dans la région tous les 300 à 400 ans, le dernier ayant été observé au 17ème siècle. « Un tremblement de terre massif de cette classe (montré dans la simulation) serait difficile à gérer en développant une infrastructure dure (comme des digues côtières). Pour sauver des vies, la politique de base serait une évacuation », a déclaré le sismologue Keji Satake, le chef du panel et un professeur à l’Université de Tokyo, a déclaré .

Un tsunami jusqu’à 30 m (98 pieds) pourrait frapper Hokkaido dans le nord du Japon et Iwate dans le nord-est si un tremblement de terre M9 se produisait au large des côtes du Pacifique, a averti un panel gouvernemental le mardi 21 avril 2020, sur la base du pire des scénarios, ajoutant qu’un méga-tremblement de terre centré autour de la tranchée japonaise et de la tranchée Kuril pourrait être «imminent».

Le panel professionnel du Cabinet Office a montré les estimations, qui sont intervenues après avoir évalué les distributions d’intensité sismique et les hauteurs de tsunami, dans le cas où un tremblement se produirait dans une zone, y compris la partie nord de la fosse de subduction japonaise et celle des Kourilesl. La zone est située près de la zone de concentration du tremblement de terre et du tsunami de mars 2011. L’événement a ravagé le nord-est du Japon et tué 15 000 personnes.

Le panel du Cabinet Office a déclaré qu’il était difficile de calculer la probabilité qu’un tel tremblement de terre puisse se produire, mais il a souligné le fait que des tsunamis massifs se sont produits dans la région tous les 300 à 400 ans, le dernier ayant été observé au 17ème siècle.

« Un tremblement de terre massif de cette classe (montré dans la simulation) serait difficile à gérer en développant une infrastructure dure (comme des digues côtières). Pour sauver des vies, la politique de base serait une évacuation », a déclaré le sismologue Keji Satake, le chef du panel et un professeur à l’Université de Tokyo, a déclaré .

La simulation précédente du panel basée sur l’étude des gisements de tsunamis au cours des 6000 dernières années a couvert les dommages à sept préfectures, qui sont Hokkaido, Aomori, Iwate, Miyagi, Fukushima, Ibaraki et Chiba.

Le plus grand tsunami, atteignant 29,7 m, devrait frapper Miyako dans la préfecture d’Iwate, puis Erimo à Hokkaido.

Les zones autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi de Tokyo Electric Power Company Holdings Inc., qui a été paralysée par la calamité de 2011, devraient également être touchées, tandis qu’un tsunami d’environ 5 à 20 m pourrait frapper la côte de Miyagi et Fukushima

Des parties d’Aomori faisant face à la mer du Japon peuvent également être affectées, ainsi que la baie de Mutsu, le bureau du gouvernement préfectoral et la mairie d’Aomori devraient être submergés sous plus de 1 m d’eau.

Le Cabinet Office a lancé un groupe pour calculer les impacts de la catastrophe prévue sur les personnes, les bâtiments et l’économie, ainsi que les contre-mesures possibles. Les conclusions seront publiées fin mars 2021.

Japon: Un séisme de 9,0 «imminent»

INTERNATIONAL
 

Le nord du Japon pourrait être secoué par un puissant séisme de magnitude 9,0 capable de provoquer un tsunami dévastateur avec des vagues culminant à 30 mètres, soit presque aussi hautes que celles qui ont frappé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi en 2011, relate le Japan times.

Les préfectures japonaises d’Hokkaido et Iwate, situées dans la partie nord du pays, sont menacées par un tremblement de terre de magnitude 9,0 qui, selon le pire scénario, est «imminent», écrit le Japan times.

 

Ces pronostics ont été présentés mardi 28 avril lors d’une réunion gouvernementale. Les experts pensent que l’épicentre du futur séisme se trouvera dans la zone où se rencontrent les fosses du Japon et des Kouriles.

Ils ajoutent que le séisme pourrait provoquer un tsunami avec des vagues de 30 mètres de haut. L’analyse des sédiments montre qu’au cours des 6.000 dernières années, des vagues géantes ont déjà inondé à plusieurs reprises les territoires côtiers de sept préfectures du pays.

Un Fukushima bis?

Compte tenu du fait que le 11 mars 2011 le tremblement de terre de magnitude 9,0, qui s’est accompagné d’un tsunami avec des vagues atteignant 30 mètres, a fait plus de 18.500 morts et disparus, un tsunami comparable aurait de nouveau des conséquences terribles sur le pays.

 
«Un tremblement de terre de cette catégorie serait difficile à gérer en développant une infrastructure lourde [les digues côtières, ndlr]. Pour sauver des vies, la politique de base serait l’évacuation», explique Kenji Satake, sismologue de l’Université de Tokyo.

Le 11 mars 2011, un gigantesque tsunami a frappé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, rompant son alimentation électrique de secours et son système de refroidissement après quoi la fonte du combustible dans trois réacteurs a entraîné la contamination de vastes territoires aux alentours du site. Quelque 470.000 personnes ont été évacuées de leur domicile au cours des premiers jours. La centrale a été définitivement fermée fin 2013, mais la décontamination se poursuit toujours aujourd’hui.

Le Japon sera en pénurie

Le Japon sera en pénurie de lits en cas de pic de l’épidémie de COVID-19

Japon Tokyo Covid-19
 

Dernière modification le

D’après une nouvelle étude révélée par le quotidien Kyodo News, la plupart des préfectures du Japon vont manquer de lits. La situation de l’épidémie de coronavirus ne fait que s’aggraver, et ce dans les 47 préfectures. On apprend aujourd’hui que la plupart d’entre elles sont susceptibles de faire face à une pénurie de lits, dans leur système de soins intensifs.

Des statistiques catastrophiques

Cette étude souligne la vulnérabilité du système médical du pays face à la recrudescence de la menace virale. En effet, 21 préfectures compteraient plus du double de patients gravement malades atteints par le COVID-19 par rapport au nombre de lits disponibles dans les unités de soins intensifs. Pour éviter un effondrement du système médical, de nombreux spécialistes ont exhorté le gouvernement à augmenter le nombre de professionnels de la santé pour traiter les patients COVID-19.

Pour le moment, le gouvernement estime qu’une personne infectée contamine environ deux personnes. Cependant, beaucoup estiment que la réalité est plus grave encore. Malgré tout, ce scénario, fortement envisageable, pourrait engendrer une véritable pénurie de lits dans le système médical japonais. Conformément à l’étude, Tokyo compterait 903 patients atteints de COVID-19 grave contre 848 lits de soins intensifs disponibles. A Osaka, 666 de ces patients seraient pris en charge pour 513 lits et à Fukuoka, 388 pour 327 lits.

Ambulance

Toutes les préfectures concernées, ou presque

À l’exception d’Okayama et d’Okinawa, les 47 préfectures du pays compteraient toutes moins de lits que le nombre de personnes sévèrement malades. Dans 21 préfectures, dont Hokkaido, Niigata, Saitama et Hiroshima, le nombre de ces patients serait plus de deux fois supérieur au nombre de lits disponibles dans les unités de soins intensifs. Et malheureusement, la pénurie pourrait également toucher le matériel médical, qui est pourtant nécessaire dans de telles opérations.

Au Japon, le nombre de nouvelles contaminations journalières a augmenté depuis que le gouvernement a étendu sa déclaration d’état d’urgence à toutes les parties du pays le 16 avril dernier. Fin février, le gouvernement a indiqué avoir réservé plus de 5 000 lits dans les hôpitaux du pays pour prendre en charge les patients atteints de COVID-19. Mais ces quelque 5 000 lits ne suffiront pas pour faire face à la hausse attendue du nombre de patients, selon les estimations du ministère de la Santé. Dans la ville de Tokyo, avec une population de 14 millions d’habitants, on estime que 45 400 patients par jour se rendront dans les hôpitaux pour y être soignés au pic de l’épidémie. Sur ce total, 20 500 devront être hospitalisés et 700 présenteront des symptômes graves de COVID-19. Ce pic devrait varier d’une région à l’autre. De plus, certaines régions pourraient échapper à une épidémie généralisée, précise le ministère de la Santé.

Tokyo

Coronavirus au Japon: bilan

Les virus, ennemis mortels de l’humanité

Coronavirus au Japon : le dernier bilan

Dossiers Santé Catastrophe
Jusqu’au mercredi 22 avril, 11 496 cas de coronavirus étaient recensés dans 46 préfectures au Japon. Depuis l’apparition du Covid-19 sur l’Archipel le 16 janvier, 277 personnes sont décédées.
 

Nombre de contaminations jusqu’au 22 avril

( ) : augmentation par rapport à la veille

Total des personnes infectées 11 496 (+377)
Décès 277 (+17)
Guérisons 1 356* (+117)

Tableau établi par Nippon.com selon les données du ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales. * Chiffres du 21 avril
Note : ce tableau ne comprend pas les données sur les passagers et membres d’équipage du paquebot Diamond Princess. Contaminations : 712. Décès : 13. Guérisons : 645

Voir l’évolution quotidienne de l’épidémie du coronavirus au Japon

La situation à Tokyo

Nombre cumulé de personnes contaminées au coronavirus par préfecture (au 21 avril à 11 h heure locale)

Préfecture 3 mars 17 mars 24 mars 31 mars 7 avril  15 avril 21 avril
Tokyo 37 90 154 443 1 195 2 446 3 184
Osaka 6 108 134 216 428 894 1 295
Kanagawa 24 55 77 128 280 582 799
Chiba 13 31 47 158 291 507 704
Saitama 4 29 52 85 212 452 676
Hyôgo 1 82 113 137 225 423 524
Fukuoka 3 3 6 29 199 409 522
Hokkaidô 76 152 162 176 198 296 451
Aichi 32 123 145 170 239 346 399
Kyoto 2 17 25 56 145 210 259
Ishikawa 4 7 8 11 55 131 181
Ibaraki 5 20 71 116 143
Gifu 2 2 8 22 59 127 139
Hiroshima 1 3 6 19 109 137
Gunma 5 11 18 29 96 124
Okinawa 3 3 4 9 34 86 121
Toyama 1 12 55 114
Fukui 1 15 65 100 113
Miyagi 1 1 1 6 32 64 84
Shiga 1 5 6 24 52 72
Kôchi 3 12 12 15 38 62 69
Fukushima 2 2 2 24 39 64
Nara 1 8 9 11 24 47 64
Yamagata 19 49 64
Niigata 2 16 27 31 37 46 56
Ôita 1 22 28 33 45 55
Nagano 1 4 4 8 14 37 52
Shizuoka 1 3 3 8 24 47 52
Tochigi 1 2 4 12 20 38 49
Yamanashi 2 2 5 19 37 49
Wakayama 11 15 17 18 32 40 46
Ehime 2 3 4 22 40 46
Kumamoto 5 6 7 14 21 32 41
Mie 1 8 9 11 13 19 39
Yamaguchi 3 4 6 13 28 31
Kagawa 1 1 2 20 28
Aomori 2 8 11 22 22
Aomori 2 8 11 22 22
Okayama 1 3 12 16 19
Nagasaki 1 2 12 14 18
Miyazaki 1 3 3 12 17 17
Saga 1 1 5 9 15 17
Akita 2 2 5 11 16 16
Shimane 13 16
Kagoshima 1 3 4 10
Tokushima 1 1 3 3 4
Tottori 1 3

Tableau établi par Nippon.com selon les données de la NHK.

(Photo de titre : le coronavirus isolé, vu au microscope électronique. Photo avec l’aimable autorisation de l’Institut national de recherche des maladies infectieuses au Japon)

Coronavirus : au Japon,

Coronavirus : au Japon, les considérations politiques ont retardé la réponse sanitaire

 

Le gouvernement de Shinzo Abe est accusé d’avoir minimisé l’ampleur de l’épidémie en raison des Jeux olympiques, avant de se résigner à les reporter.

Par et Publié le 16 avril 2020 à 18h57, mis à jour hier à 10h47

Le premier ministre japonais Shinzo Abe lors d’une conférence de presse à Tokyo, le 17 avril.
Le premier ministre japonais Shinzo Abe lors d’une conférence de presse à Tokyo, le 17 avril. KIYOSHI OTA / AP

Longtemps, le Japon a fait figure d’exception : l’Archipel semblait relativement épargné par la propagation du coronavirus. Tout porte à croire que cette perception était faussement rassurante. Les cas sont désormais en progression alarmante, en particulier à Tokyo, Osaka et Kobé. Au 18 avril, le bilan était de plus de 10 000 personnes contaminées – hors les 712 du paquebot Diamond-Princess – et de 221 décès.

L’annonce, jeudi 16 avril, par le premier ministre Shinzo Abe de la mise en place de l’état d’urgence à l’échelle nationale – après l’avoir fait, neuf jours plus tôt, pour seulement sept des 47 départements du pays – est perçue par beaucoup de Japonais comme l’admission tacite, de la part du gouvernement, d’une certaine complaisance. Celle-ci s’est traduite, au cours des dernières semaines, par une dérobade des autorités à leur responsabilité de prendre la mesure de l’étendue de la contagion avant qu’elle n’empire.

Inertie bureaucratique

Neuf ans après l’accident nucléaire de Fukushima à la suite du tsunami du 11 mars 2011, le Japon est confronté au même triste constat : la responsabilité humaine dans deux catastrophes de nature différente. Aux responsabilités des gestionnaires de la centrale qui, pour des raisons de coût, n’avaient pas jugé nécessaire de protéger davantage les réacteurs d’une déferlante aussi forte, se sont ajoutées les contre-vérités du « village nucléaire », réunissant industriels, universitaires, élus et fonctionnaires défenseurs de l’atome. Les responsabilités ont été mises en lumière par la commission d’enquête mandatée par le Parlement sur l’accident. Un scénario analogue se produit avec le coronavirus, estime le docteur Kiyoshi Kurokawa, qui présida cette commission. Une nouvelle fois, fait-il valoir, l’inertie bureaucratique face à une situation d’urgence pèse sur la gestion de la crise.

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Ces pesanteurs ont effectivement joué dans la gestion chaotique de l’épidémie à bord du paquebot de croisière Diamond-Princess, en quarantaine dans le port de Yokohama. Mais la lenteur de la réaction des autorités à l’épidémie à travers l’Archipel est avant tout politique. Le souci de préserver des intérêts économiques, de ne pas affecter la production, conjugué à des calculs politiciens, a différé les décisions.

« Les JO passaient avant la santé des habitants de Tokyo »

Pour ne pas compromettre sa diplomatie de rapprochement avec la Chine et compenser partiellement la contraction de la demande interne, M. Abe a laissé venir au Japon des dizaines de milliers de touristes chinois jusqu’à la fin du Nouvel An lunaire, début février. Plus grave, pendant près de trois mois après l’apparition du virus chez ses voisins asiatiques, il a entretenu l’illusion de la tenue des Jeux olympiques à Tokyo en juillet, donnant ainsi à la population le sentiment que la situation était sous contrôle. Ce qui explique l’atmosphère insouciante des citadins au cours du mois de mars, alors que partout ailleurs dans le monde, la situation s’aggravait. En s’obstinant à maintenir les JO, le gouvernement a de facto minimisé le risque sanitaire.

A Tokyo, le 17 avril.
A Tokyo, le 17 avril. KYODO NEWS / AP

 

La coïncidence, à vingt-quatre heures près, entre l’annonce le 24 mars du report des JO et les mises en garde soudaines par la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, et par le premier ministre lui-même, contre une probable explosion des contaminations par le coronavirus, est d’autant plus troublante qu’elle semble loin d’être fortuite. Cette cécité suscite des questions au Parlement et des commentaires acerbes dans les médias.

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« Afin de donner l’impression que la situation était sous contrôle, le gouvernement a fait en sorte de minimiser le nombre des personnes contaminées », écrit sur Twitter l’ancien premier ministre démocrate (opposition) Yukio Hatoyama. « Les JO passaient avant la santé des habitants de Tokyo », assène-t-il. Une accusation d’autant plus embarrassante pour le premier ministre Abe qu’en 2013, il avait déjà étouffé la vérité pour obtenir les JO en proclamant que la catastrophe nucléaire à Fukushima était « sous contrôle ». Ce qui n’était pas le cas – et ne l’est toujours pas.

Dépistage parcimonieux

Un autre facteur a contribué à la sous-évaluation de la gravité de la situation : un dépistage parcimonieux qui s’est traduit par une vision parcellaire de l’étendue de l’épidémie. Contrairement à son voisin sud-coréen, le Japon n’a pas procédé à un dépistage systématique à partir des foyers d’épidémie identifiés. La raison invoquée par le ministère de la santé pour expliquer le faible nombre de tests tiendrait à leur nature : étant donné qu’il n’existe pas de traitement du coronavirus, les tests ne sont pas considérés comme une « procédure médicale » mais comme un élément d’une« enquête épidémiologique ».

Il est difficile de ne pas mettre en relation ces faits et la propagation de l’épidémie. Et aujourd’hui, les réseaux sociaux se font l’écho de l’alarme du personnel soignant, qui craint un débordement du système hospitalier notamment à Tokyo, l’une des plus grandes conurbations du monde : la capitale et les départements limitrophes comptent 37 millions d’habitants.

Abe s’accroche à sa bouée : des JO à l’été 2021

La longévité politique de M. Abe – sept ans au pouvoir – s’explique par l’absence de rivaux au sein de la majorité et d’une opposition crédible. Sa cote de popularité est moyenne et 76 % des Japonais critiquent sa lenteur à réagir à la propagation du virus.La crise sanitaire qui se profile risque de porter un coup fatal aux ambitions de Shinzo Abe. Les Jeux olympiques devaient être la consécration de son mandat, en le mettant en position de concrétiser son ambition « historique » de réviser la Constitution pacifiste de 1947. L’épidémie bouleverse la donne. Mais M. Abe s’accroche à sa bouée : il a fixé les JO à l’été 2021 – dans l’espoir que, son mandat s’achevant en septembre 2021, il pourra, si les Jeux ont bien eu lieu, s’auréoler de ce succès pour briguer un quatrième mandat.

Japon : des « refuges temporaires »

Coronavirus au Japon : des « refuges temporaires » pour éviter les divorces

Après les pics de divorces survenus en Chine et en Russie dû au confinement, une entreprise japonaise a décidé de mettre à disposition des personnes mariées des « refuges temporaires ».

Un couple japonais à Tokyo au Japon (illustration)
Un couple japonais à Tokyo au Japon (illustration)Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Marie Gingaultet AFP

 

Si les Japonais n’ont pas interdiction de sortir de chez eux, depuis l’instauration de l’état d’urgence dans plusieurs régions de l’archipel le gouvernement recommande tout de même de limiter au maximum les déplacements. Les écoles sont fermées et le télétravail est de mise, résultat : des tensions apparaissent au sein des couples.

Afin d’éviter la vague de divorce qui a déferlé sur la Chine et la Russie pendant et après le confinement, le Japon a mis en place une initiative insolite, permettant aux personnes mariées de prendre du recul sur leur couple, et de respirer seules le temps nécessaire. 

« Avant d’envisager le divorce, appelez-nous » : c’est le slogan d’une entreprise japonaise qui a adapté son message en ces temps de confinement face au Covid-19. Elle propose à des personnes mariées de s’offrir un répit dans l’un de ses appartements de location courte durée. Sur son site internet, la société Kasoku, concurrente locale d’Airbnb, a fait la promotion de ses logements meublés comme étant des « refuges temporaires ». Ils sont à la disposition de ceux qui veulent échapper un temps à leurs familles, que ce soit pour travailler plus tranquillement ou s’aérer l’esprit.

30 minutes de consultation offertes avec un avocat spécialiste des procédures de divorce

Lancée le 3 avril, cette campagne de communication aurait déjà séduit une vingtaine de clients, selon Kosuke Amano, un porte-parole de la société. « Parmi nos clients, nous avons une femme qui a préféré partir après une grosse dispute avec son mari, et une autre qui voulait du temps pour elle car elle est fatiguée de gérer les enfants toute la journée depuis que les écoles sont fermées pendant que son mari est en télétravail », a-t-il détaillé.

 

Kasoku propose un tarif d’entrée de 4.400 yens (37,50 euros) par nuit, avec l’option gratuite de 30 minutes de consultation avec un avocat spécialiste des procédures de divorce. Si l’entreprise a construit son offre sur un ton léger, elle a néanmoins attiré des personnes avec de graves difficultés, dont une femme victime de violences conjugales.

Kasoku dispose d’environ 500 logements dans l’ensemble du pays, principalement à Tokyo. Ceux-ci principalement vides actuellement à cause de l’effondrement du tourisme, même si la demande de bureaux à distance permet de compenser partiellement cet impact. La société a lancé sa campagne alors que le hashtag #corona-divorce était parmi les principales tendances sur Twitter au Japon.

Une émission-conseil pour gérer la crise en couple

Par ailleurs, la chaîne de télévision publique NHK lutte elle aussi contre les divorces. Elle livre désormais dans une émission matinale, des conseils pour éviter les conflits de couple durant cette période de confinement.

La société japonaise conserve une représentation très traditionnelle des rapports hommes-femmes. Ces dernières restent principalement vues comme responsables des tâches ménagères et de l’éducation des enfants, même si elles exercent une activité professionnelle. Sur 153 pays, le Japon était classé 121e dans l’indice 2020 des inégalités entre les sexes du Forum économique mondial.

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