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Les mensonges du pouvoir

1er Mai à la Pitié-Salpêtrière: les mensonges du pouvoir

2 MAI 2019 PAR DAN ISRAEL

Pendant une soirée et une matinée, plusieurs membres du gouvernement et la direction de l’AP-HP ont assuré que l’hôpital parisien avait été « attaqué » par des manifestants violents. Il n’en a rien été : quelques dizaines de personnes se sont réfugiées au pied des immeubles de l’établissement pour échapper aux lacrymogènes et aux charges policières, avec l’autorisation de sa directrice. Aucun manifestant n’a été menaçant, aucun n’a dégradé les locaux. En revanche, certains ont été frappés par des policiers.

Que s’est-il passé dans l’enceinte de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, ce mercredi 1er mai ? En fait, rien. Ou fort peu : quelques manifestants sont entrés dans l’enceinte de l’établissement après avoir cassé le cadenas qui maintenait fermé un portail grillagé. Après presque 24 heures d’une agitation alimentée par le gouvernement et les dirigeants des hôpitaux publics franciliens (AP-HP), les accusations visant des manifestants qui auraient « attaqué » l’hôpital en marge de la manifestation se sont écroulées dans l’après-midi de jeudi.

Les nombreux témoignages recueillis par Mediapart et plusieurs autres médias, ainsi que des vidéos, puis une réponse officielle de l’AP-HP, ont permis de dégonfler totalement les faits allégués. Faits qui ont pourtant valu à 32 personnes d’être interpellées pour« intrusion et dégradation à l’intérieur de l’hôpital », selon la préfecture de police, et d’être placées en garde à vue pour « participation à un groupement en vue de commettre des dégradations ou des violences », selon le parquet de Paris. Aucun manifestant n’a été finalement poursuivi.

Et pour cause : les quelques dizaines de personnes présentes dans l’enceinte de l’hôpital ne sont entrées dans aucun bâtiment, elles n’ont rien dégradé ou volé. Elles essayaient d’abord de se soustraire aux très intenses nuages de gaz lacrymogènes qui noyaient la manifestation, quelques mètres plus loin, ou à une charge policière. Elles ont ensuite tenté d’échapper aux policiers, dont une bonne partie se déplaçant à moto, qui les avaient pris en tenaille au pied des bâtiments de l’hôpital. C’est là que certains manifestants ont, vers 16 h 30, tenté d’entrer dans ce qui s’est avéré être le service de réanimation chirurgicale. Mais devant les protestations des soignants, ils ont vite renoncé, sans manifester d’agressivité. Certains d’entre eux ont ensuite été frappés par des policiers.

Mediapart s’est entretenu avec Gaël, un informaticien de 30 ans, interpellé durant cet épisode et libéré 23 heures plus tard, après une nuit en cellule au palais de justice de l’île de la Cité, sans qu’aucune charge ait été retenue contre lui. « Lorsque j’ai fait ma déposition, à 4 heures du matin, les policiers étaient blasés et m’ont dit qu’il n’avaient rien contre moi ou les autres personnes placées en garde à vue, raconte-t-il. J’ai passé pratiquement une journée en garde à vue pour rien. Quand je vois la façon dont cela a été utilisé par des responsables politiques ou des médias, je trouve cela très choquant. »

La très étrange séquence qui vient de s’achever a démarré mercredi en fin d’après-midi, peu après la fin de la manifestation. France Inter relaie pour la première fois le témoignage d’un interne de la Pitié, qui relate la tentative d’intrusion dans le service de réanimation où il était présent. Très rapidement, Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP, manifeste sur Twitter son « plein soutien aux équipes de la Pitié-Salpêtrière qui ont fait face à une bande de manifestants/casseurs dans une tentative d’intrusion violente ». Il annonce qu’une plainte sera déposée.

Dans la nuit, il affirme ensuite sur BFMTV que des images de vidéosurveillance « absolument édifiantes » existent et qu’elles seront transmises aux enquêteurs. Puis, dans un mail envoyé à 23 h 28 à tous les agents de l’APH-HP, il dénonce « des “manifestants” qui […] ont tenté une intrusion par la force dans le service de réanimation chirurgicale », et salue les équipes soignantes et leur « sang-froid qui force le respect ». « On n’ose imaginer ce qui aurait pu se passer sans leur remarquable courage », assure-t-il.

Le lendemain matin sur France Info, il persiste : « Il aurait pu se produire un drame dont je n’ose même pas imaginer les conséquences », s’est-il ému, dénonçant des « débordements gravissimes » et « inédits », et estimant que l’établissement est passé « au bord de la catastrophe ». Dans la matinée et au même micro, Marie-Anne Ruder, directrice de la Pitié-Salpêtrière, déclarait qu’il « est extrêmement choquant qu’un hôpital public [puisse] être une cible pour des casseurs ».

Tweet de Christophe Castaner, le 1er Mai.
Tweet de Christophe Castaner, le 1er Mai.

Ces dénonciations ont tout aussi rapidement trouvé un écho au gouvernement. Dès mercredi à 21 heures, après une visite sur place, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner tweete qu’à la Pitié, « on a attaqué un hôpital » et qu’« on a agressé son personnel soignant ». Il assure même que « nos forces de l’ordre sont intervenues pour sauver le service de réanimation ». Dans la foulée, la secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher dénonce le fait qu’« une cinquantaine de manifestants s’introduisent avec violence dans un service de réanimation ». François de Rugy, son collègue au ministère de la transition écologique déplore lui aussi une « tentative d’intrusion violente dans un hôpital », qui « n’a plus rien à voir avec le fait de manifester ».

Le lendemain matin, c’est la ministre de la santé Agnès Buzyn qui s’émeut sur Europe 1d’une intrusion « inqualifiable ». Elle salue « le personnel hospitalier [qui] a été très courageux et a eu le bon réflexe de protéger avant tout les patients ». Pour clore la séquence d’indignation gouvernementale, le premier ministre Édouard Philippe martèle que « vouloir s’introduire dans un hôpital de cette façon n’est pas excusable ». D’autres responsables politiques s’indignent également, comme le député européen LR Philippe Juvin, médecin lui-même, qui s’époumone contre des « casseurs qui envahissaient le service de réanimation ».

Quelques heures plus tard, une vidéo fera apparaître toutes ces déclarations dramatisées à souhait pour ce qu’elles sont : de la communication, très loin de la réalité des événements. En début d’après-midi jeudi, Nejeh Ben Farhat, l’un des membres du service hospitalier, publie sur sa page Facebook six minutes de vidéo retraçant toute la scène, vue de l’intérieur, derrière la fameuse porte que les manifestants ont voulu franchir. L’homme est un gilet jaune revendiqué, et est déjà apparu comme tel sur le plateau de RT, la chaîne financée par le gouvernement russe.

Voici un extrait de sa vidéo :

Vidéo Salpetrière – Nejeh Ben Farhat © Mediapart

Dans la séquence, on voit clairement les manifestants courir pour échapper aux policiers qui arrivent, grimper le petit escalier menant à la plateforme donnant sur la porte du service, qui ne ferme manifestement pas. Les soignants s’accrochent à la porte afin que les manifestants ne puissent pas l’ouvrir, et leur crient de ne pas entrer. Les manifestants n’insistent pas, puis les soignants ouvrent eux-mêmes le passage, pour aller discuter avec eux, au moment où un policier arrive sur la scène. Un homme âgé tente alors de se faufiler, et est repoussé. Fin de la séquence.

Dans la matinée, déjà, deux soignants avaient assuré qu’ils ne s’étaient en fait jamais sentis menacés, face à un groupe de journalistes très pressés de leur faire dire qu’ils avaient mal vécu la scène. Gwenaëlle Bellocq a expliqué qu’ils ne s’étaient « pas sentis plus agressés que ça » et « pas sentis en danger plus que ça ». Et l’un de ses collègues a rappelé que l’épisode n’avait pas duré plus de « deux ou trois minutes », sans « débordement », et qu’il n’y avait « pas de réel traumatisme » pour l’équipe.

Ce membre de l’équipe a aussi signalé que rien n’avait été volé dans l’hôpital, contrairement à une rumeur lancée le matin même sur BFMTV par l’un des médecins présents dans le service. « Dans d’autres services de l’hôpital, il y a eu d’autres exactions, avait indiqué le médecin. Dans le même bâtiment, on a eu à déplorer deux heures plus tard la perte de l’ensemble du matériel vandalisé au service informatique du service de chirurgie digestive. » Sur Europe 1, Agnès Buzyn avait ensuite dit : « On me rapporte un certain nombre d’exactions notamment sur du matériel informatique qui aurait été volé. » Rien de tel en fait, comme l’a reconnu le service de communication de l’AP-HP auprès de Mediapart.

Des manifestants plaqués à terre, ou frappés par les policiers

Deux épisodes distincts ont bien eu lieu : dans la nuit de mardi à mercredi, à la suite d’une effraction à l’institut de cardiologie, l’hôpital a relevé « des dégradations importantes sur les murs et sur les mobiliers ». Par ailleurs, « dans le courant de l’après-midi [de jeudi], un vidéoprojecteur se situant dans la salle de staff du service de chirurgie digestive a été arraché de son socle et dérobé ». Mais, indique l’AP-HP, « à ce stade aucun lien ne peut être fait entre ces deux constatations et l’intrusion des manifestants ». Une infirmière de l’hôpital complète auprès de Mediapart : « Le vidéoprojecteur était dans une salle fermée à clé, et c’est la troisième fois qu’on le dérobe cette année. » Pour cette infirmière, « écouter le récit qui a été fait à distance de ces événements était très étonnant : pour mes collègues et moi, il était clair dès le départ que les choses ne s’étaient pas du tout passées comme ça ! ».

Les événements du 1er mai à la Pitié-Salpêtrière démarrent en fait vers 16 heures sur le boulevard de l’Hôpital, qui longe une partie de l’hôpitla. Comme nous l’avons racontédans notre compte-rendu de manifestation, l’ambiance est très tendue entre les policiers et certains manifestants. Un nuage de lacrymogène couvre le défilé et plusieurs charges policières s’enchaînent. Certains manifestants secouent alors fortement le portail de l’établissement, qui est une entrée annexe desservant le restaurant universitaire, et qui n’est pas signalée comme une entrée vers l’hôpital. Le cadenas cède, les grilles s’ouvrent, et plusieurs dizaines de personnes s’engouffrent sur la longue voie goudronnée qui relie plusieurs immeubles de l’établissement. 

Le syndicaliste toulousain Stéphane Borras a raconté l’épisode dès jeudi matin sur son blog hébergé par Mediapart, et notre journaliste François Bonnet, présent sur place, confirme ce déroulé. Wladimir Garcin-Berson, journaliste au Figaroa fait un récit identique sur Twitter. « C’était le chaos, il s’agissait clairement pour tout le monde de s’abriter des gaz et d’éviter les charges de policiers. Personne n’avait en tête d’aller casser dans l’hôpital, et certains d’entre nous n’étaient même pas sûrs d’être à l’intérieur de la Pitié », explique à Mediapart Julien, un des manifestants qui a pénétré dans l’enceinte de la Pitié. Pour sa part, Louis souligne que, comme lui, « pas mal de personnes présentes, de tous les âges, n’avaient jamais manifesté dans ces conditions » et que beaucoup « ont paniqué, tout simplement, et voulaient fuir »« Nous fuyions les lacrymos, sans réellement voir ou comprendre où nous allions. Ces moments étaient chaotiques, la confusion la plus totale régnait », confirme un troisième parisien qui a confié son témoignage à Mediapart.

Des soignants sont présents au pied des bâtiments, et distribuent du sérum physiologique pour apaiser les yeux gênés par les gaz lacrymogènes. « Plusieurs de mes collègues sont même allés chercher des gens à terre sur le boulevardtrès lourdement touchés par les lacrymos, raconte l’infirmière déjà citée. Ils ont dû les amener aux urgences, dont une issue est toute proche. » Environ une trentaine de manifestants et plusieurs policiers ont été admis à ce moment-là.

Julien, entré lorsque les grilles étaient déjà ouvertes, pointe un fait passé inaperçu jusqu’alors : « La directrice de l’hôpital Marie-Anne Ruder est venue à notre rencontre et nous a autorisés à rester dans l’enceinte de son établissement, assure-t-il, formel. Elle a indiqué qu’elle laisserait les grilles ouvertes le temps que les choses se calment sur le boulevard. Moi et deux autres gilets jaunes l’avons remerciée. Nous sommes restés sur place environ une demi-heure. » La version de la directrice est différente. À France Info, elle a expliqué avoir « essayé de discuter avec eux, pour leur faire part du fait que c’était un hôpital et qu’on ne pouvait pas y rentrer de cette façon-là », et avoir jugé que « la discussion n’était pas possible, avec une certaine agressivité et violence verbale de la part de certaines des personnes qui étaient là ».

Des policiers à moto dans l'enceinte de la Pitié-Salpêtrière.

Des policiers à moto dans l’enceinte de la Pitié-Salpêtrière.

La tentative d’entrer à l’intérieur du bâtiment de l’hôpital intervient peu avant 16 h 30, lorsque de nombreux policiers font irruption dans l’enceinte, pour évacuer les manifestants. Certains sont à pied, d’autres directement en moto, et leur comportement est agressif, comme le montrent plusieurs vidéos. Celle-cimontre deux policiers coiffés d’un casque de moto frapper une personne à terre. D’autres, relayées par le journaliste David Dufresne, donnent à voir l’ambiance extrêmement lourde qui régnait alors.

« Dans notre dos, nous étions chargés par les policiers à pied, et nous avons essayé de traverser le terrain de l’hôpital pour sortir dans une rue parallèle, mais des motards nous ont alors foncé dessus », explique à Mediapart Mehdi. Il raconte à nouveau la « panique »qui saisit les manifestants, qui s’égayent partout et essayent de se cacher. Lui suit le mouvement et se retrouve au pied de l’escalier donnant sur la fameuse porte. Voyant que l’issue est fermée, il se résigne à faire face aux policiers. Et il raconte avoir été alors insulté et frappé à de très nombreuses reprises. Selon son récit, un policier, après lui avoir donné trois coups de matraque, l’a envoyé vers ses collègues pour qu’ils le frappent, en leur disant : « Punissez-le. » Un « On va te crever » lui aurait été adressé au milieu des coups, parmi d’autres insultes. Il indique avoir de nombreuses contusions sur le corps, qu’il a prises en photo. (L’intégralité de son récit glaçant, rédigé dans la foulée de l’incident, est disponible sous notre onglet « Prolonger ».)

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Gaël, le jeune homme mis en garde à vue, était aux côtés de son ami Mehdi. Lui aussi a fait face aux policiers, mais n’a pas été frappé. « C’est un policier à pied qui m’a pris en charge au pied de l’escalier. Il m’a dit qu’il allait m’évacuer et me ramener sur le boulevard, très calmement, décrit-il. Mais un groupe de policiers à moto a surgi, en criant et en disant à tout le monde de se mettre à terre, en plaquant certaines personnes au sol. Celui qui m’accompagnait n’avait pas trop l’air d’accord, mais j’ai finalement été interpellé et conduit en bus en cellule. J’ai appris en discutant avec les policiers avant mon audition que j’étais accusé de “détérioration en bande organisée”, mais je suis finalement sorti sans aucune poursuite. »

Interrogée jeudi dans l’après-midi sur ce sujet au Sénat, Agnès Buzyn a donné la nouvelle ligne officielle du gouvernement, tout en prudence : « L’enquête clarifiera les responsabilités, la volonté d’agression ou pas. Je n’irai pas plus loin puisque l’enquête est en cours. » Difficile en tout cas de ne pas trouver dans cet épisode un fort écho de ce qu’il s’était passé en juin 2016 autour de l’hôpital Necker, en plein mouvement de contestation contre la loi sur le travail. Il y a trois ans, une série de vitres de l’hôpital avaient été brisées lors d’une manifestation. Le premier ministre Manuel Valls avait décrit un hôpital « dévasté », alors que la plupart des dégâts avaient été causés par des projectiles lancés par des manifestants en direction des policiers, postés juste devant l’hôpital. 

Hormis un homme ayant cassé des vitres avec un marteau, et un autre en attaquant une à coups de pied, aucune volonté délibérée de casse n’avait été relevée. Ce qui n’a en rien empêché Martin Hirsch, dans son mail du 1er mai 2019 à ses équipes, de considérer que la tentative d’intrusion dans les locaux de la Pitié, finalement bien anodine, correspond, « après le caillassage de l’hôpital Necker », à « la deuxième fois qu’une agression violente prend pour cible un hôpital ». En revanche, ni le directeur de l’AP-HP, ni les membres du gouvernement ne semblent s’émouvoir que des forces de l’ordre puissent charger des manifestants jusque dans un hôpital.

Si vous avez des informations à nous communiquer, vous pouvez nous contacter à l’adresse enquete@mediapart.fr. Si vous souhaitez adresser des documents en passant par une plateforme hautement sécurisée, vous pouvez vous connecter au site frenchleaks.fr.


Paris Notre Dame

Notre Dame Incendie du 15 avril 2019

Résumé en image des événements du 15 avril et suivant à Notre Dame de Paris

En première partie, un résumé des médias et en seconde partie, des photos prises sur place, au plus proche des lieux le vendredi matin .

A suivre, deux résumés des quotidiens « Le Monde » et « Le Parisien »

Poitiers : les fleurs de Fukushima…

Poitiers : les fleurs de Fukushima s’épanouissent au Confort Moderne

Publié le 19/03/2019 à 04:55 | Mis à jour le 19/03/2019 à 04:55

Pour le vernissage de son installation, la cinéaste Ana Vaz propose une lecture-performance avec Olivier Marboeuf.
Pour le vernissage de son installation, la cinéaste Ana Vaz propose une lecture-performance avec Olivier Marboeuf. 
© Photo NR

A l’écran, une Japonaise vient arroser les fleurs de son jardin. Geste simple, mais loin d’être anodin dans la zone d’exclusion délimitée autour de la ville de Fukushima, après l’accident nucléaire du 11 mars 2011. Fukushima comme archétype de la toxicité. Et symbole de la résilience d’un territoire.
Un long-métrage à venir en 2020 Depuis 2016, l’artiste brésilienne Ana Vaz travaille autour de cette question de la toxicité et multiplie les allers-retours vers le Japon, afin de nourrir un futur long-métrage qui devrait être finalisé l’an prochain. Parmi les étapes de travail figure le court-métrage intitulé « Atomic garden », qui sera présenté au Confort Moderne, dès ce mercredi et jusqu’au 28 avril, dans le cadre de l’exposition « The Voyage out (notes pour un film à venir) ». « J’aime bien l’idée que la fragilité même du processus de création soit visible du public », explique l’artiste qui sera en résidence à Poitiers, durant tout le mois d’avril, pour travailler au montage de son film. « J’envisage ce projet comme une cosmologie ancrée dans le cinéma, poursuit-elle. Le long-métrage en sera une version possible, mais sans doute pas la seule. »
Si l’artiste part d’une situation réelle, quasi documentaire, elle l’élargit sur une trame fictionnelle : « La fiction révèle ce que le documentaire ne peut pas montrer », glisse-t-elle. Une dualité qui sera également palpable à travers la lecture-performance qui marquera le vernissage de l’exposition, mercredi soir. Pour cet événement intitulé « Aux ancêtres futurs », Ana Vaz sera rejointe par le producteur et penseur Olivier Marboeuf. « Nous avons tous les deux une ligne de travail partagée, souligne Ana Vaz. Il n’est pas seulement producteur : nous utilisons ce temps de résidence comme un temps de recherche. J’envisage cette lecture à deux voix comme une proposition pour un cinéma sans images. » On est tenté de la suivre… les yeux fermés.
Mercredi 20 mars, à 18 h 30, vernissage et performance à l’entrepôt du Confort Moderne, 185, rue du Faubourg du Pont-Neuf, à Poitiers. Entrée libre. www.confort-moderne.fr

Sexisme et Violences sexuelles dans le milieu du journalisme

« Ta jupe te fait un beau cul » : l’enquête #EntenduALaRédac révèle l’ampleur du sexisme et des violences sexuelles dans le milieu du journalisme

Franceinfo dévoile en exclusivité avec « Le Monde » les résultats d’une enquête participative lancée par plusieurs collectifs de journalistes, Prenons la une, #NousToutes et Paye ton journal, après les révélations sur la Ligue du LOL.

Une enquête participative en ligne lancée par plusieurs collectifs de journalistes révèle, le 7 mars 2019, l\'ampleur du sexisme et des violences sexuelles dans les médias. 
Une enquête participative en ligne lancée par plusieurs collectifs de journalistes révèle, le 7 mars 2019, l’ampleur du sexisme et des violences sexuelles dans les médias. 
(JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)
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Margaux Duguet Juliette CampionFrance Télévisions

Publié le 07/03/2019 | Mis à jour le 07/03/2019 | 11:16

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il y a 6 heures

VIDEO. « C’est un système »… « Harcelées », le livre-enquête qui montre que les violences faites aux femmes n’épargnent personne, ni aucun milieu

« Je vais programmer ton papier demain à 7 heures, comme ça je pourrai me pignoler dans mon lit en t’écoutant. » Ce témoignage choc est extrait de l’enquête participative #EntenduALaRédac lancée sur internet par les collectifs de journalistes Prenons la une, #NousToutes et Paye ton Journal. « Au moment des révélations de la Ligue du LOL, quelques journalistes ont expliqué qu’il s’agissait de comportements d’une petite minorité, active dans les médias ‘progressistes’. Nous avons voulu vérifier. La Ligue du LOL est-elle un cas isolé ? », lit-on dans le compte-rendu des résultats que franceinfo publie avec Le Monde, jeudi 7 mars. Cette enquête révèle l’ampleur du sexisme et des violences sexuelles dans les rédactions françaises.

En dix jours, plus de 1 500 journalistes et 270 étudiantes et étudiants en école de journalisme ont répondu à un questionnaire en ligne pour dénoncer les faits dont ils ou elles ont été victimes, ou témoins. Sans surprise, les femmes sont sur-représentées : elles sont 80% à avoir participé à ce questionnaire. Autre chiffre marquant : 76% des personnes ayant répondu ont moins de 40 ans, alors que l’âge moyen dans la profession est de 44,6 ans. « Ce n’est pas une enquête représentative, elle a été diffusée sur les réseaux sociaux », tient à préciser Aude Lorriaux, journaliste et porte-parole de Prenons la une.

270 rédactions citées

Mais les témoignages montrent que le phénomène est massif puisque 270 rédactions sont impliquées. Parmi elles, 208 rédactions sont pointées pour des témoignages de propos à connotation sexuelle ou d’agression sexuelle. Sont cités des médias très variés, qu’il s’agisse de rédactions locales ou nationales, de titres généralistes ou spécialisés, et sur tous les supports (presse écrite, web, radio et télé), dont France Télévisions et Radio France. « Je ne suis pas du tout étonnée que toutes ces rédactions soient touchées par ce phénomène parce que le sexisme est la chose la plus partagée au monde », commente Aude Lorriaux.

« Je ne comprends pas pourquoi on envoie une fille au Salon de l’agriculture »« les faits-divers, ce n’est pas pour les femmes », ou encore « je ne sais pas si elle va y arriver, il faut des épaules… et c’est une femme ». Voilà le genre de propos sexistes qui remontent dans les témoignages. Dans le détail, 67% des femmes qui ont participé à l’enquête déclarent avoir été victimes de propos sexistes*, 49% de propos à connotation sexuelle – tel que « ta jupe te fait un beau cul » – et 13% d’agressions sexuelles.

Un collègue m’a mis des fessées estimant que j’avais un gros cul.

« Propos rapportés par une participante à l’enquête »

Deux cas de viols ont également été rapportés.

Sexisme et racisme

Marilyn Baldeck, présidente de l’association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) affirme qu’elle collecte régulièrement des témoignages similaires : « Je ne compte plus les fois où, à l’issue d’interviews, les journalistes femmes me racontent ce dont elles ont été victimes dans leur propre rédaction. Ça arrive très souvent depuis quinze ans que je travaille dans l’association. » Pour la sociologue Pauline Delage, spécialiste des violences fondées sur le genre, l’enquête met en lumière « que les violences sexistes existent dans un milieu, le journalisme, qui pourrait paraître protégé, car peuplé d’une forme d’élite culturelle et sociale ».

L’étude relève également que les femmes racisées – terme issu de la sociologie, utilisé pour caractériser les personnes identifiées comme appartenant à une « race » à cause de la couleur de leur peau – sont davantage exposées aux propos sexistes que leurs comparses : elles sont 64% à déclarer avoir subi des propos à connotations sexuelles (contre 49% des femmes ayant répondu). « Le sexisme s’imbrique dans d’autres rapports sociaux : les victimes de la Ligue du LOL faisaient aussi l’objet de mépris de classe et de réflexions racistes », constate Pauline Delage.

Tu as oublié ton pantalon ce matin ? Tu es maquillée comme une voiture volée ? Anissa… Ah non, pardon, Fatima. Je me suis trompé de bougnoule.

« Propos rapportés par une participante à l’enquête »

Pour ces femmes, c’est un peu la « double peine », note Béatrice Damian-Gaillard, chercheuse en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Rennes 1 et spécialiste des médias, du genre et de la sexualité. « Une femme racisée et précaire cumule les formes de fragilité sociale dans un rapport de domination, explique la chercheuse à franceinfo. Ça permet plus de possibilités aux harceleurs. »

Les pigistes et les journalistes télé plus exposés

Dans l’enquête, les discriminations sont plus fortes contre les femmes racisées mais aussi contre les journalistes au statut plus fragile, à savoir les pigistes qui ne sont pas liés à leur rédaction par un contrat de travail. Parmi les participants, 14% des salariés en CDD et CDI assurent être « souvent »confrontés à des propos à connotation sexuelle, tandis que ce chiffre grimpe à 22% chez les pigistes ayant répondu à l’enquête. Là encore, rien d’étonnant pour Aude Lorriaux puisque « les relations de domination économiques sont propices aux agressions et au harcèlement sexuel ». Pour la journaliste, le sexisme est inscrit dans un système beaucoup plus large, dans lequel les pigistes ne sont pas du tout protégés. Face à la concurrence exacerbée et des conditions de travail qui ont tendance à se dégrader,« on n’a pas la force de se battre », reconnaît-elle.

Outre les pigistes, les journalistes télé semblent particulièrement concernés : 49% des participants à l’étude exerçant à la télé disent avoir été victimes de harcèlement sexuel au travail. « Le facteur de l’image renforce les stéréotypes sexistes déjà forts quant à l’image des femmes », décrypte Aude Lorriaux. 

« Elle n’est pas assez belle pour être violée », rapporte, par exemple, avoir entendu une ou un participant à l’enquête. 

Le milieu de la télé accentue le processus de mise en avant de soi-même que l’on trouve dans les autres médias. Au nom de l’audience, on survalorise le principe de starification.

« Béatrice Damian-Gaillard, chercheuse en sciences de l’informationà franceinfo »

D’autant que, comme le note la chercheuse, les postes pour apparaître à l’antenne sont peu nombreux, donc très convoités, et particulièrement difficiles d’accès.  

« J’ai regardé les nouvelles stagiaires, y’a rien à se mettre sous la dent »

Autre enseignement de cette enquête : les écoles de journalisme ne sont pas non plus épargnées par les violences sexuelles ou sexistes. Plusieurs dizaines d’entre elles sont citées. Parmi les étudiantes ayant répondu à l’enquête, 62% disent avoir été témoins de propos sexistes dans leur école et 28% évoquent des faits de harcèlement sexuel. Quelque 10% des étudiantes assurent avoir été victimes d’une agression sexuelle dans le cadre de leurs études. « Il y a quatre/cinq ans, il y avait une proposition d’avoir des modules de formation dans les écoles de journalisme contre le sexisme. Cela avait été refusé », se souvient Danielle Bousquet, présidente du Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes (HCE).

« Certaines écoles commencent à se doter de référents sur la question, il y a des choses qui se font mais ce n’est pas suffisant », complète Aude Lorriaux. Car les futurs professionnels et professionnelles des médias effectuent des stages en rédaction et sont là aussi confrontés au sexisme et aux violences sexuelles. « J’ai regardé les nouvelles stagiaires, y’a rien à se mettre sous la dent », rapporte ainsi avoir entendu un ou une participante à cette enquête. « Lors d’un stage dans les bureaux d’une chaîne de TV française à l’étranger, un cameraman a profité de l’obscurité de la salle de montage pour passer sa main sous mon tee-shirt », raconte une autre.

Les écoles de journalisme sont encore trop frileuses à l’idée de perdre une convention de stage ou tel ou tel partenariat avec une entreprise et vont préférer ne rien dire.

« Aude Lorriaux, journaliste et porte-parole de Prenons la uneà franceinfo »

« Dans le DUT journalisme, où j’enseigne à Lannion, certains étudiants hommes nous disent que, dans leurs stages en rédaction, il y a de l’humour très hétérosexuel et des blagues sexistes face auxquels ils se sentent très mal à l’aise », témoigne Béatrice Damian-Gaillard.

Le temps de la « prise de conscience » ?

Autre point relevé par l’enquête : les personnes qui témoignent déplorent les réactions très timorées des directions confrontées à ce genre de fait. « Les rédactions citées dans l’enquête ne disposent d’aucun système efficace de remontée d’information en cas de violences », lit-on dans les conclusions de l’enquête. Dans près de deux cas sur trois rapportés, les rédactions n’auraient pas réagi après le signalement. De plus, l’enquête note que les directions auraient réagi dans 57% des cas impliquant des hommes contre seulement 24% des cas concernant des femmes.

C’est le signe que le sexisme est considéré comme banalisé, ces directions sont incapables de réagir. C’est un message catastrophique qui est envoyé, les harceleurs peuvent agir en toute impunité.

« Danielle Bousquet, présidente du HCEà franceinfo »

Pour Aude Lorriaux, « les rédactions doivent se remettre en cause et se demander pourquoi il y a autant de femmes victimes de sexisme ou de harcèlement sexuel qui ne vont pas voir leur direction ». La porte-parole de Prenons la une souhaite que les rédactions travaillent sur ce sujet et « mettent en place des process ». « Ce qui est encore pire et beaucoup plus condamnable, c’est le nombre incroyable de personnes qui signalent ce qu’ils ont subi et rien n’est fait », ajoute la journaliste qui attribue ce constat à plusieurs facteurs comme « le sexisme de certains dirigeants » ou « l’immobilisme » au sein des rédactions.

Aude Lorriaux ne désespère pas pour autant et salue « cette formidable mobilisation des journalistes qui, en quelques jours, ont été si nombreux et nombreuses à témoigner ». « Il y a un élan collectif, une prise de conscience, on en parle partout et on fait bouger les choses », conclut la journaliste.

* Attention, ces chiffres ne sont pas représentatifs de l’ensemble des rédactions car issus d’un appel à témoignages lancé sur les réseaux sociaux.

VIDEO.

« C’est un système »… « Harcelées », le livre-enquête qui montre que les violences faites aux femmes n’épargnent personne, ni aucun milieu

Dans son livre, « Harcelées » qui sort jeudi 7 mars, la journaliste Astrid de Villaines a recueilli les témoignages de femmes victimes de violences.

Energie « sol-air » à L’Isle sur Serein (2)

Peux mieux faire

Après une première intervention sur une ligne électrique en sortie du village en direction d’Avallon, aux alentours de mi-juillet 2018 (http://serge-angeles.fr/?s=sol+air), on se rend compte qu’un effort a été fait sur cette ligne, au plan esthétique. Cela ne résout par la partie sécuritaire de celle-ci qui reste accessible depuis le niveau du sol.

Le constat en images

A Sens… la machine à broyer…

A Sens , la machine à broyer les agents de la maire (LR)

5 MARS 2019 par LUCIE DELAPORTE

Mais je ne suis pas une garce ! 

À Sens, sous la houlette de la maire (LR) et ancienne députée Marie-Louise Fort, des agents de la ville sont broyés et humiliés depuis des années. Un rapport externe fait état d’un véritable « harcèlement institutionnel ». Plusieurs agents se sont confiés à Mediapart.

« J’ai la trouille », admet Olivier*, préférant « ne pas parler au téléphone ». Après avoir subi en silence diverses pressions et humiliations visant à le forcer à quitter ses fonctions de directeur au sein de l’agglomération, il a porté plainte contre X ce vendredi 22 février au commissariat de Sens pour « harcèlement moral ». « Depuis début février, c’est devenu l’horreur. Si je n’avais pas été soutenu par mes proches, je me serais tiré une balle dans le caisson », lâche ce cadre administratif. 

À Sens, l’omerta dure depuis des années. La situation sociale des agents de la Ville, dirigée par la maire LR Marie-Louise Fort qui effectue son deuxième mandat, est pourtant critique. Au cours de notre enquête, nous avons rencontré une dizaine de personnes, des agents broyés et terrorisés à l’idée d’évoquer leur situation, persuadés de subir les foudres de l’élue ou de son entourage s’ils osent briser la loi du silence.

La maire LR de Sens Marie-Louise Fort. © Reuters
La maire LR de Sens Marie-Louise Fort. © Reuters

Le rapport rédigé par le cabinet indépendant Res-Euro Conseil en novembre dernier sur l’évaluation des risques psychosociaux à Sens et dans l’agglomération, que s’est procuré Mediapart, fait pourtant un bilan accablant de la situation.

« Je suis rabaissée, humiliée dans les missions qui me sont confiées et qui n’ont rien à voir avec mon métier. Dialogue impossible sans cris de la part du chef, je suis ignorée, je ne suis pas saluée », confie une agente citée par le rapport, quand un autre dénonce une « forme d’intimidation » ou du « harcèlement moral dissimulé ». « On me dit de ne pas revenir d’arrêt maladie, de toute façon, on n’a rien pour moi », affirme un autre. « On me demande quand est-ce que je compte partir », ajoute un autre agent auprès du cabinet.

« À travers des propos et des comportements de la hiérarchie, les agents ont l’impression d’être rabaissés », note le rapport, qui précise que le « manque de considération passe par exemple par la gestion des horaires de travail (“Ils font venir pour une heure de travail, repartir pour revenir”), par des convocations par SMS, par une mise sous pression psychologique en dépréciant un agent devant ses collègues (création du sentiment de culpabilité) ».

La conclusion du cabinet est sans appel. « Nous soulevons l’hypothèse d’un “harcèlement institutionnel” […] qui découlerait d’une stratégie de gestion, ou plutôt d’une absence de stratégie », indique le document, qui précise que « la violence s’exerce quel que soit le niveau de hiérarchie, allant de l’agent de catégorie C à des cadres A directeurs ». 

Malgré sa grande sévérité, le rapport est encore loin des situations individuelles que nous avons pu rencontrer et qui décrivent une méthodique machine à broyer ceux qui, pour une raison ou pour une autre, n’ont pas l’heur de plaire à la maire Marie-Louise Fort. Celle qui a été députée de la 3e circonscription de l’Yonne pendant dix ans a entamé en 2014 son second mandat de maire et de présidente de la communauté d’agglomération du Grand Sénonais.

« Je suis élue d’une ville de 26 000 habitants, avec 850 agents. Je ne considère pas qu’il y ait grand monde de très malheureux… Après il y a toujours des cas particuliers », évacue la maire de Sens lorsqu’on l’interroge sur le climat social dans son administration. Lorsqu’on lui évoque quelques-uns des cas que nous avons eu à connaître, Marie-Louise Fort coupe court : « Je n’ai pas à vous répondre. Si j’ai des choses à dire et à régler, je le fais en interne. »

Olivier* est un de ces « cas particuliers ». Il y a un an, ce directeur des grands projets et de l’aménagement du territoire dans l’agglomération, cadre A+, se voit signifier par Thierry Cot, le nouveau directeur général des services, qu’on souhaite qu’il quitte son poste. « Je dis alors que je comprends, mais que je demande du temps et les moyens de partir. À mon niveau, il n’est pas évident de retrouver un poste rapidement. Je demande aussi qu’on respecte mon intégrité », se souvient Olivier*.

En fait, la machine à l’exclure est selon lui déjà lancée. « Progressivement, je constate que mes équipes ne me mettent plus en copie. On ne me m’associe plus aux projets stratégiques. » Comme il se rebiffe, l’équipe de la maire passe à la vitesse supérieure. Rapidement, il dit avoir compris que l’exécutif était en train de monter un dossier contre lui. « Le 4 février, je suis convoqué à la DRH et on me dit que deux personnes ont témoigné contre moi. Ils sont allés voir deux collaboratrices, dont une contractuelle et dont le contrat arrivait à échéance, pour les faire témoigner contre moi », affirme Olivier*, qui ne nie pas avoir eu des relations parfois tendues avec l’une d’elles principalement. « Pour me détruire, tous les moyens sont bons », juge-t-il.

L’entretien qui se tient deux jours plus tard va le lui confirmer. Olivier* voit débarquer dans son bureau Alain Peretti, adjoint au maire chargé de l’urbanisme. Il vient lui expliquer que Charles-Hervé Moreau, le premier adjoint au maire, vice-président de l’agglomération et responsable des RH dans les deux collectivités, lui a demandé de l’aider à monter un dossier contre lui.

Muté à un poste consistant à exhumer des corps au cimetière

Olivier* lui demande des précisions. Selon les éléments matériels en notre possession, le dialogue se poursuit ainsi : 

« Ce que je voulais savoir exactement, c’est ce qu’il[Charles-Hervé Moreau, premier adjoint au maire en charge des RH] vous a demandé.

— Il m’a demandé des arguments contre vous. Point, c’est clair. Qu’est-ce que je peux faire pour vous détruire.                                                                                                          

— Ça ne vous est pas possible d’écarter cette demande en disant la vérité ? En disant qu’il n’y a pas de problème avec monsieur X.

— Non, ce que je peux faire, c’est une réponse circonstanciée en disant il y a ça qui est négatif, mais il y a ça qui est positif. Pas seulement faire du négatif…

— Oui mais le négatif, c’est quoi M. Peretti ? », s’agace alors Olivier.

L’homme évoque un problème relationnel avec les deux collaboratrices, ce à quoi Olivier répond qu’il ne peut se fonder sur des bruits de couloir et doit parler de ce qu’il sait de son travail. L’adjoint au maire répond que pour lui, il n’y a effectivement « pas de problème ». Le vrai problème, admet Alain Peretti, c’est qu’il subit des pressions pour témoigner contre lui.

« Non mais il faut que je fasse une réponse. Si j’en fais pas, ça va être pire que si j’en fais une.

— Pourquoi ce serait pire ?

— Parce qu’on va me faire dire des choses tout ça, etc., je suis à peu près sûr. Donc je préfère faire ma réponse. […] Donc je préfère faire une réponse plus nuancée.

— Moi je ne comprends pas cette obligation. 

— Moi je la ressens très fort. […] On va me pousser très fort. On va me pousser très fort.

— C’est compliqué pour moi […] c’est pas des méthodes…

— Ben non », répond l’adjoint au maire, visiblement très embarrassé.

Contacté par téléphone, M. Peretti a refusé de commenter ces propos (voire Boîte noire). Il nous a finalement répondu par SMS que sur « le cas du seul agent sur les 850 collaborateurs dont j’ai récemment eu a connaître : une plainte pénale a été déposée. L’instruction est en cours et ne me permet pas de m’exprimer ». Le 1er adjoint en charge des RH, Charles-Hervé Moreau, n’a pas non plus donné suite à nos demandes d’explication sur la signification de cet échange. 

Très impliqué dans son travail, et apprécié des élus – nous avons pu en avoir confirmation auprès de certains –, Olivier* continue de s’interroger sur les motifs de son éviction. Il comprend qu’il a déplu à la maire Marie-Louise Fort en impliquant un peu trop les élus de l’agglomération dans ses projets, lesquels commencent à poser un peu trop de questions à l’élue. « J’ai beaucoup travaillé avec Olivier*, qui a fait un énorme travail et était très proche et très respectueux des élus », témoigne Johan Bloem, maire de Saligny, une petite commune de l’agglomération, qui a interrogé – sans succès – la mairie sur les raisons de la mise à l’index du directeur en charge du rayonnement de l’agglomération.

« Quand on s’intéresse et qu’on veut poser des questions, on est rapidement perçus comme des opposants », témoigne Dominique Chapuis, présidente de l’association des maires ruraux de l’Yonne et vice-présidente de l’agglomération.

« Marie-Louise Fort fait partie d’un vieux monde avec de vieilles méthodes. Ce qu’elle a fait à certaines personnes est terrifiant », ajoute un élu qui préfère rester anonyme mais qui décrit, lui aussi, une machine à broyer en place depuis des années. Avec un sentiment de parfaite impunité…

Le « cas » de Gilles* est à cet égard édifiant. Il ressemble à une fulgurante descente aux enfer. Il y a encore quatre ans, celui qui a précédemment exercé la profession de journaliste pendant trente ans et a notamment créé la radio locale de Sens, exerce la fonction de responsable du service relations publiques à la mairie.

Peu après l’arrivée de la maire pour son second mandat, Gilles se voit proposer une évolution de carrière bien particulière. Il se retrouve affecté à creuser des trous pour le service des fontaines de la ville. « Statutairement, je suis agent de catégorie C. Ils m’ont donc affecté à ce poste de manœuvre », explique l’ancien journaliste. Il est arrêté pour « état dépressif » pendant quatre mois, jusqu’en avril 2015.

« Marie-Louise Fort m’avait demandé d’être sur sa liste, puis à la com’ de la mairie et j’ai refusé parce que je ne partage pas ses idées », avance-t-il, laissant penser que de là viendrait la volonté de le détruire.

« Le jour où je suis viré, je ne comprends pas ce qui m’arrive. L’entourage de la maire me dit qu’il y a un rapport contre moi, qu’il y a eu des lettres anonymes mais qu’ils les ont détruites… », raconte-t-il. Finalement, en l’absence de tout élément à charge, aucune sanction n’est prise contre lui, mais il reste bien affecté à creuser des fontaines.

Gilles engage une procédure au tribunal administratif qui, dans un jugement rendu en mars 2016, annule la décision de mutation de la Ville et ordonne sa réintégration à son poste précédent. Mais la Ville fait la sourde oreille. En janvier, Gilles dépose un recours pour « non-exécution du délibéré ».

Peu après, il postule « pour [se] sortir du trou » à un poste d’adjoint au cimetière, « en pensant qu’il y avait une partie administrative. En fait, je me suis retrouvé à exhumer des corps sans gants, sans aucune formation ». En juin dernier, le tribunal administratif confirme une nouvelle fois son délibéré et reconnaît l’existence d’agissements de harcèlement à son encontre.

Nouvelle « promotion », Gilles est désormais muté « coordonnateur de la propreté » et s’occupe de superviser le travail des femmes de ménages. « J’ai de très bonnes relations avec elles, mais ce n’est pas mon métier », soupire-t-il, manifestement épuisé. « Ça fait quatre ans. Ma femme n’en peut plus. Ça me mine la vie et celle de mes proches », insiste-t-il.

Pour Sylvain*, aucun « dossier » n’a été établi. « Je suis placardisé depuis trois ans », raconte cet homme de quarante ans qui, avant d’être méthodiquement « cassé », était directeur des finances de la Ville. Poste sur lequel il avait d’ailleurs été recruté par Marie-Louise Fort lors de son premier mandat. « À l’époque, je dirigeais une association. Elle m’a dit qu’elle savait qu’on n’était pas du même bord politique, mais qu’elle pensait qu’on pouvait travailler ensemble », rapporte-t-il.

Pour son second mandat, la maire a manifestement changé d’avis. Pour avoir ouvertement contesté sa décision de brutalement fermer la MJC de la Ville (la maire fera changer les serrures dans la nuit pour récupérer le local, provoquant la stupéfaction des agents), Sylvain est perçu comme un ennemi de l’intérieur.

« Mais je ne suis pas une garce ! »

Avec la mutualisation – la fusion des services entre la Ville et l’agglomération –, il passe d’abord de directeur à directeur adjoint. Sauf que le directeur, en dépression, ne prendra jamais ses fonctions et que Sylvain assume tout seul la charge de travail. « J’ai fait un gros burn out en mars 2016, car j’avais évidemment beaucoup trop de travail à assumer tout seul », explique-t-il.

Fragilisé, il commence à douter de lui-même. « Je suis allé voir le DGS pour lui dire que ma charge de travail était trop importante. Il m’a répondu que c’était moi qui n’étais pas à la hauteur », se souvient-il. Au bout d’un moment, la Ville lui propose de le rétrograder comme chargé de mission, soit dans son propre service, soit d’être dans un autre domaine. « J’ai quand même un peu d’amour-propre, j’ai donc préféré prendre un autre poste de chargé de mission, ailleurs, même si j’avais compris que c’était un placard », assure-t-il.

Nouvelle humiliation : après avoir mis en doute ses capacités professionnelles, la Ville lui demande de former son successeur pendant six mois, ce qui est « psychologiquement difficile », admet-il.

Pourquoi n’a-t-il pas protesté ? « Je suis un bon petit soldat », assure celui qui décrit par ailleurs un « fonctionnement par la terreur » à la mairie et dans l’agglomération.

Isolé dans un local situé dans la ZUP, Sylvain n’a que très peu de travail à faire et sur un secteur qu’il connaît mal. Il demande à garder un bureau dans l’agglomération pour pouvoir continuer à échanger avec ses collègues. « Ils m’ont changé cinq fois de bureau en deux ans. J’ai même eu un poste – pendant quinze jours – dans un couloir, sans Internet », raconte-t-il.

Sylvain a récemment candidaté à un nouveau poste, plus en adéquation avec son profil. La hiérarchie lui dit que « la marche est trop haute » pour lui et que sa mobilité n’est pas pour demain. « J’ai fait une crise d’angoisse après cette entrevue avec une forte douleur au thorax. J’ai été admis aux urgences dans la nuit du 29 au 30 janvier », nous détaille-t-il. Il est depuis en arrêt maladie.

Dès le premier mandat de Marie-Louise Fort, Églantine* se souvient des méthodes peu orthodoxes de la maire pour lui faire quitter son poste de directrice à l’office du tourisme. « Ils m’ont virée parce que la maire voulait installer son gendre à ma place, assure-t-elle. Ils ont fait pression sur les agents de l’office pour qu’ils témoignent contre moi. Aucun n’a accepté », poursuit-elle.

Elle quitte finalement la mairie pour aller travailler au conseil général, et y revient en 2009 en tant que « responsable des affaires foncières », alors que la mairie est dirigée par le maire DVG Daniel Paris. Dès le retour à l’hôtel de ville de Marie-Louise Fort, en 2014, on lui fait à nouveau comprendre qu’on souhaite qu’elle quitte ses fonctions. « Ils ont voulu me mettre “secrétaire à la voirie”. J’ai pris un avocat et les choses se sont un peu calmées », rapporte Églantine.

Fin janvier, elle a pourtant « subi » un entretien des plus dérangeants avec un « consultant » censé faire un audit dans son pôle. De professionnelle, la conversation avec ce « consultant » mandaté par la mairie et rémunéré, selon nos informations, 27 000 euros, dérape gravement.

Selon les éléments matériels à notre disposition, après avoir évoqué avec elle ses goûts cinématographiques, Églantine est en effet sommée de s’expliquer sur son rapport aux hommes. « Je le soupçonne chez vous, je pense que vous avez plaisir à amener les gens avec qui vous avez décidé de jouer à la pavane, qui constitue tout ce qu’un homme fait autour d’une femme. C’est de la malice, de l’espièglerie. Le regard, la posture », s’égare celui qui rencontre cette fonctionnaire d’une soixantaine d’années pour la première fois.

« Les femmes influencent la décision des hommes. Vous savez nous approcher. Vous connaissez tous nos défauts. On est prévisibles », disserte-t-il en évoquant des exemples dans l’Histoire de « garces absolues comme il y a des salauds absolus ». « Mais je ne suis pas une garce ! », se trouve contrainte de répondre Églantine. « C’était très gênant. Je me suis sentie salie. L’entretien s’est fait sur un ton mielleux, frisant la drague par moment », raconte cette cadre que nous avons rencontrée à Sens, comme les autres agents.

Marie-Louise Fort. © Auxerre TV
Marie-Louise Fort. © Auxerre TV

Ces cas, pour extrêmes qu’ils soient, sont loin d’être isolés, comme le montre le rapport sur les risques psychosociaux. Marie-Louise Fort, dont plusieurs agents et élus nous ont raconté les coups de sang homériques et les « humiliations publiques », le sait pertinemment.

Quand on lui parle du harcèlement moral dont nous ont fait état plusieurs agents, elle rétorque que le « harcèlement, c’est un mot très fort que je n’emploie jamais ». Pour elle, le rapport sur les risques psychosociaux relevait que 77 % des agents étaient satisfaits de travailler pour la collectivité. Un chiffre abondamment relayé par la mairie, mais qui ne dit rien du climat délétère dans son administration. « Quand ça va vraiment très mal, il y a des grèves », avance l’élue LR, qui souligne que la Ville a augmenté « les plus bas salaires » et a revalorisé les Ticket-Restaurant. « Qu’il y ait des cas particuliers… On serait les seuls à ne pas en avoir ! », s’agace-t-elle.

Quand on presse la maire de nous répondre sur certaines situations évoquées dans cet article, Marie-Louise Fort finit par invoquer, devant notre insistance, son « droit de retrait » (sic). Un droit qui autorise en théorie un salarié à quitter son poste face à un danger grave et imminent…

Pourquoi ces affaires, d’une rare gravité, ne sont-elles jamais sorties dans la presse locale ? Le rédacteur en chef de L’Indépendant de l’Yonne, Alain Chaboteau, qui a publié ce vendredi une enquête sur le cas d’Olivier*  a sa petite idée. Pour s’être montré un peu trop impertinent avec l’édile, son journal s’est vu en 2015 brutalement retirer tous les budgets publicitaires de la Ville et de l’agglomération.

Le journal n’est alors non seulement plus convié aux points presse de la mairie, mais le journaliste se fait même exclure manu militari lorsqu’il tente de s’y rendre. « Ils ont voulu tuer le journal », raconte Alain Chaboteau, qui constate que les responsables de la mairie refusent de lui parler en public. À l’époque, Marie-Louise Fort avait assumé la coupe du budget publicitaire à L’Indépendant par une formule sans ambiguïté : « Nous avons un budget contraintjustifiait la députée-maire à France TVEt je ne vais pas m’autoflageller. La presse locale, ce qu’on lui demande, c’est aussi d’être un peu partenaire. » 

Car Marie-Louise Fort n’aime pas trop la contradiction, ni les lourdeurs du dialogue social. Le 5 novembre dernier, lors d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail dont Mediapart s’est procuré le procès-verbal, l’élue s’irrite de l’inutilité de ce rendez-vous légal, arguant qu’il n’y a pas grand-chose à discuter. « Le dialogue social n’est pas une obligation à ma connaissance, nous pourrions le supprimer », lance-t-elle. Une preuve de plus de sa conception bien particulière des ressources « humaines ». 

Tous les agents cités ont été rencontrés à Sens. La maire Marie-Louise Fort a été interrogée par téléphone.
Tous les agents rencontrés ont requis l’anonymat (signalé par un astérisque) pour ne pas subir de préjudice notamment dans leurs recherches d’emplois. 
Alain Peretti nous a indiqué par SMS que concernant l’entretien avec Olivier* que nous citons, « une plainte pénale a été déposée ». « L’instruction est en cours et ne me permet pas de m’exprimer. » Quand nous lui avons détaillé le contenu de cet entretien en l’interrogeant sur la signification de certaines de ses affirmations, il n’a plus donné suite. 
Charles-Hervé Moreau, premier adjoint chargé des relations humaines, nous a répondu par SMS que « des mesures conservatoires » avaient été prises « suite à des signalements de harcèlement présumé de jeunes filles » et que « la collectivité a diligenté une enquête administrative. Dans l’attente de ses résultats, je me refuse à tout commentaire ». 
Lorsque nous lui avons indiqué qu’il était désigné comme ayant commandé une enquête à charge pour « détruire » Olivier*, il ne nous a plus répondu. Pas plus qu’il n’a répondu à nos questions sur les suites qu’il comptait donner au rapport sur les risques psychosociaux dans la Ville et l’agglomération.
Le directeur général des services Thierry Cot, contacté à plusieurs reprises sur son téléphone portable, ne nous a jamais répondu.

Si vous avez des informations à nous communiquer, vous pouvez nous contacter à l’adresse enquete@mediapart.fr. Si vous souhaitez adresser des documents en passant par une plateforme hautement sécurisée, vous pouvez vous connecter au site frenchleaks.fr.

L’Isle sur Serein Vœux 2019

Sur un air de déclin

Un bien bel article de la presse locale sur la cérémonie des vœux 2019 quoi relate très exactement le discours du maire Alain Chaplot.

Un discours essentiellement axé sur l’année passée, en ne relatant que de l’actif. quelques travaux de voirie, la restauration du retable de l’église Saint Martin, le transfert du terrain de tennis. Les plus anciens conseillers se souviendront que ce terrain de tennis avait déjà fait l’objet de débats en 1987, à l’époque ou la municipalité avait contracté un bail emphytéotique avec les anciens propriétaires du château.

Pas un mot sur le dépeuplement de la commune en baisse de 1,9% selon le dernier recensement

Pas un mot, non plus, sur tous les bâtiments municipaux vides, à commencer par la « Grange Mosele », l’ancienne école primaire, l’ancien cabinet dentaire laissé à l’abandon depuis le transfert du cabinet. Pour ce dernier un projet de démolition semblerai une solution envisagée par le conseil. Seul bémol, le prix de la démolition avoisinerait 45 à 50 000€.

Un déclin qui touche également le conseil municipal lui-même à en croire l’absentéisme de ce dernier.

8/15 aux vœux 2019
7/15 au CM du 13/12 2019

Et pour 2019…

Les quelques projets d’aménagements 2019 par la voie du maire

Cette soirée de vœux se terminera par un discours plein d’espoir de André VILLIERS, député de la 2ème circonscription de L’Yonne, avant de clôturer sur le verre de l’amitié.

Energie « sol-air » à L’Isle sur Serein (1)

Dépannage rapide, … et après?

On pourrait dire beaucoup de choses sur les circonstances qui ont provoqué une intervention d »urgence sur les lignes électriques aériennes,  sortie sud de l’Isle sur Serein, sur le bord de la RD86.

Seul le résultat compte, et de s’apercevoir que depuis c’est incident ( plus d’un mois, voir deux), on se retrouve dans une situation de danger immédiat qui semble n’affecter personne.

Bien plus que des mots le constat en photo parle de lui même, avec des installations mono-filaire et des poteaux manifestement en bout de carrière à la vue de l’un d’eux couché dans le fossé et des câbles électriques à même le sol et sans protection mécanique. Pour seule information, une rubalise à bout de souffle et deux banderoles à chaque extrémité à peine lisible.

A chacun d’apprécier le caractère d’irresponsabilité de la municipalité dont la responsabilité serait engagée si un accident se produisait.

Compétence à la découpe

Un bras de fer engagé

Sans partir dans la redondance, la reforme des collectivités territoriales mise en place ces quelques dernières années (2014), n’en finit pas d’alimenter le débat.

Après les fusions commentaires, Avallon/Serein, alimentées par le grand débat du « j’y vais/j’y vais pas « , voici venu, au sein même de la CCS (communauté de communes du serein), la compétence scolaire, avec le « toi oui/toi non »

La difficulté principale réside dans le fait que, si les groupes scolaires de Guillon et Noyers sont des propriétés de l’intercommunalité, le groupe scolaire de L’Isle sur Serein appartient en propre à la commune. De fait, la fusion communautaire de 2014, avec la reprise des compétences, n’intégrait pas le groupe de L’Isle.

Au regard de la loi, lorsqu’une communauté prend une compétence, elle doit le faire sur l’ensemble de son territoire (politique du tout ou rien).

Les grincements de dents de certains délégués proviennent de cette situation d’exclusion.

Notre confrère de L’Yonne Républicaine de ce jeudi 5 juillet résume bien le climat qui a régné lors de la réunion de Communauté de Communes du 3 juillet 2018.

 

SERGE II, … le revoilà

Après un an de repos, sans photos et sans stylo,

voici revenu le temps de:

Image &

Reportage 

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